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- il y a 3 ans
L'actualité vue par les témoins du quotidien dans #LaParoleAuxFrancaisWE
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00:00:00 Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver et je vous remercie de passer le début d'après-midi en notre compagnie.
00:00:06 La parole aux Français se tourne aujourd'hui vers un médiateur des quartiers nord de Marseille.
00:00:10 Il connaissait bien les trois jeunes hommes tués dans une fusillade tôt ce matin.
00:00:15 Il nous confiera sa tristesse et sa colère de les voir ainsi pris au piège de la grande criminalité
00:00:20 alors que lui travaille avec tant d'autres au quotidien pour tenter de les en éloigner.
00:00:25 La peur ne doit pas être du côté des maires. Nouvel appel en soutien aux élus locaux.
00:00:30 Christophe Bouillon, le président de l'association des petites villes de France, signe une tribune dans la presse.
00:00:35 Il appelle à une mobilisation de l'action publique pour la protection de ses édiles et pour les poursuites envers les agresseurs.
00:00:41 Il sera en direct avec nous. Vous entendrez également le témoignage poignant d'une mère agressée plusieurs fois dans sa commune.
00:00:49 Alors que la sécheresse sévit dans les Pyrénées-Orientales, le nord du pays a subi lui de trop fortes pluies.
00:00:55 Conséquence, les cultures de pommes de terre et de betterave ont pris du retard. Témoignage d'un producteur tout à l'heure.
00:01:00 Et puis un autre agriculteur dans notre émission, celui dont le champ est envahi encore pour quelques heures.
00:01:05 Deux festivaliers du Technival dans l'Inde. Il nous dira comment il vit lui ce rassemblement.
00:01:11 En plus de ses nombreux témoignages aujourd'hui dans l'émission, nous bénéficions des commentaires en plateau de Christian Proutot.
00:01:16 Bonjour. Bonjour. Fondateur du GIGN et de Jean-Michel Fauvergue. Bonjour. Bonjour.
00:01:21 Ancien chef du RAID. On fait tout de suite un premier point sur les principes utiles de l'actualité avec Sandra Thiombeau.
00:01:28 Possibilité de référendum sur la politique migratoire, rétablissement du délit de séjour clandestin et inscription de l'assimilation dans la Constitution.
00:01:39 Les Républicains ont dévoilé deux propositions de loi sur l'immigration.
00:01:43 Dans le journal du dimanche, le groupe annonce vouloir reprendre le contrôle en la matière.
00:01:48 Fin du week-end de l'ascension, il faudra faire preuve de patience sur les routes aujourd'hui.
00:01:52 La journée est classée noire dans le sens des retours sur tous les grands axes.
00:01:55 Ce dimanche devrait être le jour le plus chargé de l'année selon Bison Futé.
00:01:59 Il prévoit des embouteillages jusque très tard dans la soirée.
00:02:02 Montée des marches acclamées pour Scorsese, De Niro et Di Caprio.
00:02:06 Ils ont créé l'événement hier sur le tapis rouge du Festival de Cannes.
00:02:09 Le réalisateur Martin Scorsese palme d'or en 1976 et président du jury en 1998 a présenté son dernier film.
00:02:16 Killers of the Flower Moon raconte une page sombre de l'histoire des Etats-Unis sur les terres amérindiennes.
00:02:21 Et on s'arrête tout d'abord sur ce dramatique accident de la route survenu tôt ce matin à Villeneuve d'Ascq près de Lille.
00:02:30 Quatre personnes dont trois policiers sont mortes.
00:02:33 Deux passagers ont été grièvement blessés dans une collision.
00:02:37 Un très grave accident de la circulation comme le qualifie le ministre de l'Intérieur.
00:02:42 Les policiers décédés sont trois fonctionnaires du véhicule de police.
00:02:49 Il y a un autre mort, le conducteur de l'autre véhicule impliqué.
00:02:53 On va retrouver sur place pour ces news Maxime Lavandier en compagnie de Nicolas Winclair.
00:02:57 Bonjour Maxime, vous êtes en ce moment devant le commissariat de Roubaix,
00:03:01 commissariat auquel les trois fonctionnaires de police étaient attachés.
00:03:04 Oui tout à fait Barbara, je me trouve devant le commissariat de Roubaix,
00:03:10 un commissariat en deuil après le grave accident survenu ce matin sur la route départementale 700 près de Villeneuve d'Ascq.
00:03:16 Où comme vous l'avez dit trois policiers ont perdu la vie après avoir percuté frontalement un véhicule près d'un rond-point.
00:03:22 Il faut savoir que le drame est arrivé vers 7h ce matin où les trois policiers transportaient une jeune fille de 16 ans.
00:03:29 Ils l'amenaient pour faire des analyses médicales à l'hôpital Roger-Salengon de Lille pour des faits de viol.
00:03:35 Le conducteur lui est décédé et le passager en urgence absolue a été conduit au CHU, au centre hospitalier de Lille.
00:03:42 Pareil pour la jeune femme qui était en urgence absolue, elle a été transportée à l'hôpital Roger-Salengon.
00:03:48 Il faut savoir que pour elle le pronostic vital n'est pas engagé.
00:03:51 Alors les trois policiers étaient âgés de 24 et 25 ans.
00:03:55 Vous disiez que ce commissariat est en deuil. Est-ce qu'ils apprennent aussi comme vous des circonstances un peu plus précises de ce qui s'est passé ?
00:04:04 Oui, alors comme vous l'avez dit, c'est quelque chose que j'ai omis, c'est vrai que les trois policiers,
00:04:13 deux étaient âgés de 25 ans et l'autre personne était âgée de 24 ans.
00:04:17 Et en fait le drame est arrivé à 7h où les trois policiers transportaient cette jeune fille.
00:04:21 Et arrivé à ce rond-point, en fait ils ont vu une voiture qui roulait à contresens et à lui allure.
00:04:26 La voiture les a percutés et les policiers se sont retrouvés directement dans le fossé où malheureusement ils sont décédés comme le conducteur de l'autre voiture.
00:04:34 Il faut savoir également que sur son compte Twitter, Gérald Dalmanin a réagi très vite.
00:04:39 Il a adressé ses pensées aux familles des victimes et son plein soutien aux blessés.
00:04:43 Le parquet de Lille quant à lui a annoncé l'ouverture d'une enquête pour homicidiens volontaires.
00:04:47 Et face à ce deuil, bien sûr, une cellule psychologique a été ouverte ici au commissariat de Roubaix.
00:04:53 Merci beaucoup Maxime Lavandier, merci également à Nicolas Winclair qui vous accompagne.
00:04:59 Mais si encore une fois les forces de l'ordre sont touchées là, dans ce qui apparait être un banal accident de la route, on n'en sait pas beaucoup plus pour l'instant.
00:05:08 En tout cas ce n'est pas une attaque qui ciblait des policiers, c'est ce que je voulais dire.
00:05:12 Oui tout à fait, c'est un accident. Après on verra dans quelles conditions s'est passé cet accident-là.
00:05:19 Sachant que les gens qui étaient en face sont connus des services de police.
00:05:25 Mais on verra dans quelles conditions ça s'est passé. Évidemment nos pensées vont à la famille des policiers.
00:05:32 Ce que moi je voudrais dire assez rapidement, c'est que policiers, gendarmes, les forces de l'ordre travaillent comme personne d'autre avec deux contraintes majeures.
00:05:40 La contrainte c'est la violence dont ils font l'objet.
00:05:44 C'est un travail violent d'être policier ou gendarme, la violence dont ils font l'objet dans leur vie professionnelle quasiment tout le temps.
00:05:53 Et l'urgence. Ils travaillent souvent en urgence. L'urgence d'aller porter secours.
00:05:59 Avec Christian on connaît bien ça, l'urgence d'aller porter secours, l'urgence de sauver des gens.
00:06:05 L'urgence de transporter des gens d'un point à un autre pour qu'ils soient admis à l'hôpital.
00:06:12 Cette urgence-là leur fait prendre des risques.
00:06:16 Et c'est face à cette violence et face à cette urgence de tous les jours qui font prendre des risques à nos policiers et à nos gendarmes,
00:06:23 qu'il faut être tout à fait attentif à ces policiers et à ces gendarmes, de les soutenir chaque fois que l'on peut.
00:06:30 Et de les accompagner dans des deuils de ce type-là.
00:06:34 Christian Protot, trois fonctionnaires de police dont une jeune femme est âgée de 24 et 25 ans. C'est aussi ça qui marque dans ce drame.
00:06:41 Non mais c'est tellement douloureux. On sait par expérience, tous les deux, que dans les unités déjà, quand vous perdez un homme, c'est terrible à porter.
00:06:52 Là, trois d'un coup, j'imagine très bien la détresse de ce personnel qui, comme il était souligné, sont toujours prêts à rendre secours.
00:07:06 Apparemment, suite à une demande de soutien sur une tentative de viol, il tentait d'amener cette jeune fille...
00:07:18 Elle devait être emmenée à l'hôpital pour être examinée.
00:07:20 Elle devait être emmenée à l'hôpital. Donc il faut aller relativement vite.
00:07:24 Mais quand vous avez quelqu'un qui vous arrive dans ce qui semblerait être contresens, sur un rond-point, ne pas être dans le sens qu'il faut,
00:07:34 quelle que soit l'expérience que vous ayez de la conduite, souvent la percussion est inévitable.
00:07:43 Et tel qu'on le voit à travers la camionnette, il semblerait que, et c'est peut-être ce qui a également conduit la camionnette,
00:07:50 être éjectée dans le bas-côté, puisqu'elle semble avoir été tapée sur le côté conducteur. Ils ont voulu essayer de l'éviter, le véhicule.
00:08:00 On rappelle peut-être ce qu'on sait de sources policières. Accident de travail en l'anversaire, à 7h du matin,
00:08:05 le véhicule de police qui se trouvait sur une bretelle d'accès percute ou est percuté par un autre véhicule.
00:08:11 Le véhicule de police était retrouvé en contrebas de la voie dans le fossé. Les deux individus qui conduisaient l'autre véhicule,
00:08:17 vous le disiez Jean-Michel Faufert, sont connus de la police pour alcool, usage de stupéfiants et outrage.
00:08:23 C'est tout ce qu'on sait pour l'instant. Évidemment, l'enquête ne fait que commencer.
00:08:27 On voulait commencer l'émission par cette information.
00:08:31 Je voudrais juste apporter une précision. C'est le chiffre important des accidents mortels dans lesquels l'usage des stupéfiants...
00:08:40 On ne sait pas là si les stupéfiants sont indiqués. On sait que ces deux individus étaient connus de la police.
00:08:45 On ne sait pas assez de choses, mais c'est l'occasion de rappeler, je pense, que la conduite sous usage de stupéfiants,
00:08:54 tout autant que l'alcool bien évidemment, mais stupéfiants, c'est entre 20 et 25% des accidents mortels sur la route.
00:09:03 L'actualité, c'est aussi cette nouvelle fusillade survenue à Marseille.
00:09:06 Trois jeunes hommes ont été tués par balle tôt ce matin dans un quartier de l'est de la ville.
00:09:11 Des inconnus en voiture ont ouvert le feu sur un autre véhicule dans lequel se trouvaient cinq personnes.
00:09:16 Trois des occupants ont été mortellement touchés. Deux autres ont pris la fuite.
00:09:20 La préfète des Bouches-du-Rhône s'est rendue sur les lieux de cette fusillade.
00:09:23 Alors que les règlements de comptes sur fonds de trafic de drogue sont en recrudescence dans la deuxième ville de France.
00:09:28 Je vous propose d'écouter ce que sait de ce drame rudimentaire.
00:09:32 Trois victimes à déplorer, trois victimes qui rôdent aux alentours d'une vingtaine d'années,
00:09:38 qui sortaient de boîtes de nuit d'une discothèque du 11e arrondissement de Marseille, les quartiers sud de Marseille,
00:09:44 c'est-à-dire des quartiers qui ne sont pas fortement touchés par une délinquance ou une violence exacerbée.
00:09:51 Ce qu'on a à déplorer ce matin malheureusement, c'est qu'on se rend compte qu'à Marseille, tout arrive, tout arrive partout, surtout.
00:09:59 Et c'est extrêmement inquiétant pour les forces de police que nous sommes.
00:10:04 Et pour en parler avec nous, quelqu'un qui connaît bien ces quartiers de Marseille et qui travaille au quotidien avec les jeunes qui y résident,
00:10:10 notamment afin de tenter de les éloigner de cette grande criminalité.
00:10:13 Bonjour Mohamed Benbenour, vous êtes médiateur dans les quartiers nord de Marseille.
