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  • il y a 3 ans
Olivier Benkemoun revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #lemeilleurdelinfo

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00:00 Bonsoir, bonsoir à tous. Merci de nous rejoindre pour le Meilleur de l'Info dans un instant.
00:05 Jean-Christophe Couville, secrétaire national UNITÉ, SGP, et Tatiana Rédard-Barzac, éditeure et réalisatrice de Meurent,
00:11 rejoindront pour commenter l'actualité, actualité chargée. Mais pour commencer cette émission, on va se poser une question.
00:17 Une question autour du retour au calme. 45 000 policiers et gendarmes dans la rue ces derniers jours, c'est sans doute dissuasif.
00:24 Mais est-ce que d'autres ont eu une influence ? On pense notamment aux dealers. C'est ce que des policiers ont dit à Emmanuel Macron.
00:33 Ont-ils tenu les quartiers au dernier moment en les empêchant de faire un embrasement encore plus fort, plus lourd ?
00:41 C'est la question qui est posée dans cette première séquence du Meilleur de l'Info.
00:44 Le président de la République qui demande à des policiers lundi soir. Les gamins, ils écoutent qui alors ?
00:53 Les dealers, monsieur le président. C'est d'ailleurs les dealers qui commencent à demander aux émeutiers de se calmer.
00:58 Alors, on voulait savoir quel a été le rôle des trafiquants de drogue dans le retour au calme.
01:04 Je pense que les trafiquants de drogue ont eu un rôle. Pourquoi ils ont eu ce rôle ?
01:07 Parce que tout d'abord, ce sont les centres-villes qui ont été touchés, les grandes villes, avec des pillages, des émeutes,
01:13 des destructions de tout ce qu'ils avaient sur leur passage. Et ensuite, c'est venu un petit peu plus dans les quartiers sensibles.
01:21 C'est venu dans les quartiers difficiles. Et là, je pense très clairement qu'ils ont sifflé la fin du match.
01:26 Tout simplement parce que dans les quartiers sensibles, c'est un peu dans ces endroits-là que l'on retrouve les ventes de trafic de stup,
01:32 les ventes de stupéfiants. Et sûrement que les gérants de ces points de vente, alors, ont dit
01:38 « Si vous créez des émeutes là, ça va amener de la police. Et si la police est là tout le temps, on ne pourra plus travailler. »
01:44 Vous observerez que, en tout cas, les dealers n'ont pas autorisé la sortie des armes, ou sinon très ponctuellement.
01:49 C'est-à-dire que les kalachnikovs qui se baladent partout, Dieu merci, ne sont pas sortis lors de ces émeutes,
01:54 parce que, ce que disent les policiers, les dealers ont interdit à ce que les plus jeunes y touchent.
02:00 Encore faudrait-il que cet ordre-là, cet ordre clanique, demeure, si je puis dire, même si c'est absolument épouvantable
02:07 que de dire que l'ordre viendrait aussi de cet ordre des cartels.
02:12 Moi, j'étais très inquiet, je n'étais pas le seul. Et on sait qu'il y a des armes à feu dans toutes les banlieues,
02:18 y compris dans les petites et moyennes villes. On sait qu'elles sont utilisées pour des assassinats entre trafiquants quasiment tous les jours.
02:24 Là, la grande crainte, c'était qu'elles soient utilisées contre la police. Elles ne l'ont pas été.
02:28 Donc, ça montre que, quand même, les trafiquants, même s'ils n'ont pas pu empêcher la vague d'émotions,
02:34 puis de violences qui s'en est suivie, ont quand même gardé le contrôle sur la limite de la violence.
02:40 Et pourtant, il y en a eu de la violence. Mais on n'a pas atteint le drame absolu.
02:45 Bonsoir, Jean-Christophe Clouvy. On n'a pas atteint le drame absolu.
02:49 Donc, il y a une progression encore possible si d'autres émeutes exiptent.
02:53 Cela dit, je constate qu'à Nîmes, on a tiré sur un policier du calibre 9mm.
03:00 On n'est pas sûr du calibre. Ça peut être aussi du 22. On n'est pas encore sûr.
03:04 Et à Lyon, on tira à la Chevrotin.
03:06 Oui, Chevrotin, à Lyon. À Paris aussi, 13ème arrondissement, deux collègues ont reçu des impacts dans les gilets pare-balles.
03:12 Ça a traversé. A priori, on ne sait pas aussi si c'est du plomb ou de la Chevrotin.
03:16 Donc oui, on a quand même...
03:18 Il y a eu des tirs sur des caméras de surveillance.
03:20 Oui, on a vu des gens arriver avec des fusils à pompe, des kalachnikovs dans Lyon, effectivement, et des coups de feu.
03:28 Alors, heureusement, c'est isolé. En revanche, on met le paquet pour retrouver ceux qui ont fait ça
03:34 et compter sur nous pour les retrouver. Et on espère d'ailleurs que la justice les punira comme il le mérite.
03:40 Et les mortiers, c'était par centaines. Il y a eu une saisie impressionnante à Paris.
03:46 Aujourd'hui, il y a eu 300 kilos de mortiers.
03:49 300 kilos, ça représente combien d'eux ?
03:51 Une fourgonnette complète.
03:53 Ils venaient d'où ?
03:55 Je ne sais pas d'où, mais en tout cas, pas de France déjà.
03:58 Parce qu'en fait, pour aller acheter des mortiers, on va dans les pays mitraux, c'est Belgique, c'est Allemagne.
04:03 Il y a aussi dans l'est de la France, un bar tabac qui vendait les mortiers.
04:07 C'est une personne qui a "dénoncé" à la police.
04:12 Et donc, il y a une perquisition dans le tabac.
04:15 Et effectivement, dans l'arrière boutique, il y avait une quarantaine de mortiers d'artifices qu'on vendait aux jeunes.
04:21 Je salue Tatiana Rezard-Barzac.
04:23 Bonsoir.
04:24 On a entendu que certains policiers, vous avez raison aussi là-dessus,
04:29 parlaient à Emmanuel Macron de l'ordre des dealers qui avait donné un coup d'arrêt à ces émeutes.
04:36 Est-ce que vous crédible ça ou pas ?
04:38 Il n'y a pas que les policiers qui en parlent.
04:41 Les maires aussi l'ont évoqué, je pense notamment au maire d'Evreux,
04:44 qui sous-entendait cela en disant qu'en fait, dans ces deux points d'île de sa ville,
04:48 comme par hasard, il n'y avait pas eu d'émeute.
04:51 Je pense à David Lissnard, le maire de Cannes, président de l'Association des maires de France,
04:54 dont je parlais ici encore lundi soir,
04:56 qui disait que l'ordre était revenu heureusement grâce aux forces de l'ordre,
04:59 mais malheureusement aussi parce que les trafiquants, ça perturbait leur commerce,
05:03 et que du coup, ils avaient demandé aussi de s'arrêter.
05:05 Ça représente quelque chose, je trouve, de très grave pour le coup,
05:07 parce qu'en 2005, c'est aussi ce qui s'était passé,
05:09 il faut bien le dire, au bout de trois semaines d'émeute,
05:11 ça perturbait tellement leur trafic qu'ils avaient demandé aux jeunes d'arrêter,
05:14 sauf qu'en 2005, il y avait des grands frères aussi.
05:16 Et la différence aujourd'hui, et c'est ça je trouve qui est sous-jacent
05:19 et qui pose une vraie question, c'est que là, en fait,
05:21 ça veut dire qu'en fait, les parents n'ont pas eu l'autorité de mettre fin à cela,
05:25 les autorités locales, on va dire, les éducateurs,
05:28 n'ont pas forcément eu cette autorité-là,
05:30 et ça a été une conjonction de plein de choses.
05:32 Les imams non plus, d'ailleurs, il faut le dire, ils le reconnaissent eux-mêmes,
05:35 qui a eu cette autorité, parfois, dans certains quartiers ?
