- il y a 3 ans
Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:00 -Rien ne va plus. -Qu'est-ce qui vous arrive ?
00:03 -Je fais greffe. -Non !
00:05 -Si. -C'est la 1re fois ?
00:07 -Mais non, monsieur. Je sais même pas faire greffe.
00:10 Je veux remercier, je commence par les femmes.
00:13 Gabriel Cluzel, quel plaisir de vous retrouver.
00:16 Je veux remercier Arthur de Matrigan.
00:18 Vous êtes nouveau, ici ?
00:20 Vous avez vu de la lumière ? Vous êtes rentré ou bien...
00:24 Ou bien c'est Mathieu qui vous a invité ?
00:27 -Je suis favorable aux migrants. -Avant de déraper,
00:32 on va faire la minute info. Sommeil à la Bidi.
00:36 -Chantier Lyon-Turin, la préfecture va interdire
00:42 une manifestation d'opposants et d'élus.
00:44 Une interdiction justifiée par la préfecture
00:47 à cause des risques de débordement.
00:50 Des craintes quant à la sécurité des forces de l'ordre
00:53 et des pompiers a déclaré le préfet lors d'un point presse.
00:57 2 000 gendarmes et policiers allaient être déployés
01:00 dans cette vallée frontalière de l'Italie.
01:03 Le Sénat acte la création d'une commission d'enquête
01:06 suite à l'assassinat de Samuel Paty.
01:08 Les sénateurs ont répondu à la demande
01:11 d'une partie de la famille de l'enseignant
01:13 qui souhaite faire toute la lumière sur les failles
01:16 qui ont mené à son assassinat en 2020.
01:19 Et puis, 2 missiles nord-coréens sont tombés
01:22 dans la zone économique exclusive du Japon.
01:24 Le ministre japonais Fumio Kishida a précisé
01:27 que ces tirs n'avaient pas causé de dommages
01:30 tout en les condamnant fermement.
01:32 La Corée du Nord procède régulièrement
01:34 à des tirs de missiles dans la région.
01:36 Toutefois, cela faisait plusieurs mois
01:39 que des missiles nord-coréens
01:41 n'étaient pas tombés dans la ZEE japonaise.
01:43 Au sommaire ce soir,
01:47 alors que les plaies sont encore vives,
01:50 8 jours après le drame d'Annecy,
01:53 l'assaillant a été transféré à un hôpital psychiatrique,
01:56 la France reste en colère.
01:58 6 Français sur 10 plaident en faveur
02:01 d'une restriction du droit d'asile en France,
02:03 selon un sondage CNews.
02:05 Si la majorité populaire croit à la remise en question
02:08 du droit d'asile nécessaire,
02:10 pourquoi les élites refusent-elles de la prendre au sérieux ?
02:14 Une fois encore, les préférences populaires françaises
02:17 seront-elles piétinées ?
02:19 L'édito de Mathieu Boccotti.
02:21 Le 49-3 sur les retraites est critiqué jusqu'au niveau européen.
02:25 Selon la commission de Venise,
02:27 groupe consultatif du Conseil de l'Europe,
02:30 il est nécessaire de préserver l'équilibre des pouvoirs
02:33 entre Parlement et exécutif.
02:35 En quoi le 49-3, qui permet l'adoption de lois sans vote
02:39 à l'Assemblée, pose-t-il problème
02:41 au regard de la séparation des pouvoirs ?
02:44 Cette déclaration peut-elle se retourner
02:47 contre Emmanuel Macron, contre la réforme des retraites ?
02:51 L'analyse d'Arthur de Vatrigan.
02:53 Petit nouveau ce soir.
02:55 Selon Mario Maréchal, Papandiae passe plus de temps
02:58 à envoyer des commandos d'inspecteurs
03:00 aux méthodes de voyous dans les écoles catholiques hors contrat
03:04 plutôt que de lutter contre le communautarisme islamique
03:08 dans les établissements scolaires.
03:10 Depuis quelques semaines,
03:12 plusieurs inspecteurs de l'Education nationale
03:15 débarquent dans les écoles catholiques hors contrat.
03:18 Des derniers bastions de l'instruction.
03:21 Et pourtant, des profils comme Henri,
03:23 oui, le héros d'Annecy,
03:25 sont par exemple de purs produits
03:27 d'une école catholique hors contrat.
03:30 Décryptage Gabriel Cluzel.
03:32 Au moins 79 000 grands pays
03:34 périssent dans le naufrage d'un bateau de pêche
03:37 surchargé de passagers au large de la Grèce cette nuit.
03:41 C'est la pire catastrophe du genre depuis 2016.
03:44 500 personnes sont encore portées disparues,
03:47 les passagers n'avaient plus d'eau potable,
03:50 aucun n'était équipé de gilet de sauvetage,
03:53 le conducteur a fui,
03:55 certains ont été enfermés à l'intérieur par des passeurs,
03:58 ils venaient de Syrie, du Pakistan, d'Egypte.
04:01 C'est ça, l'humanité ?
04:03 S'agit-il de trafic d'êtres humains ?
04:05 Le regard de Marc Menon.
04:07 Et puis l'Algérie rétablit un vieux couplet anti-France
04:11 dans son hymne national.
04:13 Pourtant, Emmanuel Macron a appelé au renforcement des liens
04:17 "Voici les mots ajoutés dans l'hymne algérien.
04:20 "Oh France, le temps des palabres est révolu,
04:23 "nous l'avons clos comme on ferme l'ivre.
04:26 "Voici venu le jour où il te faut rendre les comptes.
04:29 "Voici notre réponse, le verdict, notre révolution le rendra.
04:33 "Car nous avons décidé que l'Algérie vivra,
04:36 "soyez-en témoin."
04:38 En quoi est-ce anecdotique, l'édito de Mathieu Bogdouti ?
04:42 Une heure pour prendre de la hauteur avec nos mousquetaires.
04:46 Musique de tension
04:48 ...
04:57 -Charlotte n'est pas là, mais on l'embrasse très fort.
05:01 Bigou n'est pas là, mais on l'embrasse très fort.
05:04 On est bien équipés ce soir avec Arthur et Gabriel.
05:08 -Vous avez vu un résultat sur le duel
05:10 qui m'a opposé à mon camarade boycotté hier ?
05:13 -Il a quand même une...
05:15 -C'est pas exactement la lecture que j'en ai.
05:18 -Il était plutôt du côté de Mathieu Bogdouti.
05:21 -Je m'incline, je le félicite.
05:23 Je reconnais votre noblesse dans la défaite.
05:26 -Il faut revoir votre sens de la nudité et son utilisation.
05:30 -Ca va, Arthur ? -Très bien.
05:32 -Content de vous voir avec nous. -Merci de m'accueillir.
05:36 -Ca va, ma Gabrielle ? En pleine forme.
05:38 C'est un sondage qui frappe 8 jours après le drame d'Annecy.
05:42 66 % des Français considèrent qu'il est nécessaire
05:46 de resserrer le droit d'asile.
05:48 Ce sondage frappe Mathieu Bogdouti
05:50 car cette idée a été assimilée par une importante partie
05:54 de la classe médiatique à de la récupération politique.
05:58 Faut-il voir dans cet écart une autre manifestation
06:01 du clivage entre la population et les élites ?
06:04 Est-ce que la question de l'immigration
06:07 est celle qui clive le plus la France d'en haut
06:10 et la France d'en bas ?
06:11 -Je crois tout à fait.
06:13 La question de l'immigration est la vraie question clivante,
06:16 pas seulement sur le plan idéologique,
06:19 mais aussi sur le plan sociologique.
06:21 Ce sont des conceptions de la société très différentes
06:25 qui se jouent dans la manière de penser
06:27 ce que peut vouloir dire l'asile.
06:29 Vous avez raison de le mentionner.
06:32 On a accusé depuis une semaine tous ceux qui posaient
06:35 la question du droit d'asile de récupération politique.
06:39 À part quelques îlots dans l'espace public,
06:41 le discours dominant, c'était si vous parlez de droit d'asile,
06:45 vous êtes dans la récupération, vous êtes d'extrême droite,
06:49 vous êtes coupable, c'est inacceptable,
06:51 vous instrumentalisez la mort, pas la mort,
06:54 mais une agression au service de vos objectifs politiques.
06:58 Là, on constate que la population est assez imperméable
07:02 sur ce coup-là à cette tentative de confisquer le débat public,
07:06 de le neutraliser, de l'interdire.
07:08 Et pourquoi? Parce que la population a des yeux pour voir.
07:11 La majorité populaire a compris que quelque chose ne fonctionnait pas
07:16 avec ce droit d'asile détourné.
07:18 La majorité populaire comprend que le mot droit d'asile
07:21 réfère à tout autre chose que ce qu'on appelait droit d'asile.
07:25 Quelques chiffres pour 2022, simplement garder ça à l'esprit.
07:29 966 000 demandes d'asile en Europe,
07:32 330 000 d'entrées irrégulières
07:34 et 3 millions d'entrées légales.
07:36 À l'échelle de l'histoire, c'est une subversion...
07:39 une submersion migratoire immense
07:42 et les peuples veulent contrôler le phénomène.
07:45 Mais s'ils veulent le contrôler, ils basculent dans l'inacceptable.
07:49 Quelles sont les deux conceptions
07:51 à partir desquelles on aborde le droit d'asile?
07:54 Il y a celle de ce qu'on pourrait appeler,
07:56 avec un terme technique, l'oligarchie mondialiste.
07:59 L'oligarchie mondialiste, qu'on retrouve essentiellement...
08:03 Il y en a plusieurs.
08:05 Dans nos grandes villes, le temps des nations est révolu.
08:08 Le temps des peuples est révolu.
08:10 Désormais, le temps serait venu de rassembler l'humanité
08:14 sous une texture nouvelle, la texture juridique des droits de l'homme.