00:10:18 Les victimes sont donc trois jeunes hommes d'une vingtaine d'années que vous connaissiez.
00:10:24 Oui, je connaissais parce que c'est un quartier où les jeunes sont originaux de la cité Félixbiade.
00:10:31 Un quartier que je connais particulièrement bien parce que j'y habite tout proche et je le fréquente.
00:10:40 Ce que je peux dire à l'heure actuelle, c'est que moi je suis allé un peu à la pêche aux informations au niveau des jeunes.
00:10:50 Ce n'est pas encore grand-chose, apparemment ils ne graviteraient pas autour du réseau.
00:10:58 Mais ce que je sais, c'est que ce quartier est particulièrement ciblé par des concurrents et qu'ils ne font pas de distinction.
00:11:09 Le simple fait d'être rattaché à ce quartier ou de fréquenter certaines personnes de ce quartier peut vous conduire malheureusement à la mort.
00:11:19 Et c'est ce qu'on a vu cette nuit.
00:11:21 Ce sont de jeunes hommes, vous dites, qui n'étaient peut-être pas impliqués dans les trafics.
00:11:25 Est-ce que vous diriez qu'une partie de cette jeunesse dans ces quartiers-là est piégée par ce grand banditisme et cette grande criminalité
00:11:33 qui les attire d'un côté et pour lequel ils sont finalement les premières victimes, les premières cibles ?
00:11:39 Moi j'ai connu une autre criminalité qui était le milieu marseillais.
00:11:46 Tout ça, je peux vous dire que ça n'a rien à voir.
00:11:49 Moi je n'appelle pas ça du grand banditisme, je l'appelle du trafic dans un quartier, c'est tout.
00:11:56 C'est sûr que dans un quartier comme ça, c'est un des plus propres d'Europe.
00:12:01 Il y a un taux énorme de pauvreté, très pauvrisé, et une grande précarité, beaucoup de chômage.
00:12:10 Donc c'est sûr que ces jeunes-là, quand ils restent un peu dans leur quartier, ils ont du mal à sortir.
00:12:16 Ils voient un peu l'état de leur bâtiment, ils voient un trafic juste en bas de chez eux.
00:12:21 C'est l'occasion de se faire un peu d'argent et c'est ce qui les attire.
00:12:26 Vous êtes médiateur, ça veut dire que vous travaillez au quotidien aux côtés de ces jeunes et que vous tentez de les dissuader,
00:12:32 de rester dans ce milieu-là. Dites-nous en plus sur qui sont-ils, comment réagissent-ils aussi à ce que vous tentez de faire dans ces quartiers ?
00:12:42 Mon travail c'est de tourner, de sillonner ces quartiers les plus difficiles,
00:12:47 et de créer du lien avec les jeunes, avec les habitants, avec les partenaires sociaux, les commerçants.
00:12:56 Vu que moi je n'ai pas non plus tout vieux et que j'ai le contact facile, je n'hésite pas à aller vers ces jeunes-là.
00:13:05 Malgré que je sais que certains sont impliqués dans des trafics, quand je les vois traîner,
00:13:10 ma première chose c'est d'aller au contact vers eux.
00:13:13 Ça se passe plutôt bien, ils nous écoutent. J'ai jamais eu de difficultés à parler avec ces jeunes-là,
00:13:19 de toute façon ça ne me pose pas de problème. Mais ce que je constate quand je parle avec eux,
00:13:26 c'est qu'ils sont dépassés, dépités. C'est un peu nos futurs.
00:13:33 On peut leur donner des bons conseils, on peut leur dire que vous allez gagner 100 ou 150 euros dans l'instant T maintenant,
00:13:40 mais demain on ne sait pas si on va vous revoir vivants. Vous savez ce qui se passe,
00:13:45 le karting des choses en ce moment, ça vient, ça tire à vue, ça ne cherche pas à comprendre.
00:13:49 Eux le savent tout ça, ils le savent très très bien, mais ils sont dans une logique malheureusement suicidaire.
00:13:56 Pour eux, ça fait partie du jeu. Un jeune me l'a dit, il m'a dit "c'est le jeu".
00:14:02 De mettre sa vie en danger, de risquer de la perdre, c'est une réalité qu'ils ont en tête ce que vous dites ?
00:14:09 Oui.
00:14:11 Qu'il ne leur fait pas peur donc ?
00:14:13 Malheureusement c'est devenu tellement banal, vous savez, que même, je le vois moi quand je vais boire mon café le matin au comptoir,
00:14:22 avant quand on parlait de ce genre d'événements, c'était dramatique, c'était un drame.
00:14:28 Et bon c'était, voilà, dans le quartier c'était, c'était voilà, toute la journée les gens allaient voir la famille et tout.
00:14:36 Maintenant c'est devenu banal, on en parle 30 secondes, une minute, deux minutes,
00:14:39 puis après on passe sur un autre sujet comme si de rien n'était quoi.
00:14:43 Ça fait partie de notre quotidien, c'est comme ça, on vit avec, on a l'habitude.
00:14:47 Alors on le redit, les règlements de comptes sur fonds de trafic de drogue sont en recrudescence à Marseille,
00:14:52 qui est la deuxième ville du pays, et pourtant on sait que localement, et vous en êtes aussi un exemple,
00:14:57 localement on se mobilise pour dénoncer cette violence et surtout pour tenter de détourner ces jeunes de ce milieu-là.
00:15:03 Vous me disiez avoir participé il y a encore peu de temps à une marche d'ailleurs en ce sens.
00:15:08 Oui, effectivement, le 1er mai dernier, dans ce même quartier de la cité Félix-Piat,
00:15:14 il y a les mamans, les mamans de la cité qui ont décidé de se révolter.
00:15:19 Dans un premier lieu, à la suite de plusieurs fusillades dans le quartier,
00:15:25 parce que ça tire très souvent, c'est pas la première fois qu'il y a des morts,
00:15:31 actuellement il y a beaucoup de morts qui viennent de cette cité-là,
00:15:34 ils sont partis en fait avec des banderoles et des panneaux devant le commissariat du quartier,
00:15:39 parce qu'à l'intérieur de ce quartier-là, il y a un commissariat du 3e arrondissement,
00:15:44 et ils ont crié "la police aidez-nous, la police aidez-nous".
00:15:49 Ensuite, une marche s'est faite le 1er mai dernier, comme je l'ai dit,
00:15:54 avec le collectif des familles des victimes à Marseille,
00:15:57 ce sont des familles qui ont perdu des enfants dans les fusillades,
00:16:02 donc nous on s'est joint à ce mouvement-là, puis on a marché dans tout le quartier,
00:16:06 c'était symbolique, on est parti devant le commissariat,
00:16:08 et on est même parti devant le point de deal.
00:16:12 J'ai parlé avec ces jeunes-là et j'ai vu leur réaction.
00:16:16 Ce qui m'a fait drôle, c'est qu'ils n'étaient pas hostiles à ça,
00:16:21 ils ont baissé la tête devant les mamans,
00:16:24 et certains ont dit qu'ils se sont cachés parce qu'ils avaient carrément honte,
00:16:29 et j'ai dit aux mamans "non mais ça ne sert à rien,
00:16:32 laissez tomber, ça ne sert à rien".
00:16:34 Et quand j'ai vu ça, moi ça m'a fait quelque chose,
00:16:37 donc je suis parti les voir et j'ai parlé avec eux.
00:16:40 Je leur ai dit "regardez vos mamans, regardez ce qu'elles font,
00:16:44 parce qu'elles ont peur pour votre vie,
00:16:46 elles sont là, elles descendent dans la rue,
00:16:49 parce qu'elles savent que vous êtes en danger,
00:16:51 elles essayent de se battre pour vous".
00:16:53 Ils m'ont dit "qu'est-ce que tu veux faire, ça ne servira à rien malheureusement".
00:16:57 C'est ce que je voulais que vous disez.
00:16:59 – Jean-Michel Fauvergue en plateau,
00:17:01 ici il y a une question pour vous Mohamed Benmenour.
00:17:04 – Oui, merci beaucoup de votre témoignage en tout cas,
00:17:07 qui est très important et qui est un témoignage de terrain avant tout.
00:17:12 Moi je voulais vous poser une question,
00:17:14 non pas sur les trafiquants, non pas ceux qui participent au trafic,
00:17:17 non pas ceux qui sont obligés quelquefois d'y participer,
00:17:20 et vous venez d'en parler,
00:17:22 mais les autres qui habitent dans ces quartiers-là,
00:17:24 jeunes, moins jeunes, les gens qui vont au travail,
00:17:28 puisqu'il y a des gens qui vont au travail
00:17:30 et qui habitent dans ces quartiers-là et qui ne peuvent pas en sortir,
00:17:32 ceux-là, est-ce qu'ils sont impactés par ces trafics-là ?
00:17:36 Est-ce qu'il y a un empêchement de sortir,
00:17:40 de s'habiller comme on veut, de faire ce qu'on veut ?
00:17:42 Est-ce que c'est ça leur quotidien ou non ?
00:17:45 – C'est pas… non, de s'habiller non,
00:17:53 mais quand il y a ce genre de fusillade,
00:17:55 souvent il y a des checkpoints avec des gros conteneurs qui sont mis.
00:17:59 Au départ ça a été créé pour éviter un peu,
00:18:02 contourner un peu les descentes de police,
00:18:04 ralentir un peu les flics quand ils descendent dans la cité,
00:18:07 mais là c'est carrément pour se protéger des ennemis.
00:18:10 Et ça, il faut l'avouer que nous, quand on rentre,
00:18:14 les habitants, on est obligés de se la lommer,
00:18:16 donc c'est quelque peu dérangeant,
00:18:19 mais aussi les habitants sont très impactés par le fait que la nuit,
00:18:26 on ne peut plus sortir en bas du bâtiment,
00:18:29 on ne peut plus traîner dans le quartier, c'est devenu risqué.
00:18:32 Même moi qui n'ai pas… je vais pas dire que j'ai peur,
00:18:35 j'ai peur comme tout le monde,
00:18:37 mais moi je suis tout le temps sur le terrain,
00:18:41 et j'aime aller sur le terrain, la nuit j'évite,
00:18:44 même si j'ai des amis à aller voir,
00:18:46 ça peut m'arriver, je suis dans l'obligation, j'y vais vite,
00:18:49 et je repars.
00:18:51 Donc la nuit c'est devenu incertain pour tout le monde.
00:18:54 D'ailleurs on a un père de famille, un grand-père qui est mort,
00:18:58 il y a 15 jours, 3 semaines, dans un snack de quartier,
00:19:02 alors qu'il jouait aux cartes,
00:19:04 et pour l'anecdote, ce papa, ce grand-père,
00:19:07 prenait toujours ses deux petits-enfants quand il allait jouer aux cartes,
00:19:10 et ce soir-là il ne les a pas pris,
00:19:13 et il s'est fait tuer à la Kalachnikov.
00:19:16 Il faut rester avec nous Mohamed Benmedour,
00:19:19 on a une réaction de Christian Protos aussi en plateau,
00:19:21 c'est vrai qu'on le dit, c'est en recrudescence,
00:19:23 une trentaine de morts déjà depuis le début de l'année à Marseille.
00:19:26 Oui mais moi ce que je trouve terrible,
00:19:29 c'est ce côté tel que le témoignage de Mohamed Benmedour nous le disait,
00:19:35 ce côté des jeunes qui sont et désabusés,
00:19:40 et considèrent que de toute façon il n'y a rien à faire,
00:19:43 que c'est comme ça, qu'il faut vivre comme ça.
00:19:46 Et j'admire ce garçon comme Mohamed,
00:19:50 qui s'implique, qui voudrait que ça aille mieux,
00:19:53 je serais tenté de lui poser une question,
00:19:56 si on en avait les moyens pour l'aider,
00:20:00 qu'est-ce qu'il faudrait faire pour les aider,
00:20:03 pour faire en sorte que ces jeunes qui s'impliquent,
00:20:06 pour sauver une jeunesse en perdition,
00:20:08 comme le dirait lui-même avec cette image qui est quand même terrible,
00:20:11 pas de futur, no future, c'est incroyable.
00:20:15 Donc il faut que l'État s'implique auprès d'eux,
00:20:18 puisqu'ils s'impliquent pour sauver leur quartier,
00:20:21 pour sauver des jeunes,
00:20:23 qu'est-ce qu'il faudrait qu'on fasse auprès d'eux pour que ça aille mieux ?
00:20:26 Mohamed Benmedour, qu'est-ce qui vous manque pour réussir votre mission ?