05:38 Les dealers, les trafiquants.
05:39 Et ça, c'est quand même un souci, ça pose une question.
05:41 La sociologie des voyous, elle a été détaillée cet après-midi,
05:44 mais devant les sénateurs, par Gérald Darmanin,
05:48 sénateur qui écoutait le ministre de l'Intérieur en commission.
05:51 La sociologie des délinquants, des émeutiers interroge
05:56 sur ces 3500 interpellations, j'ai eu l'occasion de le dire,
05:59 la moyenne d'âge est entre 17 et 18 ans,
06:01 elle a tendance à augmenter un tout petit peu,
06:03 puisque aujourd'hui, ce que nous faisons,
06:05 c'est que nous allons chercher en interpellation des personnes
06:07 qui, eux, ont été, soit par les travaux d'enquête technologique,
06:12 que chacun comprendra ici,
06:14 récupérer des personnes un petit peu plus âgées,
06:16 mais le dernier comptage que j'avais,
06:18 c'est que la première personne qui a été interpellée a 11 ans,
06:21 et la dernière a 59 ans,
06:23 et que s'il y a une moyenne de 17 à 18 ans
06:26 pour ceux qu'on a arrêtés, et que un tiers est mineur,
06:29 vous aurez donc compris que les mineurs
06:31 que nous avons interpellés sont extrêmement jeunes
06:33 pour la plupart d'entre eux.
06:35 Comme je l'ai dit aux questions au gouvernement,
06:37 M. le Président, nous pouvons constater par ailleurs
06:39 qu'à notre connaissance, seuls 10% des personnes
06:41 que nous avons interpellées sont de nationalité non française,
06:44 et d'ailleurs, il y a eu 40 placements
06:46 en centres de rétention administratif,
06:48 ce qui est peu, avouons-le, sur 3500 personnes interpellées.
06:52 Je voudrais aussi souligner que, comme je l'ai dit tout à l'heure,
06:56 à ma connaissance, 60% des personnes que nous avons interpellées
07:00 n'ont pas de casier judiciaire et ne sont pas connus
07:02 des services de police.
07:04 Ça veut dire quoi ce portrait qui a été fait ?
07:07 Ceux qui étaient dans la rue, d'abord, n'étaient pas tous des mineurs,
07:10 il y avait aussi des adultes, et qu'ils ont profité
07:14 de la bande, de la meute, en fait, pour sortir.
07:18 C'était un déchaînement absolu.
07:20 Alors oui, effectivement, c'était un appel d'air.
07:22 En fait, il y a eu un appel d'air dans les quartiers,
07:25 les jeunes sont sortis.
07:26 Ça pose effectivement le problème de l'autorité parentale.
07:30 Moi, je veux bien que les gamins de 9 ans sortent pour les brûler,
07:33 mais enfin, quand même, je veux dire, c'est inconcevable pour moi.
07:36 Le plus jeune avait 11 ans.
07:37 Voilà, 9 ans.
07:38 Enfin, lui, il a dit 11 ans, le ministre,
07:40 mais je sais qu'il y a un gamin à Ouavres qui avait 9 ans,
07:43 qui a mis le feu, oui, dans un hall,
07:47 qui s'est fait interpeller, et 9 ans, c'était à Roubaix.
07:51 Voilà.
07:52 11 ans à Ouavres et 9 ans à Roubaix.
07:54 Donc, on s'interroge vraiment là, je vous dis, sur l'éducation.
07:58 Et il y a 60% des interpellés, donc, qui étaient inconnus de la police.
08:03 Ça veut dire aussi qu'on a une partie de primo-délinquants
08:07 qui s'est créée, et donc oui, c'est cet appel d'air.
08:10 Donc, il faudrait peut-être une justice différente
08:13 pour ces jeunes gens, pour les empêcher de recommencer.
08:16 Enfin, je veux dire, être ferme dès le début.
08:18 D'abord, c'est ça qui interpelle, c'est ce profil sociologique
08:21 et d'ailleurs, ce que disait le ministre de l'Intérieur,
08:23 qui est en battant aujourd'hui, il va y avoir dans les quelques jours
08:26 qui viennent, une sorte de profil type, on va dire, sociologique,
08:29 parce que c'est vrai qu'il y a un rajeunissement dingue,
08:31 il y a une ultra-violence folle.
08:32 - 9 ans, on ne va pas devant un tribunal.
08:33 - Une utilisation des réseaux sociaux, quand même,
08:35 qui a permis aussi une sorte d'émulation,
08:37 et qui a permis aussi cet effet de meute,
08:38 et parfois, pour certains, les comparutions,
08:40 la fermeté, elle est là, la circulaire de garde des Sceaux,
08:44 vendredi, elle était très claire.
08:45 Il y a des peines de prison qui ont été prononcées
08:47 avec des mandats de dépôt.
08:48 C'est quand même assez exceptionnel, il y en a eu beaucoup,
08:51 il faut bien le dire, des peines très fermes,
08:54 et donc l'exemplarité, et d'ailleurs, certains...
08:56 - Mais pas pour les mineurs, pas pour les plus jeunes.
08:58 - Non, pas pour les mineurs, pour les majeurs.
08:59 Bien sûr, il y a une excuse de minorité
09:00 qui fait que les peines ne se sont pas les mêmes.
09:02 - Alors justement.
09:03 - Mais cela dit, pardon, ça a même étonné certains,
09:05 parce que certains procureurs de la République
09:07 ou certains magistrats ont même dit,
09:09 il y a un devoir d'exemplarité, il y a en effet
09:11 une individuation des peines, mais il y a un devoir d'exemplarité.
09:13 - C'est peut-être pas mal.
09:15 - Bien sûr, évidemment, c'est nécessaire.
09:17 - Dans le débat sur les peines planchées,
09:18 l'excuse de minorité, je voulais qu'on réécoute
09:20 le ténor du Barreau, l'avocat Alain Jacobovit,
09:22 ce matin sur le plateau de l'Eurodépôt,
09:23 je rappelle que selon un sondage, 69% des Français
09:26 sont pour la suppression de l'excuse de minorité.
09:29 - C'est une question intéressante quand même
09:33 que la société française peut se poser.
09:35 Est-ce qu'on doit juger un adolescent de 16 ans
09:37 comme un adulte de 18 ?
09:38 - Je ne suis pas du tout opposé à dire
09:40 la majorité pénale ou la minorité pénale
09:44 ne commence qu'à partir de...
09:45 Je n'y suis pas opposé.
09:46 Il faut voir les conséquences que ça a.
09:47 C'est-à-dire que les salauds, les trafiquants,
09:50 finalement, auront pour cible des gamins
09:52 de plus en plus jeunes, et c'est déjà ce qui se passe.
09:55 C'est-à-dire que les délinquants anticipent la loi.
09:58 Il faut comprendre le système des trafics.
10:00 C'est qu'ils anticipent la loi.
10:02 C'est qu'ils ont très bien 16 ans,
10:04 et bien maintenant, on va s'attaquer aux gamins de 14.
10:06 Et c'est une espèce de cercle infernal
10:08 qui est absolument terrible.
10:09 Ceci étant, c'est vrai qu'il faut que les lignes bougent.
10:12 C'est vrai qu'il faut que les lignes bougent.
10:14 Et comme ça, au déboté, j'y ai pas réfléchi,
10:16 mais j'y suis plutôt favorable.
10:18 En revanche, pardon, deuxième point,
10:20 les peines planchées, j'y suis radicalement opposé.
10:23 Mais radicalement opposé, parce que pour moi,
10:26 c'est une défiance à l'égard de la justice et du juge,
10:29 et une infraction qui, pour moi, est insupportable,
10:32 à un principe qui est fondamental dans le droit pénal,
10:35 qui est celui de la personnalisation.
10:37 Mais ne dites pas ça, c'est pas vrai.
10:38 Point. Eh bien, moi, je le dis.