08:18 Il faut accélérer la mise à plat des frontières.
08:21 Donc, l'immigration massive, qu'elle prenne le visage
08:25 de l'immigration irrégulière, est une bonne chose
08:28 car ça accélère la liquidation du monde d'hier,
08:31 le monde des patries.
08:33 Dès lors, le droit d'asile est présenté comme le droit le plus important
08:37 car c'est celui qui fait tomber des frontières,
08:41 peu importe le contenu qu'on donne au droit d'asile.
08:44 Ça correspond à la sociologie des métropoles occidentales.
08:47 Le clivage métropole et France périphérique, selon les pays,
08:51 est très fort sur cette question.
08:53 Dans les grandes villes, une bourgeoisie bien installée,
08:56 mondialisée, considère que les métropoles doivent s'extraire
09:00 de l'univers mondialisé, demande par l'immigration massive,
09:03 souvent des clandestins, souvent des irréguliers, souvent des illégaux,
09:06 le personnel de service nécessaire pour être capable d'avoir
09:10 leurs esclaves. Il faut dire les choses telles qu'elles sont.
09:13 Ils réclament leurs nouveaux esclaves, payés à petits régimes,
09:16 payés à petits salaires pour pouvoir entretenir leur vie
09:19 d'auxiliaire de la bourgeoisie mondialisée.
09:22 Dans toutes ces grandes villes, le peuple historique est de plus en plus chassé,
09:26 n'a plus les moyens d'habiter ses propres métropoles.
09:29 D'ailleurs, on conserve un ou deux quartiers qui sont sur le monde un peu folkloriques,
09:32 c'est le décor folklorique qui rappelle la France d'hier,
09:35 mais fondamentalement, les peuples historiques sont chassés
09:38 des métropoles. De l'autre côté, évidemment, il faut toujours
09:42 forcer la population, considère que la population n'en fait jamais
09:45 assez pour accueillir la diversité, donc il y a des discours,
09:48 des répétitions pour convaincre le commun des mortels qu'il n'est pas
09:51 assez ouvert. Et vous avez de l'autre côté une autre conception
09:54 qui n'est pas mondialisée, où on ne voit pas que des sociétés
09:58 mais on voit des peuples. On voit des peuples et ça c'est le commun
10:01 des mortels. Pense encore en termes de peuple et de nation plutôt
10:04 qu'en termes de société et de marché. Qu'est-ce que ça veut dire penser
10:07 en termes de peuple? C'est-à-dire qu'on ne vous demande pas simplement
10:10 de vous installer ici et d'être un individu fonctionnel.
10:14 Si vous nous rejoignez, vous devez devenir comme nous.
10:17 Et vous pouvez devenir comme nous, ce n'est pas une question,
10:20 on l'a dit cent fois, mais on va le redire, de race. C'est une question
10:23 de culture, de mœurs, de langue, d'identité. C'est une question
10:27 de culture, de mœurs, d'identité. Et c'est ce qu'on constate.
10:30 Cette vision fondée sur l'appartenance est aujourd'hui disqualifiée.
10:33 Je dirais qu'une vision fondée sur l'appartenance, du point de vue
10:36 du discours médiatique, c'est la marque distinctive de l'extrême droite.
10:39 Si vous pensez en termes d'appartenance, vous serez la cible
10:42 de deux types de persécutions dans l'espace public. Persécutions
10:46 médiatiques, politiques et juridiques. De quelle manière?
10:49 Eh bien persécutions parce qu'on vous disqualifiera, on vous humiliera,
10:52 on vous présentera comme un être fermé, un être incapable
10:55 de comprendre les résidus de l'humanité d'hier. Vous n'êtes pas
10:58 assez évolué pour comprendre la chance immense que vous avez
11:02 d'accueillir autant de migrants. Et aussi, je le précise,
11:05 persécutions au quotidien. Le lien entre délinquance et immigration
11:08 est établi. Quoi qu'en pense Clémentine Autain, il est établi.
11:11 Ça ne veut pas dire, encore une fois, on va le redire 100 fois,
11:14 que tous les immigrants sont des délinquants. Évidemment pas,
11:18 mais il y a une corrélation évidente et documentée qu'on expliquera
11:21 comme on veut, mais elle est là. Et combien sont-ils à avoir
11:24 de la chance de sortir de chez soi? C'est se projeter dans un
11:27 univers sécurisé. Normal, les femmes en sont les premières
11:30 conscientes. Le commun est mortel aujourd'hui parce que dans son
11:34 esprit, droits d'asile, détournées, immigration massive,
11:37 tout ça fait un tout. Mais lorsqu'on se retrouve dans des endroits,
11:40 des populations, des territoires où le peuple historique,
11:43 la culture d'accueil est minoritaire, on sait désormais qu'à tout le
11:46 moins, on connaîtra l'insécurité culturelle et probablement
11:50 l'insécurité physique. Sachant cela, le commun est mortel,
11:53 mais on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de problème. Qu'est-ce qui
11:56 se passe, cela dit? Ces deux persécutions se croisent. De quelle
11:59 manière? Avec le discours médiatique dominant qui dit que vous avez
12:02 tort de penser en termes d'appartenance, vous avez tort de penser
12:06 en termes de culture. Et là, je vais donner quelques exemples
12:09 justement de cette tentative de disqualifier le sentiment populaire.
12:12 Clémentine Autain, qui a répété tout récemment, Charlotte nous en
12:15 parlait hier, qu'il n'y a pas de lien entre l'insécurité et
12:18 l'immigration. C'est un dogme. On aurait beau lui présenter les faits,
12:22 mais elle est fidèle dans le monde de la post-vérité. Elle est
12:25 indifférente aux faits. Elle est fidèle au dogme et le dogme est
12:28 plus important que tout. C'est M. Dupont-Moretti qui a dit il y a
12:31 quelques temps déjà, mais je crois qu'il maintiendrait la formule,
12:34 la France n'est pas un coupe-gorge. Heureusement qu'il a oublié,
12:38 il ne l'a pas dit, la journée d'Annecy. Un farfelu que je ne
12:41 nommerai pas, mais que j'ai entendu sur une antenne qui nous disait
12:44 par ailleurs que l'agresseur à Annecy n'était pas un immigré.
12:47 Ça, c'est exceptionnel. Nous le dire comme ça, en pleine face,
12:51 c'est pas le cas. Le ministre de l'Intérieur, rappelons-nous,
12:54 qui a utilisé, il y a un an, au Stade de France, l'expression
12:57 "les supporters britanniques". Aux yeux de tous, il était possible
13:00 de dire le contraire de la réalité. Et si vous dites "non,
13:03 j'ai vu, c'était pas des supporters britanniques", vous savez le
13:06 mauvais sort qui peut vous attendre. Éric Zemmour, vous l'avez vu,
13:10 a utilisé le concept de francocide pour parler. Moi, c'est un concept
13:13 que je n'ai jamais acheté. Je trouve que c'est un concept qui ne tient
13:16 pas. Mais je note, cela dit, qu'une figure de l'ONU a senti le
13:19 coup. De quoi se mêlent l'ONU en la matière? De quoi se mêlent
13:22 les petits fonctionnaires onusiens qui prétendent sermonner
13:26 et encadrer le débat public français? Et tant ou simplement,
13:29 on n'accuse pas la France de racisme dès lors qu'on nomme la question
13:32 de l'immigration autrement que sur le mode de la célébration
13:35 de la richesse. Alors, tout cela leur en fout. Tout cela leur en fout
13:38 tout simplement parce que ces deux conceptions ne sont pas
13:42 présentées comme également légitimes dans l'espace public.
13:45 Il y a la conception des hommes bons, les généreux, les bien-pensants,
13:48 et la conception des hommes qui sont les plus vulnérables.
13:51 Et je pense que c'est ce que nous avons à dire. Et je pense que
13:54 c'est ce que nous avons à dire. Et je pense que c'est ce que nous
13:58 avons à dire. Et je pense que c'est ce que nous avons à dire.
14:01 - Vous rappelez que le droit d'asile a été détourné entre ce
14:04 qu'il était à l'origine et ce qu'il est devenu aujourd'hui.
14:07 Est-ce qu'il n'est pas nécessaire peut-être de trouver une voie
14:10 médiane?
14:12 - Je comprends votre question et elle est légitime. Mais je pense
14:15 que non finalement. Pour une raison simple, c'est que dans les
14:18 années 60, il y a eu un changement de cap. Et c'est sérieux.
14:21 L'idée qu'il faut stopper ces masses. Il faut stopper ces masses
14:24 pour ensuite, une fois que le mouvement politique aurait été
14:27 fait, on en reparlera du droit d'asile à ce moment. Mais en ce
14:31 moment, on ne peut pas se contenter d'un petit resserrage,
14:34 quelques boulons ici, quelques boulons là. Si on ne fait pas un
14:37 changement de cap majeur et profond, on se condamne à
14:40 l'impuissance. Alors on s'entend, les raisons de ramener le droit
14:43 d'asile à sa définition d'origine, ce n'est pas seulement
14:47 parce que ça participe à ce mouvement de submersion. On parle
14:50 souvent, notez, on parle souvent de la douleur de ceux qui quittent
14:53 leur pays pour aller en Europe. C'est une douleur immense qui vous
14:56 pousse à quitter votre pays. Mais on ne parle jamais de la douleur
14:59 qui, en leur propre pays, se sentent désormais étrangers. On ne
15:03 parle jamais de la douleur de ceux qui quittent leur quartier,
15:06 qui quittent leur ville, qui quittent leur maison, qui quittent
15:09 leur territoire parce qu'ils disent "je ne me sens plus chez moi
15:12 ici". Cette douleur qui est celle du dépossédé n'intéresse
15:16 personne.