00:20:30 Ben moi personnellement, je n'ai plus d'espoir,
00:20:36 moi aussi je suis dans un discours fataliste,
00:20:39 et je me suis accoutumé du fait.
00:20:42 Après, je pense que ces jeunes-là,
00:20:45 à l'heure actuelle d'une vingtaine d'années,
00:20:47 qui ont vraiment dérivé, c'est très compliqué,
00:20:50 mais ce qu'il faudrait faire, c'est de mettre des moyens en œuvre,
00:20:53 pour éviter que d'autres générations à venir ne pasculent dans ça.
00:20:58 Mais des moyens humains, des moyens financiers, des locaux ?
00:21:02 Ce ne sont pas forcément des moyens financiers,
00:21:05 ce sont des moyens humains et techniques.
00:21:08 C'est de faire en sorte que les jeunes sortent de leur quartier,
00:21:13 parce que ces jeunes-là, ce que j'ai remarqué,
00:21:16 quand ils sortent de leur quartier, de leur zone de confort,
00:21:19 ils sont perdus.
00:21:21 Alors nous à leur âge, on faisait tout pour sortir du quartier.
00:21:25 On allait dans des camps, on allait en ville,
00:21:27 on allait au marché pour chercher du travail,
00:21:29 on a fait aussi des bêtises, comme certains jeunes,
00:21:32 mais nous on voulait sortir du quartier.
00:21:35 Le truc, c'est de les faire sortir de la cité.
00:21:38 C'est ça le plus important.
00:21:39 – Et qu'est-ce qui les retient dans la cité en fait ?
00:21:41 Pourquoi ne sortent-ils pas ?
00:21:43 – C'est ça, comme je vous ai dit, ils sont aimantés par le quartier,
00:21:47 c'est leur zone de confort, c'est là où ils sont de toute puissance,
00:21:50 c'est là où ils se sentent à l'aise.
00:21:53 Ailleurs, malheureusement, la plupart, ils sont un peu perdus,
00:21:56 parce que certains ont arrêté l'école,
00:21:58 il y en a qui ont du mal un peu à s'exprimer,
00:22:00 vous les voyez dans le quartier avec leur capuche,
00:22:04 vous avez l'impression que c'est des petits caïds,
00:22:06 mais non, quand ils sortent de la cité, on ne les entend pas,
00:22:11 ils sont tout doux, les personnes qui sont vraiment impliquées,
00:22:16 on ne les voit réellement pas.
00:22:18 C'est ça, c'est un sentiment de toute puissance,
00:22:22 c'est d'être à l'aise avec ses potes.
00:22:24 – Ça veut dire que tout ce que vous pouvez leur proposer,
00:22:26 vous également, puisqu'on imagine que vous travaillez
00:22:28 pour les faire sortir de ces cités,
00:22:30 leur semble fade, inintéressant, inutile ?
00:22:33 – Tout à fait, tout à fait.
00:22:35 – En dehors de l'aspect financier, dont on sait qu'évidemment,
00:22:37 il a un rôle primordial, quand on dit un jeune
00:22:39 qui peut empocher plusieurs centaines d'euros facilement dans son quartier,
00:22:43 évidemment, on comprend qu'il ne trouve pas d'intérêt à en sortir,
00:22:46 mais indépendamment de ça, qu'est-ce que vous diriez ?
00:22:50 – C'est ça, c'est inintéressant pour eux,
00:22:53 je pense qu'il faudrait les prendre et les forcer de manière obligatoire
00:22:59 à les mettre en immersion dans le monde du travail,
00:23:02 à l'extérieur, au quartier ou même de la ville,
00:23:05 et leur faire découvrir ce que c'est la vie,
00:23:10 parce qu'ils ne savent pas vraiment ce que c'est la vie active.
00:23:12 La vie, c'est le quartier, les potes, et quand on a un peu d'argent,
00:23:16 on sort et ces jeunes-là, ils étaient en boîte de nuit,
00:23:19 ils sont sortis de boîte de nuit et ils se sont retrouvés à se faire affaler.
00:23:22 Toute la semaine, le quartier, et le week-end, la boîte de nuit,
00:23:26 ou une petite activité comme ça, et même quand ils sortent du quartier,
00:23:29 la preuve, ça ne s'est pas passé dans le quartier,
00:23:31 ça s'est passé dans le 11ème arrondissement,
00:23:34 donc dans l'Est de Marseille, ça n'a rien à voir avec la zone de trafic.
00:23:39 – Un quartier qui n'est d'ailleurs pas connu pour avoir ce genre de violence.
00:23:42 Jean-Michel Couvergue.
00:23:43 – Moi Mohamed, je voulais vous demander une chose,
00:23:47 on comprend bien que votre discours s'oriente sur ces enfants-là,
00:23:54 ces jeunes-là qui sont bien impliqués dans le truc,
00:23:59 et qui sont impliqués mentalement et moralement aussi,
00:24:02 et qui ne veulent pas sortir de leur quartier,
00:24:04 mais il y a quand même dans ces quartiers-là,
00:24:06 qui sont des quartiers immenses et importants,
00:24:08 il y a quand même des jeunes qui sont scolarisés, qui sortent,
00:24:12 qui réussissent, vous avez des exemples là-dessus ?
00:24:14 Essayez de nous rassurer un peu là-dessus, ou alors définitivement…
00:24:18 – Non, non, d'accord.
00:24:20 – On abandonne tout alors ?
00:24:22 – Encore heureux qu'on a des jeunes comme ça,
00:24:24 parce que là, ça serait vraiment grave.
00:24:26 Ce qu'on voit en fait, c'est une minorité,
00:24:28 ça ne représente même pas 1% du quartier.
00:24:30 – D'accord.
00:24:31 – Les jeunes que vous parlez, il y en a qui font de grandes études,
00:24:35 et qui ont de grands diplômes,
00:24:38 et il y en a qui sont sortis chefs d'entreprise, avocats,
00:24:42 mais ce qu'il y a, c'est que ces personnes-là,
00:24:45 on ne les entend pas, et ça serait bien qu'elles se mobilisent,
00:24:50 qu'elles s'impliquent dans leur quartier,
00:24:52 et qu'elles servent d'exemple aux autres.
00:24:54 – Donc on est d'accord pour dire que dans les quartiers Nord,
00:24:57 comme ailleurs dans d'autres quartiers de métropole,
00:25:00 les quartiers "populaires", je vais dire ça entre guillemets,
00:25:04 nourrissent aussi des élites, il y a des gens qui sortent et qui arrivent à…
00:25:08 – Bien sûr, et heureusement qu'on le dit, on en parle aussi de temps en temps.
00:25:11 – Il faut le dire, il faut le dire aussi.
00:25:12 Et si c'est Mohamed qui le dit, c'est encore mieux,
00:25:14 parce qu'il est issu de ces quartiers.
00:25:16 – Il les voit.
00:25:17 – Il les voit.
00:25:18 – Non, non, c'est vrai, on a même de grands flics.
00:25:21 – Ah ouais ? Mais oui, je confirme.
00:25:24 – Le commissaire Pallock était le fondateur du GPL.
00:25:27 – Le chinois, le chinois.
00:25:30 – Bon, merci beaucoup Mohamed Benmedou,
00:25:33 en tout cas d'avoir apporté votre éclairage,
00:25:35 effectivement comme le dit Jean-Michel Fauvert,
00:25:36 c'est toujours bien plus concret quand on fait appel
00:25:38 à ceux qui connaissent très bien le terrain.
00:25:41 Je voulais vous faire réentendre aussi Rudy Mana, du syndicat de police,
00:25:44 pour faire le point sur cette année catastrophique dans ce domaine
00:25:47 pour la ville de Marseille.
00:25:49 – 21 mois, oui.
00:25:50 – Encore une fois, c'est Marseille qui est touchée,
00:25:53 vous le dites régulièrement sur votre antenne,
00:25:55 il y a beaucoup d'endroits en France qui sont touchés par ces fusillades,
00:25:59 mais il faut reconnaître que Marseille est plus particulièrement touchée
00:26:02 par ces fusillades à longueur d'année,
00:26:04 et là on est parti sur une année totalement apocalyptique,
00:26:06 puisqu'on recense déjà 21 personnes, 21 victimes,
00:26:10 qui sont décédées suite à ces fusillades,
00:26:13 alors que l'année dernière il y en avait eu 32,
00:26:15 franchement on est parti sur une année historique,
00:26:17 tristement historique.
00:26:19 – Voilà, 21 victimes depuis le début de l'année pas 30,
00:26:22 comme je disais tout à l'heure.
00:26:24 – Non mais on connaît parfaitement la mécanique,
00:26:27 et Mohamed nous le rappelait,
00:26:29 lui qui est impliqué, qui connaît bien son quartier,
00:26:32 – Et qui perd espoir, c'est ça qui est triste aussi.
00:26:34 – Oui, mais il sait qu'il y en a qui réussissent,
00:26:37 mais dans le fond, les trains qui arrivent à l'heure,
00:26:40 tout le monde s'en fiche, et c'est logique,
00:26:43 donc il faut se pencher sur ce pourcent, ce 1%,
00:26:46 qui ne va pas bien et qui pourrit tout,
00:26:49 mais derrière tout cela, il y a une structure,
00:26:51 il y a des gens qui achètent, il y a de l'argent qui circule,
00:26:54 et de l'argent sale, mais de l'argent qui fait envie,
00:26:57 et tout d'un coup, comme il le dit, dans leur quartier,
00:27:00 ils ont l'impression d'être les chefs, les caïds,
00:27:02 et ils ne veulent surtout pas en sortir,
00:27:04 et le terme qu'il a employé, leur zone de confort,
00:27:07 donc il faudrait peut-être les obliger, quand on les prend, à aller ailleurs.
00:27:10 – Et ceux qui dirigent ces trafics ne sont pas sur place,
00:27:13 sont généralement à l'étranger, ces jeunes qui perdent la vie,
00:27:15 comme ces trois qui sont morts ce matin à Marseille,
00:27:18 sont les premières cibles, les premières victimes.
00:27:21 – Malheureusement.
00:27:22 – On se quitte quelques instants,
00:27:23 et on parlera encore de ces agressions de maires,
00:27:26 et des appels qui sont faits pour les protéger de plus en plus
00:27:29 face à la violence à laquelle ils font face.
00:27:32 A tout de suite.
00:27:33 [Musique]
00:27:36 – Dans un instant, on reparle de l'agression des maires,
00:27:38 et des appels qui se multiplient pour qu'on les protège plus,
00:27:42 et qu'on poursuive également plus leurs agresseurs,
00:27:44 mais on fait d'abord un point sur l'essentiel de l'actualité,
00:27:47 avec Sandra Ciambo.
00:27:48 [Musique]
00:27:51 – Quatre morts, dont trois policiers, dans un grave accident de la route,
00:27:54 ce matin dans la métropole lilloise.
00:27:56 Une collision a eu lieu entre un véhicule de police,
00:27:58 et un autre dans lequel se trouvaient deux individus,
00:28:01 connus des services de police, pour alcool,
00:28:03 usage de stupéfiants et outrages.
00:28:05 Le conducteur est décédé, le passager hospitalisé.
00:28:07 Les causes de l'accident sont encore à déterminer.
00:28:10 Les troupes russes sont dans Bakhmout, mais la ville n'est pas occupée.
00:28:13 Volodymyr Zelensky l'affirme au lendemain de la revendication
00:28:17 de la capture totale de cette cité par Moscou.
00:28:19 Depuis le Japon, il participe au sommet du G7.
00:28:22 Le président ukrainien reconnaît toutefois qu'il n'y a plus rien de vivant.
00:28:25 Tous les bâtiments sont détruits sur place.
00:28:28 Fin du Technival dans l'Indre.
00:28:30 Le nombre de participants reflue depuis cette nuit.
00:28:33 Ils étaient moins de 25 000 encore présents sur le site ce matin,
00:28:36 selon la préfecture.
00:28:38 Elle évoque une ambiance calme et aucun incident majeur a déploré.
00:28:41 Les technivaliers se sont installés sur un terrain privé,
00:28:44 par surprise jeudi, dans un petit village.
00:28:47 La peur ne doit pas être du côté des maires.
00:28:52 Le président de la République, Christophe Bouillon,
00:28:55 décrit de ralliement comme un appel à ne pas relâcher la mobilisation
00:28:58 à la lune du JDD ce dimanche.
00:29:00 Une tribune signée du président de l'association
00:29:03 des petites villes de France, Christophe Bouillon.
00:29:06 Il appelle à une mobilisation de l'action publique
00:29:09 pour la protection des élus et pour les poursuites des agresseurs
00:29:12 en cas de violence subie dans le cadre de l'exercice des fonctions.
