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  • il y a 3 ans
Rémy Guyot passe la main.
Après 46 ans de vie municipale dont 22 ans comme maire, Rémy Guyot, démissionne de ses fonctions. Retour sur 46 ans d'engagement et de vie communale avec le maire de St-Christo en Jarez sur TL7.

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00:00 [Musique]
00:14 Bonjour à tous, bienvenue. 7 minutes chrono chaque jour sur TL7. La parole à vos élus locaux.
00:18 C'était annoncé, ça vient de se produire. Le maire de Saint-Christian-en-Jaray vient de démissionner.
00:23 Rémi Guyot est avec nous aujourd'hui. Maire, ancien maire désormais de Saint-Christian-en-Jaray.
00:27 Bonjour Rémi Guyot. Bonjour. 46 ans d'engagement municipal à la tête de Saint-Christian-en-Jaray.
00:33 C'est 22 ans comme maire. Vous êtes entré en tant que conseiller municipal en 1977 et avez décidé d'arrêter.
00:40 C'était prévu en 2020 lors des élections. Vous venez de démissionner.
00:43 Qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un homme qui démissionne de ses fonctions d'élu après 46 ans ?
00:49 Il ne se passe pas grand-chose pour moi. C'était prévu depuis trois ans.
00:55 J'avais même validé le principe de m'en aller au début du mandat, mais il n'y avait pas vraiment de remplaçant qui souhaitait prendre le poste à ce moment-là.
01:03 On a trouvé une nouvelle personne qui est arrivée à ce moment-là, Pascale Fayol, et qui était OK pour qu'on fasse ce deal entre nous,
01:10 à savoir mi-mandat, je m'en allais et il prenait la place. Pendant ces trois ans, on a travaillé ensemble.
01:16 Le début a été un peu chaotique avec la Covid et compagnie. Ce n'était pas très simple de se mettre en place avec la nouvelle équipe.
01:23 Mais toute l'équipe savait que je m'en allais à mi-mandat. On a travaillé dans ce sens.
01:27 Il reste des choses à faire, mais ils les feront. Après, je m'en vais. Mission accomplie, parce que je ne sais pas.
01:34 J'ai fait des choses qui ont marché, d'autres moins bien. C'est la vie. Ça, c'est la vie d'un élu. C'est le résultat.
01:40 - Vous êtes entré au Conseil municipal en 1977. C'est forcément un changement, une énorme page qui se tourne ?
01:49 - C'est une énorme page qui se tourne, oui, je pense. Tout le monde dit "mais qu'est-ce que tu vas faire ?"
01:53 Je ne sais pas ce que je vais faire. Le mot "rien", ce n'est pas le bon mot. J'ai déjà du travailler chez moi. J'ai un vieux bâtiment.
01:59 Il y a des choses à faire. J'aime bien la maçonnerie. J'aime bien bricoler. J'ai un très grand jardin. J'ai des volailles.
02:05 Donc, je vais m'occuper de ça. Et puis, j'ai dit l'autre jour sur la tribune Le Progrès que j'allais peut-être me remettre au vélo.
02:11 Enfin, c'est plutôt me mettre au vélo, parce que je n'en ai jamais beaucoup fait. Ce n'est pas trop un truc.
02:15 Mais bon, il va falloir garder la ligne aussi. Il ne s'agit pas de rester sur le canapé.
02:18 - C'est à Saint-Christo le vélo, il faut... - Oui, c'est un peu compliqué.
02:21 - Rémi Guyot, quand vous êtes entré au Conseil municipal, Saint-Christo-en-Jarret comptait de 990 habitants à peu près.
02:27 Aujourd'hui, 1000 de plus. Quand on voit la commune qu'on a transformée, qu'on a participé à transformer, qu'est-ce qu'on se dit quand on se retourne ?
02:36 - On se dit qu'il y a des choses qui ont bien évolué, mais bon, je ne suis pas le seul responsable.
02:42 Il y avait une équipe et puis c'était aussi la volonté des gens à partir des années 80 de revenir vivre à la campagne,
02:48 alors qu'on avait connu plutôt l'exode rural dans les années 60. Et on a vu revenir les gens du terrain constructible.
02:55 Au début, il s'est construit, peut-être un peu maladroit, malheureusement, il suffisait d'avoir les réseaux qui passent à proximité.
03:01 On n'avait pas de documents d'urbanisme. - C'était un peu anarchique à l'époque, oui.
03:05 - Anarchique, ça s'est amélioré, ça s'est complété, on va dire, sur des secteurs plus précis, le Tour-du-Bourg,
03:12 quelques gros hameaux qui se sont développés. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on a atteint pratiquement les 2000 habitants.
03:18 C'est une taille aussi intéressante pour développer un peu du commerce, des activités, maintenir de la vie associative,
03:24 équipes de foot, toutes ces choses-là. Donc c'est vrai que c'est peut-être la bonne taille pour un village aujourd'hui,
03:29 pour rester dynamique, avec pas seulement un village dortoir, mais un village qui vit bien.
03:35 - Le challenge, c'était quoi ? Maintenir du commerce, faire venir du commerce, pour que ça ne soit pas un village dortoir ?
03:41 Quel a été le plus gros challenge ? - En fait, pour maintenir du commerce, il faut qu'il y ait des commerçants
03:46 qui aient envie de venir s'installer. Donc ça s'est fait au fif des années. Il y avait déjà des commerces qui étaient bien implantés.
