00:00 Je m'appelle Lisa Cheteau et je suis sur France Inter.
00:02 Alors en fait, j'avais des photos références de Lucie Adolescente,
00:12 des photos matons, et je suis partie de là pour ensuite en créer un personnage de fiction.
00:17 Et c'était important de mettre plein d'éléments des années 2000,
00:20 vu que ça se passe dans les années 2000.
00:21 Donc les créoles, les rats du cou, les t-shirts avec les t-shirts manches longues en dessous,
00:28 le col mal mis, l'acné, toutes les choses qui font qu'on est un adolescent dans les années 2000.
00:33 Alors "Mes 14 ans", c'est un roman graphique tiré du podcast du même nom,
00:42 qui est une plongée dans le journal intime de Lucie Michaelian,
00:48 qu'elle a écrit quand elle avait 14 ans,
00:50 où c'est la découverte de son désir, ses premières fois.
00:53 Et dans la bande dessinée, on oscille entre le journal de Lucie, 14 ans,
00:57 et Lucie à 30 ans, qui questionne les injonctions et la création de son désir.
01:02 J'aime beaucoup les récits d'adolescence,
01:04 c'est une période que je trouve très inspirante et très intéressante.
01:07 C'est vraiment foisonnant, fort en émotions, c'est très intense,
01:12 et c'est quelque chose qui me plaît à illustrer.
01:15 "Agripine", c'est vraiment une BD que j'ai piquée dans l'étagère de mes parents.
01:23 Et ça me faisait beaucoup rire,
01:24 parce que je ne comprenais pas tout, tellement le vocabulaire de Claire Brétéchet,
01:27 il est vraiment complètement fou et toujours très actuel aujourd'hui.
01:31 Ça me fait vraiment toujours autant rire.
01:33 Et je trouve que c'est vraiment l'adolescence,
01:36 dans tout ce que ça a de plus un peu ingrat et en même temps de très drôle.
01:39 Elle traîne tout le temps les pieds et en même temps, elle est assez insupportable,
01:43 mais aussi quand même un peu intelligente.
01:45 Et c'est vraiment une héroïne qui m'a beaucoup, beaucoup fait rire.
01:48 Moi, ce qui me plaît beaucoup, en tout cas, dans le dessin de Claire Brétéchet,
01:50 c'est que c'est très libre, c'est très expressif.
01:52 Elle fait toujours des têtes vraiment assez personnages,
01:56 avec les dents apparentes ou avec l'air complètement blasé.
01:59 Et c'est quelque chose que je trouve très, très inspirant.
02:01 Alors, je vais commencer par un livre que je lisais quand j'étais petite,
02:08 qui s'appelait, c'est un livre pop-up qui s'appelle La Maison hantée,
02:10 illustré par Jan Pienkowski, si je ne me trompe pas dans la prononciation.
02:14 C'est un livre qui me faisait très peur et je ne pouvais pas m'empêcher d'y retourner.
02:18 Et avec des dessins avec beaucoup de petits traits, une ambiance très gothique.
02:22 Et je pense que ça m'a marqué à un très, très jeune âge.
02:24 Et j'y reviens encore aujourd'hui.
02:26 Ma deuxième référence, qui est un livre que j'ai lu quand j'étais en master,
02:29 qui s'appelle De la marge au centre de Bell Hooks.
02:32 Ça a été un des premiers livres féministes que j'ai lus, que j'ai compris
02:36 et qui m'a vraiment interpellée, qui m'a présenté les idées d'intersectionnalité
02:40 et de tous ces combats là.
02:41 Et ça m'a vraiment bouleversée.
02:42 Ma troisième référence, c'est le film Ginger Snaps,
02:45 qui est un film d'horreur et en même temps une histoire d'adolescente
02:50 où l'héroïne principale se fait mordre par un loup-garou et se transforme en loup-garou.
02:54 Et c'est une très belle métaphore
02:56 du fait de devenir une femme et de devenir adulte
02:59 dans tout ce que ça peut avoir d'horrifique et de perturbant.
03:02 Ma quatrième référence, c'est un peu la plupart de la filmographie de John Waters,
03:07 parce que je trouve que c'est quelqu'un de très, très inspirant,
03:10 qui est complètement subversif sans jamais être oppressif
03:15 et qui présente dans tous ses films la réjouissance d'être à la marge
03:19 et d'échapper au cadre établi.
03:21 Merci.
03:22 Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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