00:00 [Musique]
00:15 Bonjour à tous, bienvenue, 7 minutes chrono.
00:18 J'ai le plaisir de vous retrouver chaque jour avec les personnalités du département de la Loire.
00:22 À l'heure où le monde de l'agriculture vit une crise apparemment sans précédent,
00:26 c'est le président de la Chambre d'agriculture de la Loire, Raymond Vial, que j'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui.
00:31 Par ailleurs, conseiller régional délégué à l'agriculture et à la ruralité à Auvergne-Uronal.
00:36 Président Vial, bonjour.
00:37 Bonjour.
00:38 Bienvenue dans cette émission. Je voulais qu'on fasse un petit point, puis avoir votre point de vue sur cette crise.
00:42 Cette crise agricole d'envergure, on dit qu'elle n'a pas tellement de précédent dans les dernières années.
00:47 Comment est-ce que vous, président de la Chambre d'agriculture, ancien agriculteur,
00:50 vous vivez la situation que vivent vos collègues aujourd'hui ?
00:55 Alors, plusieurs points. Le premier, il y avait depuis plusieurs mois une montée crescendo envers les services de l'État
01:10 pour les alerter de ce que vivait le monde agricole.
01:14 Et ça a commencé par une opération de retourner les panneaux à l'entrée des villages.
01:20 La fameuse France à l'envers, la tête à l'envers.
01:21 La tête à l'envers. Ce qui voulait bien dire ce que ça voulait dire. Et j'y reviendrai.
01:28 Et je pense qu'aussi bien le monde politique que les services de l'administration n'ont peut-être pas ressenti vraiment la portée de ce message.
01:42 Et plusieurs choses ont concouru à ce qui nous mène à aujourd'hui.
01:51 Alors, bien sûr, dans le sud-ouest de la France, ça a été la MHE qui est une nouvelle maladie sur les bovins.
01:58 Et la non prise en compte des indemnisations ou en retard dans les indemnisations, voire des frais vétérinaires que ça occasionne sur ces animaux.
02:09 Chez nous, c'est peut-être le retard de versement des primes PAC.
02:13 Il faut savoir qu'il y a un calendrier sur le versement des primes PAC et un certain nombre d'agriculteurs n'ont pas perçu en temps et en heure ces primes-là.
02:22 Et de ce fait-là, ça a tendu les trésoreries dans les exploitations.
02:26 Et on a bien senti que la fin de l'année, les trésoreries étaient très tendues.
02:31 Troisièmement, le mois de janvier est le mois où il y a les négociations au niveau de la loi EGalim.
02:38 Et là, pareil, la loi a deux grandes productions, lait et viande.
02:43 Et en lait, des négociations très compliquées avec certaines entreprises, à tel point qu'aujourd'hui, elles ne suivent pas le prix du lait comme d'autres entreprises,
02:55 tel que le groupe Lactalis qui paye les éleveurs à 405 euros les premiers mois de l'année, tandis que les autres entreprises sont plutôt à 440, 445.
03:04 Donc tous ces phénomènes ont fait qu'il y a eu à un moment donné un embrasement dans le pays.
03:09 Dans d'autres régions, ça a été autre chose.
03:12 Mes collègues du nord de la France, c'est le curage des fossés, le curage, le curage.
03:17 On a l'impression qu'il y a eu une agrégation de l'ensemble des doléances et des problématiques rencontrées par le monde agricole.
03:21 C'est ça, voilà. Et la deuxième chose qui m'a marqué, c'est la jeunesse qui est venue sur ces sites de manifestation.
03:29 Donc ça veut bien dire que le malaise est profond, parce que ce sont des jeunes qui ont embrassé ce métier il n'y a pas longtemps et qui souffrent déjà énormément.
03:38 – Qui se rendent compte que c'est plus tenable. – C'est plus tenable.
03:41 Donc je pense que là, on a eu cette adéquation qui a fait qu'aujourd'hui, on en est arrivé là dans le pays.
03:47 – Le mouvement a l'air de s'être calmé temporairement, vu des annonces du gouvernement, des mesures fiscales,
03:52 des alaisements de charges, de normes aussi, des mesures de soutien des prêts agricoles.
03:56 On a l'impression que ça n'est pas éteint complètement ce brasier.
03:59 On attend encore des réponses, vous attendez un salon de l'agriculture chaud, vous aussi ?
04:03 – Alors, je pense qu'aujourd'hui le travail est à faire.
04:06 Beaucoup de choses ont été pré-annoncées, mais sur lesquelles il faut travailler derrière.