15:19 - Philippe Devilliers, dans un entretien accordé à Boulevard
15:22 Voltaire, considère que tout ce qui arrive aujourd'hui à la France
15:25 et plus largement à l'Europe était prévisible depuis les années
15:28 90. Est-ce que c'était si prévisible que ça?
15:31 - Oui, si prévisible. On ne peut jamais tout prévoir. Mais je crois
15:35 que Villiers, en la matière, a raison de dire, parce qu'il nous dit
15:38 "j'ai vu, j'ai vu et vous ne voyez pas". Et je pense que Villiers
15:41 a raison de le dire. Villiers a raison de le dire pour une raison
15:44 qui est la même. Il a raison de dire que si on ne peut pas se
15:47 prévoir, on ne peut pas se prévoir. Et c'est ce que je veux dire.
15:51 - Je vais vous donner un exemple. Si vous adoptez un principe,
15:54 il y a des conséquences au fait d'adopter un principe. Si vous faites
15:57 tomber les frontières, si vous faites tomber les protections
16:00 frontières, si vous faites tomber l'autorité, si vous faites tomber
16:03 la souveraineté, si vous faites tomber ceux qui protègent, vous ne
16:07 créez pas une société plus libre, plus prospère, plus juste, plus
16:10 émancipée. Vous créez plutôt une société, pour reprendre la
16:13 liberté, pour reprendre la liberté de la personne, de la
16:16 personne, de la personne qui est agressée. C'est la société qui
16:19 reproduit en fait le besoin, qui est légitime d'autodéfense. On est
16:23 à la veille de cela. Donc devant tout cela, je crois que Villiers
16:26 en cela, comme en bien d'autres choses, avait vu juste en d'autres
16:29 temps, mais c'est le drame des politiques les plus lucides qui
16:32 sont rarement au pouvoir.
16:35 - Dans un instant, on parlera avec Marc Menand, justement, du
16:39 naufrage du bateau, qui est aussi une vision à prendre en compte
16:42 parce que la retraite était considérée comme une ingérence
16:45 significative de l'exécutif. C'est un coup dur, sans doute, pour
16:48 le gouvernement français. La commission de Venise s'en est prise
16:51 au dispositif législatif français au regard de la séparation
16:55 des pouvoirs. C'est qui la commission de Venise ?
16:58 Et est-ce que c'est une véritable surprise ?
17:01 - Et bien, ce n'est pas une surprise.
17:04 - Et après, je vous demanderais, dans un deuxième temps, est-ce que
17:07 Emmanuel Macron, c'est un coup dur pour lui ?
17:11 - Pour le comprendre, il faut expliquer ce que c'est que cette
17:14 commission de Venise. Il y a beaucoup de commissions en ligne
17:17 européenne, à l'Europe, et on ne les connaît pas toutes encore.
17:20 Donc, la commission de Venise comprend 61 États membres.
17:23 Vous avez les 46 du Conseil de l'Europe, plus une quinzaine de
17:27 pays, l'Algérie, le Canada, le Brésil, le Kyrgyzstan, les Etats-Unis,
17:30 bref, et j'en passe. La commission de Venise est un développement
17:33 du Conseil de l'Europe. Le Conseil de l'Europe, pour rappel, a été
17:36 créé fin des années 40, et c'est l'institution à laquelle se
17:40 trouve le respect des droits des libertés, garantie par la
17:43 Convention européenne des droits de l'homme. Et pour rappel, le
17:46 Conseil de l'Europe, c'est ceux qui nous expliquaient que la liberté
17:49 était dans le hijab, ou que Noël n'était pas assez inclusif, et donc
17:52 il fallait plutôt l'enlever. Bref, pour résumer, c'est en matière
17:55 de progressisme, vous ne faites pas mieux. C'est vraiment les
17:59 progressistes qui tutoient les anges. D'ailleurs, les membres de cette
18:02 cour sont des magistrats qui sont choisis expressément en raison
18:05 de leur orientation politique progressiste. Vous n'y croiserez
18:08 pas. L'inclusion à la commission, ce n'est pas ça. Mais si on revient
18:11 à la commission de Venise, elle est un organe consultatif, vous l'avez
18:15 dit, du Conseil de l'Europe sur les questions constitutionnelles.
18:18 Donc sa mission est, je cite, "de procurer des conseils juridiques
18:21 aux États membres". Donc, traduction, "imposer la vision du système
18:24 politique". Et quelle est cette vision du système politique ?
18:27 C'est le régime parlementaire. Pour eux, le régime parlementaire,
18:31 c'est l'idéal à atteindre. Le régime parlementaire, c'est la
18:34 garantie du bien, du beau, du vrai. On connaît ce système. Donc
18:37 forcément, le 49-3, ce n'est pas trop leur truc. Ils n'aiment pas
18:40 trop ça. Et lorsqu'un système politique d'un État membre s'éloigne
18:43 un peu du système parlementaire qu'il rêve d'imposer à tout le
18:47 monde, là, la commission se fasse tout rouge, pond des rapports,
18:50 fait des dépêches et essaie de remonter un peu les États contre
18:53 les autres États. Par exemple, en 2013, elle était intervenue
18:56 pour expliquer que la principauté de Monaco était un système
18:59 illibéral. C'est amusant. C'est-à-dire que, oui, évidemment,
19:03 on voit tous les monégas fuir ce rocher autoritaire, mais on voit
19:06 pas le rocher autoritaire. Ils disent même que c'est la nouvelle
19:09 Alcatraz. Évidemment, tout le monde le sait. Après, il faut reconnaître
19:12 alors des charges qu'ils ont un peu la vie dure, ces universitaires.
19:15 Ils ne se réunissent pas à Roubaix, ils se réunissent à Venise.
19:19 Forcément, à l'hôtel d'Agnélie, pas dans le formula de Valenciennes.
19:22 Donc c'est un peu compliqué pour eux. Ils doivent fermer les fenêtres
19:25 parce que le chant des gondoles, ça fait un peu de bruit. Difficile
19:28 de se concentrer. Et concrètement, ils ne peuvent pas imposer quoi
19:31 que ce soit. Ils ne peuvent pas condamner un État, mais ils annulent
19:35 que c'est notre tour, c'est la France. C'est en fait, si vous voulez,
19:38 c'est une magistrature d'influence. C'est le soft power du gouvernement
19:41 des juges. Et donc, on peut supposer qu'à la prochaine réunion
19:44 du Conseil de l'Europe, les représentants de la France vont se faire
19:47 taper sur les doigts et courageux comme ils sont, ils vont juste
19:51 montrer pas de blanche. – Alors, j'aime bien, mais cette commission,
19:54 est-ce qu'elle n'a pas raison, comme un martyre de Vatrigan ?
19:57 Je l'hésite de soulever des interrogations au regard des principes
20:00 du pluralisme, de la séparation des pouvoirs et de la souveraineté
20:04 et d'avoir peut-être envie de se placer pour une fois, peut-être, de leur côté.
20:07 – C'est toujours baroque d'entendre le Conseil de l'Europe donner des leçons
20:10 de souveraineté et de séparation des pouvoirs alors qu'il passe son temps
20:13 à vouloir s'asseoir dessus. Je vous rappelle cette fameuse, vous savez,
20:16 primauté du droit européen qu'on nous rabâche toute la sainte journée,
20:19 qui a été introduite en fraude, je le rappelle, par la Cour de justice
20:23 des communautés européennes en 1964, que l'Union européenne a tenté
20:26 de régulariser dans le traité de 2004, que les Français ont rejeté massivement,
20:29 c'est pas grave, ça repart par la fenêtre, ils l'ont remis en loussedé
20:32 dans le traité de Lisbonne en 2007, pas dans le traité mais dans une annexe du traité.
20:36 Et là, c'est quand même un braquage politique ou démocratique
20:40 et bizarrement le Conseil de l'Europe ou cette commission de Venise,
20:43 on ne les a pas entendues. – Que nenni !
20:45 – On ne les a pas entendues en disant "oui, finalement, législateurs, non, rien,
20:48 ils étaient absents". Donc le problème c'est que, pour répondre
20:51 à votre excellente question, comme dirait Mathieu Bouccoté…
20:56 – Il reviendra en deuxième semaine ! [Rires]
20:58 – On attend la fin ! – J'espère bien !
21:00 – Donc vos questions sont excellentes mais comme dirait Mathieu,
21:03 c'est pas la question ! [Rires]
21:05 C'est pas la question à tout le moins, évidemment !
21:08 – Je regarde ! – Parce qu'en fait, le 49-3,
21:10 c'est un article de notre Constitution, on est d'accord.
21:12 Et notre Constitution, c'est notre loi suprême, c'est le fruit d'une histoire
21:15 deux fois millénaire qui a été approuvée par le peuple, par référendum,
21:18 donc c'est supérieur à toutes les autres cours de justice.
21:21 La France a une identité constitutionnelle particulière,
21:23 on sait que l'Europe, les particularistes, ils n'aiment pas ça.
21:25 On est sur un régime semi-présidentiel qui mélange notre histoire monarchiste,
21:30 notre histoire monarchique et notre histoire républicaine.
21:32 Bref, on résiste à la mode parlementaire que beaucoup de pays adoptent
21:35 et que la Commission de Venise aimerait faire adopter.
21:38 Donc forcément, ça leur déplait, ils n'aiment pas trop ça.
21:41 Mais pour une fois, on va citer un intellectuel allemand,
21:44 généralement les Allemands, ils ne nous servent pas trop dans l'Europe,
21:46 mais là, pour une fois, qu'il dit quelque chose de bien,
21:48 on va le citer, il est un peu ancien, c'est Karl Friedrich von Savigny,
21:51 qui était plus prussien qu'allemand d'ailleurs, et qui écrivait,
21:55 "Je considère le droit de chaque peuple comme un membre de son corps
21:58 et non comme un vêtement arbitrairement coupé,
22:00 et dont on peut tout aussi arbitrairement se défaire pour l'échanger contre un autre."