10:39 Mais il y a des peines planchées en France
10:41 qui existent dans plein de domaines,
10:42 le code de la route notamment.
10:43 Oui, d'accord.
10:44 Il n'y a pas d'individualisation de la peine,
10:46 parce que je suis à 170 km/h.
10:48 Écoutez, une peine planchée,
10:50 quand on considère que né variéture,
10:53 sans possibilité pour le juge d'apprécier,
10:55 on devra envoyer quelqu'un en prison
10:57 pour telle durée sans apprécier,
10:59 on ne juge pas des faits.
11:01 Dominique, j'en suis un homme ou une femme.
11:03 Je crois que la nuance est extrêmement importante.
11:05 Alors, à 9h23, superfétatoire,
11:08 mais à 10h22, né variéture, là, je dis bravo.
11:12 Vous voyez, en une heure, vous avez fait,
11:15 vous avez upgradé cette émission.
11:18 Né variéture ou pas, la question des peines planchées,
11:23 par exemple, qui se posaient aussi pour la police.
11:25 Oui, oui.
11:26 Vous attaquez un policier, peine planchée.
11:28 Pas un code de la route,
11:29 mais un code de la civilité en quelque sorte.
11:31 Oui, nous, on demande justement des peines minimales.
11:34 Comme vous voulez, planchées et minimales,
11:36 parce que justement,
11:37 quand on s'attaque aux soldats de la République,
11:39 que ce sont les policiers, les pompiers,
11:41 tous les membres de la fonction publique,
11:43 je suis désolé, il faut les sacraliser,
11:45 il faut les protéger.
11:46 Et en fait, c'est un acte grave.
11:47 Or, chez nous, en France,
11:49 ce n'est pas un acte si grave que ça.
11:50 Ce n'est pas sacraliser.
11:52 On peut s'attaquer.
11:53 Alors oui, ça dépendra du juge.
11:55 Ça a été ou pas ?
11:56 Et à quel moment il y a eu une déviance ?
11:57 La déviance, alors, c'était sous Nicolas Sarkozy,
11:59 effectivement, qui avait imposé les peines planchées,
12:01 les peines minimales.
12:03 Et en fait, on voyait qu'il y avait une partie
12:04 de la magistrature qui s'était opposée à ça,
12:07 parce que justement, ça supprimait un petit peu
12:10 leur choix à eux d'interpréter la loi
12:14 et surtout, j'allais dire,
12:16 d'individualiser la loi en fonction
12:18 de la personnalité de l'individu.
12:19 Et donc forcément, ça a gêné.
12:21 C'était le crime de lèse-majesté.
12:23 Ils ne supportaient pas qu'on puisse s'immiscer
12:25 dans leur pouvoir.
12:26 Sauf que, encore une fois, nous,
12:29 et là, je vois bien, il y a une loi l'autre jour
12:31 qui voulait passer, c'était la loi récidive,
12:33 notamment, c'est surtout sur les récidivistes
12:35 qu'il faut intervenir.
12:36 Et la loi récidive, elle a été sabotée
12:38 par M. Dupont-Moretti et son paysage politique.
12:42 Donc, elle n'a pas pu être présentée
12:44 par Mme Oudtchou.
12:46 - Mais regardez, là, ce ne sont pas des récidivistes.
12:49 - Oui, là, c'est des primo-délinquants.
12:51 Mais ce que je remarque, c'est que les primo-délinquants
12:53 qui sont condamnés très sèchement,
12:56 alors j'ai entendu des avocats être très surpris,
12:59 pleurnicher pratiquement, en disant que c'était,
13:01 mon Dieu, que c'était pas possible,
13:02 comment ça se faisait.
13:03 Mais en fait, c'est l'esprit de la loi.
13:04 Et la loi, elle prévoit ses peines.
13:05 Donc, en fait, on ne viole pas la loi.
13:07 C'est juste qu'on applique une certaine sévérité
13:09 qui doit être, en fait, la normalité.
13:11 - Excusez-moi, minorité, je vous interroge dans un instant.
13:13 Mais d'abord, vous savez qu'on a longuement débattu
13:15 de savoir comment taper au portefeuille
13:16 les auteurs de violences.
13:17 Les familles, est-ce qu'il faut supprimer les allocs ?
13:19 Partiellement, totalement, pour responsabiliser les parents ?
13:22 C'est le même débat, tout ça.
13:23 Je voulais juste que l'on regarde à l'étranger,
13:25 notamment comment ça se passe aux Pays-Bas,
13:27 où la devise, c'est "Qui casse, répare".
13:29 On va également entendre le point de vue
13:31 de Jordane Bardella, qui a été l'invité ce matin,
13:33 et de l'an, c'est Harris.
13:34 - Je pense que c'est un principe, non seulement de bon sens,
13:38 mais un principe de justice.
13:40 Les casseurs doivent payer.
13:42 Il faut appliquer le principe du casseur-payeur.
13:44 Tu casses, tu payes.
13:46 Et si tu ne peux pas payer, c'est tes parents qui payent.
13:48 - Les Pays-Bas ont instauré, il y a plusieurs années maintenant,
13:50 un système.
13:51 Quand un jeune est arrêté par la police
13:53 après avoir commis un vol ou de la casse,
13:55 on lui propose donc de réparer en quelque sorte sa faute.
13:57 Il peut pour cela rembourser les dégâts causés
14:00 en travaillant quelques heures dans le magasin
14:02 où il a volé, par exemple,
14:04 ou réparer les dégâts qu'il a commis.
14:06 S'il va jusqu'au bout de la procédure,
14:08 les poursuites judiciaires sont abandonnées.
14:10 Et cela marche.
14:12 Dans 60% des cas, les jeunes ne récidivent pas.
14:14 - Je suis pour responsabiliser les jeunes.
14:16 Surtout quand c'est le cas d'un primo délinquant.
14:19 Après, si c'est un multirécidiviste
14:22 qui a l'habitude de la casse,
14:24 je ne sais pas si cette mesure aura de l'effet.
14:27 - Toute opération de cadrage à l'égard des jeunes
14:30 est parfaitement bien perçue par eux
14:32 à condition qu'ils la perçoivent comme légitime.
14:34 C'est-à-dire une transmission qui leur est faite
14:36 et dans leur intérêt.
14:38 - Tout le monde a applaudi au principe du pollueur-payeur.
14:41 Je ne vois pas pourquoi on se heurterait...
14:44 - Au casseur-travailleur.
14:46 - Le casseur-payeur. Le casseur doit payer.
14:48 - Est-ce qu'il y a une génération de perdus ?
14:50 Probablement qu'il y a une génération de perdus.
14:52 Mais tout l'enjeu aujourd'hui est de ne pas perdre la suivante.
14:54 - D'accord.
14:55 - On ne veut pas perdre la suivante,
14:57 mais est-ce qu'on peut condamner en France, par exemple,
14:59 à réparer ?
15:01 Parce que les tiges, les travaux d'intérêt général,
15:04 c'est suffisant, ça sert à quelque chose.
15:06 Dans ce cas-là...
15:08 - Ce que je ne comprends pas, en fait,
15:10 c'est que là, on voit depuis 24 heures
15:12 des débats qui refont surface
15:14 alors qu'il y a des lois déjà existantes,
15:16 il y a des choses qui existent déjà.
15:18 - Vous avez raison, les textes existent.
15:20 - Le principe casseur-payeur, dans la loi anti-casseur, ça existe.
15:23 - Mais ce n'est pas appliqué.
15:25 - Ce n'est pas appliqué, sauf qu'on l'a déjà...
15:27 C'est déjà là, dans la loi française,
15:29 la loi anti-casseur qui avait été adoptée il y a quelques années,
15:32 le principe casseur-payeur est dans cette loi.
15:34 Et permet justement à des casseurs
15:36 qui s'en seraient pris à des bâtiments publics,
15:39 même s'ils ne sont pas condamnés pénalement,
15:41 de devoir justement prendre part
15:43 au remboursement de ce qu'ils ont commis.