00:29:15 Il salue par ailleurs la création de la cellule de lutte aux atteintes aux élus.
00:29:18 Il dit aussi, on va avoir une citation avant de lui donner la parole,
00:29:21 "Aucune menace, ni a fortiori aucune violence n'est légitime
00:29:24 envers les élus quels qu'ils soient."
00:29:27 L'auteur de cette tribune, je vous le disais, est avec nous.
00:29:30 Bonjour Christophe Bouillon.
00:29:32 Vous dites aussi que si la démission du maire de Saint-Brévin-les-Pins
00:29:35 a suscité tant d'émotions dans notre pays, c'est d'abord parce qu'elle traduit
00:29:38 un ras-le-bol largement partagé par les élus locaux de tous bords,
00:29:41 de toutes les régions.
00:29:44 Une fois qu'on a dit ça, parce que ce n'est pas la première fois qu'on le dit,
00:29:47 comment on protège mieux nos élus et comment évitons,
00:29:51 je parle là en termes de société, puisque tout le monde peut jouer un rôle,
00:29:55 comment évitons la poursuite de ces violences ?
00:29:58 D'abord, ce qui est grave et ce qui justifie aujourd'hui ce ras-le-bol,
00:30:02 c'est le nombre impressionnant d'agressions.
00:30:05 En l'espace d'un an, ce ne sont pas nos chiffres,
00:30:07 ce sont les chiffres du ministère de l'Intérieur,
00:30:09 c'est plus de 30% d'agressions vis-à-vis des élus.
00:30:12 Pourquoi c'est grave ? Parce que les élus sont dépositaires
00:30:15 de l'autorité publique.
00:30:17 Quand on s'attaque aux élus, on s'attaque en quelque sorte à l'autorité,
00:30:20 à la République, à celles et ceux qui agissent au quotidien,
00:30:23 au plus près des administrés, pour faire respecter tout simplement la loi.
00:30:26 Qu'est-ce qu'il faut faire concrètement ?
00:30:28 C'est sans doute, avec une sévérité plus forte dans les sanctions,
00:30:32 être plus dissuasif, mais surtout être plus en alerte en amont.
00:30:36 Vous savez, avant d'arriver à l'agressivité physique,
00:30:39 il y a d'abord l'agression verbale.
00:30:41 Il y a souvent ce qu'on appellera des signes avant-coureurs,
00:30:44 des signaux faibles, des menaces qui pèsent sur les élus
00:30:47 dès le début, à travers les réseaux sociaux, des lettres anonymes,
00:30:51 des écriteaux sur leur boîte aux lettres.
00:30:54 Bref, tout cela, il faut le prendre en considération.
00:30:57 Je vous dis ça parce que je connais beaucoup de maires,
00:30:59 et notamment des maires des petites villes, qui sont dans la proximité,
00:31:01 au quotidien, qui hésitent, qui n'osent pas porter plainte
00:31:04 de peur des représailles.
00:31:06 On pointe souvent du doigt le manque d'application des lois,
00:31:09 parce que vous dites qu'il faut être plus dissuasif.
00:31:12 Cela veut dire qu'il faut de nouvelles sanctions,
00:31:14 ou est-ce qu'il faut simplement, ce que disent certains,
00:31:17 appliquer les lois qui sont déjà existantes pour venir à bout de ce fléau ?
00:31:23 Alors, il faut déjà en effet appliquer les lois.
00:31:25 Vous savez, il y a deux circulaires qui ont été publiées,
00:31:28 une première en novembre 2019 et une autre en septembre 2020,
00:31:32 qui donnaient instruction au procureur de poursuivre
00:31:35 de façon systématique et forte les agressions faites aux élus.
00:31:40 La force est de constater aujourd'hui que ça ne suffit pas.
00:31:43 C'est-à-dire que concrètement, on l'a vu encore récemment,
00:31:46 il y a beaucoup d'élus qui, sous la pression, sous la menace,
00:31:50 ne portent pas plainte, hésitent à le faire,
00:31:53 de peur des représailles bien évidemment.
00:31:55 Et puis au-delà de ça, il y a aussi des élus qui,
00:31:57 parfois quand ils ont porté plainte, ont le sentiment
00:32:00 de ne pas être considérés, de ne pas être entendus.
00:32:03 Donc il faut en effet appliquer les lois, sans doute à travers la fermeté,
00:32:07 faire en sorte que tout cela soit dissuasif,
00:32:09 mais il faut aussi essayer de comprendre ce qui se passe,
00:32:11 essayer de comprendre pourquoi, alors que les élus au début
00:32:14 se sentaient protégés parce qu'ils étaient dans la proximité,
00:32:17 aujourd'hui ils ne le sont plus du tout.
00:32:18 Vous savez, on connaît cette formule qui était celle du président du Sénat
00:32:23 qui disait que les élus sont à portée de baffe.
00:32:25 Malheureusement, aujourd'hui, ce n'est plus une simple formule,
00:32:27 c'est une triste réalité.
00:32:29 Et tout ça va entraîner un phénomène de démission
00:32:32 qu'on voit par ailleurs partout en France,
00:32:34 tout simplement parce que des maires se disent
00:32:36 "j'en peux plus, je jette le tablier, j'arrête d'exercer ma fonction,
00:32:41 je le faisais par passion, je pensais que la proximité
00:32:45 pouvait me protéger, ce n'était plus du coup de cas aujourd'hui".
00:32:48 Il y a des démissions immédiates, il y a aussi ceux qui décident
00:32:52 de ne pas se représenter aux prochaines élections.
00:32:54 Je voulais aussi vous interroger sur le manque de soutien de l'État.
00:32:57 Il a été dénoncé par le maire de Saint-Brévin-l'Épin,
00:32:59 par d'autres également, beaucoup de maires se sentent démunis
00:33:03 et s'attendraient à être soutenus plus par le sommet de l'État.
00:33:08 Qu'en pensez-vous ?
00:33:10 Vous savez, la plupart du temps, quand les élus sont agressés,
00:33:14 ils le sont parce qu'ils exercent des missions d'intérêt
00:33:17 et au nom de l'État, c'est-à-dire on fait respecter la loi.
00:33:20 D'ailleurs, les cas que vous avez cités sont systématiquement
00:33:23 des cas où l'élu agit au nom de l'État.
00:33:26 C'est le cas par exemple sur les dépôts sauvages,
00:33:29 c'est le cas pour faire respecter les décisions d'urbanisme.
00:33:32 Systématiquement, on agit, dans le cas de la tranquillité publique,
00:33:36 au nom de l'État.
00:33:37 Mais faisant cela au nom de l'État, on aimerait en effet
00:33:40 qu'un soutien soit très fort.
00:33:42 Il faut considérer le maire avant tout comme un agent de l'État.
00:33:45 Lorsqu'il est dans sa commune, la plupart du temps, au quotidien,
00:33:49 il est là pour faire vivre la règle générale.
00:33:52 On a cette chance formidable, à travers le nombre de communes en France,
00:33:56 d'avoir un réseau, un maillage assez fin avec des élus.
00:33:59 Simplement, si on ne fait pas attention, il risque d'y avoir du découragement
00:34:02 et demain, on sera démuni parce qu'il n'y aura personne
00:34:05 pour faire respecter la loi partout en France.
00:34:08 Il y a aussi un paradoxe ou une incompréhension, on va dire,
00:34:11 pour les citoyens.
00:34:12 Le maire est le premier représentant de l'État
00:34:15 et en général, on lui demande de tout résoudre dans la commune.
00:34:17 Or, certains domaines relèvent de plus haut que le maire
00:34:22 et il y a des secteurs sur lesquels le maire ne peut pas intervenir.
00:34:25 Je vous propose d'entendre une question qu'a Jean-Michel Fauvergue pour vous
00:34:27 et puis on poursuit la discussion.
00:34:29 Oui, Monsieur le Président, merci de ce témoignage-là qui nous éclaire.
00:34:34 Moi, je voulais vous poser la question suivante.
00:34:37 Alors, effectivement, aujourd'hui, on voit de plus en plus d'agressions
00:34:40 sur les élus locaux.
00:34:42 Il y avait auparavant beaucoup d'agressions aussi sur les élus nationaux
00:34:46 et j'en sais quelque chose puisque, au précédent quinquennat,
00:34:49 j'étais élu député et j'ai un nombre de collègues qui ont été menacés.
00:34:53 Et puis, avant ça, et traditionnellement, on a aussi des menaces
00:34:59 sur les forces de l'ordre, sur tout ce qui représente autorité,
00:35:02 en particulier les forces de l'ordre, certes, mais aussi les enseignants,
00:35:06 un certain nombre de dépositaires de l'autorité.
00:35:08 En quoi la menace sur un élu est moins importante ou plus importante
00:35:18 qu'un autre corps qui représente l'autorité ?
00:35:20 Et pourquoi ne pas faire combat commun en demandant justement
00:35:23 à ce que les lois dont certaines, je tenais à vous le dire,
00:35:27 vont dans le sens, par exemple, de la non remise de peine
00:35:32 pour des agresseurs d'élus, qui était dans la loi sécurité globale
00:35:36 que j'ai portée.
00:35:37 Pourquoi on ferait quelque chose à part sur les maires
00:35:40 et pas faire une intersectionnalité des combats
00:35:44 pour reprendre un peu quelque chose de wauquisme intéressant ?
00:35:49 Il ne s'agit pas en effet de distinguer celles et ceux
00:35:54 qui sont dépositaires de l'autorité publique.
00:35:56 Notre message, notre colère, notre albol,
00:35:59 il ne s'exprime pas par corporatisme, surtout pas.
00:36:02 Nous ne sommes pas, bien évidemment, dans l'exercice de nos missions
00:36:05 à distinguer des agents de la force publique qui font respecter la loi,
00:36:10 ni même d'ailleurs, je le dis, parce qu'il y a aussi des agents
00:36:13 des collectivités, qui sont parfois menacés aussi
00:36:16 lorsqu'ils exercent leur mission.
00:36:19 Et plus largement, on connaît aussi des enseignants,
00:36:21 parfois, qui sont pris à partie par des parents d'élèves
00:36:24 lorsqu'ils font des observations sur le comportement des enfants.
00:36:27 On voit bien qu'il y a un phénomène général aujourd'hui de violence
00:36:30 qui est sans doute aggrafé aussi par les réseaux sociaux,
00:36:33 la violence verbale.
00:36:34 On voit bien que tout part très vite dans tous les sens.
00:36:37 C'est la raison pour laquelle je suis assez d'accord sur le fait
00:36:40 qu'il faut un combat commun et que tous ceux qui,
00:36:44 à un titre ou à un autre, servent la République,
00:36:46 c'est le cas des élus notamment, mais pas seulement eux,
00:36:48 soient considérés.
00:36:50 Vous savez, on est dans le premier kilomètre de l'action publique,
00:36:52 c'est le maire.
00:36:54 C'est le maire qui incarne par ailleurs, on le sait,
00:36:57 les différentes autorités dans leur ensemble,
00:37:00 dans les petites communes notamment.
00:37:02 Le maire, il représente aux yeux des administrés,
00:37:04 souvent l'État, les autres institutions, les autres collectivités.
00:37:08 Et c'est la raison pour laquelle souvent il est pris à partie.
00:37:11 C'est la raison pour laquelle notre cri de colère,
00:37:13 ce n'est pas un cri de colère en disant "protégez seulement les élus",
00:37:16 mais si vous ne protégez pas les élus, vous faites sauter une digue
00:37:19 qui de toute façon rendra beaucoup plus compliqué l'action
00:37:22 de celles et ceux qui servent la République à travers le respect de la loi.
00:37:26 Je précise d'ailleurs que le gouvernement a annoncé vouloir
00:37:28 alourdir les peines en cas d'attaque contre les élus
00:37:31 pour les aligner sur les peines qui concernent les atteintes
00:37:35 au personnel en uniforme.
00:37:37 Elles seront désormais les mêmes, ça rejoint votre question ?
00:37:39 Oui, c'est une très bonne chose, bien sûr.
00:37:41 Ça veut dire qu'on passe de 3 à 7 ans d'emprisonnement
00:37:43 et de 75 000 à 100 000 euros d'amende en cas d'attaque ?
00:37:45 Après il faut que les juges l'appliquent.
00:37:47 Ah ben c'est là que se fait l'initial.
00:37:49 Les juges sanctionnent et qu'une fois qu'ils ont sanctionné,
00:37:51 que ces peines-là soient réellement appliquées.
00:37:54 Christian Podot.
00:37:55 Non mais je partage tout à fait le point de vue de Jean-Michel.
