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00:14 Bonjour à tous, bienvenue. 7 minutes chrono chaque jour sur TL7. La parole à vos élus locaux.
00:18 C'était annoncé, ça vient de se produire. Le maire de Saint-Christian-en-Jaray vient de démissionner.
00:23 Rémi Guyot est avec nous aujourd'hui. Maire, ancien maire désormais de Saint-Christian-en-Jaray.
00:27 Bonjour Rémi Guyot. Bonjour. 46 ans d'engagement municipal à la tête de Saint-Christian-en-Jaray.
00:33 C'est 22 ans comme maire. Vous êtes entré en tant que conseiller municipal en 1977 et avez décidé d'arrêter.
00:40 C'était prévu en 2020 lors des élections. Vous venez de démissionner.
00:43 Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme qui démissionne de ses fonctions d'élu après 46 ans ?
00:49 Il ne se passe pas grand-chose pour moi. C'était prévu depuis trois ans.
00:55 J'avais même validé le principe de m'en aller au début du mandat, mais il n'y avait pas vraiment de remplaçant qui souhaitait prendre le poste à ce moment-là.
01:03 On a trouvé une nouvelle personne qui est arrivée à ce moment-là, Pascale Fayol, et qui était OK pour qu'on fasse ce deal entre nous,
01:10 à savoir mi-mandat, je m'en allais et il prenait la place. Pendant ces trois ans, on a travaillé ensemble.
01:16 Le début a été un peu chaotique avec la Covid et compagnie. Ce n'était pas très simple de se mettre en place avec la nouvelle équipe.
01:23 Mais toute l'équipe savait que je m'en allais à mi-mandat. On a travaillé dans ce sens.
01:27 Il reste des choses à faire, mais ils les feront. Après, je m'en vais. Mission accomplie, parce que je ne sais pas.
01:34 J'ai fait des choses qui ont marché, d'autres moins bien. C'est la vie. Ça, c'est la vie d'un élu. C'est le résultat.
01:40 - Vous êtes entré au Conseil municipal en 1977. C'est forcément un changement, une énorme page qui se tourne ?
01:49 - C'est une énorme page qui se tourne, oui, je pense. Tout le monde dit "mais qu'est-ce que tu vas faire ?"
01:53 Je ne sais pas ce que je vais faire. Le mot "rien", ce n'est pas le bon mot. J'ai déjà du travailler chez moi. J'ai un vieux bâtiment.
01:59 Il y a des choses à faire. J'aime bien la maçonnerie. J'aime bien bricoler. J'ai un très grand jardin. J'ai des volailles.
02:05 Donc, je vais m'occuper de ça. Et puis, j'ai dit l'autre jour sur la tribune Le Progrès que j'allais peut-être me remettre au vélo.
02:11 Enfin, c'est plutôt me mettre au vélo, parce que je n'en ai jamais beaucoup fait. Ce n'est pas trop un truc.
02:15 Mais bon, il va falloir garder la ligne aussi. Il ne s'agit pas de rester sur le canapé.
02:18 - C'est à Saint-Christo le vélo, il faut... - Oui, c'est un peu compliqué.
02:21 - Rémi Guyot, quand vous êtes entré au Conseil municipal, Saint-Christo-en-Jarret comptait de 990 habitants à peu près.
02:27 Aujourd'hui, 1000 de plus. Quand on voit la commune qu'on a transformée, qu'on a participé à transformer, qu'est-ce qu'on se dit quand on se retourne ?
02:36 - On se dit qu'il y a des choses qui ont bien évolué, mais bon, je ne suis pas le seul responsable.
02:42 Il y avait une équipe et puis c'était aussi la volonté des gens à partir des années 80 de revenir vivre à la campagne,
02:48 alors qu'on avait connu plutôt l'exode rural dans les années 60. Et on a vu revenir les gens du terrain constructible.
02:55 Au début, il s'est construit, peut-être un peu maladroit, malheureusement, il suffisait d'avoir les réseaux qui passent à proximité.
03:01 On n'avait pas de documents d'urbanisme. - C'était un peu anarchique à l'époque, oui.
03:05 - Anarchique, ça s'est amélioré, ça s'est complété, on va dire, sur des secteurs plus précis, le Tour-du-Bourg,
03:12 quelques gros hameaux qui se sont développés. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on a atteint pratiquement les 2000 habitants.
03:18 C'est une taille aussi intéressante pour développer un peu du commerce, des activités, maintenir de la vie associative,
03:24 équipes de foot, toutes ces choses-là. Donc c'est vrai que c'est peut-être la bonne taille pour un village aujourd'hui,
03:29 pour rester dynamique, avec pas seulement un village dortoir, mais un village qui vit bien.
03:35 - Le challenge, c'était quoi ? Maintenir du commerce, faire venir du commerce, pour que ça ne soit pas un village dortoir ?
03:41 Quel a été le plus gros challenge ? - En fait, pour maintenir du commerce, il faut qu'il y ait des commerçants
03:46 qui aient envie de venir s'installer. Donc ça s'est fait au fif des années. Il y avait déjà des commerces qui étaient bien implantés.
