00:00 - Il faut pas qu'un homme te décrase.
00:01 Y a une relation qui commence et que tu vois qu'il y a un truc qui craint.
00:04 Faut sauper tout de suite en fait.
00:05 Dans son spectacle,
00:06 Ourya Les Yeux Verts parle des mamans qui élèvent leurs enfants seules
00:09 et de l'importance d'avoir une famille soudée.
00:11 Elle a élevé ses trois filles sans leur père
00:13 et a dû jouer les deux rôles dans leur éducation.
00:15 Mais aujourd'hui, elle en a tiré une force extraordinaire
00:18 qu'elle exploite sur scène.
00:19 - D'abord on mange et puis après on discute.
00:21 - Le chat il m'a dit la vérité.
00:22 - Non.
00:23 - Je les ai mis dans une école privée catholique.
00:25 - Quoi ?
00:26 - Elles sont au bout de leur vie, je te raconte.
00:27 Mais ce que j'aime dans ces écoles-là, c'est que c'est...
00:30 - C'est carré.
00:31 - Ouais, c'est carré.
00:32 - Pourquoi les mamans solos ont beaucoup de mérite ?
00:34 - Parce qu'elles font les deux rôles.
00:35 Tu deviens un bonhomme malgré toi, tu vois.
00:37 Tout le mal qu'il m'a fait,
00:38 c'est ça vraiment qui m'a donné cette niaque-là.
00:42 Tu vois, de me dire que je vais réussir
00:44 et je vais faire en sorte que mes enfants réussissent.
00:46 J'aurais dit voilà, papa et maman ils m'ont séparé, machin.
00:48 La grande elle m'a dit "tu sais maman, t'as jamais vu rigoler ?"
00:51 J'étais choquée.
00:52 Je lui ai dit "rigoler" mais si je rigole.
00:53 Elle m'a dit "non mais rigoler avec papa, on t'a jamais vu rigoler."
00:55 Et c'est vrai, j'étais complètement éteinte.
00:57 Mais alors complètement.
00:58 - Euh...
00:59 Tu réponds si tu veux, Zoha.
01:02 - Qu'est-ce que tu veux ?
01:02 CM, je suis en plein interview, tu es en train de me raconter ta vie.
01:04 Bisous ma fille, à tout à l'heure.
01:05 On va chez mamie, ciao.
01:07 - Chaima !
01:08 Aïa !
01:09 Déjà, elle n'a pas été à l'école ce matin.
01:11 - Comment elle fait la fin du jour ?
01:13 - Non, elle n'a pas été, elle avait une heure et elle m'a dit "maman, je t'aide".
01:15 - Bisous maman.
01:16 - Bisous ma fille.
01:17 - Si elle te dit "pourquoi t'es en retard ?"
01:19 Tu lui dis "à qu'à d'autres plus, c'est venu chez nous".
01:20 - Ouais ouais.
01:21 - Ils vont pas te croire.
01:22 - Ça te fait une vie en temps, ça ?
01:25 - Ah je suis à mille à l'heure, je te jure.
01:27 En fait, t'as rien le temps de faire.
01:28 - C'est bon, le divorce est acté.
01:30 Il me semble que c'est à ce moment-là que tu reviens sur scène et que tu reviens fort.
01:33 - Ouais.
01:34 J'avais l'impression que j'avais...
01:36 Mais un sac de plomb.
01:38 Mais je te jure que le jour où mon père, il a dit "divorce".
01:42 Mais j'avais l'impression de décoller du sol.
01:45 C'est un truc de fou la sensation que j'ai eue.
01:47 Mais ce poids-là, c'était horrible.
01:50 Vraiment horrible.
01:51 - Ça se fait à même dire "vous êtes toute seule ?"
01:54 "Ah bah oui, à moins qu'il y ait un genou derrière moi".
01:56 - Comment t'as commencé à faire du théâtre ?
02:00 Et t'es venue d'où cette passion ?
02:01 - Quand j'étais très jeune, mon père il voulait pas que je fasse de la danse, ni de la gym.
02:04 Il y avait un truc collé à la maison, c'était le club photo.
02:06 Mon père il m'a dit "bah là, ça c'est très bien".
02:09 Et comme j'ai fait du club photo pendant 5 ans.
02:11 Quand j'avais fait une exposition, un producteur qui a vu ma photo,
02:14 il a dit "je veux cette personne-là pour ma pièce".
02:15 - Donc c'est grâce à ton père en fait ?
02:17 - Ouais, quelque part.
02:18 Ouais, oui oui.
02:19 - Incroyable !
02:20 - Ouais, c'est grâce à mon père.
02:21 Ah ouais, c'est vrai, j'avais pas pensé comme ça.
02:22 - Comment t'as vécu le fait qu'il vienne te voir ?
02:24 - Pour moi, cette date où il est venu, c'est la plus belle date que j'ai faite.
02:27 Et ça restera la plus belle date que j'ai faite, vraiment.