00:37:57 Je comprends tout à fait la situation dans laquelle se trouvent les petites communes
00:38:02 et je remercie le Président d'être auprès de nous pour rappeler
00:38:09 qu'il y a une vraie problématique pour ces maires
00:38:13 qui sont la cheville ouvrière du fonctionnement de nos petites mairies,
00:38:19 de nos régions et ne pas avoir...
00:38:22 C'est le premier poumon de notre démocratie.
00:38:24 Absolument, Monsieur le Président, rappelez le premier kilomètre,
00:38:29 je dirais même le premier mètre,
00:38:32 parce que dès qu'on est devant sa mairie,
00:38:34 on est devant ceux qui nous représentent
00:38:36 et souvent, ce qu'il y a de paradoxal,
00:38:39 ce sont des gens qui sont connus,
00:38:42 puisqu'on parle des petites communes,
00:38:44 donc ils sont connus de leurs voisins et tout,
00:38:46 et de voir que tout d'un coup même, à travers des gens qui vous connaissent,
00:38:50 simplement le fait d'avoir une fonction destinée à faire en sorte
00:38:54 que le vivre ensemble puisse se faire,
00:38:57 avec ce que ça peut impliquer également d'obligation,
00:39:02 est quand même assez étonnant.
00:39:04 Et je voudrais, pour ma part,
00:39:06 revenir sur ce qui me fait dire depuis un moment
00:39:09 qu'on a un problème sociétal.
00:39:11 On dirait que, shark-walk, les gens ne sont pas d'accord,
00:39:14 il faut que ça soit résolu par la violence.
00:39:16 Si en plus, vous ajoutez cela à certains extrémistes
00:39:20 qui profitent d'une situation dans une mairie
00:39:23 pour aller exposer leur opposition à une cause
00:39:28 qu'eux, soi-disant, défendent,
00:39:31 il y a un truc qui n'est pas normal.
00:39:34 Vous avez des gens qui sont itinérants,
00:39:36 je pense que c'est un peu ce qui a dû se passer à Saint-Brevin,
00:39:38 on n'a pas le résultat de l'enquête,
00:39:42 mais c'est un peu ça.
00:39:44 Vous avez en France quand même des gens qui expriment
00:39:47 qu'ils ne sont pas d'accord systématiquement par la violence.
00:39:50 Je pense que c'est un vrai problème sociétal.
00:39:52 Jean-Michel a raison,
00:39:54 allier ça au fait que les sanctions qui doivent être prises
00:39:59 doivent être, comme ça a évolué depuis quelques temps,
00:40:03 comme quelqu'un qui porte un uniforme.
00:40:06 Je suis désolé, les maires sont avant tout
00:40:08 officiers de police judiciaire aussi.
00:40:10 Donc ils bénéficient...
00:40:11 Avec leur écharpe qui colore, ils ont un uniforme.
00:40:13 On est d'accord, mais qu'ils aient un uniforme ou qu'ils n'en aient pas,
00:40:17 ils sont les représentants de l'autorité.
00:40:20 Et à ce titre, ils bénéficient des mêmes textes.
00:40:23 Donc quand on est en aval de la décision et qu'il faut punir,
00:40:27 si effectivement la main de la justice dans ces cas précis
00:40:31 n'est pas assez lourde, c'est moins pour mon problème,
00:40:34 le problème de l'exemplarité à laquelle je ne crois pas,
00:40:38 que le fait de punir des gens qui méritent de l'être.
00:40:41 Alors, Christophe Bouillon reste évidemment en direct avec nous.
00:40:44 Je voulais vous faire entendre d'autres maires,
00:40:46 puisque les attaques à répétition envers les élus,
00:40:49 que ce soit contre l'abstention, le mécontentement
00:40:52 depuis la réforme des retraites,
00:40:53 toutes sortes de menaces sont grandissantes sur les réseaux sociaux
00:40:56 et dans la vie de tous les jours.
00:40:58 Phénomène qui menace la démocratie.
00:41:00 On écoute les explications de Mathilde Couvillère-Flornois.
00:41:02 Ils sont en première ligne sur le terrain.
00:41:05 Les maires éprouvent de plus en plus de difficultés
00:41:07 à exercer leurs fonctions.
00:41:09 Et les causes sont nombreuses, selon Ludovic Rochette,
00:41:11 président de l'Association des maires de la Côte d'Or.
00:41:13 La gestion d'une commune devient de plus en plus compliquée,
00:41:16 financièrement, par l'addition de normes,
00:41:20 et puis les agressions se succèdent.
00:41:23 C'est une fonction qui est passionnante,
00:41:25 mais c'est de plus en plus compliqué.
00:41:26 Les agressions envers les élus se multiplient.
00:41:28 Dernièrement, Yannick Moraise, maire de Saint-Brévin-les-Pins,
00:41:31 a vu son logement incendié et a par la suite démissionné.
00:41:34 Selon l'Association des maires de France,
00:41:36 les agressions envers les maires sont en hausse de 15% en 2022.
00:41:40 Les maires, ce qu'ils demandent, c'est bien sûr des peines sévères,
00:41:43 des peines qui sont prononcées sûrement plus rapidement.
00:41:47 Les maires sont aussi en attente d'une discussion franche
00:41:52 avec l'Etat pour qu'on puisse sereinement être maire aujourd'hui,
00:41:57 ce qui n'est pas le cas.
00:41:58 Pour Ludovic Rochette, ces démissions à répétition doivent nous alerter.
00:42:02 Là, en 2026, la situation peut être beaucoup plus compliquée.
00:42:06 Et s'il n'y a pas cette appétence à devenir maire en France,
00:42:11 c'est notre édifice qui est quand même aujourd'hui remis en cause.
00:42:14 Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur,
00:42:16 depuis 2020, 1293 maires ont raccroché leur écharpe à mi-mandat.
00:42:21 1293 maires ont démissionné en 2020, soit 3,7%.
00:42:27 Christophe Bouillon, on le disait dès le début de notre conversation,
00:42:30 de tels propos pour dénoncer les violences et pour mieux soutenir les maires
00:42:35 ont déjà été tenus par le passé et d'autres démissions ont déjà eu lieu
00:42:39 et malgré tout, le phénomène se poursuit.
00:42:43 On a atteint une forme de code d'alerte.
00:42:46 Vous savez, à un moment ou à un autre, l'accumulation de ces événements,
00:42:51 cette actualité, ces agressions, va conduire à de plus en plus de démissions,
00:42:55 mais surtout à des crises de vocation.
00:42:57 C'est-à-dire que concrètement, on est déjà à mi-mandat,
00:42:59 on voit des personnes qui peuvent parfois être intéressées par la vie locale,
00:43:03 être impliquées même dans les associations,
00:43:06 qui pourraient s'interroger et se dire "mais pourquoi pas m'engager plus tard ?"
00:43:09 Aujourd'hui, à la lecture de l'actualité, ça ne donne pas envie,
00:43:13 ça va décourager et ce n'est pas bon pour la démocratie.
00:43:15 Ça va manquer de respiration.
00:43:17 Mais au-delà de ça, et comme le disaient les deux intervenants sur le plateau,
00:43:22 il y a une vraie question de société sur la question de la violence
00:43:25 et plus largement, il y a une façon dont on considère aussi
00:43:28 que le service que rendent par exemple les élus.
00:43:31 On voit que de plus en plus d'administrés se comportent finalement comme des consommateurs.
00:43:35 C'est-à-dire qu'à partir du moment où ils ne sont pas contents,
00:43:38 où ils ne s'estiment pas contents d'un service rendu,
00:43:41 en tout cas ce qu'ils considèrent comme une prestation,
00:43:43 ils s'en prennent en étant eux-mêmes en colère.
00:43:46 J'insiste sur un point parce qu'avant d'en arriver à l'agression,
00:43:50 c'est-à-dire l'extrême, il y a les signes avant-coureurs,
00:43:54 c'est-à-dire la nécessité, et là on n'est pas encore au niveau de la sanction,
00:43:58 on est au niveau de l'observation, de l'accompagnement,
00:44:01 dès qu'il y a une menace verbale, dès qu'il y a une lettre anonyme,
00:44:05 dès qu'il y a sur les réseaux sociaux des propos qui sont tenus,
00:44:09 je pense qu'il faut que les autorités y accordent beaucoup plus d'importance qu'aujourd'hui.
00:44:14 Encore une fois, mettre un observatoire sur les violences va dans le bon sens,
00:44:18 mais la violence par définition, l'agression physique, c'est en bout de chaîne.
00:44:22 Mais c'est qu'au début de la chaîne que la peur existe,
00:44:25 que beaucoup de mes collègues maires n'osent même pas porter plainte de peur des représailles
00:44:29 parce qu'ils sont connus à l'échelle de leur commune, quelle que soit la taille.
00:44:32 Alors justement, je voulais vous faire entendre un témoignage très fort de Marie-Claude Thurillat,
00:44:36 maire de Bagnos et dans les Côtes d'Or,
00:44:39 une élue qui a été agressée à plusieurs reprises par un couple mécontent dans sa commune.
00:44:44 Elle a été tellement marquée par ce qu'elle a vécu qu'elle avait décidé de s'éloigner
00:44:47 quelques temps des médias pour ne pas attiser la haine de ses agresseurs.
00:44:50 Je vous propose de l'écouter en longueur.
00:44:53 Oui, écoutez, je peux vous en parler maintenant avec un peu plus de recul
00:44:57 puisque c'est une agression qui est revenue en janvier 2018.
00:45:01 J'ai été agressée une première fois en mairie par un locataire de bâtiment.
00:45:06 C'était elle qui m'a agressée.
00:45:08 Elle est montée en mairie et elle m'a fait reculer jusqu'à la photocopieuse,
00:45:12 prête à me gifler d'ailleurs.
00:45:15 Donc c'est passé au tribunal et puis son concubin est arrivé
00:45:19 et m'a agressée à son tour verbalement, mais très fortement.
00:45:22 Des mots qui étaient très difficiles à accepter.
00:45:27 Et trois mois après, il est venu me réagresser chez moi.
00:45:31 Et là, c'était vraiment encore quelque chose de très complexe au niveau verbal.
00:45:37 Mais là, je peux vous dire que contrairement à monsieur le maire de Saint-Brévin,
00:45:42 que je salue et que je soutiens, j'ai été pour ma part très soutenue,
00:45:48 tant par monsieur le sous-préfet, qui m'a reçu dès le lendemain matin,
00:45:51 que par la gendarmerie qui a fait son travail dans les temps
00:45:55 qui pourraient être juste après mon agression.
00:45:58 Et au tribunal, j'ai été quand même très, très soutenue,
00:46:01 autant par le président de l'AMF que par le sénateur,
00:46:07 par les maires du canton, bien sûr, et les adjoints,
00:46:11 ainsi que le département et la région.
00:46:14 Donc je n'ai pas été toute seule dans ce combat.
00:46:16 Mais je vous dirais que ça a été très lourd pour moi quand même.
00:46:21 Je ne sais pas de quoi demain sera fait.
00:46:24 Je ne sais pas, je suis en l'air abri de rien.
00:46:27 Je suis toujours vigilante, tout le temps.
00:46:31 Et puis, c'est des choses qui vous marquent.
00:46:34 Et puis, évidemment, on est d'autant plus prudents par la suite.
00:46:38 Bien sûr, c'est insensé à ce que vous l'avez dit, le mot, c'est ça.
00:46:42 Bien sûr que j'y pensais à questionner plus tôt,
00:46:45 mais après je me suis fait la, mes concitoyens au premier.
00:46:49 Et vous savez, ça fait maintenant le quatrième mandat,
00:46:53 donc 23 ans de mairie.
00:46:55 J'en aurai peut-être 25 certainement d'ici 2026,
00:46:59 mais ça s'arrêtera là. Je n'irai pas au-delà.
00:47:02 Je me suis représentée pourquoi dans ce quatrième mandat ?
00:47:04 Parce que j'avais encore des dossiers qui n'étaient pas encore clos
00:47:09 et que je devais traiter dans le quatrième mandat.
00:47:12 Mais je pense que ma tâche se terminera au bout de ces 25 années en 2026.
00:47:18 Et franchement, moi ce que j'ai envie de dire,
00:47:22 c'est aussi qu'il y a un effort de vue au niveau de l'éducation civique dans les écoles
00:47:27 et que les enfants, dès leur jeune âge, apprennent le respect de la République
00:47:33 et les valeurs de la République et du respect du maire, etc.
00:47:39 Je pense que c'est à cet âge-là qu'il faut que ces choses se passent.
00:47:42 J'ai entendu un maire il y a quelques temps qui disait, aux informations,
00:47:47 qu'elle arrivait à ne plus faire le vide dans sa tête le week-end.