04:12 Donc les préfets de chaque département, et c'est le code de la Loire, vont réunir les organisations agricoles,
04:20 maintenant que les actions sont finies, pour reprendre point par point.
04:24 Or, certaines mesures, on ne va pas les renégocier.
04:27 Par exemple, le GNR, le pied de facture, ça va s'appliquer dès le 1er février, donc là, on n'a pas à discuter.
04:34 Par contre, sur les mesures Prairie, il y a des discussions à voir avec les services d'administration,
04:40 et un certain nombre de mesures comme ça, pour ce qu'on appelle la simplification administrative.
04:45 – C'est-à-dire que le préfet sera interlocuteur unique pour simplifier ?
04:48 – Oui, lui-même fera remonter au niveau régional, qui remontera au niveau national.
04:51 L'objectif est, c'est que le jour, au moment du salon, un certain nombre de mesures soient annoncées.
04:57 Donc il nous reste trois semaines devant nous.
04:59 Donc, mais maintenant, il faut travailler.
05:01 – Raymond Vial, qu'est-ce que veut dire ce mouvement ?
05:04 De manière plus générale, on a un problème aujourd'hui à être agriculteur dans ce pays.
05:08 Vous qui travaillez beaucoup à la Chambre d'agriculture, pour favoriser les reprises, etc. d'entreprises,
05:13 quel est le problème avec l'agriculture à In fine ?
05:16 – Il n'y a pas de revenu. Beaucoup de travail et pas de revenu, ou peu de revenu.
05:21 Et c'est cette adéquation qui aujourd'hui ne passe plus.
05:24 – Et le fait que le consommateur n'accepterait pas de payer un certain prix,
05:27 on entend dire ça beaucoup aussi ?
05:30 – Moi je ne remets pas en cause le consommateur.
05:33 Parce que le consommateur, on l'emmène où on veut l'emmener, quelque part.
05:38 – Donc si on pourrait supporter des hausses de prix en expliquant les choses, en éduquant la…
05:44 – Au niveau raisonnable, mais je pense que oui.
05:46 Et puis il y a tout ce qu'on appelle la restauration hors foyer,
05:49 et là on est à côté du marché, d'accord ?
05:53 Et là je pense que c'est pareil, les services de l'État et les collectivités doivent travailler main dans la main,
05:59 de façon que dans la restauration hors foyer, 50% des produits minimums viennent de l'agriculture française.
06:06 – Je voudrais que nous parlions d'un point hyper positif maintenant,
06:08 c'est le Salon de l'agriculture qui arrive, et pour la première fois le département de la Loire,
06:11 qui aura son propre espace au Salon de l'agriculture,
06:14 donc cet appartenariat département, chambre d'agriculture et autres.
06:18 Qu'est-ce que ça veut dire ça ?
06:20 Ça veut dire qu'on a vraiment des atouts à faire valoir,
06:22 et qu'on va les défendre à la Porte de Versailles pendant 10 jours ?
06:25 – Alors pour moi bien sûr c'est un vrai plaisir, au bout de 18 ans de président de chambre,
06:31 j'ai réussi à convaincre le conseil départemental de venir au Salon de l'agriculture.
06:36 Ça sera une grande réussite.
06:38 – Qu'est-ce qu'on va y présenter ? Qu'est-ce qu'on va y faire ?
06:40 – Alors plusieurs choses, il y aura déjà un stand présent pendant 10 jours,
06:46 et sur ce stand sera mis en avant bien sûr les produits de la Loire,
06:51 il y aura une vingtaine de producteurs qui vont tourner pendant la semaine,
06:56 pour vendre leurs produits respectifs,
06:59 et on aura la panoplie des productions de la Loire, ce qui est bien.
07:02 La deuxième chose, le conseil départemental avec les collectivités,
07:06 les syndicats de touristes vont mettre en avant aussi le tourisme,
07:10 parce que ce département est mal connu, et il faut vraiment qu'on fasse de la publicité.
07:15 Et la troisième chose, il y aura la dégustation de produits ligériens.
07:20 – Évidemment, ça ne peut que marcher par la dégustation aussi.
07:23 Merci beaucoup Raymond Villard d'être venu nous voir aujourd'hui.
07:25 Je rappelle que vous êtes président de la chambre d'agriculture de la Loire,
07:27 et conseiller régional Auvergne-Rhône-Alpes.
07:29 Merci à vous de nous avoir suivis, on se retrouve demain pour un nouveau 7 minutes.
07:32 À demain. – Merci.
07:33 [Musique]
Commentaires