15:45 - Casseur-payeur, vous avez déjà vu...
15:47 - Je suis très étonnée qu'on ait ce débat, alors que...
15:49 Pardon, juste, je termine là-dessus.
15:51 C'est exactement du même acabit que le débat
15:53 sur la responsabilité parentale.
15:55 On a déjà un article qui punit très sévèrement
15:57 la défaillance de l'autorité parentale,
15:59 2 ans de prison, 3 000 euros d'amende.
16:01 - Personne n'a peur.
16:03 Vous avez des allocations...
16:05 - Olivier, ce n'est pas ça que je veux dire.
16:07 - Il n'y a pas de devoir.
16:09 - On a un problème en France qui est toujours de considérer...
16:11 Faisons des lois, faisons des lois, il manque des lois.
16:13 Mais on a ces lois. Et à chaque fois, on se rend compte
16:15 qu'on a ces lois, sauf qu'en effet, on ne les applique pas.
16:17 - Est-ce que vous avez déjà vu appliquer
16:19 le principe de casseur-payeur ?
16:21 - Non, on a plutôt les TIG, le travail intime et général.
16:23 Mais je pense qu'il faut quand même qu'on s'inspire
16:25 de pays limitrophes. On n'arrête pas de nous faire la leçon.
16:27 Par exemple, les sociologues nous font la leçon
16:29 sur le maintien de l'ordre avec la désescalade
16:31 en Allemagne, en Belgique et que sais-je.
16:33 Et nous, par exemple, quand il y a des bonnes idées en Suède,
16:35 au Danemark ou au Pays-Bas, on ne devrait surtout pas les prendre.
16:37 Je pense qu'il faut explorer des pistes.
16:39 Et ma cousine, j'avais une cousine qui était juge,
16:41 qui est décédée, mais juge pour les enfants,
16:43 et qui m'avait toujours dit
16:45 qu'en fait, il faut responsabiliser les gens.
16:47 Ce qu'il faut faire, c'est effectivement
16:49 dans la première infraction, c'est donner un sens à la peine.
16:51 Le sens à la peine, c'est quoi ?
16:53 C'est tu as cassé, effectivement, tu vas réparer ta faute.
16:55 Et tu vas, quelque part, c'est même un peu
16:57 de l'humiliation, parce que c'est
16:59 servir justement de
17:01 aller voir la personne
17:03 avec laquelle vous avez un conflit.
17:05 Et justement, c'est réparer cette faute
17:07 la première fois. La deuxième fois,
17:09 effectivement, une sanction est prise.
17:11 - Tout le monde déteste la police. Slogan hier
17:13 scandé au tribunal de Lyon par des militants
17:15 qui ont interrompu les comparutions immédiates.
17:17 On va entendre un avocat témoin de la scène
17:19 raconter sa sidération
17:21 et celle de tout le personnel du tribunal.
17:23 - C'est tout, le monde déteste la police.
17:27 C'est tout, le monde déteste la police.
17:29 C'est tout, le monde déteste la police.
17:31 - La police a dû intervenir
17:33 dans un tribunal en marge des procès
17:35 des émeutiers parce que des militants ont crié
17:37 des slogans anti-police.
17:39 - Sans justice, on s'assume. Sans police, on s'exile.
17:41 - Vraiment, c'était la sidération
17:43 sur tout le personnel de justice,
17:45 les avocats, les magistrats qui étaient là.
17:47 Tout le monde était absolument sidéré
17:49 de ce spectacle-là.
17:51 Il semblerait que ce soit l'oeuvre
17:53 d'un groupuscule d'ultra-gauche.
17:55 - Je ne sais pas si c'est l'ultra-gauche,
17:57 mais j'ai surtout l'impression que c'est l'ultra-bêtise.
17:59 Mais quelle société ces gens-là veulent ?
18:01 - Tout le monde déteste la police.
18:03 La police mutile, la police assassine.
18:05 C'est eux qui foutent la merde.
18:07 - Une telle manifestation apporte la preuve évidente
18:09 qu'on n'est pas en France dans un régime policier,
18:11 mais dans un pays où l'on peut crier
18:13 que la police s'assassine impunément.
18:15 - En fait, il y a une entreprise
18:19 de démolition et de dévalorisation
18:21 de la justice.
18:23 Et justement, la vraie question...
18:25 - De la justice ou de la police ?
18:27 - Des deux, mais c'est tout ce qui ressemble à l'autorité
18:29 et de la chaîne judiciaire.
18:31 C'est ce que je dis souvent dans les tribunaux,
18:33 dans les TGI, regardez un petit peu
18:35 les comparaisons.
18:37 Et vous verrez que de plus en plus,
18:39 les juges ont du mal à faire respecter
18:41 l'autorité dans l'enceinte
18:43 du palais de justice.
18:45 Les jeunes arrivent, ne comprennent même pas
18:47 ce qu'ils font là, des fois,
18:49 regardent leur téléphone, manque de respect.
18:51 Et en fait, la vraie question,
18:53 et là on le voit, il commence une rébellion sur la justice aussi,
18:55 qu'est-ce qui va arriver le jour
18:57 où les juges auront peur ?
18:59 - On va écouter la réaction de l'avocat
19:01 lionnais Alain Jakubowicz.
19:03 - Ça c'est un scandale, point.
19:07 C'est une politisation de la justice,
19:09 c'est une politisation d'un lieu
19:11 qui est un lieu sacré, pour moi.
19:13 - J'ai compris.
19:15 - On est dans le sacré laïc et républicain.
19:17 - Ces militants qui sont là, quelle peine
19:19 vous proposez pour eux ?
19:21 - Qu'on arrête
19:23 de tout judicier ici.
19:25 - Ah oui, donc il ne faut rien faire en fait.
19:27 - Mais il ne faut rien faire.
19:29 - Mais il faut faire quoi ?
19:31 - La réponse, moi, mon métier
19:33 n'est pas d'avoir les réponses.
19:35 Je sais ce qui ne fonctionne pas.
19:37 - Le tout répressif, ça ne fonctionne pas.
19:39 - Quelle est la peine que ça mérite ? Allez-y.
19:41 - Je vais vous dire précisément,
19:43 je les mets un mois en prison.
19:45 - Un mois en prison.
19:47 Et vous pensez que vous allez régler le problème ?
19:49 - Oui, peut-être.
19:51 - Exactement. Je les mets un mois en prison
19:53 parce que ce sont des gens qui n'y sont pas habitués.
19:55 - La prison, elle existe aujourd'hui,
19:57 elle fabrique des délinquants.
19:59 - Non, pas pour cela.
20:01 Ceux-là, croyez-moi,
20:03 ils ne seront absolument pas habitués
20:05 à être en prison.
20:07 - Vous n'en savez rien.
20:09 - Ce sont des militants,
20:11 ce n'est pas leur univers.
20:13 S'ils savent que pendant un mois,
20:15 ils sont à l'ombre, croyez-moi,
20:17 ça changera peut-être la prochaine fois.
20:19 - Je n'ai rien contre, si c'est un juge
20:21 qui le décide et pas vous.
20:23 - Je voulais qu'on revienne
20:25 à l'audition cet après-midi
20:27 au Sénat de Gérald Darmanin
20:29 qui a été interrogé sur le rapport
20:31 "Hausse des refus d'obtempérer".
20:33 Il a été interrogé sur le rapport
20:35 "Hausse des tirs de policiers".
20:37 On a lu et entendu que ce serait
20:39 cinq fois plus de tirs.
20:41 Gérald Darmanin affirme que c'est faux.
20:43 - L'intervention de la police nationale
20:45 à la gendarmerie, c'est la conséquence
20:47 de 10 ans de difficultés entre pays
20:49 qui ont commencé avec les attentats.
