00:00 Non, ce qu'on peut dire, je sais pas si ça peut mieux se présenter,
00:02 ce qu'on peut dire, je crois, c'est que pour la première fois,
00:05 on a une équipe qui a le potentiel pour être la championne du monde.
00:08 Bon, les Cannes en 2007 et 2003 étaient pas mal non plus.
00:11 Oui, on était pas mal, mais une grosse Coupe du Monde, c'est quoi ?
00:14 Il faut gagner trois gros matchs d'affilée.
00:16 Quart de finale, demi-finale, finale.
00:18 Il y a des fois six jours, des fois sept jours d'écart.
00:21 Souvent, ça se joue comme ça.
00:22 C'est les plus vides.
00:23 Et nous, il y aura un match avant,
00:24 c'est-à-dire le dernier match de poule contre l'Italie à Lyon quand même,
00:27 parce que tout le monde oublie.
00:28 Peu importe ce qui se passera sur le premier match.
00:30 Dans huit ans, il sera au-dessus.
00:31 Il y aura un match, bien sûr, c'est un match contre une équipe majeure
00:33 du concert international.
00:35 Donc, il faudra une équipe capable de gagner ces quatre matchs.
00:37 Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:38 Ça veut dire qu'il faut de la profondeur.
00:41 On sait très bien que les 15 ou les 23 qui seront sur la ligne
00:44 de départ contre l'Italie, ce ne sera certainement pas les mêmes en finale
00:47 parce qu'il y a des gens qui se blessent.
00:49 Et là, il faut du réservoir.
00:51 Et je crois que c'est la première fois, effectivement,
00:53 que cette équipe de France a le potentiel pour aller au bout.
00:58 C'est ce que je pense.
01:00 En tout cas, Pierrot, avec Eric, on est rassuré
01:02 parce qu'on a entendu l'ancien sélectionneur des 15 de France
01:04 nous dire que pour être champion du monde au rugby, il faut gagner trois matchs.
01:07 C'est la théorie de l'Italie.
01:08 Mais non, mais c'est vrai qu'au foot, comment il faut en gagner au foot ?
01:10 Deux ?
01:11 Non, non, mais moi, je suis un peu...
01:12 Non, mais nous, on ne joue pas à l'am'd'or.
01:14 On ne joue pas à la Croatie.
01:15 Il faut gagner.
01:17 On ne joue pas.
01:18 Non, mais c'est trois matchs.
01:19 Ce ne sont pas les mêmes matchs.
01:20 Oui, voilà.
01:21 Surtout au basket.
01:23 Trois matchs.
01:25 Toi, tu as perdu l'occasion.
01:26 Les trois matchs que tu as pris, ce sont trois.
01:28 C'est trois accidents de voiture.
01:29 Quand c'est comme ça, quand il y a des Français qui rigolent entre eux,
01:31 il y en a toujours un qui a un petit sourire et qui nous attend.
01:34 C'est Richard Pouljot, Jean-Clé.
01:35 J'ai une question quand même.
01:36 Comment on se débrouille en organisant la Coupe du monde chez nous
01:39 de tomber contre la Nouvelle-Zélande dans le même groupe ?
01:42 Le tirage au sort.
01:42 Et croiser avec l'Irlande ou l'Afrique du Sud ?
01:44 Le tirage au sort.
01:44 Eric, pour répondre à ta question, le tirage au sort fait par Guy Chabot.
01:48 [Rires]
01:53 C'est à ce moment-là qu'il lui a levé l'étoile alors.
01:54 [Rires]
01:56 Guy, si tu pourrais éviter la Nouvelle-Zélande...
01:59 Non mais comment ça se fait ?
02:00 Nouvelle-Zélande !
02:01 [Rires]
02:02 Non mais dans le rugby, vous n'avez pas les bouleaux-chords de les bouleaux-chords ?
02:03 Non, non, non, pas ça.
02:04 [Rires]
02:10 Richard, Richard, dis-nous ce que tu penses des chances de la France
02:14 pour cette Coupe du monde ?
02:15 Je pense que, comme disait Bernard, c'est une équipe qui est programmée
02:19 pour gagner cette Coupe du monde.
02:21 Mais ça ne veut pas dire que vous allez gagner.
02:22 Alors ?
02:22 Ce qui m'inquiète chez vous, c'est que tout le monde dit
02:24 "ouais, on aurait pu gagner en 2011, on aurait pu gagner à ce moment-là", etc.
02:28 Mais ce n'est pas comme ça que ça se passe, c'est le passé.
02:31 C'est chez vous, certes, mais il y a d'autres équipes qui peuvent vous supporter.
02:34 Richard, Richard, Richard !
02:35 Vous avez beaucoup plus de pression que qui que ce soit.
02:37 Les gestes de pression sera déterminant.
02:40 Tu ne vas pas nous vendre l'Angleterre qui va gagner la Coupe du monde quand même.
02:43 L'équipe, on n'a rien à perdre, cher ami.
02:45 On n'a rien à perdre, on vient là, on claquette.
02:47 Si on a la Coupe de la France, je t'invite à boire un coup.
02:49 Moi, j'étais avec RMC en Angleterre pour cette belle Coupe du monde.
02:52 Ouais, c'est vrai, c'était une belle Coupe du monde, mais...
02:56 Passe le terrain, passe le terrain. On peut pas tout faire.