22:04 En gros, l'institution, ce n'est pas un jeu de Lego, on démonte et on remonte.
22:07 Mais si on revient à l'article 49, à l'inéatroi,
22:11 contrairement à ce qu'on a souvent entendu, ce n'est pas gaullien comme article,
22:15 c'est un article, c'est un mécanisme qui a été pensé par les démocrates chrétiens
22:18 au moment de la 4ème République, donc au moment du régime parlementaire par excellence,
22:22 justement pour remédier aux problèmes du système.
22:25 Donc c'est une arme constitutionnelle, on est d'accord,
22:28 et comme toutes les armes, elles peuvent être utilisées à bon escient ou à mauvais escient.
22:31 Alors on peut dire qu'Emmanuel Macron a détourné l'outil,
22:34 qu'il l'a transformé en sulfatus politique, pas de problème,
22:37 sauf que les opposants ont une arme aussi, la motion de ceinture,
22:40 mais comme le voisin sent trop mauvais, ils ne votent pas avec le voisin.
22:44 Bon, il faudra peut-être qu'ils se remettent en question.
22:47 Alors on peut critiquer la lâcheté des uns, la petite taise des autres, pas de problème,
22:50 sauf que comme disait ma grand-mère, le linge sale, on se lave en famille,
22:53 ça ne se lave pas avec les autres, surtout quand l'autre est une institution
22:57 qui est une institution qui est une institution qui est une institution.
23:00 Ma question, très importante, est-ce que cette déclaration
23:03 au niveau du Conseil de l'Europe peut se retourner contre Emmanuel Macron
23:06 sur le dossier des retraites ?
23:07 C'est ça qui est amusant, c'est que notre président,
23:10 qui ne parle que de souveraineté européenne à tel point qu'on a l'impression
23:14 qu'il a retapissé tous les murs de l'Elysée du rappeau européen,
23:17 semble être l'incarnation justement de cette modernité rationalisée,
23:20 de ce progressisme qui est toujours en contradiction, en opposition
23:23 avec notre héritage historique.
23:26 – Attention, idéologiquement, politiquement, Emmanuel Macron,
23:29 c'est l'héritier du comte de Saint-Simon, c'est-à-dire le fondateur du saint-simonisme,
23:33 d'ailleurs Saint-Simon qui en 1814 parlait déjà d'un parlement d'experts européens,
23:38 donc rappelez-vous ce que disait Emmanuel Macron en 2019,
23:41 "le monde se divise en deux, vous avez les sachants, les subissants",
23:44 c'est un peu ce que pense l'Union européenne, le Conseil de l'Europe,
23:48 c'est-à-dire que vous avez ceux qui pensent, ceux qui ont la vérité,
23:51 et puis les autres.
23:52 – Alors on va marquer une pause pour continuer justement sur cette question
23:55 effectivement, est-ce que ça peut vraiment peser sur la réforme des retraites en France ?
24:00 On marque une pause et à tout de suite on revient.
24:03 Retour sur le plateau de "Face à l'info" avec Gabriel Clusel,
24:08 dans un instant on va parler de Pape Indien,
24:10 et qui envoie des inspecteurs d'Education nationale dans les écoles catholiques hors contrat.
24:14 Chut ! Personne n'en parle ?
24:16 Nous oui, on va essayer d'analyser tout ça, et pourquoi ?
24:20 Et avec vous, mon Marc, on va parler du naufrage de ce bateau surchargé
24:25 au large de la Grèce avec entre 79 et 500 morts et 500 disparus.
24:30 On va essayer de comprendre où est l'humanité dans tout ça.
24:33 Et puis avec vous, mon cher Mathieu, l'hymne algérien,
24:35 je sais que vous avez appris l'hymne par cœur,
24:37 vous allez nous réciter ça dans un instant, surtout le fameux couplet "Rajouter".
24:41 – Avec plaisir.
24:42 – Arthur De Vatrican, patron de La Correcte, ravi d'être avec nous ce soir.
24:45 On est en train de parler avec vous de ce Conseil de l'Europe,
24:48 ou plutôt de ce Comité de Venise, groupe consultatif au Conseil de l'Europe,
24:52 qui demande un peu, qui critique un peu le 49-3
24:55 au regard de la séparation des pouvoirs.
24:57 Et ma dernière question était la suivante,
25:00 est-ce que Emmanuel Macron sera empêché, embêté, critiqué
25:04 sur la réforme des retraites par rapport à cette décision, cette déclaration ?
25:11 – Sur la réforme des retraites, je ne pense pas,
25:12 mais en tout cas là il se retrouve coincé.
25:14 Parce qu'Emmanuel Macron, a priori, s'il n'avait pas été président,
25:17 il aurait très bien ségé dans une commission de l'Europe,
25:20 du Conseil de l'Europe, pour l'Union Européenne,
25:21 parce qu'il a cette définition en tant qu'héritier saint-simonien
25:25 de despotisme éclairé, si vous voulez, vous avez les sachants,
25:30 puis il y a ceux qui subissent, il y a ceux qui savent, ceux qui ne savent pas.
25:34 C'est-à-dire qu'il ne croit pas comme les commissaires européens,
25:37 au bon sens, à la prudence aristotélicienne, voilà.
25:40 Sauf que le problème c'est qu'entre les deux,
25:42 il y a une divergence sur le système.
25:43 Donc là c'est un peu le caillou dans la chaussure,
25:44 c'est-à-dire que les uns veulent apposer un régime parlementaire,
25:47 et Macron, Emmanuel Macron, on n'a jamais connu un régime
25:49 depuis les très longtemps aussi vertical.
25:51 Sauf que le problème du régime vertical,
25:53 c'est que si vous n'avez pas l'opinion, ça ne fonctionne pas.
25:55 Donc le problème n'est pas le 49-3, le problème c'est la légitimité.
25:59 Et le problème c'est qu'Emmanuel Macron a utilisé le 49-3
26:02 sans légitimité, sans l'opinion derrière lui,
26:04 donc ça passe pour un passage en force.
26:07 Il aurait dû relire Joseph de Maiz, qu'il faut toujours relire,
26:10 qui écrivait que les souverains ne commandent efficacement
26:12 que dans le cercle des choses approuvées par l'opinion,
26:15 et ce cercle, ce n'est pas eux qui le créent.
26:17 Or Emmanuel Macron a créé son cercle, résultat, il a tracé un autre cercle,
26:21 il s'est coupé du peuple, et là il se retrouve coincé
26:23 avec un pouvoir dont il a toujours sans cesse revendiqué la légitimité,
26:27 l'Europe, et le seul et vrai pouvoir en France, qui est le peuple français.
26:31 - Question surprise pour vous tous autour de la table.
26:35 Oui j'aime bien votre petit regard Mathieu, je commence par vous.
26:38 Dissolution ou remaniement ? Au regard de ce qu'il dit,
26:41 au regard du contexte actuel.
26:43 - Je pense que la solution à court terme pour Emmanuel Macron,
26:46 c'est remaniement, s'il veut aller dans une de ces deux options,
26:49 parce que la dissolution desservirait très probablement le parti présidentiel.
26:54 Donc il se retrouverait avec une minorité présidentielle encore plus minoritaire,
26:57 ce serait un coup d'audace qui se retournerait contre lui.
27:00 - Oui, un remaniement à minima.
27:03 C'est-à-dire, je ne pense pas, même,
27:06 il ne pourra pas trouver meilleure vassale que la première ministre.
27:12 Elle est là, elle fait son travail en vieille, je dirais habituée,
27:17 de mener les cabinets, elle dit sa fidélité,
27:22 et par conséquent, elle est parfaitement en place,
27:25 elle ne dérange pas, sinon maître qui ?
27:28 - Et votre regard, Gabrielle Cluzel, dissolution ou remaniement,
27:32 à l'heure qu'il est, après le 49-3, après la réforme des retraites, selon vous ?
27:36 - Je crois qu'on ne peut rien écarter,
27:39 parce que Emmanuel Macron, c'est le coup d'éclat permanent,
27:45 il veut étonner, et je pense que le remaniement,
27:48 ça va être un peu court pour tenir jusqu'à la fin du quinquennat.
27:51 Donc rien n'est impossible, la dissolution,
27:54 même s'il joue contre son propre camp,
27:56 il y en a d'autres qui l'ont fait avant lui, je rappelle.
27:57 - Dernier mot.
27:58 - Remaniement, il faut trouver des ministres.
28:00 Alors, à part Manuel Valls, Jean-Vincent Plassé et Ségolène Royal,
28:03 ça va être compliqué d'en trouver,
28:04 qui vont vouloir venir dans cette chandelier aujourd'hui,
28:06 à un an des européennes qui lancent les présidentielles.
28:10 - À suivre, en tout cas.
28:13 Marion Maréchal a accusé le ministre Papandiaï,
28:17 le ministre de l'Education, je cite,
28:18 "de passer plus de temps à envoyer des inspecteurs commandos
28:21 dans des écoles catholiques, avec des méthodes plus que douteuses,
28:25 d'après un certain nombre de chefs d'établissement,
28:27 plutôt que de s'affairer à lutter contre le communautarisme
28:31 et les revendications politico-islamiques dans les écoles."
28:34 Gabrielle Cluzel, à quoi fait-elle allusion concrètement ?
28:37 - Alors, il faut se remonter à quelques jours pour les premiers faits.
28:41 Quelques jours précisément, on parlait beaucoup
28:44 tant des abayas que du harcèlement à l'école.
28:47 Donc il y avait de vrais soucis à l'école.
28:48 Et à ce moment-là, il y a eu un communiqué commun
28:51 de la Fondation pour l'école et de la Fédération des parents d'élèves
28:55 d'écoles indépendantes, qui ont fait état
28:57 de ce qu'ils appellent des pratiques scandaleuses.