20:51 Les attentats terroristes,
20:53 un certain nombre de violences
20:55 inexcusables qui relèvent
20:57 très souvent des violences urbaines,
20:59 qui ont très souvent déforcené
21:01 ce que le premier travail des policiers
21:03 de gendarmerie, c'est souvent d'intervenir
21:05 sur des forcenés où ils ouvrent le feu.
21:07 Des refus d'obtempérer.
21:09 J'ai bien compris les questions
21:11 qui m'ont été posées.
21:13 Sur les refus d'obtempérer,
21:15 en 2022, il y en a eu 25 800
21:17 faits, connus par les services
21:19 de police et de gendarmerie.
21:21 C'est-à-dire, en moyenne,
21:23 un refus d'obtempérer
21:25 tous les 20 minutes.
21:27 Ca pose des tas de questions.
21:29 Les gens qui ont de l'alcool,
21:31 les gens qui ne respectent plus aucune autorité,
21:33 c'est tout à fait vrai, il y a sans doute
21:35 beaucoup de raisons à ces refus d'obtempérer.
21:37 Mais il n'est pas vrai, comme j'ai lu et relu
21:39 que nous augmenterions les consignes
21:41 de tir sur les refus d'obtempérer.
21:43 En fait, Jean-Christophe Couvy,
21:45 les refus d'obtempérer,
21:47 en fait, Jean-Christophe Couvy,
21:49 refus d'obtempérer depuis quelques jours,
21:51 une semaine, un policier assiste à ça,
21:53 surtout il ne fait rien.
21:55 Surtout, il ne fait rien.
21:57 Les refus d'obtempérer avec la sortie d'arme
21:59 pour la mise en danger d'autrui
22:01 et de soi-même.
22:03 La liche, c'est une défense.
22:05 C'est pas du tout la même chose.
22:07 Les refus d'obtempérer, effectivement,
22:09 dès qu'on peut arrêter un véhicule,
22:11 normalement, on l'arrête,
22:13 dès lors qu'il ne constitue pas un danger
22:15 et que tout a été fait.
22:17 C'est ça, en fait.
22:19 Est-ce que tout a été fait pour arrêter ce véhicule
22:21 avec les moyens qu'on a là ?
22:23 Et donc, on laisse l'interprétation du policier,
22:25 pour faire stopper un véhicule qui est potentiellement dangereux.
22:27 Mais il n'y a plus aucun policier
22:29 qui a envie d'engager sa responsabilité.
22:31 Je suis désolé, mais les policiers, la semaine dernière,
22:33 ont compris que l'exécutif,
22:35 dès lors que c'est un peu poisseux,
22:37 ça lâche de suite, parce que,
22:39 surtout pas d'embrouille.
22:41 Donc, en fait, les policiers ont tous compris.
22:43 Et même si on voit que l'exécutif qui rame
22:45 et qui essaye de regagner la confiance des policiers,
22:47 on l'a dit, on l'a répété, on l'a même dit au président de la République,
22:49 la confiance des policiers est perdue.
22:51 Donc, il va falloir, maintenant, sortir les pagaies,
22:53 parce que je peux vous dire que pour regagner cette confiance,
22:55 ça va être très difficile.
22:57 Je veux juste dire un petit chiffre.
22:59 Les violences, chaque année,
23:01 les violences contre les forces de l'ordre,
23:03 ça représente 25% des victimes de violences dans la France.
23:05 C'est-à-dire qu'un,
23:07 une personne violentée sur quatre en France
23:09 est un membre des forces de l'ordre.
23:11 Ça vous montre un petit peu, déjà, le nombre de blessés qu'on peut avoir.
23:13 Et pourquoi aussi, on est un peu sur le dents.
23:15 La responsabilité, c'est compliqué,
23:17 et en même temps, c'est un métier difficile et violent,
23:19 et on le sait.
23:21 C'est une question pour laquelle Emmanuel Macron a essayé de relier,
23:23 de faire le lien,
23:25 c'était hier soir, ou l'anti-hier soir,
23:27 en allant dans un commissariat, mais ce n'est pas gagné.
23:29 C'est très compliqué, parce que c'est une vraie ligne de crête,
23:31 en fait, pour l'exécutif,
23:33 Emmanuel Macron en particulier,
23:35 parce que d'un côté, il veut réassurer de sa confiance
23:37 les forces de l'ordre,
23:39 et c'est très important, par ces moments troublés, tourmentés,
23:41 de montrer que les écharpes tricolores,
23:43 les élus et les forces de l'ordre sont absolument essentielles,
23:45 justement, pour l'ordre républicain,
23:47 le maintenir, le restaurer.
23:49 C'était essentiel, et combien ils pouvaient être,
23:51 malheureusement, parfois, maltraités,
23:53 voire assassinés.
23:55 Il y avait quand même eu cette tentative d'assassinat contre le maire,
23:57 je vous rappelle, de la Lérose.
23:59 Et puis, il y a, de l'autre côté,
24:01 cette question qui est posée,
24:03 depuis quelques jours, par certains,
24:05 sur la fameuse loi d'Ide-Caseneuve de 2017,
24:07 sur, justement, l'autorisation
24:09 de l'arme à feu, enfin, la façon d'utiliser son arme
24:11 en cas de refus, justement, d'obtempérer.
24:13 Donc, comme vous le disiez,
24:15 il y a l'histoire de légitime défense des policiers qui est nécessaire,
24:17 et puis, s'ajoute à ça...
24:19 - C'est ce que disait Gérald Darmanin,
24:21 c'est pas parce que quelqu'un ne suit pas
24:23 la loi ou la règle qu'il faut changer
24:25 la loi. - Bien sûr.
24:27 Mais le problème, c'est que cette loi, certains pointent
24:29 une difficulté d'interprétation,
24:31 on va dire, de cette loi,
24:33 qui laisse une marge un peu grande, et du coup,
24:35 qui laisse un flou, où on peut, du coup, pointer du doigt
24:37 le policier qui aurait dégainé
24:39 son arme à feu, et de l'autre côté,
24:41 est-ce que le policier s'en veut ou pas
24:43 d'avoir dégainé son arme à feu ? Et ça, c'est une vraie question,
24:45 et elle est importante,
24:47 il faudra attendre le jugement.
24:49 Parce que le jugement statuera si le policier
24:51 avait le droit d'utiliser son arme ou pas.
24:53 Et si c'était le cas,
24:55 eh bien, écoutez, il faudra en tirer les conséquences.
24:57 - 21h32, CNews Info, Simon Guillin,
24:59 on se retrouve tout de suite après.
25:01 (Générique)
25:03 - Gérald Darmanin
25:05 a été entendu cet après-midi au Sénat,
25:07 une audition qui fait suite aux émeutes
25:09 qui ont lieu en France depuis le 27 juin dernier.
25:11 Le ministre de l'Intérieur est notamment revenu
25:13 sur le profil des personnes interpellées,
25:15 et il a notamment donné ce chiffre.
25:17 La police a procédé à 3 505 interpellations
25:19 ces derniers jours.
25:21 La fusée Ariane 5
25:23 va effectuer son tout dernier vol cette nuit,
25:25 en service depuis 1996.
25:27 Il s'agira du 117e vol de la fusée
25:29 pour sa dernière mission.
25:31 Eh bien, Ariane 5 doit propulser
25:33 en orbite deux satellites militaires.
25:35 Et puis, le Paris Saint-Germain
25:37 dit au revoir à Christophe Galtier
25:39 et souhaite la bienvenue à Louis Sénriquet,
25:41 qui devient le nouvel entraîneur du PSG.
25:43 Il a été présenté en début d'après-midi
25:45 lors d'une conférence de presse.
25:47 Sénriquet devient le 8e entraîneur du PSG
25:49 depuis l'arrivée des Qataristes
25:51 et en 2011.
25:53 Sachez qu'il a signé pour les deux prochaines saisons
25:55 au club de la capitale.
25:57 - Ce soir devait se dérouler un concert
25:59 à la Flèche d'or, concert de levée de fond
26:01 pour les familles de jeunes victimes
26:03 de violences politicières,
26:05 concert qui a fait polémique toute la journée.