02:59 Non mais ça, c'est vrai qu'il faut le rappeler, l'Angleterre a été éliminée en poule de sa propre Coupe du monde.
03:04 En sûr, sérieux, c'est toujours tendu, une compétition, c'est très dense, la Coupe du monde.
03:09 Mais pour la France, chez eux, avec cette équipe-là,
03:13 aucune équipe de rugby n'a jamais eu autant de pression, sauf peut-être la New Zealand, chez eux.
03:18 Après, y'a tant de trucs qui rentrent en compte.
03:19 Enfin bon, je préfère avoir une nuit de la pression avec l'équipe qu'on a et recevoir la piole
03:23 qu'aller à l'extérieur, ou d'avoir une équipe de pompe, comme vous aviez en 2015,
03:27 et pas sortir de la poule.
03:28 Et dit-nous, Richard.
03:29 Y'avait quand même une belle équipe de pompe, là, maintenant.
03:31 Mais pour revenir sur l'équipe de 2015, parce qu'il faut dire les choses,
03:33 c'était une équipe qui était très très jeune,
03:35 qu'Oliver Kallster avait construite, qui a lancé beaucoup de trucs,
03:37 et qui, 4 ans après, est allé en finale de la Coupe du Monde.
03:39 C'est la génération Farel, il était encore très jeune.
03:41 Donc souvent, on attribue à Eddie Jones, effectivement, et tout,
03:44 mais celui qui avait construit cette équipe était quand même Alain Kallster.
03:46 Bernard, et t'as vu la demi-finale qu'ils font contre la New Zealand ?
03:49 Oui, c'est le match rugby de la Coupe du Monde.
03:52 On peut dire, le match d'après, à la trapidette, ils sont physiquement.
03:56 Pas à la trappe, c'est un combat de boxe.
03:58 À la trappe, ils peuvent pas gêner les deux combats.
04:00 Contre la Frie du Sud, tout le monde les voit champions du monde,
04:03 et contre la Frie du Sud, ils foutent plus un pied devant l'autre,
04:05 ils sont ruinés physiquement.
04:06 Alors qu'on les a aussi champions.
04:08 Là, l'Afrique, moi, ils ont une équipe.
04:09 En même temps, Vincent, c'est un peu...
04:11 Ils perdent le boîtier.
04:11 Je reviens à ce que disait Bernard, c'est 3 matchs très denses.
04:14 C'est pour ça que les Sudafs, souvent, ils sont très bons en Coupe du Monde,
04:16 parce qu'ils sont très denses.
04:18 Ils ont 30 et des mecs qui sont les bodybuilders,
04:21 et à la fin, ils sont doux.
04:22 Richard, surtout, ils ont un réservoir, les Sud-Africains.
04:25 Je parle souvent à Emar, le président de la Frie du Sud, qui est mon ami,
04:27 il me dit, Bernard, il me dit,
04:28 "On a des jeunes qui sortent en bagaille."
04:30 Ils ont vraiment un réservoir.
04:32 Pour moi, aujourd'hui, c'est la nation du rugby, la nation majeure,
04:34 c'est l'Afrique du Sud.
04:35 Bernard, tu as vécu la Coupe du Monde 2007 en tant que sélectionneur en France.
04:39 Là, on va être en France.
04:40 La pression, ce n'est pas le plus dur de faire abstraction à cette pression,
04:43 d'être favori, d'être chez soi.
04:46 Comment tu l'avais vécue, ton 2007 ?
04:47 C'est ce que...
04:48 On parlait de ça avec Fabien, il y a une semaine, chez lui.
04:52 Effectivement, on discutait, et je le disais par rapport à 2007,
04:54 parce que lui, il n'a pas vécu 2007, il n'était pas...
04:56 Je lui ai dit, oui, tu vas avoir énormément de demandes,
04:59 énormément de sollicitations, des hommes politiques, des trucs...
05:02 Tout le monde veut venir voir l'équipe de France.
05:03 Je lui dis, c'est malheureux, mais il faut que tu dises non à tout.
05:07 À un certain moment, il faut se mettre dans le tabu,
05:08 parce qu'au bout d'un moment, c'est gonflable pour les joueurs.
05:11 Les joueurs, c'est en train de dur.
05:12 À table, tu leur dis, attendez, il y a quelqu'un, donc tu restes.
05:15 C'est ce qu'il a dit.
05:15 Et toi, tu avais été obligé à l'époque.
05:16 Ça va, une, deux fois.
05:17 Quand c'est trop, quand c'est trop, à un certain moment,
05:19 ça devient contraignant pour les joueurs.
05:22 Or, je suis désolé, mais là, il va leur ajouter, c'est eux, il faut les protéger.
05:25 Et même si c'est désagréable de dire non,
05:27 je lui ai dit, Fabien, il faudra que tu dises souvent non.
05:29 — Toi, tu avais été piégé par ça,
05:30 parce que tu étais secrétaire d'État désigné déjà,
05:33 et donc tu pouvais pas refuser le défilé des politiques.
05:36 — Pour moi, je le savais, mais comment tu voulais que je dise ?
05:39 Moi, tous les ministres m'appelaient, ils me disaient,
05:40 « Oui, mais on vient de mai, on vient de mai. »
05:42 À un certain moment, j'avais l'idée, non, non, mais il y en a marre.
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