28:59 Vous voyez, le mot est fort,
29:00 même le président de la Fondation pour l'école
29:02 a parlé de méthode de voyous.
29:03 Et c'est véritablement, elle a utilisé le mot,
29:06 des opérations commandos, puisque c'était des opérations surprises.
29:10 Quelquefois, les inspecteurs entraient à la dérober.
29:12 Ils étaient en surnombre.
29:14 On parle de 10 pour une école de 90 élèves, par exemple,
29:19 avec des fouilles de casiers, tant des élèves que des professeurs.
29:24 Et puis surtout, ce qui a beaucoup choqué,
29:25 choqué les parents qui n'avaient pas donné leur autorisation,
29:27 c'est que des enfants ont subi des manières d'interrogatoire,
29:31 seuls, sans qu'un professeur, le directeur, puisse y assister,
29:36 puisque une directrice témoigne, elle, avoir été menacée
29:39 de devoir fermer son école si elle ne voulait pas
29:41 que les enfants soient interrogés.
29:43 – À l'improviste, comme ça.
29:45 – Voilà, à l'improviste.
29:46 Alors, des inspections à l'improviste, il peut y en avoir,
29:48 mais de ce style-là, aussi intrusive,
29:51 c'est quand même extrêmement étonnant, dans ses proportions.
29:54 Et puis, encore une fois, les questions qui ont été posées
29:57 ont dépassé largement le cadre familial.
29:59 Alors, pour ne pas trahir, je vais vous lire un florilège de questions
30:04 qui sont données par ce communiqué.
30:07 "Avez-vous des problèmes familiaux ? Parlez-vous de sexualité à la maison ?
30:11 En parlez-vous beaucoup ? Supportez-vous l'uniforme ?
30:15 Cela ne vous dérange-t-il pas de ne jamais changer d'aspect ?
30:18 Pourquoi ne lisez-vous pas de manga ?
30:20 Avez-vous accès à Internet à la maison ? En avez-vous assez ? "
30:24 Tout ça, c'est des citations,
30:25 "d'être cloîtrée toute la journée sans votre téléphone".
30:28 Alors, la question du téléphone et des réseaux sociaux,
30:30 ça ne manque pas de selle, sachant que sur l'affaire,
30:34 le drame l'insé Papendia a pointé du doigt les réseaux sociaux.
30:38 Donc, c'est vrai que ça a beaucoup surpris ces directeurs
30:41 qui, par ailleurs, ne sont pas opposés aux inspections.
30:43 C'est bien normal que ces écoles, qui ne sont pas des écoles sauvages,
30:46 rappelons-le, qui sont du monde déclarées,
30:47 elles sont simplement indépendantes,
30:49 soient inspectées.
30:50 D'habitude, ça se passait bien.
30:52 - Et pardonnez-moi, qui sont indépendantes,
30:54 quand on dit "pardonnez-moi", hors contrat,
30:56 qu'on puisse bien comprendre, c'est hors contrat,
30:58 avec l'Education nationale,
30:59 mais qui respectent effectivement les principes de base.
31:03 - Évidemment, et c'est pour cela qu'elles sont inspectées.
31:06 Dieu merci, on ne fait pas n'importe quoi avec les enfants.
31:09 Simplement, elles gardent un certain nombre de libertés
31:13 dans le choix de l'enseignement des professeurs,
31:16 qui a un coût fort aussi, sur le plan financier, disons-le,
31:20 parce que le contrat, c'est aussi ça, pour les parents.
31:25 Donc, c'est vrai que ça a été vécu comme quelque chose de très compliqué.
31:29 Et puis, encore ces jours-ci, dernièrement,
31:32 il y a eu un communiqué,
31:33 alors là, Marion Maréchal n'en a pas parlé, mais c'est un fait,
31:36 sur la façon de passer le bac.
31:38 Et là, les écoles hors contrat l'ont aussi vécu comme une brimade.
31:41 Vous savez que les écoles hors contrat sont les dernières
31:43 à passer le bac aujourd'hui,
31:45 parce qu'avec la méthode Blanquer, c'est essentiellement du contrôle continu.
31:47 Donc, eux passent 15 matières entre la première et la terminale.
31:51 Ça représente 4 000 élèves, c'est Anne Coffinier qui raconte ça,
31:55 qui est la présidente de Créer son école.
31:57 Et ils ont été accueillis d'une façon mais rocambolesque.
32:02 On ne sait pas, en tout cas certains,
32:03 on ne sait pas, comme souvent en France,
32:05 si ça relève de l'idéologie ou de l'abatteurisme,
32:08 mais rien n'était préparé pour eux.
32:10 Alors, vous imaginez, vous avez 17 ans, vous arrivez,
32:13 on vous explique soit que le prof est pas là,
32:16 vous découvrez que le sujet n'est pas celui que...
32:20 que le sujet est hors programme,
32:23 c'est pas celui que vous deviez étudier,
32:26 voire on vous explique, on vous reproche d'appartenir à une école hors contrat.
32:31 Et alors Anne Coffinier est très en colère,
32:32 parce que l'année dernière, on lui avait dit
32:33 qu'il y avait déjà eu des affaires incroyables,
32:36 les portes du centre d'examen étaient fermées,
32:42 des candidats avaient été obligés de passer par un trou
32:44 dans le grillage d'un hôtel Ibis à côté du centre d'examen pour y arriver.
32:48 Vous voyez, par exemple, on leur avait expliqué
32:51 que cette année, ça ne se reproduirait plus au cabinet du ministre,
32:54 eh bien point du tout.
32:55 Donc c'est vrai que c'est vécu comme une discrimination insupportable
33:00 et c'est ainsi que la qualifie Anne Coffinier.
33:02 - Alors que faut-il voir, Gabrielle Cluzel,
33:03 dans l'offensive contre les écoles hors contrat ?
33:06 Un effet loi séparatisme, une conséquence de l'arrivée
33:09 par PANDIA et à l'éducation nationale ?
33:11 - Alors, un effet loi séparatisme, on suit quand même de nous,
33:14 parce que sont-ce les écoles hors contrat catholiques
33:17 qui fournissent les bataillons d'islamisme ?
33:20 Parce que je vous rappelle quand même qu'au départ,
33:21 cette loi séparatisme, c'était pour cela.
33:24 Bien sûr que non, mais en fait, on se rend compte
33:26 que ce séparatisme, il va être commode pour étouffer
33:29 toute véléité au nom de la lutte contre l'islamisme,
33:31 qui ne voudrait pas lutter contre la montée de l'islamisme dans notre pays,
33:35 il commode à agiter pour étouffer toute initiative de faire autrement à l'école.
33:40 - Au nom du bien. - Pardon ?
33:41 - Au nom du bien, pardon. - Voilà, exactement.
33:43 Donc en fait, toutes les écoles indépendantes
33:46 risquent d'être étouffées à ce titre-là.
33:50 Donc c'est évidemment inquiétant et Anne Coffinier oppose à cela
33:53 que jusqu'à présent, vous pouvez fouiller les biographies de tous les terroristes,
33:57 aucun n'est sorti de l'enseignement hors contrat, y compris islamique.
34:01 Il y a eu des problèmes avec des écoles, notamment à Véroesse, à Lille,
34:03 qui ont réputé avoir dispensé des enseignements salafistes,
34:08 mais c'était des écoles sous contrat.
34:11 Donc on ne voit pas très bien d'où ça vient.
34:13 Mais néanmoins, ils ont raison de s'inquiéter,
34:15 parce qu'un article du Parisien, en septembre 2020,
34:18 racontait que de peur d'être accusé de stigmatiser une religion,
34:22 Emmanuel Macron voulait élargir le séparatisme à d'autres domaines.
34:26 On voulait mettre le mot pluriel, parler de séparatisme, c'est beaucoup mieux.
34:30 Et on citait carrément les dérives de ces établissements scolaires catholiques
34:35 qui nient le pacte républicain.
34:36 On ne sait pas très bien ce que veut dire cette phrase,
34:38 mais tout le monde était content, ça évitait de stigmatiser les écoles islamiques.
34:43 Donc vous voyez le chemin qu'on a fait.
34:45 L'idée de la loi séparatisme, c'était d'éviter la montée de l'islamisme,
34:48 if in fine, on va fermer les écoles,
34:51 ou en tout cas certains voudraient fermer les écoles catholiques hors contrat.
34:57 Alors il va trouver, Emmanuel Macron, des relais, des relais législatifs.
34:59 Amir Houssa l'a dit qu'il fallait interdire, par exemple, les écoles hors contrat,
35:03 puis les relier dans la presse,
35:04 parce que vous imaginez bien que, vous savez, Média Park, par exemple,
35:07 quand on lui explique qu'il y a des écoles catholiques
35:10 où on parle du petit Jésus et de l'enseignement de l'Église,
35:13 mais alors là, il faut sortir le défibrillateur.
35:16 Alors c'est quand même très surprenant,
35:17 parce que sur le fronton des églises, on a envie de leur dire,
35:20 mais regardez ce qu'il y a écrit, il y a écrit "Saint-Artempion",
35:22 "Quand vous allez dîner au palais de Ming,
35:24 vous ne vous étonnez pas quand vous servez des nerfs et du canard laqué",
35:27 ben là c'est pareil, dans les écoles catholiques, c'est catholique,
35:30 pas de quoi en faire un plat.
35:31 Et vous savez que même c'est vrai aussi pour les écoles sous contrat
35:34 qui ont gardé une identité catholique,
35:36 parce qu'une enquête a été diligentée à peu près dans le même temps,
35:39 contre Stanislas, le collège Stanislas par le ministre,
35:43 et celui qui a lancé la Lali, c'est le Média, Média Park.
35:48 – Vous ne m'avez pas dit si c'est une conséquence de l'arrivée de Papendiaïe
35:50 à l'éducation nationale ?