00:47:52 Je la comprends parce que je suis dans la même situation.
00:47:55 C'est-à-dire qu'on a un travail quotidien qui est tellement lourd,
00:48:01 tant administrativement que sur le terrain,
00:48:04 qu'effectivement j'arrive à un moment où je dis à mes concitoyens
00:48:09 que je n'arrive plus à faire le vide dans ma tête le week-end.
00:48:12 Et là, quand on en arrive là, ça devient compliqué.
00:48:16 Christophe Bouillon, une dernière question après ce témoignage très fort, très émouvant.
00:48:20 Également, Madame le maire dit que c'est un sacerdoce,
00:48:23 mais ça empiète sur la vie personnelle.
00:48:27 C'est d'ailleurs un argument qui évoque beaucoup de ceux qui disent qu'ils ne veulent plus poursuivre.
00:48:33 72% de ceux qui ne souhaitent pas se représenter au poste de maire
00:48:37 disent que c'est à cause de cet envahissement, on va dire, du métier dans la vie personnelle,
00:48:44 qu'ils ont compris ces agressions et cette violence.
00:48:47 Oui, à travers ce témoignage très poignant de Madame le maire de Bagneaux,
00:48:51 on entend d'abord une forme de détresse et en même temps une passion,
00:48:56 parce qu'elle le disait elle-même à travers les quatre mandats qui ont été le sien,
00:49:00 elle voulait servir.
00:49:02 Mais quand on est maire, en fait, on n'est pas tout seul,
00:49:05 on embarque avec soi souvent sa famille, son conjoint ou sa conjointe.
00:49:08 Et aujourd'hui, c'est vrai que beaucoup des collègues maires,
00:49:11 et c'est ça qui les décourage encore plus,
00:49:15 c'est qu'ils ne sont pas les seuls à être confrontés à cette violence,
00:49:18 mais souvent c'est leur famille aussi qui le sont.
00:49:21 Et vous avez parfois des administrés, quand ils veulent, s'en prendre aux maires,
00:49:24 qui indiquent connaître l'école où est scolarisé l'enfant,
00:49:28 là où la famille habite, etc., les habitudes mêmes des uns et des autres.
00:49:32 Et ça, ce n'est pas supportable.
00:49:34 Vous savez, Madame le maire de Bagneaux disait quelque chose d'assez important
00:49:38 sur l'éducation au civisme, l'intervention dans les écoles.
00:49:42 Le maire est très connu dans les écoles.
00:49:44 Eh bien, si on laisse passer les choses du côté des maires, aux yeux des plus jeunes,
00:49:48 eh bien, on considérera finalement qu'en effet, tout se vaut,
00:49:52 que même le maire, il peut être insulté, bousculé, molesté.
00:49:57 C'est pour ça qu'il est important de ne rien laisser passer,
00:49:59 parce que si cette digue-là, elle saute,
00:50:01 non seulement vous allez avoir du découragement chez les élus,
00:50:04 à l'image de ce que dit la maire de Bagneaux,
00:50:06 mais en même temps, plus personne pour incarner une fonction d'éthiolité
00:50:10 au plus près, et notamment auprès des jeunes enfants dans les écoles.
00:50:13 Merci beaucoup, Christophe Bouillaud, d'avoir participé à cette conversation.
00:50:19 J'allais dire débat, mais il n'y a pas de débat.
00:50:21 On est tous là pour dénoncer la violence à l'encontre de nos élus.
00:50:24 Je rappelle, Christophe Bouillaud, vous êtes président de l'Association des petites villes de France.
00:50:27 Un dernier mot sur le témoignage de cette maire très poignante et très émouvante,
00:50:31 parce qu'elle reste impliquée, et pourtant, on sent que ce qu'elle a vécu l'a énormément marqué.
00:50:35 C'est normal.
00:50:37 Oui, et c'est souvent le cas.
00:50:39 Les maires ne font pas simplement ça pour porter l'écharpe et dire "Bonjour, Monsieur".
00:50:45 Ils s'impliquent pour leur population.
00:50:47 Il y a un vrai sacerdoce.
00:50:49 Mon grand-père a été maire.
00:50:51 En fait, on a tous dans nos familles quelqu'un qui a participé à cette fonction si importante
00:50:58 comme élu local, avec, au-delà même de la politique,
00:51:01 souvent dans les petites communes comme celle-là, c'est pas des partis...
00:51:05 Oui, on gère du quotidien plus que de la politique politicienne.
00:51:07 Voilà. Non, mais même, c'est moins politique que dans les grandes villes.
00:51:12 Vous avez souvent des gens, listes non inscrites, qui arrivent à se regrouper.
00:51:18 On parle des petites localités, là.
00:51:20 Donc, c'est même plus autour de la politique, mais c'est simplement pour faire vivre une petite...
00:51:26 Communauté, ensemble.
00:51:28 Une petite commune qui a besoin de son maire.
00:51:31 Et ça, ça me paraît tellement important.
00:51:33 Mais je rebondis sur ce qui a été dit, sur le fait qu'il faut absolument impliquer la jeunesse
00:51:39 à travers des petits événements, ça, ça n'a pas été dit, mais moi, j'y crois,
00:51:44 qui sont pas simplement des jours fériés, qui sont autour du Monument aux Morts,
00:51:49 autour de... Obliger les écoles à y aller.
00:51:52 Pardonnez-moi de dire à mon époque, on faisait le jour du 8 mai ou le jour du 11 novembre,
00:52:00 l'école y allait, et même des fois, on poussait la chansonnette...
00:52:04 Renforcer ce lien commun.
00:52:05 Voilà.
00:52:06 Continuer d'écrire ce roman français dont on parle de temps en temps.
00:52:08 Absolument. Il faut le souligner, le renforcer.
00:52:11 Et y a pas 36 manières de le renforcer.
00:52:13 C'est pas simplement en envoyant le maire faire un cours d'instruction civique dans les écoles,
00:52:19 mais c'est par rapport à ces événements nationaux où la mairie est représentée,
00:52:24 avec peut-être des fois le préfet ou les élus locaux.
00:52:28 Dernier mot Jean-Michel Fauvergne.
00:52:30 Je voulais porter témoignage de...
00:52:33 Quand j'ai été élu député, j'ai redécouvert ces maires de ma circonscription
00:52:37 qui sont taillables et corvéables, merci, et on l'a dit dans ces reportages,
00:52:43 qui se battent contre des normes supplémentaires,
00:52:46 et surtout, et c'est quelque chose que je retiens,
00:52:50 le président Christophe Bouillon l'a dit,
00:52:53 on est face à des gens qui sont maintenant de plus en plus consommateurs
00:52:56 et qui sont de plus en plus individualistes, pas pour tous, mais pour certains,
00:53:02 ils sont de plus en plus individualistes,
00:53:04 ils n'ont pas cet esprit de communauté, y compris dans les petites communes d'ailleurs,
00:53:08 et c'est pour ça que ces maires et ces mairesses,
00:53:11 je sais pas si on dit mairesse, mais on va le dire,
00:53:13 sont absolument remarquables, et oui, il faut arriver à les défendre
00:53:19 comme tout porteur d'autorité.
00:53:21 - Et c'est pour ça qu'on continue d'en parler malheureusement chaque jour,
00:53:23 mais pour les défendre aussi chaque jour sur nos trentaines.
00:53:26 On change de sujet, ils disent vouloir reprendre le contrôle en matière d'immigration.
00:53:30 Trois figures des Républicains, Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Olivier Marlec,
00:53:34 s'affichent ensemble dans le JDD pour présenter deux propositions de loi en la matière,
00:53:39 avec une possibilité de référendum sur la politique migratoire,
00:53:41 leur établissement du délit de séjour clandestin,
00:53:43 l'inscription de l'assimilation dans la Constitution.
00:53:46 Ce ne sont que quelques-unes de leurs pistes que nous détaille Augustin Donat-Dieu.
00:53:49 - Avec leurs deux propositions de loi offensives,
00:53:53 les Républicains veulent reprendre le contrôle en matière d'immigration.
00:53:56 L'objectif, mettre un coup d'arrêt à l'immigration de masse,
00:53:59 selon Éric Ciotti, le président du parti.
00:54:02 Première proposition de loi, modifier la Constitution
00:54:05 pour permettre la consultation des Français par référendum.
00:54:09 Car aujourd'hui, l'immigration ne fait pas partie des sujets
00:54:12 pouvant donner lieu à une consultation référendaire.
00:54:15 Toujours dans la Constitution, le parti de droite souhaite
00:54:17 l'inscription de l'assimilation dans cette Constitution.
00:54:21 Enfin, deuxième proposition de loi, elle reprend en partie
00:54:25 toutes les idées déjà défendues par les Républicains.
00:54:27 Par exemple, revenir sur l'attribution systématique des prestations sociales,
00:54:31 s'opposer à la régularisation des travailleurs sans-papiers dans les secteurs en tension,
00:54:35 permettre aux pays de déroger à la primauté de traités ou du droit européen,
00:54:39 ou encore le rétablissement du délit de séjour clandestin.
00:54:43 Bref, les LR veulent reprendre la main et dicter le tempo au gouvernement.
00:54:47 L'occasion aussi pour les Républicains, habitués de longue date aux divisions,
00:54:51 comme récemment lors de la réforme des retraites,
00:54:53 de se montrer unis et capables de s'entendre dans un parti qui a failli disparaître.
00:54:58 Dans un instant, on donnera la parole à un représentant de l'hôtellerie de la Restauration
00:55:03 parce qu'il est aussi question pour ces LR de ne pas accepter de régulariser
00:55:08 les sans-papiers qui travaillent dans ce domaine-là.
00:55:11 On en parlera donc dans un instant avec Franck Delvaux.
00:55:14 D'abord, une petite réaction, Jean-Michel Fauvergne.
00:55:16 Est-ce que cette proposition de ces trois LR, ce n'est pas un peu pour court-circuiter le gouvernement ?
00:55:22 Sans doute, c'est du politique.
00:55:24 Mais sur le fond, ça me semble assez intéressant.
00:55:27 Ils proposent deux lois.
00:55:28 Une loi organique pour changer la Constitution et pour passer au référendum sur l'immigration.
00:55:34 Moi, il me semble intéressant et important que les Français puissent faire…
00:55:38 – Exprimer sur le sujet.
00:55:39 – Puissent exprimer sur ce sujet.
00:55:41 Ça fait partie du programme de Marine Le Pen.
00:55:43 Elle ne pourra pas le faire.
00:55:45 C'est une arnaque.
00:55:46 Elle ne pourra pas le faire en l'État.
00:55:48 Si cette loi organique est votée, elle pourra le faire et tout le monde pourra le faire.
00:55:55 Et c'est plutôt une bonne chose que les Français s'expriment dans ce domaine-là.
00:55:58 La deuxième chose, ils ont un certain nombre de propositions.
00:56:01 Bon, on ne va pas aller dans le fond des propositions.
00:56:04 C'est juste sur la forme.
00:56:06 C'est bien d'afficher ces propositions-là,
00:56:09 de faire en sorte qu'ils soient soudés autour des propositions.
00:56:12 Ils l'ont déjà été auparavant, en particulier sur l'âge de la retraite.
00:56:16 Peut-être qu'à un certain moment, quand il s'agira de passer au vote,
00:56:19 il faudra qu'ils soient soudés sur le vote aussi.
00:56:21 – Eh bien, on continue notre parlait juste après la pub
00:56:23 et on sera avec Franck Delvaux, président de l'UMI-IDF, Île-de-France.
00:56:26 A tout de suite.
00:56:27 [Générique]
00:56:30 – Il est 15h avant de reprendre nos discussions,
00:56:32 on fait un point sur l'essentiel de l'actualité, la parole à Sandra Tchoumbou.
00:56:35 [Générique]
00:56:38 – La police nationale est en deuil, un grave accident de la route
00:56:41 ce matin dans la métropole lilloise a coûté la vie à 4 personnes, dont 3 policiers.
00:56:45 Dans un message sur Twitter, elle exprime une très grande douleur
00:56:48 après le décès en mission de 3 jeunes.
00:56:50 "Nous assurons leurs familles et leurs collègues proches de tout notre soutien".
00:56:53 Réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France,
00:56:56 Elisabeth Borne doit dévoiler son plan d'action secteur par secteur ce lundi.
00:57:01 Covoiturage, électrification des véhicules, remplacement des chaudiers au fioul.
00:57:05 La France a émis 408 millions de tonnes équivalent CO2 l'an dernier,
00:57:09 elle entend atteindre 270 millions en 2030.