02:30 Sa place, c'était en face de moi.
02:31 - C'est quoi la première chose qu'il te dit à ce moment-là ?
02:34 - Ah, il a rien besoin de dire.
02:35 - C'est vrai ?
02:36 - Je te jure, il avait les yeux...
02:38 Mais...
02:39 qui brillaient.
02:41 Et en fait, il regardait le public,
02:42 et je sais qu'il était en train de se dire "mais...
02:45 tous ceux-là,
02:46 ils sont venus applaudir ma fille en fait".
02:49 - Et pour lui, t'y voulais pas que tu fasses du théâtre ?
02:51 - Ça par contre, je lui ai dit...
02:52 Je lui ai dit "papa,
02:53 je ne t'en veux pas d'Igram".
02:55 Tu vois, quand Dieu, il a décidé un truc, voilà, c'est...
02:58 ça sera fait.
02:59 Tu sais, quand je pense que mon père, il a jamais fait de vacances.
03:01 Tu vois, il a jamais bougé de mise à part d'Algérie, et encore, tu sais,
03:04 toute l'année, il se serrait la ceinture et tout pour pouvoir nous payer les billets,
03:07 pour pouvoir nous faire kiffer et tout, les deux mois entiers au bled.
03:10 Tu vois, et on a passé des merveilleuses vacances, hein.
03:13 Et bah je me dis...
03:15 finesse quand même.
03:16 Tu sais, qu'est-ce qu'il a fait pour nous, quoi ?
03:18 Avec l'éducation qu'il nous a donnée,
03:19 je te jure, on est des soldats.
03:20 - Est-ce que le rire, ça t'a fait tenir aussi ?
03:33 - Ouais, on dit souvent que c'est les clowns...
03:36 - Les plus tristes ? - Ouais.
03:37 C'est une thérapie, en fait.
03:38 Tu sais, quand je monte sur scène et qu'il y a un truc qui me ronge,
03:42 je suis pas bien ou quoi, à chaque fois, je lui dis...
03:44 Si vous savez, vous dites que je vous enlève la rhuma et tout ça,
03:46 mais vous m'enlevez la mienne.
03:47 Je suis trop bien sur scène.
03:48 - Au tout début de ton spectacle, t'annonces,
03:50 "surtout vous sortez pas vos portables".
03:52 - Non, c'est un mot à nous. - Pourquoi c'est super important pour toi ?
03:54 - Bah, tu dis, mais putain, mais vivez le moment, quoi.
03:56 Une fois, t'en as une, carrément, elle a fait un live avec sa famille en Algérie.
03:59 - Ah bon ? - Ouais !
04:00 Je suis en train de regarder, tout le monde s'est regardé le spectacle.
04:03 Je lui dis, "on va aller en Algérie, on va jouer là-bas, ils vont tous venir,
04:05 je les invite, gars, s'il te plaît".
04:06 Et t'attends, t'es défoncée.
04:07 Ça peut être une autre anacise, là ?
04:09 - Punaise...
04:11 - Je devrais te mettre du henné.
04:12 Non, en fait, quand Kakev vient chez toi de loin,
04:14 il dort chez toi et tu lui mets du henné sur tous ses pieds, ses mains, tout.
04:17 - Ah ouais ? - Ouais.
04:18 - Là, j'ai fait "ah ouais".
04:22 - Je te le jure, je vais t'enlever.
04:23 - Ah bon ?
04:24 - On va être dans le rond.
04:25 Tu me trouveras à mon livre.
04:26 - C'est pas vrai !
04:27 - T'as tendu la vis ?
04:31 - Je sais plus où je vais, là.
04:32 - Et voilà !
04:33 - Et là, je bouge pas.
04:34 - Et là, tu bouges plus.
04:35 - Vas-y, on termine l'interview comme ça.
04:37 - Oui.
04:38 - T'as élevé tes filles toutes seules.
04:39 Il y a plein de femmes dans ce cas-là.
04:40 C'est quoi le meilleur conseil que tu peux donner à ces femmes-là
04:43 qui sont dans l'état dans lequel t'étais il y a quelques années ?
04:45 - Faut pas perdre espoir et faut pas être négative.
04:48 C'est super important.
04:49 Et d'avoir des projets, même plusieurs projets, c'est super important.
04:52 - Les rêves, en fait.
04:53 - Oui.
04:54 Moi, mon rêve, c'était que mes filles soient bien.
04:57 Vraiment.
04:58 - Tu l'as atteint ?
04:59 - Oui.
05:00 Faut qu'elles soient bien.
05:02 Je me sacrifierai comme mon père s'est sacrifié pour nous.
05:05 Je me sacrifierai pour mes enfants.
05:07 ♪ Est-ce que je vais bien ? ♪
05:08 ♪ Dis-leur que je suis mère ♪
05:09 ♪ Jamais une mère ne se plaint ♪
05:09 ♪ Dis-leur que je suis mère ♪
05:12 ♪ Jamais une mère ne se plaint ♪
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