35:51 – Alors Papendiaïe, on ne peut pas le charger de tous les péchés de la Terre,
35:54 il faut être très honnête, l'éducation nationale,
35:56 si elle ne s'effondrait que depuis l'arrivée de Papendiaïe,
35:59 ça se saurait, en fait il y a un effet domino d'effondrement successif
36:04 de niveau de sécurité, d'autorité, et tout cela est lié,
36:09 mais il faut reconnaître, et vous en conviendrez avec moi,
36:11 que Papendiaïe a une drôle façon de gérer ses priorités,
36:15 parce que les inspecteurs n'ayant pas le don d'imbiquité,
36:17 quand vous avez beaucoup de signalements qui remontent,
36:21 et que vous vous rendez compte que les écoles publiques ne sont pas inspectées,
36:25 vous vous posez des questions, surtout dans le contexte, évidemment, actuel,
36:30 donc on peut se demander pourquoi on va chercher des poux dans la tête de ces écoles-là.
36:35 – Alors justement, pourquoi on reçoit à ces écoles hors contrat, selon vous ?
36:38 – Ah, il y a deux raisons, la première c'est que les enfants…
36:40 – Parce que pour beaucoup de parents, c'est une sorte de dernier bastion de protection,
36:47 je ne parle pas de l'éducation, mais de l'instruction.
36:49 – Mais vous avez infiniment raison, d'ailleurs il suffit de réfléchir deux secondes,
36:52 vous croyez que ces parents s'adomasent pour aller mettre des fortunes
36:56 dans des écoles qui leur coûtent un brin,
36:58 parce qu'encore une fois, il n'y a pas les subventions qu'on peut trouver ailleurs,
37:02 ou est-ce que c'est pour persécuter leurs enfants ?
37:05 Évidemment que non, c'est parce qu'ils pensent que c'est le meilleur pour leurs enfants,
37:08 ce qu'on peut trouver comme alternative à l'école d'aujourd'hui,
37:12 qui est quand même en pleine déliquescence,
37:14 et donc on ne comprend pas pourquoi cet achat de normes.
37:17 Alors moi je crois qu'il y a deux raisons,
37:19 la première c'est parce que les enfants n'y seront pas biberonnés au hockyisme,
37:22 donc ça c'est pas bien,
37:23 et deuxièmement c'est que c'est le témoin qu'une autre école,
37:28 que notre école défaillante est possible,
37:30 à la rentrée il y a eu 121 nouvelles écoles
37:33 qui sont venues se rajouter aux 1700 autres écoles préexistantes,
37:38 et donc c'est vrai que ça commence à devenir extrêmement…
37:42 non négligeable.
37:45 Et puis surtout on se demande pourquoi ne pas juger l'arbre à ses fruits,
37:48 on commence à voir du recul,
37:50 je vais vous donner un exemple,
37:51 il y a une école qui s'appelle Saint-Dominique,
37:52 qui a 30 ans,
37:53 c'est peut-être une des plus grosses écoles hors contrat,
37:55 qui est en région parisienne, puisqu'elle a 840 élèves,
37:58 et une de nos journalistes, Sabine Deville-Rochet sur Boulevard Voltaire,
38:01 relevait ce fait qui a été confirmé,
38:04 que Henri, vous savez Henri dont on parle beaucoup aujourd'hui,
38:07 eh bien il a fait sa scolarité du cours préparatoire à la terminale.
38:11 Donc il me semble qu'on pourrait convenir que pour le séparatisme, on repassera.
38:17 – Dernier mot s'il fallait conclure là-dessus ?
38:20 – Alors que dire, ce qui est deux points,
38:23 ce qui est peut-être amusant sur les écoles hors contrat,
38:25 le paradoxe c'est que finalement ils essaient de préserver
38:29 l'école du hussard noir de la République,
38:32 donc finalement Jules Ferry a trouvé refuge dans les écoles hors contrat catholiques.
38:36 Et puis peut-être une petite anecdote,
38:38 vous savez Marion Bréchal pourquoi c'était l'intéressant sujet,
38:41 on peut le dire, parce qu'elle a passé quelques années de sa vie,
38:45 pas beaucoup je crois, deux ou trois ans,
38:47 dans ce type d'école chez des dominicaines en région parisienne,
38:50 et vous savez pourquoi ?
38:51 Pas pour des raisons confessionnelles,
38:52 mais parce que ses parents n'étaient pas mus par des raisons confessionnelles,
38:55 elle l'a même expliqué une fois en entretien avec Natacha Polony,
38:58 mais parce qu'elle a été harcelée, vous savez on parle beaucoup de harcèlement,
39:02 harcelée dans son école publique, tant par les professeurs que par les élèves,
39:05 et donc elle a trouvé refuge là-bas.
39:06 Donc si aujourd'hui Marion Bréchal est conservatrice, a trouvé la foi etc.,
39:11 les profs de gauche n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes,
39:13 il ne fallait pas la persécuter quand elle était à l'école publique.
39:15 Et puis l'école catholique hors contrat accueille ceux qui sont croyants,
39:19 ceux qui ne sont pas croyants, c'est important à souligner.
39:23 Mais évidemment, et puis répétons-le,
39:25 parce que l'enseignement religieux est proposé et jamais imposé,
39:30 contrairement à ce qu'on peut lire, personne ne se convertit de force,
39:34 c'est une liberté.
39:35 Dans les écoles catholiques, j'ai envie de vous entendre sur un sujet,
39:38 avant de parler de l'immunalgérien avec vous, sur le sujet de Marc.
39:42 On l'a appris hier soir, cette nuit, un bateau de pêche, rempli de migrants,
39:49 a coulé cette nuit au large de la Grèce.
39:53 C'est la pire catastrophe depuis 2016 du genre.
39:57 500 personnes sont emportées disparues, on parle d'au moins 79 morts,
40:00 parmi elles des enfants, des passagers n'avaient plus d'eau potable,
40:03 aucun n'était équipé de gilets de sauvetage,
40:05 le conducteur du bateau a fui en les abandonnant en haute mer.
40:08 Certains migrants étaient enfermés à l'intérieur par des passeurs.
40:12 Il paraît que c'est une habitude, par des passeurs,
40:14 pour éviter trop de bazar, de bagarre.
40:20 Ils venaient de Syrie, du Pakistan, d'Egypte.
40:23 Est-ce que c'est ça, l'humanité, Marc Menand ?
40:26 Et comme dit Catherine Colonna, s'agit-il de trafic d'êtres humains ?
40:31 Déjà, quand vous dites un bateau de pêche, c'est une épave.
40:36 C'est invraisemblable, on n'oserait pas monter en conscience sur ce type de bateau.
40:42 Il faut être animé par une sorte de désespoir ou être victime du trafic humain.
40:47 Parce que c'est ça, la véritable question.
40:50 Vous avez dit, les ponts étaient bondés, les gens enfermés dans les cales.
40:55 J'aimerais rappeler les conditions de ce trafic, lui aussi immonde,
41:00 mais c'était un trafic commercial, celui de la traite des Noirs.
41:05 C'est-à-dire qu'on ne se contentait pas de prendre de l'argent au départ,
41:09 et puis après, on se moquait de savoir si on arrivait à destination ou pas.
41:14 Il y avait une logique d'enrichissement.
41:16 Et cet enrichissement était né d'une observation.
41:20 Les premiers à être appelés dans les nouvelles terres,
41:24 Saint-Domingue, par exemple, pour cultiver la terre,
41:27 en sorte que l'on puisse rêver de café, de sucre et autres,
41:31 c'était les pauvres petits Français, les paysans qui crevaient de faim.
41:35 On leur disait "mais là-bas, on vous donne un petit quelque chose,
41:38 vous avez deux ans de contrat, et puis au bout de deux ans,
41:41 vous pouvez repartir, vous aurez gagné un Pécule".
41:43 Ils se sont retrouvés dans des conditions tellement innommables
41:47 qu'ils ont les uns derrière les autres désertés.
41:50 Et il a fallu chercher.
41:52 Et que se passait-il en Afrique de l'Ouest en particulier ?
41:56 Un trafic d'esclaves qui était mené par les musulmans,
42:01 avec la complicité de petits royaumes.
42:03 Quand on lit les historiens,
42:06 vous aviez des royaumes de trois lieux en trois lieux,
42:09 et c'était qui dominerait l'autre, un peu comme ce qui s'est passé nous,
42:13 par rapport à nos régions.
42:15 Vous aviez la Bourgogne qui voulait épendre, etc.
42:18 C'était la guerre permanente.
42:20 Et là, on faisait des razzias,
42:23 et puis on avait la levée des personnages
42:27 qui semblaient les plus pimpants, les femmes aussi,
42:30 et on les vendait comme esclaves.
42:32 Mais une fois qu'on était à bord,
42:35 je ne vais pas vous dire que c'était un trois étoiles,
42:37 mais néanmoins, vous aviez les femmes d'un côté, les hommes de l'autre,
42:40 vous étiez enfermés.
42:42 Reste qu'on avait une cuisine spécialement avec du riz,
42:46 du manioc, du mil, du piment,
42:48 parce que c'était une valeur commerciale.
42:51 Il n'était pas question d'arriver de l'autre côté avec des sacs d'os.
42:55 Et mieux que ça, lorsque le temps le permettait,
42:58 on les faisait monter sur le pont,
43:00 et là, on les laissait,
43:02 on les encourageait, sans doute de façon un tout petit peu virulente,
43:06 à danser afin de se muscler.
43:10 – La plupart des esclaves, ils étaient quand même en très mauvaise condition.
43:13 – Ah non, non, non.
43:14 – Dès qu'ils étaient malades, ils étaient jetés par-dessus bord.
43:15 – Ah non, non, non.
43:16 – Je ne sais pas ce que vous voulez dire.
43:17 – Non, ce n'est pas ça que je veux dire.
43:18 Pour avoir vraiment travaillé sur le sujet.
