00:00 Bonjour Christophe Rouillon, merci d'être avec nous.
00:02 Vous êtes le maire de Coulennes en Sarthe, 7000 habitants.
00:05 Vous serez à l'Elysée tout à l'heure.
00:07 La pire nuit pour vous, ça a été vendredi soir
00:10 quand les émeutiers se sont jetés sur votre mairie.
00:13 Vous voulez bien nous raconter cette soirée de vendredi ?
00:16 C'était une soirée très très difficile.
00:19 Ça a commencé vers 23h par des tirs de feu d'artifice,
00:25 des poubelles brûlées, des voitures brûlées également,
00:33 sur une place à proximité d'habitation,
00:38 un début d'incendie qui a intoxiqué des familles.
00:42 Ensuite, une première tentative de défraction de la mairie
00:46 qui a été repoussée par la police.
00:48 Ensuite, une heure plus tard, petite bande d'émeutiers.
00:53 Au total, il y avait une trentaine d'émeutiers à peu près
00:55 et trois sont revenus sur le coup de 2h du matin.
00:58 Ils ont défoncé la porte d'entrée vitrée de la mairie
01:03 et ont tiré un mortier à l'intérieur de la mairie
01:07 et ont déclenché un incendie.
01:10 Heureusement, les pompiers sont arrivés au bout de 5 minutes.
01:13 Ils ont pu circonscrire l'incendie,
01:16 mais les dégâts sont quand même considérables.
01:18 Toute la zone d'accueil de la mairie où il y avait l'état civil,
01:20 le centre communal d'action sociale,
01:23 les différents services d'accueil, culture, éducation, état civil,
01:26 ont été détruits.
01:27 Donc la mairie a été mise à l'arrêt.
01:29 Est-ce que ce sont des jeunes originaires de quartiers de votre commune
01:33 et potentiellement des gens dont vous avez peut-être croisé les parents ?
01:37 Ce sont des jeunes, ils étaient une trentaine,
01:40 il faut quand même aussi relativiser les choses,
01:42 mais ils étaient extrêmement déterminés.
01:44 Ce sont des jeunes que nous connaissons depuis des mois.
01:48 Ah oui, vous les connaissez ?
01:50 Oui, on les connaissait.
01:51 C'est-à-dire que ce sont des jeunes qui mettaient la pression,
01:54 qui étaient pour certains impliqués dans des affaires de trafic de drogue,
01:58 sur des points de ville,
02:01 qui avaient déjà aussi provoqué des feux d'artifice en ville,
02:06 qui étaient sur des rodéos sauvages.
02:08 Des gens qu'on avait convoqués
02:11 et qui ont décidé de profiter, de saisir l'occasion de ce drame
02:17 de la mort de Naël,
02:19 pour tenter de mettre le chaos dans la ville,
02:22 avancer des pions et mettre notre ville à l'arrêt.
02:25 Et en même temps, vous percevez aussi une immense solidarité
02:28 de la part des habitants.
02:30 Je crois que le parvis de votre hôtel de ville était noir de monde hier.
02:33 Ça vous a fait un peu de bien dans ces circonstances ?
02:36 Ça nous a rassurés, ça nous a fait chaud au cœur,
02:40 parce que c'est vrai que c'était un moment qui était difficile pour les équipes.
02:45 Nous avons été mis à l'arrêt,
02:48 mais ça nous a encouragés à redémarrer,
02:51 parce que les services publics ne peuvent pas s'arrêter.
02:54 Le message que l'on envoie à la trentaine des métiers,
02:57 c'est qu'ils n'auront pas de gain de cause
03:00 et que la mairie va continuer à fonctionner malgré cette attaque.
03:06 On ne cèdera pas à la pression d'une vente de 30 délinquants.
03:10 Mais M. le maire, vraiment d'un mot,
03:12 là vous serez à l'Élysée tout à l'heure,
03:14 vous attendez quoi du président de la République ?
03:16 Est-ce que vous pensez que l'exécutif, avec vous peut-être,
03:19 peut apporter une réponse de circonstance ?
03:23 Nous attendons un message de soutien fort du président de la République.
03:27 Ça vous l'avez ?
03:29 Oui, mais je pense qu'il doit être dit directement.
03:32 C'est quand même inadmissible qu'un maire comme le maire de l'Île-des-Roses
03:35 soit attaqué à son domicile.
03:37 Nous demandons des mesures de sécurité,
03:40 de renforcement de la sécurité dans nos quartiers.
03:43 Nous demandons aussi des mesures très fortes
03:45 contre les réseaux de trafic en drogue.
03:47 Parce qu'il y a là aussi une stratégie, à mon sens,
03:49 de mafieux, de trafic en drogue,
03:52 de s'attaquer, d'impressionner les élus,
03:55 de les dégoûter, de les écœurer.
03:57 Et je pense que là, c'est très important
03:59 que le président de la République et le ministre de l'Intérieur
04:02 soient à nos côtés, qu'il y ait des moyens supplémentaires de police.
04:06 Et puis je pense aussi qu'il faut traiter des questions de fond,
04:08 la question de la pauvreté dans nos banlieues.
04:10 Mais dans ma ville, le taux de pauvreté est très haut.
04:16 Nous sommes la 28ème ville la plus pauvre de France.
04:19 Et la moitié des habitants du quartier prioritaire
04:23 de la politique de la ville
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