00:00 Dans la phrase "on ne naît pas père, on le devient", il y a évidemment la phrase "on le devient".
00:03 Il ne faut pas oublier ce petit bout de phrase.
00:05 [♫ Générique ♫]
00:07 Bonjour tout le monde, bonjour parents, je m'appelle Benjamin Muller, j'ai 36 ans, j'habite Paris,
00:11 je suis journaliste, j'ai trois enfants, et je suis chroniqueur de l'émission "La maison des maternelles" de France 2.
00:16 En fait, on ne naît pas femme, on le devient, on ne naît pas homme, on le devient,
00:20 on ne naît pas mère, on le devient, on ne naît pas père, on le devient, il n'y a aucune différence,
00:23 évidemment, instinctivement, il n'y a rien d'inné, la première fois où on se retrouve avec un bébé dans les bras,
00:28 c'est tout à fait légitime de ne pas ressentir le coup de cœur que certains décrivent,
00:31 de trouver ça difficile, de trouver ça angoissant, d'être stressé, de ne pas être heureux tout de suite.
00:36 On a évidemment le droit à tout ça pour les femmes, pour les jeunes mamans, mais aussi pour les hommes.
00:40 Ce qui est très intéressant dans l'évolution de la paternité, dans l'histoire de la parentalité,
00:44 c'est qu'en gros, il y a la petite période où on est aujourd'hui, les choses sont en train d'évoluer très vite,
00:50 mais les 99% du reste de l'humanité, ou même plus de 99%,
00:54 en gros, les hommes ne s'occupaient pas, ou peu, ou mal des enfants.
00:59 Et donc, en ce moment, on est tout pile dans une période charnière où tout est en train de changer,
01:02 donc c'est formidable, il y a encore beaucoup de travail, il y a encore beaucoup de choses qui doivent évoluer,
01:05 mais là, messieurs qui regardez cette vidéo, on a trop de chance, on est dans la bonne période,
01:09 il faut être père en ce moment, c'est maintenant que ça vaut le coup.
01:11 Dans l'idéal, c'est bien si les futurs papas, dès la grossesse, dès le début de la grossesse, vont s'investir.
01:16 Alors évidemment, chaque couple aura les envies et des besoins différents en termes d'investissement,
01:20 mais c'est quand même bien si, en gros, ces 9 mois ne sont pas réservés à madame,
01:24 et monsieur, lui de son godeux, il attend.
01:26 Non, c'est bien de s'intéresser, c'est bien d'essayer de comprendre ce qui se passe dans le corps de sa femme, tout simplement.
01:29 Je le dis d'autant plus que moi, les grossesses de ma femme, en tout cas la première,
01:33 je n'avais aucune idée de ce qui se passait vraiment, etc.
01:35 On apprend. S'intéresser, c'est poser des questions, c'est se renseigner via des sites internet,
01:39 via des émissions de télé, via des livres.
01:41 Et puis aussi, dans la mesure du possible, c'est aller aux différents rendez-vous.
01:44 C'est aller aux échographies, c'est aller rencontrer les équipes de la maternité,
01:48 c'est ne pas hésiter à poser des questions. En fait, il n'y a pas de mauvaise question.
01:51 Et l'autre manière de se préparer, selon moi, c'est de ne pas hésiter à en parler à vos potes, messieurs.
01:56 Je ne sais pas pourquoi, les hommes, on a une forme de pudeur masculine bizarre sur ces sujets.
02:01 Ça, c'est quelque chose qui doit changer, c'est un tabou qui doit changer.
02:04 Entre potes, on se pose les questions, mais toi, les échographies, est-ce que tu étais stressé ?
02:09 Toi, quand ta femme avait la gerbe pendant les 3 premiers mois, comment tu faisais pour l'aider ?
02:12 Parlons de ça, messieurs.
02:13 Ce qui est génial, là aussi, dans la période que l'on vit, c'est qu'on parle de plus en plus du postpartum,
02:17 ce qui n'a pas toujours été le cas.
02:18 Maintenant, j'ai l'impression que c'est plus tabou, notamment grâce à énormément de prises de position,
02:22 sur Instagram, beaucoup, de femmes qui racontent la réalité du postpartum et à quel point c'est dur.
02:27 Donc là, les coparents, on n'a plus d'excuses. On sait que le postpartum existe.
02:32 C'est important de se renseigner avant l'accouchement pour ne pas tomber de haut,
02:36 pour comprendre aussi ce qui est en train de se jouer.
02:38 Et alors, le meilleur accompagnement, moi, je pense, c'est déjà de montrer qu'on est présent,
02:42 qu'on est compréhensif et qu'on est à l'écoute.
02:44 Et puis, ne pas hésiter à demander aux femmes comment je peux t'aider, tout simplement.
02:48 Pas partir du principe que "alors attends, c'est moi qui vais tout régler, je suis ton psychologue".
02:51 Non, pas du tout. Mais en revanche, ne pas hésiter à juste lui faire comprendre.
02:54 "On est là pour les différentes difficultés que tu peux rencontrer, etc."
02:57 Et puis, cette petite phrase qui marche bien de dire "tu sais, je crois que c'est normal ce que tu vis".
03:01 "Je crois que c'est normal".
03:02 Il faut le dire avec précaution pour ne pas énerver non plus la personne,
03:04 mais je crois que beaucoup de gens le vivent.
03:06 "C'est normal, ça va passer, ça ne veut pas dire que tu es une mauvaise mère,
03:09 ça ne veut pas dire qu'on est un couple foutu."
03:10 Voilà, essayer d'être positif, c'est bien d'être positif pendant la période du post-partum, il y en a besoin.
03:15 Un conseil pour les futurs papas.