00:57:13 Fin du week-end de l'ascension, il faudra faire preuve de patience sur les routes.
00:57:17 Aujourd'hui, la journée est classée noire dans le sens des retours sur tous les grands axes.
00:57:21 Ce dimanche devrait être le jour le plus chargé de l'année selon Bison Futé.
00:57:24 Il prévoit des embouteillages jusque très tard dans la soirée.
00:57:28 On continue de parler de cette proposition de loi des LR,
00:57:32 en tout cas de 3 figures du parti Les Républicains, pour stopper l'immigration de masse.
00:57:37 Il y a aussi cette question de la régularisation des sans-papiers dans l'hôtellerie et la restauration.
00:57:43 Olivier Marlex dit dans le JDD "Créer un nouveau titre de séjour, c'est vouloir ouvrir les portes en grand".
00:57:49 "Le président du Medef m'a dit clairement, dit Olivier Marlex,
00:57:53 ne laissez pas dire que ce sont les employeurs qui sont demandeurs d'un assouplissement de la politique migratoire".
00:57:58 Olivier Marlex qui dit aussi, je rappelle qu'il y a toujours 3 millions de chômeurs en France.
00:58:02 Alors comment réagit-on dans les cuisines, des bistrots et des restaurants en France
00:58:07 où l'on manque cruellement de main-d'oeuvre ?
00:58:09 On va poser la question directement à Franck Delvaux.
00:58:11 Merci d'être avec nous, vous êtes le président de l'UMI Île-de-France.
00:58:15 Alors on le sait depuis quelques années maintenant,
00:58:17 les candidatures se font de plus en plus rares en restauration.
00:58:20 Pas assez de monde en cuisine, ni en salle.
00:58:23 Régulariser les salariés étrangers dans l'hôtellerie et la restauration, reconnus pour leurs compétences,
00:58:28 apparaissait pour certains comme une solution.
00:58:30 C'est Thierry Marx notamment, le chef qui disait tout haut ce qu'il disait-il,
00:58:35 se disait tout bas dans ses cuisines.
00:58:38 Que pensez-vous de cette proposition de la DLR qui dit être pour une régularisation ?
00:58:45 Nous dans l'hôtellerie et la restauration on l'a dit,
00:58:49 et notre président national Thierry Marx l'a dit, vous l'avez souligné,
00:58:52 on est pour la régularisation.
00:58:54 Il y a ce qu'on appelle aujourd'hui dans nos établissements des vrais faux papiers.
00:58:57 C'est-à-dire ce sont des personnes qui sont intégrées, qui travaillent,
00:59:00 qui payent des impôts, nous on paye des cotisations sociales
00:59:05 et ils sont arrivés chez nous avec des faux papiers, ce qu'on appelle les vrais faux papiers.
00:59:09 Ces gens-là, il faut les régulariser, ils sont intégrés.
00:59:12 Généralement au moment de renouveler leurs papiers, évidemment ça pose problème.
00:59:16 Je souligne aussi les délais, aujourd'hui les délais très longs auprès des préfectures
00:59:21 pour pouvoir renouveler les papiers.
00:59:23 Tout ça crée des problèmes puisque nous si on ne peut pas les garder,
00:59:26 on n'a pas de personnel pour travailler, on n'a pas d'équipe.
00:59:29 Et puis à côté de ça, ce sont des gens qui font aussi participer à l'économie française
00:59:32 puisqu'ils sont parfaitement intégrés, ils ont un travail, ils payent des impôts,
00:59:35 ils payent des cotisations sociales.
00:59:37 Alors Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Olivier Marleix,
00:59:40 qui je précise, je me suis emmêlé les passants,
00:59:42 contre cette régularisation disent que c'est non négociable.
00:59:46 Qu'est-ce que vous pouvez leur répondre ?
00:59:48 Est-ce que vous avez d'autres moyens de renflouer un peu les équipes dans vos restaurants ?
00:59:53 Vous savez, à l'heure où on se parle, à Paris, il y a à peu près,
00:59:58 à Pôle emploi, Paris-de-France, il y a 40 000 offres d'emploi
01:00:02 pour travailler dans l'hôtellerie-restauration.
01:00:04 Mais est-ce que vous savez combien il y a de personnes inscrites à Pôle emploi
01:00:07 pour venir travailler ? 64 000. Environ 60 000 à Paris inscrites à Pôle emploi
01:00:12 en disant "je suis disponible tout de suite pour venir travailler en hôtellerie-restauration".
01:00:16 Vous voyez, le matching entre les deux ne se fait pas.
01:00:19 Donc il y a vraiment un véritable problème.
01:00:21 Donc oui, on a besoin de ces personnes, comme je dis encore,
01:00:25 qui sont intégrées, qui travaillent et on a besoin de les régulariser.
01:00:28 Donc ce que je peux dire peut-être à Eric Ciotti et à Monsieur Retejo,
01:00:32 c'est de se rapprocher des professionnels de l'hôtellerie-restauration,
01:00:35 qu'on leur explique la situation.
01:00:37 Parce que je pense, malheureusement, qu'ils parlent d'une chose qu'ils ne connaissent pas.
01:00:41 Ils doivent le savoir pourtant.
01:00:43 On sait aussi que c'est de la politique qui se joue là, évidemment,
01:00:47 la politique politicienne, comme on a l'habitude de dire.
01:00:49 Tout à fait. Oui, tout à fait.
01:00:51 Non mais c'est de la politique politicienne.
01:00:53 Je veux dire, nous, par contre, on est là pour faire fonctionner nos entreprises,
01:00:56 pour faire fonctionner une économie.
01:00:58 Donc on n'est pas sur le même tableau.
01:01:00 Nous, on est des gens pragmatiques.
01:01:02 C'est la vie de tous les jours.
01:01:04 Dernière question, Franck Delvaux.
01:01:06 J'ai l'impression que vous n'avez pas tout à fait répondu.
01:01:08 Est-ce que c'est la seule solution ?
01:01:10 Est-ce qu'on ne peut pas aussi tenter de faire un peu mieux briller ces postes
01:01:16 dans l'hôtellerie-restauration pour attirer plus de candidatures dont vous manquez en ce moment ?
01:01:21 Oui, tout à fait.
01:01:23 Alors, il y a déjà eu des avancées, puisque ça remonte un peu,
01:01:26 mais on a quand même revu la grille des salaires chez nous,
01:01:28 les niveaux, les échelons, de façon forte, il y a à peu près un an maintenant,
01:01:32 avec des augmentations moyennes de l'ordre de plus de 16 %.
01:01:35 Et puis, vous n'êtes pas sans remarquer qu'aujourd'hui, dans beaucoup de villes,
01:01:39 pas qu'à Paris, mais dans beaucoup de villes,
01:01:41 les restaurateurs ou les hôtels, vous avez des restaurants qui sont fermés un jour par semaine
01:01:45 ou des restaurants qui ferment plus tôt le soir,
01:01:47 aussi au niveau des conditions de travail,
01:01:51 pour que les équipes puissent avoir plus de temps libre ou pour pouvoir travailler différemment.
01:01:55 On doit aussi s'adapter aux choses qui évoluent, à la société qui évolue.
01:02:00 Surtout que quand on regarde les chiffres,
01:02:02 on nous dit que le taux de chômage va encore diminuer très nettement dans les années à venir.
01:02:06 Donc, on aura bien, on va continuer à avoir ce souci de recrutement.
01:02:11 D'ailleurs, ce qui est intéressant, j'ai retrouvé la une du journal de l'hôtellerie,
01:02:15 le journal de l'hôtellerie et de la restauration, qui en 2000 disait déjà
01:02:18 « Ah, on manque de personnel en hôtellerie et de restauration ».
01:02:21 On sent que le problème ne va pas se résoudre tout de suite,
01:02:23 notamment pas à l'approche de la saison touristique qui ne fait que commencer.
01:02:27 Merci beaucoup en tout cas, Franck Delvaux, d'avoir participé à notre discussion.
01:02:30 C'est vrai qu'on ne s'en sort pas à chaque arrivée de sa proposition,
01:02:33 sans qu'on résolve ce problème de manque de main d'œuvre,
01:02:36 notamment dans l'hôtellerie et la restauration.
01:02:39 Faut-il régulariser les sans-papiers qui sont reconnus pour leurs compétences dans ces secteurs ?
01:02:44 Quelqu'un qui travaille, qui paye des impôts, je ne vois pas où serait le problème de la régularisation.
01:02:50 Le problème de l'immigration, ce n'est pas ceux qui travaillent,
01:02:53 c'est ceux qui seraient en France et qui ne font rien.
01:02:56 C'est ça la vraie problématique.
01:02:58 À partir du moment où vous avez des gens qui s'intègrent par le travail,
01:03:02 on peut inventer tous les textes que l'on veut pour essayer de faire plaisir
01:03:07 à une majorité dont on a le sentiment politiquement qu'on pourrait l'amener vers soi
01:03:13 quand on est éclaté, ce qui est quand même le cas des LR.
01:03:16 Ils ont un vrai problème et actuellement ils ont trouvé le machin pour les rassembler.
01:03:23 Mais j'aimerais qu'ils fassent la même chose que ce qu'ils font
01:03:26 quand tout d'un coup ça les arrange de parler de l'Allemagne.
01:03:28 Là, comme par hasard, on n'en parle plus.
01:03:30 L'Allemagne a absorbé combien d'immigrés avec une vraie problématique par rapport à l'emploi.
01:03:40 On a cette problématique de l'emploi.
01:03:42 Si on construit les choses mieux, je pense qu'on sera mieux à même de régulariser et de faire les choses.
01:03:48 Si on laisse faire comme c'est le cas, avec des gens qui travaillent,
01:03:52 comme le disait ce monsieur, des vrais faux papiers, on n'est pas sortis.
01:03:56 Je redis ce que j'ai dit tout à l'heure, ouvrir le débat sur l'immigration,
01:04:00 ça me semble absolument incontournable.
01:04:03 Que ça soit fait par les LR, que ça soit fait par le gouvernement, par d'autres,
01:04:06 il faut l'ouvrir et il faut arriver à des solutions pragmatiques.
01:04:10 Maintenant, ces solutions, on arrivera à les trouver
01:04:14 si on arrête de se servir de l'immigration comme marqueur politique.
01:04:18 Et le fait d'empêcher la régularisation d'un petit nombre de personnes qui travaillent déjà
01:04:26 et dont les restaurateurs, ça vient de nous être dit, en ont besoin,
01:04:31 on est dans la doxa politique, on est dans le marquage,
01:04:35 on est dans cette espèce de marqueur politique qui empêche d'avancer sur un dossier important.
01:04:45 D'autant plus que Christian vient de parler de l'Allemagne,
01:04:49 mais la Hongrie, qui n'est pourtant pas un pays connu pour sa permissivité en termes d'immigration,
01:04:56 la Hongrie est en train de régulariser des gens qui travaillent déjà.
01:05:00 Débat à suivre, évidemment.
01:05:02 Comment mieux prendre en charge les familles touchées par un féminicide ?
01:05:06 Un rapport dessinant des axes de travail sera remis demain au ministre de la Justice
01:05:10 et à la ministre de l'Égalité Femmes-Hommes.
01:05:12 Il est censé conduire à la mise en place de pôles spécialisés dans tous les tribunaux,
01:05:16 une mesure qui fera l'objet d'une loi avant la fin de l'année et d'une entrée en vigueur rapide.
01:05:21 On rappelle ce chiffre glaçant, il y a eu 38 féminicides depuis le début de l'année
01:05:25 et deux victimes collatérales.
01:05:27 Pour en parler avec nous, Sandrine Bouchet, bonjour, merci de participer à notre émission.
01:05:31 Vous êtes présidente de l'Union Nationale des Familles de Féminicides.
01:05:35 Vous êtes également l'auteur de Elle le quitte, il la tue.
01:05:41 La question de l'accompagnement des proches de ces femmes tuées par leur conjoint,
01:05:45 c'est vraiment ce qui est au cœur de ce rapport.
01:05:47 Ces familles de victimes qui se retrouvent souvent démunies,
01:05:50 quels sont les domaines dans lesquels vous pensez qu'on peut encore améliorer
01:05:54 la prise en charge de l'entourage de ces victimes ?
01:05:56 Alors aujourd'hui, ce qui est très important de prendre en charge, ce sont les enfants.
01:06:03 Parce que malheureusement, encore aujourd'hui, les enfants sont confiés très souvent à la famille,
01:06:08 excusez-moi du terme, mais comme des paquets de linge sale.
01:06:12 On récupère les enfants avec les habits du jour ou en pyjama.