26:09 - Il y en a qui ont eu la bonne idée
26:11 de tenter d'organiser ce soir un concert,
26:13 figurez-vous, en soutien aux familles
26:15 des victimes et jeunes interpellés par les forces de l'ordre.
26:17 - Plusieurs musiciens et chanteurs sont programmés
26:19 de 20h à minuit. L'entrée est de 15 euros,
26:21 une somme payable uniquement, en liquide.
26:23 - On fait un concert pour les émeutiers
26:25 et les pillards, mais c'est tout à fait nouveau.
26:27 Je pensais que ce serait pour les familles
26:29 de flics blessés, moi, ce concert.
26:31 C'est une honte de faire un concert comme ça.
26:33 Et en plus, ils demandent d'être payés en liquide
26:35 pour l'entrée. Double comptabilité.
26:37 Allez, arrêtons les conneries.
26:39 Arrêtons les conneries.
26:41 - On est dans une forme de surenchère de la honte
26:43 dans notre pays. Ce concert avec une recette
26:45 tirée aux émeutiers, c'est scandaleux.
26:47 Je veux dire, franchement, on a besoin
26:49 de ces initiatives qui créent
26:51 de la fracture, qui créent du désordre.
26:53 - Vous voyez, ne serait-ce que dans la présentation,
26:55 si on peut revoir à l'affiche, c'est en écriture inclusive.
26:57 Alors, c'est pas un détail. Je le note.
26:59 Ça veut dire quoi? C'est-à-dire que l'ensemble
27:01 de la mouvance de la gauche intersectionnelle,
27:03 de la gauche radicale, de la gauche néo-féministe
27:05 veut s'approprier. Veut s'approprier
27:07 la lutte ou le combat,
27:09 l'émeute de gens qui, globalement...
27:11 Moi, je suis persuade d'une chose.
27:13 Le jour où les néo-inclusifs progressistes
27:15 diversitaires à cheveux roses ou à cheveux bleus
27:17 tombent dans les mains des émeutiers,
27:19 ils ne leur réservent pas un très bon traitement.
27:21 - La liberté de programmation artistique
27:23 est un principe fondamental que nous respectons absolument.
27:25 Elle ne doit surtout pas être utilisée
27:27 à des fins risquant de nuire
27:29 à l'esprit d'apaisement, de cohésion,
27:31 de construction dont nous avons tant besoin.
27:33 - La mairie de Paris, elle ne peut pas se cacher derrière son petit doigt.
27:35 Elle est propriétaire de l'établissement.
27:37 L'association de la ville de Paris
27:39 n'a pas à s'ingérer dans la programmation.
27:41 Ça, vous voyez, quand on est maire,
27:43 ça ne peut pas se passer chez nous.
27:45 Ça, moi, je l'interdis dans la minute.
27:47 Et si jamais la programmation est maintenue,
27:49 pas de problème, on reparle des subventions.
27:51 - On vous dit alors que vous touchez à la liberté artistique.
27:53 - Non mais... - C'est ce qu'ils disent.
27:55 - Ça signifie quoi ? Ça signifie qu'on va donner encore plus
27:57 d'importance à toutes celles et ceux
27:59 qui veulent bousiller notre pays ? C'est insupportable.
28:01 - On va annuler ce soir,
28:03 reporter plutôt la salle d'énonce,
28:05 la surmédiatisation de cet événement par des groupes
28:07 personnalités et médias d'extrême droite.
28:09 Nous sommes contraints, contraintes,
28:11 parce que c'est en écriture inclusive, d'annuler
28:13 pour des raisons de sécurité. Nous ne cèderons pas la pression.
28:15 Nous sommes écurés, tout ça.
28:17 Vous le voyez, la Flèche d'or est un lieu
28:19 qui se définit comme politique, culturel et de solidarité
28:21 et qui touche 20 millions de la part
28:23 de la mairie de Paris.
28:25 Voilà, on va continuer dans un instant.
28:27 On parlera de ce sondage exclusif pour s'énouver
28:29 sur ce que pensent les Français, les hommes politiques
28:31 après les émeutes. Gérald Darmanin tire
28:33 son épingle du jeu. Des personnalités de la France
28:35 insoumises, des chantes, enfin pas tous
28:37 puisque certains chantent. On y revient dans un instant.
28:39 - Dis-moi, regarde-moi
28:43 je ne sais plus comment
28:45 aimer mon boulot de greffier.
28:47 - S'il vous plaît, monsieur le député,
28:49 - ne me méprise pas. - Monsieur le député, on ne chante pas dans un hémicycle.
28:51 - Je ne sais plus...
28:53 On va terminer avec trois petits sujets
28:55 politiques, mais ils concernent
28:57 la NUPES et LFI.
28:59 D'abord, on a vu qu'il y a une sorte
29:01 de scission en ce moment
29:03 au sein de la NUPES.
29:05 Jean-Luc Mélenchon n'est pas
29:07 exactement, ou n'est plus suivi
29:09 tout à fait par
29:11 Roussel notamment.
29:13 On va voir cette première séquence
29:15 et vous allez comprendre pourquoi.
29:17 - Ces violences sont inacceptables,
29:21 elles doivent être condamnées et il faut
29:23 aujourd'hui appeler... - Vous les condamnez sans aucun "mais",
29:25 sans aucune nuance ?
29:27 Différemment de Jean-Luc Mélenchon
29:29 qui est dans votre famille politique.
29:31 - Je me désolidarise totalement des propos
29:33 de Jean-Luc Mélenchon et de certains de ses députés
29:35 qui ont refusé d'appeler au calme
29:37 et qui ont légitimé cette violence
29:39 en disant "c'est normal, c'est une révolte".
29:41 - C'est dangereux de faire ça ?
29:43 - Oui, c'est pour ça que je me désolidarise
29:45 totalement. - Il est authentique,
29:47 sincère, et c'est des qualités
29:49 qui dans le débat politique ne sont pas
29:51 si fréquentes. Donc il dit ce qu'il pense,
29:53 il est au plus près de ce qu'il pense.
29:55 - C'est simple, c'est clair, et je pense qu'il est
29:57 en phase avec une grande partie
29:59 de son électorat.
30:01 Jean-Luc Mélenchon et un certain nombre
30:03 d'élus de la NUPES
30:05 ont tenu des propos qui plaisent
30:07 à une clientèle, mais à une clientèle plus restreinte
30:09 que la totalité de leur électorat.
30:11 Il y a beaucoup de gens qui appartiennent aux classes populaires,
30:13 il y a beaucoup de gens qui sont de gauche, voire d'extrême-gauche,
30:15 et qui n'ont pas avalé, qui n'ont pas
30:17 admis, qui rejettent les violences
30:19 de ces jours-ci. - Est-ce qu'il y aura des conséquences
30:21 du non-appel au calme
30:23 de la France insoumise ?
30:25 Parce que visiblement, quand même, ça bouge.
30:27 Donc conséquences
30:29 à l'intérieur de la NUPES,
30:31 est-ce que certains se disent qu'ils vont se désolidariser,
30:33 mais est-ce qu'ils vont aller jusqu'au bout de la démarche
30:35 et ne plus être avec eux ? Et conséquences
30:37 également pour la société française,
30:39 et puis conséquences, pourquoi pas aussi,
30:41 est-ce qu'il y a des poursuites
30:43 qui peuvent être entamées, pourquoi pas,
30:45 contre Jean-Luc Mélenchon ? J'ai entendu ça parfois.
30:47 - Pas des poursuites encore,
30:49 je l'ai entendu, c'est des hommes politiques qui ont dit
30:51 "il faut poursuivre Jean-Luc Mélenchon", c'est pas moi !
30:53 - Poursuivons. - Mais oui, vous êtes avocat,
30:55 ça vous fera des millions.