03:17 Le conseil que j'aurais aimé qu'on me donne, je crois, c'est "ça va bien se passer".
03:21 "Ça va bien se passer".
03:22 Un truc tout bête, je veux dire, les conseils trop précis du "quoi, mais attends,
03:26 tu fais comme si pour l'endormir" ou "alors attends, mais tu ne lui donnes pas de petits pots, machin"
03:29 ou "alors quoi, ta femme n'allait pas".
03:31 C'est chiant, c'est pénible, ne donnez pas ces genres de conseils-là.
03:33 En revanche, le bon conseil, c'est "keep cool".
03:36 Tout est nouveau, donc tout va être stressant.
03:38 Le premier main va être stressant, le retour à la maison va être stressant,
03:40 le premier voyage en voiture va être stressant.
03:42 Tout est stressant, c'est normal, c'est nouveau.
03:44 "Tout est stressant" ne veut pas dire "tout va mal se passer".
03:46 Et moi, mon propos est plutôt de dire "si vous prenez le temps, si vous ne vous mettez pas trop la pression,
03:50 si vous vous écoutez les uns les autres, si vous êtes bienveillants avec l'autre et avec vous-même,
03:55 ça va bien se passer, j'en suis sûr".
03:56 Ce qui m'a le plus marqué lors de la première grossesse de ma femme,
03:59 j'étais jeune, j'avais 24 ou 25 ans, et j'allais au rendez-vous,
04:03 et à chaque fois que je posais des questions au médecin, au sage-femme,
04:06 systématiquement, je posais une question, et il me regardait, il se tournait vers ma femme,
04:09 et il répondait à elle.
04:10 Je me disais "mais il ne m'a pas vue ou quoi ?"
04:12 Alors je reprenais, je me disais "non mais juste, par exemple, moi je me demandais
04:15 'tiens, la péridurale, c'est quoi ? Je ne connais rien".
04:18 Et puis il me disait "la péridurale".
04:19 "Alors madame", alors je comprends qu'il s'adresse à madame,
04:21 mais moi j'avais l'impression de ne pas exister.
04:23 Deuxième grossesse, troisième grossesse, je peux vous dire qu'à chaque fois qu'il y avait ça,
04:26 je disais "ouh, c'est pas parce que je suis l'homme qu'on ne peut pas s'adresser à moi",
04:28 je le disais avec le sourire, et souvent les équipes médicales, je sentais qu'elles disaient
04:30 "oui, c'est vrai, c'est pas bête".
04:32 Bon, ce livre, il s'adresse au futur et au jeune papa,
04:35 et la promesse, c'est de répondre...
04:37 l'idée, c'est de répondre à toutes les questions que peuvent se poser les hommes,
04:40 et les femmes aussi d'ailleurs,
04:41 pendant cette période, en gros, qui va du test de grossesse positive jusqu'aux deux ans de l'enfant.
04:45 L'idée, c'est qu'à chacune des questions possibles, il puisse y avoir une réponse.
04:48 Ce qui était hyper important pour moi, c'est les choses qui sont en train d'évoluer,
04:52 l'importance du partage des tâches ménagères, de la charge mentale,
04:56 de qui s'occupent des enfants, il y a des choses qui existaient encore il y a une génération ou deux,
05:00 qui existent encore beaucoup trop dans ce pays, mais qui existent de moins en moins,
05:02 c'est-à-dire la femme qui se tape tout,
05:04 et l'homme qui est là juste pour faire goussi-goussi, faire des petites blagues,
05:06 ça, en fait, on ne peut plus aller vers ça,
05:10 notre génération ne peut plus cautionner ça,
05:13 il faut se battre, tout le monde doit se battre pour que les choses évoluent,
05:15 les choses sont en train de changer, et moi je voulais que dans ce livre,
05:17 à chaque phrase, ça se ressente.
05:19 Je veux bien dire un mot aux femmes qui nous regardent,
05:21 parce que bon, les pères, donc ça y est, ils ont compris que je vais m'adresser à eux, etc.
05:24 Moi, je n'aime pas les injonctions, je n'aime pas dire aux gens ce qu'il faut faire,
05:27 chacun fait comme il peut, etc.
05:28 Ce qui est important dans les couples, c'est de discuter.
05:30 Certaines personnes me font remarquer une chose, certains hommes,
05:33 me disent "moi, je suis impliqué à fond,
05:35 moi, évidemment, il n'y a pas de sujet, les hommes, les femmes,
05:38 tout le monde s'occupe pareil des enfants,
05:39 bref, la modernité, c'est très bien",
05:41 et certains hommes me disent "oui, mais ma femme, elle a du mal à lâcher",
05:44 et à certains moments, elle n'arrive pas, en fait,
05:46 elle dit toujours qu'elle va mieux faire, etc. et elle n'arrive pas à lâcher.
05:49 Je crois que c'est quelque chose d'assez classique, je comprends tout à fait.
05:52 Qui plus est, quand on a porté le bébé pendant 9 mois,
05:54 mais je pense que c'est un travail qui est important,
05:56 là aussi, qui va dans le sens de l'équilibre, du partage, etc.
05:59 Aussi pour aider ces messieurs à prendre confiance en eux, etc.
06:03 Je pense qu'il faut réussir, par moment, à dire "ok, on va le laisser faire, le monsieur,
06:07 s'il ne fait pas comme j'aurais aimé qu'il fasse, ce n'est pas grave".
06:09 Les rôles de parents se construisent aussi comme ça,
06:12 en étant parfois seuls avec son bébé, donc c'est valable pour les femmes,
06:14 et c'est valable pour les hommes.
06:15 Donc, mesdames, on laisse faire, c'est messieurs !
06:18 [Musique]
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