00:00 Nous avons un rêve qui est très simple chez AXA Climate,
00:02 c'est de projeter les Françaises et les Françaises à 2030.
00:05 On connaît tous la météo du jour.
00:06 Moi, j'étais biberonné à L'Ingil au Pétré et sa météo du jour après le JT.
00:10 Trop peu de Français, trop peu de Françaises connaissent la réalité du climat à 2030.
00:14 Et donc le travail qu'on a fait avec cette fédération des producteurs de fruits,
00:17 c'est bien de projeter l'impact du climat sur les rendements agricoles.
00:20 Et là, ce qui est très important, je pense, à dire ce soir,
00:22 c'est que les moyennes, on s'en fiche.
00:24 Que ce soit 2 ou 4 degrés, la réalité pour les Français va se jouer en local.
00:29 Et en local, la réalité du climat va être très différente.
00:31 Vous voulez dire que c'est autant de villages gaulois, en quelque sorte,
00:34 qu'il faudra observer avec une nouvelle météo ?
00:36 Exactement, je vais vous donner quelques chiffres sur les fruits, c'est très frappant.
00:39 Évidemment, on va avoir un doublement des zones de production fruitière
00:42 sévèrement impactées par le climat.
00:43 Ça, c'est la mauvaise nouvelle dès 2030.
00:45 Mais l'abricot va être beaucoup plus touché que la pomme.
00:48 Et un département comme le Tarn, par exemple,
00:50 va être beaucoup plus sévèrement touché en termes de risque d'eau
00:53 que l'ensemble de la moyenne nationale.
00:55 Et donc mon message, il est clair, les outils existent,
00:57 les données existent, vous avez fait référence.
00:59 Maintenant, chaque entreprise, chaque Français, chaque Française
01:01 doit s'en emparer et pouvoir dire finalement
01:04 "le climat au coin de ma rue en 2030, il est de temps"
01:07 pour déclencher des réflexes d'adaptation dont vous venez de parler.
01:10 Je vois que vous avez très sérieusement travaillé sur ces questions,
01:11 mais est-ce qu'on peut très simplement dire,
01:14 dans les projections que nous faisons pour l'instant,
01:16 voilà les fruits ou les légumes qui vont en partie disparaître de la culture française
01:21 et voilà ceux qui vont s'installer ou qui vont prendre une autre dimension ?
01:23 S'il faut résumer en quelques mots.
01:25 Alors ce qu'il faut résumer, c'est que les pratiques agricoles de l'abricot
01:29 vont devoir vraiment changer.
01:30 Et là où je rejoins en effet mon voisin de gauche,
01:32 c'est de dire que l'adaptation...
01:33 - Excusez-moi, mais en ce moment, dans tous les marchés de Paris,
01:35 il y a des abricots espagnols absolument sublimes,
01:38 dans un pays qui n'a connu quasiment aucune pluie
01:40 pendant ces dernières semaines.
01:43 Et je pense que ceci explique cela.
01:44 - Alors ceci explique cela, mais en fait, c'est un cas typique
01:47 qu'on appelle la maladaptation,
01:48 c'est-à-dire que, évidemment, les températures se réchauffent,
01:51 on en fait le constat au quotidien.
01:53 Il y a des réflexes, ils sont des mauvais réflexes.
01:56 Typiquement, il fait chaud, je mets la climatisation.
01:58 Et bien c'est un mauvais réflexe,
01:59 parce que la climatisation va renvoyer l'air chaud dans la rue
02:02 et va accroître le problème.
02:03 Et donc ce qui est très important dans le combat qui va être le nôtre,
02:06 qui est le combat de l'adaptation,
02:07 c'est de faire la différence entre une adaptation
02:09 qui résout vraiment les problèmes,
02:10 pas uniquement le problème du climat,
02:11 mais le problème de la biodiversité, le problème de l'eau,
02:14 et ce qu'on appelle la maladaptation,
02:15 des mauvais réflexes qui vont l'aggraver.
02:17 - AXA, pardonnez-moi, c'est quand même un grand groupe d'assurance,
02:20 avec une augmentation de 4 degrés,
02:22 est-ce qu'il n'y a pas des pans entiers du littoral français
02:25 qui sont menacés par la montée des eaux ?
02:27 Et là j'ai envie de vous dire comment faire pour les protéger
02:29 ou en tout cas les préparer ?
02:30 C'est déjà trop tard ?
02:32 - Alors, c'est pas déjà...
02:33 Malheureusement, les choses sont enclenchées,
02:34 quoi qu'il fasse, en termes de climat malheureusement.
02:36 Par contre, si on prend un exemple très concret,
02:37 Lacanau, une station balnéaire,
02:39 40% des logements de Lacanau vont être submergés en 2050.
02:43 Donc ça, c'est une vraie réalité,
02:44 ça représente à peu près 1 000 de ceux au logement.
02:46 - Vous avez raison de me challenger, qu'est-ce qu'on fait de ça ?
02:49 Eh bien nous, assureurs, on réinvente notre métier.
02:51 Évidemment qu'on sera toujours là pour assurer les risques,
02:53 mais l'enjeu pour nous maintenant, il est d'anticiper,
02:55 de faire prendre conscience de ces risques,
02:57 les Français, les Françaises et les entreprises,
02:59 et de former, surtout, pour avoir des bons réflexes d'adaptation.
03:02 Parce que le climat qui change,
03:04 c'est pas uniquement de mettre des protections
03:06 contre les inondations qui vont résoudre le problème,
03:08 c'est pour le tourisme alpin,
03:10 une nouvelle façon de faire tourner l'activité,
03:12 pour l'immobilier, pour les entreprises de construction,
03:15 une nouvelle façon de bâtir.
03:16 Et donc finalement, chaque métier,
03:18 tous les secteurs de l'économie vont se réinventer.
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