43:20 – Ils avaient une valeur marchande.
43:21 – Ils avaient une valeur marchande,
43:23 et le capitaine, quand il arrivait au bout, il fallait vendre.
43:26 Et donc, on faisait en sorte, on leur donnait même au quotidien,
43:29 des cuillères de vinaigre, afin que les gencives tiennent bien, etc.
43:34 Je ne vous dis pas que c'était l'idéal, je vous dis que l'on veillait…
43:37 – J'espère bien.
43:39 – Non mais c'est pour dire, regardez l'image, on peut la remettre.
43:45 Cette image immonde, quelque chose qui est au-delà d'épouvantable.
43:49 Alors tout le monde pleure d'ailleurs, il suffit de lire,
43:52 c'est forcément un échec collectif lorsque des personnes
43:56 perdent la vie dans des conditions aussi ignobles.
43:59 Ça c'est Darmanin, à l'ONU, le secrétaire général, c'est horrible.
44:04 Toute personne en quête d'une vie meilleure mérite de la sécurité et de la dignité.
44:09 Madame Van der Leyen, elle est profondément attristée,
44:12 on le saura moins quand même.
44:14 Nous devons continuer de travailler pour éviter de telles tragédies.
44:19 Alors le fin du fin après, c'est l'enchaire aux larmes,
44:23 l'enchaire à l'humanisme, l'enchaire à l'angélisme.
44:28 Oui c'est épouvantable, comment éviter ces choses-là ?
44:31 C'est parce que vous avez des gens qui ne veulent pas tenir compte de la misère.
44:35 Et alors ? Eh bien il faut ouvrir des voies légales.
44:39 C'est monsieur par exemple Damien Carême qui est député européen écologiste
44:46 et qui dit qu'il faut qu'il y ait des voies légales que l'on puisse aller et venir.
44:50 On pourrait même imaginer une sorte de système de ferry,
44:53 vous voulez quitter la misère et vous venez chez nous et vous aurez la possibilité.
45:00 On reviendra dans quelques secondes sur les capacités d'accueil,
45:03 qu'est-ce qu'on peut leur offrir ?
45:04 Charlotte nous rappelait les conditions de vie de beaucoup de ces gens,
45:09 les traumatismes qu'ils ont connus avec des guerres civiles.
45:13 Là il y avait 47 Syriens, ça nous rappelle celui qui s'est manifesté à Annecy.
45:19 Mais ces gens-là, oui ils sont dans la misère.
45:24 Si on regarde, vous avez 2 milliards 200 millions de personnes dans le monde,
45:29 2 milliards 200 millions de personnes qui n'ont pas d'accès à l'eau potable.
45:35 Vous avez 800 millions de gens qui crèvent de faim.
45:39 Dans ces 800 millions, 200 millions d'enfants.
45:43 Alors qui n'a pas envie de les sauver ?
45:45 Qui n'a pas envie de se dire "c'est inadmissible".
45:48 On ne peut pas, à notre époque, en disposant d'un temps moyen moderne,
45:53 imaginer qu'il y ait une humanité qui soit celle de l'horreur,
46:00 une humanité où on n'est plus que larve,
46:03 on n'a même pas la capacité de se plier un quotidien.
46:07 Alors que pourrait-on faire ?
46:10 Suivre M.Karem, avoir ces bateaux qui viennent,
46:14 et quand ils arrivent chez nous, que leur proposerons ?
46:17 Alors vous vous butez sur quoi ? Sur la langue ?
46:19 Vous butez sur un monde qui vous a peut-être fait rêver, dont vous ignorez tout ?
46:23 Vous n'imaginez même pas nos façons de...
46:25 Donc il faudrait pouvoir, non seulement leur offrir une éducation,
46:30 c'est possible sur quelques individus,
46:32 mais pour reprendre les termes de Mathieu,
46:34 quand vous avez un flux migratoire qui devient une submersion,
46:38 vous ne pouvez plus avoir cette capacité-là.
46:40 Il faudrait presque les renvoyer à l'école,
46:43 et faire donc que l'on puisse être dans la dignité et la sécurité,
46:48 comme le dit le secrétaire de l'ONU.
46:50 Où est la sécurité et la dignité quand on les laisse venir comme ça ?
46:53 - Regardez ce qu'il écrit, "Naufrage ? La faute de l'Europe ?".
46:59 Mathieu, je me tends vers vous, parce que beaucoup de voix s'élèvent pour dire,
47:01 "Café Frontex, est-ce que c'est la faute de la France ?
47:04 Est-ce que c'est de la faute de l'Europe ?".
47:06 Parfois, on a envie de se poser la question,
47:08 même la personne qui a pris la photo, qu'est-ce qu'elle a fait pour les sauver ?
47:11 Est-ce que c'est la faute de la France ? Est-ce que c'est de la faute de l'Europe ?
47:14 C'est de la faute à qui, ce naufrage ?
47:16 - Si il faut nommer une faute identifiée, c'est la faute des passeurs.
47:19 C'est la faute des passeurs, fondamentalement.
47:21 - 9 passeurs ont été arrêtés.
47:23 - Il faut arrêter de porter la culpabilité quand on n'est pas responsable
47:26 d'une forme d'orgueil moral étrange.
47:28 On est devant, non seulement les passeurs particuliers,
47:31 mais aussi un système de passeurs qui sont, dans les faits,
47:34 un système d'esclavagistes, un système qui fait du trafic humain.
47:37 - Comme disait Marc. - Oui, absolument.
47:39 Et quand on dit...
47:41 Puisqu'on a un phénomène comme ça, il faudrait régulariser l'avenue
47:44 des migrants pour éviter de tels cas.
47:46 C'est du chantage. Ça, c'est de la récupération politique.
47:49 Ça consiste à dire, si vous n'acceptez pas l'ouverture des frontières
47:52 et la fin de l'immigration illégale, donc l'acceptation de tous ceux qui viennent,
47:55 vous êtes complice d'un tel crime. Non, les seuls coupables d'un tel crime,
47:58 ce sont les mafias, ce sont les passeurs.
48:00 Ils vont mener une guerre impitoyable contre ces gens
48:02 qui traitent des espoirs humains de la manière la plus atroce qui soit.
48:05 Arthur de Vatrigan, la faute à qui ?
48:07 Évidemment aux passeurs, mais il y a la faute aussi à l'Europe.
48:10 Quand on entend le discours de l'immigration,
48:12 va résoudre le problème de démographie, par exemple.
48:14 Quand on vote le pacte de migration, qui ne va pas,
48:17 comme il s'est présenté, régler le problème de frontières,
48:19 mais accompagner, comme Marc l'a dit, comme ce député que vous citez.
48:22 C'est accompagner les réfugiés, donc faire un pont entre l'Afrique et l'Europe.
48:25 Et la France aussi est en cause, lorsqu'elle se couche devant SOS Méditerranée
48:29 et qu'elle finance des associations, qui, les enquêtes italiennes l'ont montré,
48:32 sont liées avec les passeurs.
48:34 Gabrielle ?
48:36 La faute, c'est d'être dans l'irrinisme.
48:38 Parce qu'en réalité, quand on écoute Marc,
48:41 on comprend que c'est un passage sans fin, c'est la ruée vers l'Europe.
48:48 Vous savez ce livre de Stephen Smith, où il explique que nous n'en sommes du reste qu'au début.
48:53 Or, il est vrai qu'un continent ne peut pas se déverser dans un autre.
48:56 Donc c'est une autre solution qu'il faut trouver.
48:58 Et il faut arrêter avec ces drames terribles.
49:01 Dernier mot, Marc Menon.
49:03 Déjà, il y a des responsabilités par rapport à nous, en tant que consommateurs.
49:07 Parce que quand on achète des roses toute l'année,
49:09 et que vous avez des régions entières qui sont mobilisées et utilisées pour la culture de roses,
49:14 et que les populations, à ce moment-là, sont obligées de partir,
49:17 elles se retrouvent dans des bidonvilles, elles cherchent à fuir.
49:20 Questionnons-nous, lorsque l'on achète un produit, quel qu'il soit,
49:26 quelle est l'incidence sur le monde, et puis après, les politiques agirent sur les gouvernements.
49:31 Il y a de la corruption, mais on pourrait peut-être avoir de la corruption positive, si je puis dire.
49:35 Merci. Merci beaucoup pour votre regard.
49:38 Et on suivra évidemment ce dossier du naufrage.
49:41 C'est une information qui nous vient du point.
49:44 L'Algérie vient de rétablir un couplet oublié de son hymne national
49:49 que plusieurs assimilent clairement à un couplet anti-français.
49:53 Mathieu Bocoté, comment comprendre ce geste ?
49:56 Faut-il y voir une déclaration d'hostilité explicite contre la France ?
50:00 D'abord, il faut voir les faits, mais je pense que vous posez la question très justement.
50:04 Est-ce que c'est une déclaration d'hostilité ?
50:07 Et pourquoi maintenant ?
50:09 Bien sûr, on arrive sur le contexte.
50:11 Retour. Dans l'hymne algérien, qui a pour site "Kazaman",
50:15 "Nous jurons", j'espère ne pas mal prononcer,
50:17 il y a plusieurs couplets, évidemment, vous savez, des hymnes nationaux.
50:20 Il y a ce qu'on récite normalement, puis il y a quelquefois la version plus longue.
50:23 Pour la Marseillaise, pour le Canada, je préfère la liste.
50:25 Or, qu'est-ce qu'on voit ici ?
50:27 Il y avait un troisième couplet qui était assez peu depuis 1978.
50:31 Avec la mort de Boumediene, changement de régime,
50:34 ce couplet qui était dans l'hymne algérien était de moins en moins prononcé.
50:38 Je vous le cite. Vous l'avez dit en début d'émission.
50:41 "Ô France, le temps des palabres est révolu.