30:57 - Avant de vous donner la parole, il y a un sondage
30:59 très intéressant pour CNews, savoir qui sera
31:01 renforcé et qui sera faibli de ces jours
31:03 où la France a brûlé, regardez.
31:05 - Vous êtes paralysé par la peur,
31:09 vous avez peur de finir comme M. Castaner,
31:11 limogé en 48 heures, pour avoir dénoncé
31:13 les clés d'étranglement. Vous avez peur
31:15 de fermer la cagnotte de la honte lancée
31:17 par un raciste pour récompenser le meurtrier de Nahel.
31:19 Au nom de Tahsir,
31:21 Gabriel, Samy, Kivi, Gangali,
31:23 Mohamed, si jeunes de ma circonscription,
31:25 âgés de 13 à 17 ans, je veux vous parler
31:27 de cette merveille. Ferme ta gueule,
31:29 tête de chien, tu veux qu'on t'encule ou quoi ?
31:31 Ces propos sont ceux de policiers à ces jeunes gens.
31:33 Ils vous choquent ?
31:35 Tant mieux, peut-être que vous allez réagir.
31:37 - C'est une gauche honnêtement
31:39 insupportable qui haït la République,
31:41 qui haït nos institutions,
31:43 qui haït l'Etat. D'ailleurs, leur programme
31:45 est de changer de régime.
31:47 Ils veulent abattre la République.
31:49 Et la France insoumise, quand je l'écoute comme celle-là,
31:51 ce n'est pas la France insoumise, c'est la France incendieuse.
31:53 - La France insoumise, depuis le début,
31:55 elle est l'allié objectif de tous ceux
31:57 qui veulent, avec des discours farfelus,
31:59 détruire les structures de l'Etat.
32:01 Mais comment peut-on avoir une société
32:03 sans une police, sans une justice ?
32:05 - Pourquoi ils s'attaquent à...
32:07 Non, mais c'est intéressant, c'est pour essayer de comprendre.
32:09 Pourquoi ils s'attaquent à la police comme ça ?
32:11 - Je crois qu'ils ont une imaginaire évolution.
32:13 - Est-ce que c'est même parce que ça répond
32:15 à une partie de leurs électeurs ?
32:17 - Il n'existe pas, en République,
32:19 d'ennemis de l'intérieur.
32:21 Le racisme est un délit,
32:23 c'est le poison de la République.
32:25 - Quand ce député nous dit,
32:27 tout simplement, qu'il n'y a pas d'ennemis
32:29 intérieurs à la République, eh bien,
32:31 s'il y a des ennemis intérieurs à la République,
32:33 parce que c'est des gens qui mettent le feu, qui appellent à tuer,
32:35 et ce qui se passe avec le maire
32:37 de la Haie-les-Rouses, excusez-moi,
32:39 ces gens-là sont des ennemis de la République.
32:41 - Vous limogez et punir les policiers racistes
32:43 qui salissent l'uniforme de leurs collègues républicains.
32:45 - Il y a des Noirs et des Arabes dans la police.
32:47 - Voilà. - Il y a des Français.
32:49 - Il y a surtout des Français.
32:51 - Est-ce que je me reste d'être politique ?
32:53 - Alors, voilà, on n'a pas vu le sondage,
32:55 mais le sondage dit quand même que
32:57 ceux qui ont du mal après cette séquence,
32:59 Jean-Luc Mélenchon, Sandrino Rousseau,
33:01 notamment, qui perdent des points,
33:03 mauvaise tactique,
33:05 en réalité, parce qu'ils ont essayé
33:07 d'aller chercher, on voit le résultat,
33:09 les opinions favorables,
33:11 au-dessus, on voit Fabien Roussel,
33:13 qui est plutôt approuvé, à gauche,
33:15 dans le bloc de gauche, Jean-Luc Mélenchon très bas,
33:17 Sandrino Rousseau très bas. Au fond, ils sont allés chercher
33:19 des voix dans les quartiers
33:21 et au final,
33:23 les quartiers, enfin en tout cas
33:25 ceux qui sont interrogés, les repoussent.
33:27 - Oui, d'abord, cette stratégie
33:29 de la conflictualité de Jean-Luc Mélenchon,
33:31 on pose même question au sein de son propre camp,
33:33 il y a un vrai clivage au sein même
33:35 de la France insoumise, il faut bien le dire,
33:37 il se délaisse totalement de ses partenaires
33:39 de la NUPES, puisque vous citiez Fabien Roussel,
33:41 mais il n'y a pas que lui,
33:43 les socialistes avec Olivier Faure, les écologistes,
33:45 enfin vraiment, toute la gauche se désolidarise
33:47 aujourd'hui des propos de Jean-Luc Mélenchon
33:49 et de son incapacité à condamner
33:51 les violences de ces derniers jours
33:53 et les pillages, ça c'est quand même un vrai souci,
33:55 et du coup, en effet, il sort perdant de cela,
33:57 on a vu d'ailleurs combien il était perdant, parce que malgré
33:59 les très bons scores qu'il avait réalisés
34:01 dans les banlieues, notamment lors des présentiels
34:03 et lors des législatives, on a vu
34:05 tout dernièrement l'image d'un de ses députés
34:07 qui allait justement en banlieue
34:09 à Nanterre pour essayer de récupérer, on va dire,
34:11 au tout début des émeutes
34:13 et qui s'était fait taper et qui s'était
34:15 fait dégager, donc en revanche, qui s'est
34:17 organisé dans cette histoire ? - Qui n'a pas été soutenu par...
34:19 - Qui s'est organisé dans cette histoire ? Encore une fois, c'est le RN,
34:21 Marine Le Pen, pourquoi ? Parce que comme au moment
34:23 des retraites, elle gagne
34:25 dans sa stratégie du silence,
34:27 on va dire, c'est la réforme des retraites, c'est exactement ce qui s'est
34:29 passé, et pourquoi aussi ? Parce que par ailleurs,
34:31 aujourd'hui, les propositions qui
34:33 émergent, qui effleurent, avec
34:35 notamment les Républicains, ce sont des propositions
34:37 qui ont toujours été portées historiquement
34:39 par le RN, c'est ça aussi, il faut bien dire.
34:41 Et donc, évidemment que ça pose une
34:43 question de stratégie politique et de
34:45 parole et surtout de responsabilité
34:47 politique parce que, vraiment, Jean-Luc Mélenchon
34:49 aurait pu marquer des points
34:51 à la faveur de ce qui s'est passé,
34:53 justement en condamnant ces violences
34:55 et en soutenant par contre les pauvres gens qui habitent
34:57 dans ces quartiers, et encore une fois,
34:59 il a jeté lui sur le feu et il a fait la stratégie
35:01 du pire. Alors qu'on voit, voilà, les
35:03 opinions positives et
35:05 négatives pour Marine Le Pen
35:07 et Jordane Bardella.
35:09 Question à Jean-Christophe Couville, tout à l'heure on a entendu
35:11 à la fin de ce sujet, est-ce que
35:13 certains hommes politiques vont porter plainte
35:15 contre ceux,
35:17 qu'Elisabeth Borne dise être sortis de l'arc
35:19 républicain, ça pourrait être le cas des
35:21 syndicats de policiers, également
35:23 porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon ? Alors,
35:25 nous, on ne fait pas de politique, donc là,
35:27 ce qui se passe, c'est dans l'hémicycle, donc laissons les
35:29 politiques gérer leur casserole et
35:31 leur chiffon. Nous, en revanche, effectivement,
35:33 on se réserve le droit, oui, de déposer plainte
35:35 quand il faut, d'ailleurs on l'a fait, contre Taab Ouaf,
35:37 qui était un de leurs émissaires
35:39 et ami. Mais Jean-Luc Mélenchon, vous pourriez ?
35:41 Ou pas ? Bah, Jean-Luc Mélenchon, on pourrait,
35:43 s'il nous attaque réellement, par exemple, à... La police tue, c'est pas...