03:51 La boulangerie depuis plusieurs générations. Après, on a amené la pharmacie, ce qui a été un plus. On a réussi à retrouver un médecin.
03:58 À un moment, c'était compliqué aussi. Et puis les professions de santé sont là. On a créé une épicerie. On a créé un local
04:05 plutôt pour l'épicerie, parce qu'il n'y avait plus rien non plus. Et ça fonctionne bien aujourd'hui. Donc on est contents
04:11 quand ça fonctionne bien. On a une fleurise qui est arrivée, un garage automobile qui est vraiment...
04:17 - Il y a toujours une vraie vie de village. - Il y a toujours les stations d'essence. Donc c'est assez rare dans les villages.
04:21 Donc je crois que c'est bien. Ils travaillent bien ensemble. Ils sont solidaires. Et je pense que c'est bien.
04:28 - Est-ce qu'il y a un ras-le-bol qui s'installe ? On sait que la mission, la fonction de maire est de plus en plus difficile,
04:34 avec des tâches administratives, des responsabilités. On entend partout les violences à l'encontre des élus.
04:40 Est-ce que la fonction de maire est devenue désagréable ? - Non. Moi, j'ai toujours eu beaucoup de plaisir à faire ce service public,
04:50 parce que si les deux mots sont importants, on est vraiment au service de tout le public. Je crois que c'est important.
04:55 Il faut bien avoir ça en tête. Mais pour moi, elle n'a pas été... Non, elle a été très enrichissante, toutes ces années-là,
05:01 passer sur la commune, à Métropole, avec des gens qui m'ont fait confiance, qui m'ont confié des missions.
05:08 Non, j'ai découvert plein de gens très... J'ai beaucoup appris, j'ai beaucoup reçu, j'ai beaucoup appris.
05:14 Non, je m'en vais, tranquille. Alors, effectivement, les gens sont peut-être un peu plus individualistes,
05:21 mais je crois qu'il y a la façon aussi de les accueillir, d'expliquer les choses, qui fait que ça peut se passer plus ou moins bien.
05:27 Je crois que les plus importants, quand on a une mission comme ça, ce sont les autres. Et puis après, le reste, ça suit.
05:33 Après, je ne suis pas parfait, il y en a sûrement qui sont tristes de me voir partir, d'autres qui sont heureux de me voir partir.
05:38 C'est la vie, c'est comme ça. – Faire l'unité, c'est compliqué.
05:40 – Non, je ne cherche pas à la faire non plus. On essaye de faire des dossiers, de les défendre, avec une équipe, et puis voilà.
05:45 – Rémi Guillaume, je voudrais qu'on parle de Saint-Etienne-Métropole, parce que Saint-Christophe a fait partie des premières communes,
05:50 pas dans les toutes premières, mais en tout cas dans le premier wagon, dans la création de Saint-Etienne-Métropole.
05:54 Vous avez vous-même été vice-président de la métropole. Qu'est-ce qu'apporte une métropole aujourd'hui,
06:00 quand on voit ce qu'est devenu Saint-Etienne-Métropole ?
06:03 – Je pense que… Parfois c'est dénigrer la métropole, l'éloignement des décisions.
06:09 Non, moi je crois que ça a vraiment dynamisé tout le territoire.
06:12 Et puis, il y a eu, dès le début, je trouve, moi, ce bon équilibre entre le territoire urbain et le territoire rural,
06:19 ça a toujours été un souci permanent des présidents qui ont dirigé Saint-Etienne-Métropole,
06:25 communauté de rémunération, communauté urbaine, maintenant métropole.
06:29 Je crois qu'il y a eu cette évolution avec des remontées de compétences,
06:32 mais il faut… l'État se désengageant de plus en plus, on n'avait pas plus ces services…
06:39 – Il faut des métropoles impuissantes.
06:41 – Voilà, la métropole a repris aussi ces services-là.
06:43 On a des compétences comme l'assainissement, la voirie qui sont remontées.
06:47 Non, moi je pense qu'il y a du positif. Après, il faut garder l'autonomie des communes,
06:52 mais je crois que ça a été assez bien respecté jusqu'à présent en métropole.
06:56 Et on est déjà d'ailleurs une des rares métropoles où il y a le bureau des maires,
07:01 où toutes les communes sont représentées, ça c'est depuis le début,
07:04 c'était une volonté permanente des présidents et de tous les maires,
07:08 et je crois que ça fonctionne bien.
07:11 – Merci beaucoup Rémi Guyot, qu'est-ce qu'on vous souhaite en 10 secondes pour la suite ?
07:15 – La santé. – La santé.
07:17 – Je crois que quand on arrive à mon âge, c'est un bien qui est important,
07:21 c'est le plus important, il est important à tout âge,
07:24 mais voilà, plus on avance dans les années et puis voilà.
07:28 – Eh bien, on vous souhaite la santé.
07:29 Mille merci d'être venus, c'était toujours un plaisir de vous recevoir,
07:31 vous êtes le bienvenu, même en tant qu'ancien maire,
07:33 évidemment dans cette émission 7 minutes chrono,
07:35 puis nous recevrons très bientôt le nouveau maire élu de Saint-Christophe-en-Jarret.
07:39 Merci de nous avoir suivis, on se retrouve demain même heure sur TL7.
07:42 À demain.
07:43 [Musique]
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