00:00 Le corps humain est très complexe, il est parfaitement imparfait.
00:04 Et même si on a une aide médicale, il faut y aller confiant
00:07 et se dire qu'il n'y a pas de raison, que ça ne fonctionne pas.
00:10 Je m'appelle Stéphanie, j'ai 39 ans.
00:20 Je suis maman de jumeaux qui ont 8 ans, un garçon et une fille.
00:23 C'est très, très structuré.
00:24 Donc la première chose que nous dit la gynécologue,
00:27 c'est en moyenne d'attendre un an, d'essayer un an naturellement.
00:32 Si au bout d'un an, ça ne fonctionne pas,
00:34 à ce moment-là, on va faire des examens,
00:36 aussi bien chez madame que chez monsieur,
00:38 pour voir s'il y a quelque chose qui pêche.
00:41 Donc c'est ce qui s'est passé pour nous.
00:43 On se dit, qu'est-ce qui cloche ?
00:44 Qu'est-ce qui cloche chez moi ? Pourquoi ça ne veut pas ?
00:48 Il y a une pression sociale assez forte sur les femmes pour avoir des enfants
00:53 et puis sur les hommes aussi pour être fertiles.
00:56 Donc il y a quand même une culpabilité à se dire,
00:58 bon ben voilà, moi ça ne veut pas, ce n'est pas pour moi,
01:01 mon corps ne fonctionne pas correctement.
01:03 Quand elle a vu qu'effectivement, il y avait des petits soucis
01:07 en ce qui me concernait pour l'ovulation,
01:10 elle nous a dirigé vers une collègue vraiment spécialisée dans l'infertilité.
01:15 Donc elle prescrit d'autres examens un petit peu plus poussés,
01:18 avec des noms qu'on n'imaginait même pas,
01:20 pas forcément toujours agréables,
01:22 mais qui permet de préciser vraiment d'où vient le problème,
01:25 d'éliminer d'éventuelles causes.
01:27 De là, effectivement, on fait la stimulation ovarienne.
01:30 Alors ça demande des réglages, ça demande beaucoup de prise de sang,
01:35 d'échographie aussi pour voir si ça correspond bien,
01:38 si la stimulation se passe bien, si les taux sont corrects.
01:41 Après c'est des chiffres, c'est beaucoup de chiffres.
01:43 Et une fois qu'elle est mise en route, beaucoup de réglages.
01:46 En parallèle, elle nous parle de tout ce qui peut éventuellement arriver
01:50 si ça ne fonctionne pas, donc elle nous parle aussi de l'adoption.
01:54 Enfin voilà, il y a beaucoup, beaucoup d'informations qui arrivent en même temps.
01:57 Même si c'est un souci bénin, rien ne dit que ça va fonctionner.
02:01 Après, il faut se laisser porter, il ne faut pas trop se poser de questions,
02:05 il ne faut pas se dire "c'est de ma faute" ou "c'est de la faute à qui"
02:09 ou "pourquoi ça m'arrive" ou...
02:10 C'est extrêmement répandu, les soucis d'infertilité dans les couples hétéros.
02:16 Il n'y a pas de culpabilité à avoir, je le sais parce que moi j'en ai eu,
02:19 où je me suis dit si mon corps ne veut pas fonctionner correctement,
02:24 qu'est-ce qui me dit qu'il acceptera qu'on le force à accueillir un futur foetus ?
02:30 Pour mettre vraiment toutes les chances de notre côté, on a fait une five.
02:33 Donc on s'y est pris à deux fois, production maximale d'ovules de mon côté.
02:38 Ensuite, donc, fécondation in vitro en clinique
02:41 et réintroduction, en ce qui me concerne, de deux ovules fécondés.
02:46 Ce qui m'a rassurée, ça peut paraître un petit peu bête,
02:49 mon taux d'hormones a explosé.
02:53 Donc je me suis dit, bon, ok, mon corps est d'accord, c'est bon.
02:58 Et le point important, c'est que la gynécom' avait dit,
03:00 surtout à partir du moment où maintenant vous êtes enceinte,
03:04 la five et la PMA n'ont aucune incidence et n'ont rien à voir avec la grossesse.
03:10 Maintenant, vous êtes enceinte, c'est une grossesse normale.
03:12 Et justement, j'ai une grossesse vraiment idéale.
03:15 On se rend compte que, bah non, c'est pas si rare que ça.
03:20 On n'en parle pas parce que c'est quelque chose qu'on considère de négatif.
03:24 Le corps humain a besoin de temps en temps d'être boosté
03:27 parce qu'il a des petits réglages à faire sur différents points.
03:31 Et là, c'est exactement pareil. Il ne faut pas chercher plus loin.
03:34 Il ne faut pas se culpabiliser aussi dans le couple.
03:36 Voilà, on parle beaucoup des fives et des PMA
03:40 quand tout se passe très, très bien ou quand se passe très, très mal.
03:44 Mais entre les deux, voilà, on n'a pas les douleurs physiques,
03:48 les douleurs morales, la lenteur, parce que c'est très, très long, l'air de rien.
03:53 Quand ça ne fonctionne pas, il faut tout recommencer à zéro.
03:56 Il faut attendre un petit peu que le corps se repose.
03:58 Il y a des piqûres quotidiennes.
04:01 Ça aurait plutôt tendance à rapprocher le couple.
04:03 Moi, je vois les piqûres. Je ne pouvais pas me les faire.
04:06 C'est mon conjoint qui me les faisait.
04:08 Et voilà, c'était un travail d'équipe, en fait.
04:12 Il ne faut pas éviter à prendre soin de soi pendant cette étape-là.
04:17 Faire des choses qui font plaisir, aller se faire des massages,
04:20 manger ce qu'on a envie, rester soudé.
04:23 C'est une épreuve à vivre ensemble.
04:25 On n'est pas mal formé, on n'est pas une erreur de la nature.
04:29 Et ce n'est pas une fatalité.
04:31 Ça arrive à énormément de personnes.
04:34 C'est vrai que si, dès le début, on avait tous les outils,
04:37 toutes les informations en disant, voilà, ne partez pas perdant,
04:41 mais sachez que si ça ne fonctionne pas naturellement,
04:45 ce n'est pas grave.
04:46 Banalisez le processus de l'APMA.
04:49 Essayez, je sais que c'est compliqué,
04:51 je sais que ce n'est pas facile, mais de ne pas se prendre la tête
04:54 et de prendre soin l'un de l'autre pendant ce parcours
04:57 pour se mettre dans les meilleures conditions possibles.
05:00 Je ne regrette toujours pas d'avoir eu des jumeaux.
05:02 C'était toujours quelque chose que je désirais.
05:05 Donc, finalement, ce parcours, ça a été un mal pour un bien,
05:09 puisque ça a pu m'aider à réaliser mon rêve d'avoir des jumeaux.
05:13 Sous-titrage ST' 501
05:15 ...
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