01:06:17 L'appartement est mis sous scellé, on n'a pas accès aux cartables,
01:06:21 on n'a pas accès aux vêtements, on n'a pas accès aux papiers.
01:06:25 Donc il faut vraiment prendre en charge les enfants.
01:06:28 On parle d'un accompagnement psychologique, d'un accompagnement juridique,
01:06:32 et aussi de formation, perfectionner la formation de tous les acteurs de ce terrain.
01:06:38 Ça vous semble essentiel aussi ?
01:06:41 Oui, bien sûr, parce qu'on sait aussi aujourd'hui que la moitié des familles de victimes
01:06:46 ne sont pas identifiées par France Victime, donc de ce fait n'ont pas accès à leurs droits.
01:06:51 On se retrouve avec des familles qui doivent payer des honoraires d'avocats gigantesques
01:06:58 alors qu'elles ont deux droits, accès à l'aide juridictionnelle sans aucune condition de ressource.
01:07:05 Malheureusement, elles ne le savent pas, les familles.
01:07:08 Donc former toute la chaîne qui va être amenée à être en contact avec ces familles,
01:07:16 c'est bien évidemment primordial.
01:07:18 Ça commence aussi par avoir beaucoup de tact à l'annonce du décès d'une personne de cette famille.
01:07:25 Ça veut dire préparer l'entretien avec les proches, savoir choisir les mots.
01:07:29 Il est question dans cette circulaire de privilégier aussi le volontariat des enquêteurs,
01:07:33 des magistrats ou des associations d'aide aux victimes pour s'en charger.
01:07:37 Est-ce que ça c'est un axe aussi qu'il faut développer selon vous ?
01:07:40 Moi je pense que ça ne devrait pas être mis sur le volontariat.
01:07:43 Tout le monde devrait être formé parce que que fait-on si jamais au moment de l'annonce,
01:07:50 la personne formée n'est pas disponible ?
01:07:52 Ce n'est juste pas possible.
01:07:54 On le voit très souvent, les familles apprennent dans les journaux
01:07:58 ou elles apprennent au détour d'une conversation, voire au téléphone.
01:08:02 Il faut vraiment que tout le monde soit formé à l'annonce et à l'accompagnement des familles.
01:08:06 Merci beaucoup Sandrine Boucher d'avoir participé à notre discussion.
01:08:11 C'est un sujet qui mériterait bien plus de temps,
01:08:15 mais on en reparlera au moment de la présentation.
01:08:18 Ça va continuer cette semaine et pour voir comment ça va aboutir.
01:08:21 C'est encore un domaine sur lequel il faut progresser.
01:08:25 C'est un domaine qui a été privilégié dans le dernier quinquennat,
01:08:29 qui est privilégié maintenant aussi.
01:08:31 Privilégié, ce n'est pas ce que disent les associations.
01:08:34 Il y a encore beaucoup à faire.
01:08:36 Ça a été mis à l'ordre du jour.
01:08:38 Évidemment qu'il y a beaucoup de choses à faire.
01:08:41 Il y en aura toujours de plus en plus de choses à faire.
01:08:43 Il y a eu des bracelets anti-rapprochement,
01:08:46 il y a eu des policiers et des gendarmes qui sont formés dans les commissariats.
01:08:49 Il y a eu beaucoup de choses qui ont été faites.
01:08:51 Mais évidemment que le chemin reste encore très long dans ce domaine-là,
01:08:54 comme dans d'autres, et qu'il faut privilégier aussi ce domaine-là.
01:08:58 La formation, on disait que tout le monde devrait être formé.
01:09:01 On ne devrait pas appeler des volontaires pour s'occuper de ces affaires-là ?
01:09:04 Faire appel à des volontaires, déjà qu'on a du mal à en trouver
01:09:08 quand les situations sont saines, dans des situations difficiles comme ça,
01:09:12 ça ne me paraît pas évident.
01:09:14 Mais il y a des formations également qui sont faites.
01:09:16 Il y a des gens qui passent des diplômes pour cela.
01:09:19 Et il y a aussi tout ce problème autour de la psychiatrie en France
01:09:22 qui est un vrai drame pour tout le domaine qui concerne la criminalité.
01:09:29 Et on sait très bien qu'il y a une part de psychiatrie douloureuse, profonde,
01:09:34 dans toutes ces situations.
01:09:35 Alors on parle des auteurs de ces féminicides.
01:09:37 Oui, mais je parle des auteurs.
01:09:38 De moi, c'est la question de la prise en charge des familles.
01:09:40 Imaginez qu'on l'a pas en amont aussi.
01:09:42 Alors imaginez qu'on va l'avoir en aval, pour ma part.
01:09:45 Je trouve très bien qu'on évoque le problème.
01:09:48 Mais il faudrait ne pas avoir à se poser la question.
01:09:52 C'est déjà trop tard.
01:09:53 C'est déjà trop tard.
01:09:54 Donc je dis, il faut également continuer en amont
01:09:57 à essayer de voir que le problème part de gens
01:10:00 qui ont un dérèglement psychologique profond.
01:10:03 Il nous reste quelques minutes pour évoquer ce sacré paradoxe
01:10:06 de la saison suéen, un peu plus léger.
01:10:08 Alors que l'agriculture manque d'eau dans les Pyrénées-Orientales,
01:10:11 notamment, elle est tombée en trop grande quantité.
01:10:14 Cette eau dans le nord des plus abondantes
01:10:16 qui ont perturbé le calendrier agricole.
01:10:18 Les cultures de betterave, notamment de lin et de pommes de terre,
01:10:21 ont pris du retard et certains s'inquiètent d'une perte de rendement.
01:10:25 On va évoquer le sujet avec Geoffroy Dévry.
01:10:27 Bonjour, merci d'être avec nous en ce dimanche.
01:10:29 Vous êtes président de l'Union Nationale des Producteurs de Pommes de Terre.
01:10:32 Faisons d'abord un point sur la situation.
01:10:34 Si j'ai bien compris, les seules gorgées d'eau
01:10:36 ont donc empêché de semer ces cultures.
01:10:39 Alors c'est exact.
01:10:41 On a connu un gradient nord-sud,
01:10:43 sud-nord plus ou moins, avec une plantation
01:10:46 qui au sud de Paris était à peu près dans les temps nécessaires.
01:10:51 Mais qui finalement, plus on remontait,
01:10:53 plus on allait vers la côte, plus là,
01:10:55 on a eu des pluies incessantes
01:10:57 qui ont empêché de pouvoir implanter la culture de la pomme de terre
01:11:01 au bon moment.
01:11:03 Qu'est-ce que ça pose comme problème ?
01:11:05 Parce qu'on se dit, si les cultures sont décalées,
01:11:07 on décale un peu après les pluies,
01:11:09 et puis voilà, apparemment ce n'est pas comme ça que ça marche.
01:11:11 On a des cycles d'exploitation de pommes de terre,
01:11:14 on a différentes variétés en fonction des cycles d'exploitation
01:11:16 qui peuvent être plus ou moins longues.
01:11:18 Aujourd'hui, on a la chance d'avoir des variétés
01:11:20 qui sont ce qu'on appelle la culture un peu plus tardive,
01:11:22 qui permettrait, si encore une fois,
01:11:24 on a un été qui nous est favorable,
01:11:26 de rattraper en partie le retard de plantation qu'on a pu avoir.
01:11:30 Est-ce que certains ont raison de s'inquiéter
01:11:33 d'une perte de rendement au bout de la chaîne ?
01:11:35 Et de quel volume parle-t-on ?
01:11:37 Non, alors, il est encore trop tôt pour faire un état
01:11:42 de la production de pommes de terre française.
01:11:45 On est encore en train de planter, et ce n'est pas terminé.
01:11:49 Certes, certaines régions vont avoir une incidence,
01:11:52 mais c'est encore trop difficile de pouvoir le mesurer maintenant.
01:11:59 L'été fera la différence.
01:12:01 On attend l'été.
01:12:03 Un dernier mot sur ce paradoxe, je le disais,
01:12:06 il y a des régions qui sont asséchées.
01:12:08 Paradoxe aussi pour vous si on compare à l'année dernière,
01:12:11 où à la même période, les agriculteurs craignaient
01:12:13 de voir leurs jeunes plants souffrir du manque d'eau.
01:12:15 Donc cette année, c'est tout l'inverse.
01:12:16 Est-ce que vous diriez qu'il est de plus en plus difficile
01:12:18 de produire dans ces champs du Nord ?
01:12:22 Non, les agriculteurs vont devoir s'adapter indéniablement.
01:12:25 On voit le changement climatique qui s'installe,
01:12:28 avec des pluies qui sont abondantes parfois,
01:12:32 dans des périodes où on ne les attendait pas forcément.
01:12:35 Donc il va falloir qu'on apprenne à gérer cette eau
01:12:37 et à pouvoir en disposer le moment le plus opportun.
01:12:41 Et lorsqu'elle tombe, s'il faut pouvoir la stocker
01:12:44 et la rendre à la nature pendant le mois d'été,
01:12:48 si tant est qu'on ait des sécheresses ou canicules.
01:12:51 Vous allez vous préparer à tout genre de situation.
01:12:54 Merci beaucoup Geoffroy Dévry de nous avoir apporté ces précisions.
01:12:57 Je rappelle que vous êtes le président de l'Union nationale
01:12:59 des producteurs de pommes de terre.
01:13:01 On garde espoir pour ces cultures nordiques.
01:13:03 C'est vrai que Jean-Michel Fauvert, on parle souvent ensemble
01:13:05 sur ce plateau de la sécheresse, notamment dans les Pyrénées-Orientales.
01:13:08 Alors là, catastrophe, dans le Nord, c'est trop d'eau.
01:13:10 Il faudrait l'exporter dans le sud du pays.
01:13:13 Oui, l'eau, il faudrait l'exporter, mais ça va être difficile.
01:13:17 Ça va être difficile, mais ça prouve quand même
01:13:21 qu'effectivement, il y a des évolutions.
01:13:24 C'est peut-être dû au changement du climat, mais pas que.
01:13:27 Ça existe auparavant.
01:13:28 Ça dépend de la météo et ça décale un petit peu.
01:13:30 Et puis on a vu que le président était assez serein pour l'instant.
01:13:34 Pas trop alarmiste encore.
01:13:37 Non, pas trop alarmiste et on attend la suite.
01:13:40 Il y a eu un paquet de présidents et de présidentes aujourd'hui
01:13:43 qu'on a interrogés.
01:13:44 Oui, on appelle en tout cas ceux qui sont au plus proche du thème
01:13:47 dans ce concept de l'émission.
01:13:48 Au moins, on apprend des choses concrètes.
01:13:50 Oui, mais au moins, pour une fois qu'on a quelqu'un
01:13:52 qui n'est pas forcément trop pessimiste, ça fait quand même du bien.
01:13:56 Moi, ce qui me gêne, c'est qu'à chaque fois qu'on parle de quelque chose,
01:14:00 juste pour dire qu'il y a une situation, derrière,
01:14:03 il y a tout un aspect spéculatif, ce qui se passe au-delà des producteurs
01:14:07 et qui fait que tout d'un coup, alors qu'il n'y a pas de pénurie,
01:14:11 les cours montent et on ne le voit pas.
01:14:14 Et c'est le consommateur qui paye ça à la pompe.
01:14:15 Ça n'a rien à voir, a priori, mais le pétrole est au plus bas
01:14:18 et j'ai toujours vu qu'à la pompe, ça n'avait pas beaucoup bougé.
01:14:20 On va enquêter, on va lancer notre équipe.
01:14:23 Et la sécheresse dans le sud de la France, dans le Périnoriental en particulier,
01:14:28 par contre, la situation est, elle, véritablement encore beaucoup plus importante.
01:14:34 Catastrophique, oui, et ça grève de week-end en week-end.
01:14:36 Et on le rappelle, l'été n'a pas encore commencé.
01:14:38 On sait que les pompiers aussi font des réserves d'eau en prévision de la lutte contre les incendies.
01:14:43 Ils interviennent beaucoup et ça le l'est parce qu'ils sont encore intervenus plusieurs fois.
01:14:48 Et les agriculteurs sont les premiers concernés,
01:14:50 encore notamment d'arboriculture qui est menacée.
01:14:53 On s'arrête là pour aujourd'hui.
01:14:54 Merci messieurs d'avoir participé à l'émission.
01:14:57 Merci à vous de nous avoir suivis.
01:14:59 À suivre sur l'antenne de CNews 90 minutes info week-end
01:15:02 avec Lionel Rousseau et ses invités.
01:15:04 Je vous retrouve le week-end prochain.
01:15:06 ♪ ♪ ♪