03:51 La boulangerie depuis plusieurs générations. Après, on a amené la pharmacie, ce qui a été un plus. On a réussi à retrouver un médecin.
03:58 À un moment, c'était compliqué aussi. Et puis les professions de santé sont là. On a créé une épicerie. On a créé un local
04:05 plutôt pour l'épicerie, parce qu'il n'y avait plus rien non plus. Et ça fonctionne bien aujourd'hui. Donc on est contents
04:11 quand ça fonctionne bien. On a une fleurise qui est arrivée, un garage automobile qui est vraiment...
04:17 - Il y a toujours une vraie vie de village. - Il y a toujours les stations d'essence. Donc c'est assez rare dans les villages.
04:21 Donc je crois que c'est bien. Ils travaillent bien ensemble. Ils sont solidaires. Et je pense que c'est bien.
04:28 - Est-ce qu'il y a un ras-le-bol qui s'installe ? On sait que la mission, la fonction de maire est de plus en plus difficile,
04:34 avec des tâches administratives, des responsabilités. On entend partout les violences à l'encontre des élus.
04:40 Est-ce que la fonction de maire est devenue désagréable ? - Non. Moi, j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à faire ce service public,
04:50 parce que si les deux mots sont importants, on est vraiment au service de tout le public. Je crois que c'est important.
04:55 Il faut bien avoir ça en tête. Mais pour moi, elle n'a pas été... Non, elle a été très enrichissante, toutes ces années-là,
05:01 passer sur la commune, à Métropole, avec des gens qui m'ont fait confiance, qui m'ont confié des missions.
05:08 Non, j'ai découvert plein de gens très... J'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup reçu, j'ai beaucoup appris.
05:14 Non, je m'en vais, tranquille. Alors, effectivement, les gens sont peut-être un peu plus individualistes,
05:21 mais je crois qu'il y a la façon aussi de les accueillir, d'expliquer les choses, qui fait que ça peut se passer plus ou moins bien.
05:27 Je crois que les plus importants, quand on a une mission comme ça, ce sont les autres. Et puis après, le reste, ça suit.
05:33 Après, je ne suis pas parfait, il y en a sûrement qui sont tristes de me voir partir, d'autres qui sont heureux de me voir partir.
05:38 C'est la vie, c'est comme ça. – Faire l'unité, c'est compliqué.
05:40 – Non, je ne cherche pas à la faire non plus. On essaye de faire des dossiers, de les défendre, avec une équipe, et puis voilà.
05:45 – Rémi Guillaume, je voudrais qu'on parle de Saint-Etienne-Métropole, parce que Saint-Christophe a fait partie des premières communes,
05:50 pas dans les toutes premières, mais en tout cas dans le premier wagon, dans la création de Saint-Etienne-Métropole.
05:54 Vous avez vous-même été vice-président de la métropole. Qu'est-ce qu'apporte une métropole aujourd'hui,
06:00 quand on voit ce qu'est devenu Saint-Etienne-Métropole ?
06:03 – Je pense que… Parfois c'est dénigrer la métropole, l'éloignement des décisions.
06:09 Non, moi je crois que ça a vraiment dynamisé tout le territoire.
06:12 Et puis, il y a eu, dès le début, je trouve, moi, ce bon équilibre entre le territoire urbain et le territoire rural,
06:19 ça a toujours été un souci permanent des présidents qui ont dirigé Saint-Etienne-Métropole,
06:25 communauté de rémunération, communauté urbaine, maintenant métropole.
06:29 Je crois qu'il y a eu cette évolution avec des remontées de compétences,
06:32 mais il faut… l'État se désengageant de plus en plus, on n'avait pas plus ces services…
06:39 – Il faut des métropoles impuissantes.
06:41 – Voilà, la métropole a repris aussi ces services-là.
06:43 On a des compétences comme l'assainissement, la voirie qui sont remontées.
06:47 Non, moi je pense qu'il y a du positif. Après, il faut garder l'autonomie des communes,
06:52 mais je crois que ça a été assez bien respecté jusqu'à présent en métropole.
06:56 Et on est déjà d'ailleurs une des rares métropoles où il y a le bureau des maires,
07:01 où toutes les communes sont représentées, ça c'est depuis le début,
07:04 c'était une volonté permanente des présidents et de tous les maires,
07:08 et je crois que ça fonctionne bien.
07:11 – Merci beaucoup Rémi Guyot, qu'est-ce qu'on vous souhaite en 10 secondes pour la suite ?
07:15 – La santé. – La santé.
07:17 – Je crois que quand on arrive à mon âge, c'est un bien qui est important,
07:21 c'est le plus important, il est important à tout âge,
07:24 mais voilà, plus on avance dans les années et puis voilà.
07:28 – Eh bien, on vous souhaite la santé.
07:29 Mille merci d'être venus, c'était toujours un plaisir de vous recevoir,
07:31 vous êtes le bienvenu, même en tant qu'ancien maire,
07:33 évidemment dans cette émission 7 minutes chrono,
07:35 puis nous recevrons très bientôt le nouveau maire élu de Saint-Christophe-en-Jarret.
07:39 Merci de nous avoir suivis, on se retrouve demain même heure sur TL7.
07:42 À demain.
07:43 [Musique]
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