35:45 Non, mais à une nominem, la police tue,
35:47 on va lui donner encore plus
35:49 de résonance, peut-être, en déposant plainte
35:51 et en faisant du ramdam derrière. Donc moi, ce que je vois,
35:53 c'est que, par exemple, moi j'étais, vous savez,
35:55 quand j'ai entendu dire
35:57 que la police était raciste,
35:59 mais moi j'ai des collègues, la police,
36:01 et on n'arrête pas de le dire, elle est...
36:03 Je suis désolé, mais il y a des collègues de toutes les origines
36:05 et qui sont d'abord, avant tout, républicains,
36:07 qui sont insultés, ils se font traiter
36:09 de nègres de maison, ils se font traiter d'arabes
36:11 de service. Taab Ouaf qui a traité
36:13 Linda Kebab d'arabes de service, encore une fois
36:15 qui faisait partie de LFI, et moi j'ai vu,
36:17 j'étais dans le...
36:19 Lorsque Linda est allée à la barre,
36:21 et je peux vous dire, c'était très intense en émotion,
36:23 ça faisait juste... On la ramenait
36:25 à ce qu'elle était, et en fait, pour elle, elle a été républicaine,
36:27 on l'a ramenée à sa condition et à ses origines.
36:29 Et il y avait David Guiraud qui était là,
36:31 et il y avait tous les compagnons
36:33 de la chanson de LFI, et qui se délectaient
36:35 et qui rigolaient et qui étaient très fiers.
36:37 Je suis désolé, c'est des gens, ils sont vraiment dangereux.
36:39 Ils sont dangereux parce qu'en fait, ils attaquent à la police,
36:41 parce que la police, c'est le dernier bastion
36:43 de la République. C'est-à-dire que si la police tombe,
36:45 demain, qu'est-ce qu'on a ?
36:47 On a quoi ?
36:49 L'anarchie. Et c'est exactement ce qu'ils veulent,
36:51 c'est que la police délecte dans l'anarchie, ils n'attendent que ça.
36:53 Très court, Tatiane. Très court, deux choses.
36:55 Qu'est-ce qu'on reproche, là, pour certains politiques
36:57 qui veulent en effet attaquer Mélenchon, pour deux choses.
36:59 Provocation à la rébellion et incitation à la rébellion.
37:01 Et deuxième chose, parce que, souvenez-vous, cette vidéo
37:03 qu'il avait postée, où il disait, surtout ne touchez pas
37:05 au début des émeutes, ne touchez pas aux écoles,
37:07 ne touchez pas aux bibliothèques.
37:09 Et donc certains se sont dit, en fait, on a le droit
37:11 de cramer le reste. Le reste peut brûler, il n'y a pas de souci.
37:13 Donc c'est vrai que ça pose quand même une vraie question
37:15 politique et éthique, de la part d'un responsable politique
37:17 qui a quand même été trois fois candidat à la présidentielle.
37:19 Compagnon de la chanson, vous avez dit.
37:21 Oui, mais quelle chanson ?
37:23 Une chanson révolutionnaire.
37:25 Non, pas toujours.
37:27 On va en écouter la chanson d'un député
37:29 de la France Insoumise, d'Isabelle Boulet,
37:31 détourné pour que le garde des Sceaux,
37:33 le compagnon d'Isabelle Boulet, pour ceux qui ne le savent pas,
37:35 pour qu'il entende la colère des greffiers de France,
37:37 qui sont sous l'eau, pas assez nombreux, ils sont en grève.
37:39 Et sans eux, en fait, pas de jugement,
37:41 pas de dactylographie,
37:43 rien n'est envoyé,
37:45 donc la justice est paralysée.
37:47 Les greffiers demandent des moyens, leurs ministres restent sourds,
37:49 disent-ils, d'où la chansonnette.
37:51 (Générique)
37:53 Dis-moi,
37:55 regarde-moi,
37:57 je ne sais plus comment aimer
37:59 mon boulot de greffier.
38:01 Parle-moi, ne me méprise pas,
38:03 je ne sais plus pourquoi trimer,
38:05 mais pourquoi continuer ?
38:07 Voilà comment les greffiers
38:09 se sont exprimés devant les tribunaux
38:11 à Lille et partout en France
38:13 pour attirer l'attention du ministre.
38:15 (Musique)
38:17 J'ai quand même préféré
38:19 la version originale.
38:21 - Quand vous avez commencé à être avocat,
38:23 c'était en quelle année ?
38:25 - Il y a 46 ans, 47 ans.
38:27 - Il n'y avait pas ces problèmes-là ?
38:29 - Il n'était pas de même nature.
38:31 D'abord, la société était moins judiciarisée
38:33 qu'elle l'est aujourd'hui.
38:35 - J'entends bien, mais est-ce qu'il y avait...
38:37 - Il y avait infiniment moins d'avocats,
38:39 il y avait moins de...
38:41 - Ça veut dire que l'État régalien a toujours existé.
38:43 - Mais avec une acuité et une importance
38:45 qui étaient moins.
38:47 - Le budget de la justice, c'est le manque de greffiers.
38:49 - C'est le manque de moyens de la justice.
38:51 - Le budget de la justice, c'est moins de...
38:53 - Sur 1 000 euros, c'est 8 euros.
38:55 - Peut-être qu'il faudrait moins donner
38:57 de prestations, moins de prestations sociales,
38:59 moins de répartition.
39:01 Sur 1 000 euros, il y a 8 simplement.
39:03 Déjà, vous m'étonnez, je crois que c'était 4 pour la justice.
39:05 - Il faut rendre...
39:07 - Il se bat, Eric Dupond-Morin.
39:09 - Il faut rendre cette justice.
39:11 C'est peut-être la seule.
39:13 En tout cas, il faut la lui rendre.
39:15 - Je ne veux pas savoir si je l'aime ou si je l'aime pas.
39:17 - Si vous dites que...
39:19 - Je considère, comme nombre d'avocats,
39:21 qu'un certain nombre de ces réformes,
39:23 notamment la suppression du jury populaire
39:25 dans les assises, etc.,
39:27 c'est vrai qu'on n'est pas très favorable.
39:29 Voilà, ça ne fait mise que de le dire.
39:31 Maintenant, ceci étant, c'est vrai que les moyens
39:33 augmentent, mais on vient de si loin,
39:35 de si bas, que c'est absolument
39:37 atterrant.
39:39 - Voilà, c'est atterrant, c'est vrai,
39:41 et c'est une raison pour laquelle c'est très compliqué
39:43 de colère des policiers, de voir
39:45 si souvent des jeunes gens
39:47 qui sont arrêtés, pas que des jeunes gens, d'ailleurs,
39:49 des voyous, se retrouver dans la Russie vite.
39:51 - Mais oui, c'est le quotidien
39:53 des policiers, et encore une fois,
39:55 il faut que la justice, elle soit sans pitié,
39:57 qu'elle soit juste. Mais juste, ça veut dire appliquer
39:59 la loi et les peines. - Mais elle a été forte.
40:01 - Ah, ben là, elle a été... - Elle a été une exemplaire.
40:03 Merci beaucoup, Jean-Christophe Coullemagne.
40:05 Vous n'êtes pas sûrs
40:07 de mon mot. Tatiana Renard-Marzac.
40:09 Merci de m'avoir accompagnée pour le meilleur de l'Info.
40:11 C'était ma dernière ce soir. J'espère qu'on va se retrouver
40:13 pour la saison prochaine. Demain soir,
40:15 Vincent Fardesse pour vous accompagner.
40:17 Merci à Valérie Acna. Grand merci.
40:19 Et d'en merci à Adrien Fontenot, Thierry Brunet
40:21 qui m'ont aidé à préparer cette émission.
40:23 Julien Pasquet, dans un instant. Soir Info, bye bye.
40:25 (générique)
40:27 - Tout de suite, Soir Info
40:29 avec Julien Pasquet.
40:31 (générique)
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