50:44 Nous l'avons clos comme on ferme un livre.
50:46 Ô France, voici venu le jour où il te faut rendre des comptes.
50:50 Prépare-toi, voici notre réponse.
50:53 Verdict, notre révolution le rendra,
50:55 car nous avons décidé que l'Algérie vivra.
50:58 Soyez-en témoins."
50:59 Alors, c'est clairement hostile.
51:01 On comprend que c'est lié au contexte de la décolonisation, de la guerre d'Algérie.
51:05 Quand Boumediene meurt en 1978, on se dit, bon, qu'est-ce qu'on fait avec ça ?
51:08 Est-ce qu'on change l'hymne national ? Est-ce qu'on biffe le couplet ?
51:11 Solution est trouvée.
51:12 Quelle solution ?
51:13 On va réserver la version complète de l'hymne national
51:16 pour deux types d'événements.
51:18 Dans les congrès du FLN
51:20 et lorsqu'il y a l'investiture du président de la République.
51:23 Donc, très, très peu d'événements.
51:25 Donc, l'hymne national avec ce couplet,
51:28 c'est réservé, en fait, au folklore FLN.
51:32 C'est réservé aux gardiens de la mémoire intégrale
51:35 et pourrait-on même dire intégriste de la mémoire FLN
51:39 qui est constitutive de l'État algérien moderne.
51:42 Donc, ça se trouve là.
51:44 Mais là, on est dans un contexte très particulier aujourd'hui.
51:48 Tension entre la France et l'Algérie.
51:52 Volonté chez les Algériens de marquer
51:54 le retour de cette conscience conflictuelle.
51:57 Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
51:58 On ramène désormais le couplet.
52:01 On peut le prononcer en toutes circonstances.
52:03 En fait, l'hymne national, lorsqu'il sera prononcé,
52:05 il y aura ce couplet anti-français.
52:06 Notamment devant les dignitaires étrangers,
52:08 notamment devant les chefs d'États étrangers,
52:10 les visites officielles.
52:12 Imaginez la scène.
52:13 Emmanuel Macron entouré de ses ministres.
52:16 Le prochain président de la République entouré de ses ministres.
52:19 Vous faites la liste.
52:21 Il est là.
52:21 On lui chante l'hymne national.
52:22 Et dans l'hymne national, il y a le segment anti-français.
52:26 Et le président de la République, à ce moment-là,
52:28 soit Emmanuel Macron ou le prochain,
52:30 est obligé de serrer les dents parce qu'on lui chante au visage,
52:33 à la gueule, à la manière d'une gifle à la France,
52:36 un hymne qui devient clairement anti-français.
52:39 Donc, on intègre dans le rituel diplomatique
52:42 une gifle récurrente à la France.
52:44 C'est assez particulier.
52:46 - J'imagine que vous allez en parler
52:48 parce que vous parlez de tension entre la France et l'Algérie.
52:50 Mais la France a montré beaucoup, beaucoup, beaucoup,
52:54 beaucoup de signes en faveur de l'Algérie.
52:56 Ma question, est-ce qu'il s'agit vraiment
53:00 d'une déclaration d'hostilité explicite à l'égard...
53:03 - Le mot important est là, explicite.
53:05 On savait que les tensions...
53:06 On sait, en fait, que dans la mémoire FLN,
53:08 dans l'identité publique algérienne,
53:10 je ne dis pas dans la mémoire de chaque Algérien,
53:12 dans l'identité publique algérienne,
53:14 il y a une forme de revanchisme éternel par rapport à la France.
53:18 L'identité politique algérienne moderne
53:21 est fondée sur le rejet de la France.
53:23 Et c'est vécu sur le drame.
53:25 C'est une décolonisation qui a échoué à l'Algérie.
53:28 Autant la conquête de l'indépendance
53:30 était fort légitime pour tous les peuples de la terre.
53:32 Donc la conquête de l'indépendance, c'est merveilleux,
53:34 mais ils ont raté leur indépendance à bien des égards
53:36 avec un modèle de développement post-indépendance
53:38 qui était au service d'une caste très particulière
53:41 et le peuple, dans son ensemble, n'en a pas vraiment profité.
53:44 Donc à qui la faute dans de telles circonstances,
53:47 il faut dire évidemment la faute à la France, la faute à la France.
53:50 Ensuite, il y a la mémoire revanchiste
53:53 qu'on peut utiliser quand il y a des tensions dans le pays,
53:55 quand le pays se fragmente, quand les Algériens
53:58 ont des griefs à l'endroit de leur propre pouvoir, de leur pays.
54:01 Eh bien, on réactive la mémoire antifrançaise
54:04 avec beaucoup d'énergie et les effets politiques sont immédiats.
54:08 Parce que c'est la corde sensible d'une partie de la population.
54:12 Alors la question, on pourrait se poser inversement,
54:15 à quel moment la France décidera-t-elle de renverser son regard sur l'Algérie?
54:20 Parce que pour l'instant, le discours officiel public en France,
54:23 c'est l'Algérie, grand partenaire, l'Algérie, notre amie, l'Algérie, ça va bien.
54:28 - Et puis les signes se sont multipliés.
54:31 Vous avez l'Algérie, 14 ministres qui sont allés sur place,
54:34 c'est quasiment du jamais vu.
54:35 On voit que le président Macron tend vraiment la main.
54:38 - Je dirais, en fait, les élites politiques françaises
54:41 pratiquent la génuflexion de manière exagérément catholique
54:43 par rapport à l'Algérie.
54:44 C'est-à-dire, elles ne cessent de pratiquer la repentance.
54:46 Quelquefois, chez Emmanuel Macron, avec le double discours.
54:48 D'un côté, il dénonce la rente mémorielle du régime FLN.
54:51 De l'autre côté, il nous dit, on se rappelle la formule
54:56 sur la colonisation, crime contre l'humanité.
54:58 Je pense qu'en ces matières, il y a une forme de paralysie française
55:02 par rapport à l'Algérie.
55:03 Une paralysie mémorielle, une paralysie identitaire,
55:06 une paralysie politique.
55:07 L'Algérie se permet, le régime algérien,
55:10 pas le peuple algérien, mais le régime algérien
55:12 se permet toutes les bravades, toutes les humiliations
55:15 à l'endroit de la France, avec cette idée que la France
55:17 toujours va encaisser, la France toujours va accepter.
55:20 Néanmoins, il y a des petits signes de redressement.
55:22 Édouard Philippe, on l'a dit, a envoyé le signal
55:24 comme quoi il faut dénoncer les accords de 68.
55:27 C'est le cas aussi de Marine Le Pen,
55:29 c'était le cas d'Éric Zemmour.
55:30 C'est le cas de plusieurs qui disent, désormais,
55:32 c'est une relation qu'il faut remettre à plat,
55:34 qu'il faut redéfinir pour en finir, en fait,
55:37 avec ce traitement privilégié accordé à un pays
55:40 qui, par exemple, en échange, crache trop souvent
55:42 au visage de la France.
55:43 Alors moi, à l'échelle de l'histoire,
55:44 vous savez, j'aime la réciprocité.
55:46 Il était heureux que l'Algérie s'affranchisse de la France,
55:50 c'était l'Algérie algérienne.
55:52 Il serait heureux que la France, aujourd'hui,
55:54 s'affranchisse de l'Algérie, qu'elle fasse
55:56 son indépendance de l'Algérie, qu'elle tire les conséquences
55:59 de l'indépendance de l'Algérie et qu'elle refuse
56:01 d'accorder ce statut particulier qui se conjugue,
56:03 aujourd'hui, avec une déclaration d'hostilité explicite
56:06 à l'endroit de la France, qu'on invite désormais
56:08 à sourire lorsqu'on lui crachera au visage
56:10 lorsqu'elle sera de passage à Alger.
56:12 - Merci Mathieu Beaucoté. Merci Arthur Dematrigan.
56:18 C'était un plaisir de vous recevoir.
56:19 Gabriel, merci beaucoup pour votre présence.
56:21 Mon cher Marc, excellent week-end à vous.
56:23 C'est quoi votre programme ce week-end ?
56:24 - Un petit footing, un peu de sport.
56:27 - C'est même pas drôle.
56:28 - Un peu d'alcool, un peu de viande.
56:30 - Non, pas du tout.
56:31 La Minute Info avec Mathieu Devez.
56:33 Excellent suite de programmes sur CNews.
56:35 Après, c'est Pascal Praud, l'heure des produits.
56:38 (toc, toc, toc)
56:39 Papendia y appelle à la mobilisation
56:44 des parents d'élèves sur la question du cyberharcèlement.
56:47 Le ministre de l'Éducation estime que l'école ne peut pas tout faire,
56:50 notamment surveiller ce que font les élèves le soir
56:53 quand ils sont rentrés chez eux.
56:54 Le harcèlement scolaire a été érigé en priorité nationale
56:57 après le suicide en mai de l'INSEE.
56:59 Une adolescente de 13 ans, il fera l'objet
57:01 d'une campagne nationale de prévention à la rentrée.
57:04 La croissance devrait ralentir l'année prochaine,
57:07 et pour l'INSEE, l'économie française devrait en effet progresser
57:10 de 0,6 % contre 2,5 % l'année dernière.
57:13 Ce ralentissement s'explique notamment
57:15 par des prix toujours aussi élevés.
57:17 L'inflation devrait cependant ralentir à 5 %
57:20 contre 5,2 % en 2022.
57:23 Enfin, la situation est grave, mais en cours de stabilisation
57:26 à la centrale nucléaire de Zaporizhia.
57:28 C'est ce qu'a annoncé sur place le directeur
57:30 de l'Agence internationale pour l'énergie atomique.
57:32 Sa visite était notamment destinée à déterminer
57:35 si la situation avait été mise en danger
57:37 par la destruction du barrage de Khakovka.
57:40 ♪ ♪ ♪
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