- il y a 3 ans
Valérie Boyer, sénatrice (LR) des Bouches-du-Rhône, rapporteure de la proposition de loi sur le respect du droit à l'image des enfants dénonce "le chaos migratoire aggravé par le gouvernement" et "la procrastination" de l’exécutif sur cette question, alors que Les Républicains entendent déposer deux propositions de loi.
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00:00 Merci Valérie Boyer d'être avec nous pendant cette première demi-heure.
00:03 Élu des Bouches du Rho, demande du groupe Les Républicains,
00:05 vous êtes rapporteure du texte pour garantir le respect du droit à l'image des enfants.
00:08 On va en parler dans quelques instants.
00:10 Mais d'abord, l'actualité, on l'a vu dans le journal,
00:12 c'est ce texte immigration qui finalement va revenir au mois de juillet.
00:15 C'est ce qu'a demandé Elisabeth Borne à Gérald Darmanin.
00:18 C'est une bonne nouvelle ?
00:19 Oui, enfin, on insiste malheureusement sur un sujet
00:23 pour lequel 82% des Français sont d'accord.
00:25 82% selon les sondages.
00:28 Pour mettre fin au chaos migratoire que le gouvernement a aggravé,
00:33 parce que c'est de ça dont il s'agit,
00:35 la loi Colomb a été une catastrophe.
00:37 Et je rappelle qu'elle a été votée sous Macron 1
00:39 après cinq ans de Macron-Hollande où l'immigration a prospéré.
00:46 Et ensuite, depuis le début de ce deuxième quinquennat,
00:50 Emmanuel Macron est dans une posture totalement inerte
00:53 face aux difficultés majeures que rencontrent les Français sur ce sujet.
00:56 Donc si on veut avoir un sujet de consensus,
00:58 si on veut avoir une majorité aujourd'hui,
01:00 c'est bien sur le texte immigration.
01:02 Malheureusement, ça ressemble à un running gag.
01:04 On dirait, excusez-moi, que le gouvernement n'est pas prêt,
01:11 qu'il est brouillon, qu'il cherche une majorité, qu'il cherche une ligne.
01:14 Donc les Républicains ont pris leur responsabilité
01:18 et vont proposer un texte identique, pas deux textes,
01:21 mais un texte identique à l'Assemblée nationale comme au Sénat,
01:24 avec des propositions concrètes.
01:26 – Et qui ont encore une utilité si le gouvernement présente un texte en juillet ?
01:29 – Oui, elles ont une utilité.
01:30 D'abord, la première utilité, ça a été de l'annoncer.
01:33 Donc le gouvernement qui procrastinait sur cette question
01:36 a été obligé de commencer à s'émouvoir et à proposer quelque chose.
01:41 Et ensuite, parce que c'est ce que nous voterons,
01:43 on sait ce qu'on votera et on sait ce qu'on ne votera pas.
01:45 Parce que le texte qui avait été proposé précédemment par Emmanuel Macron
01:50 via Olivier Dussopt et Gérald Darmanin était un appel d'air.
01:54 On n'est pas là.
01:56 Aujourd'hui, la situation sur l'immigration est catastrophique en France.
02:00 Je rappelle qu'il y a une hausse de 17% des titres de séjour délivrés en 2002
02:04 par rapport à 2021, une hausse de 31,3% des premières demandes d'asile,
02:09 avec bien sûr que les demandes d'asile, la plupart n'aboutissent pas,
02:14 mais les personnes restent sur place,
02:16 une hausse de 45% de l'immigration économique et une baisse de 35%
02:21 en nombre des mesures d'éloignement exécutées par rapport à 2019.
02:24 Et la situation de Mayotte qui montre aux Français l'impuissance organisée de l'État.
02:31 En fait, aujourd'hui, la France ne peut plus choisir qui reste chez elle
02:38 et qui vient chez elle, y compris quand des personnes viennent sur notre sol en trichant.
02:43 Voilà. Donc aujourd'hui, il est urgent qu'on ait un texte.
02:48 Ce texte sera identique à l'Assemblée nationale-Sénat,
02:51 c'est-à-dire Bruno Retailleau, Olivier Marlex et Éric Ciotti.
02:56 C'est très important.
02:57 Et ensuite, ce texte aura deux volets.
03:00 Le premier, la demande d'une réforme constitutionnelle.
03:03 Et la seconde, un texte sur l'immigration
03:06 pour pouvoir répondre aux attentes et aux souffrances des Français.
03:10 Parce que je crois que le terme souffrance n'est vraiment un terme approprié
03:15 à la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui sur l'immigration.
03:19 – L'autre actualité, c'est hier soir, l'Assemblée nationale
03:22 qui va donc créer à la demande de la majorité une commission d'enquête
03:25 sur les groupuscules auteurs de violences à l'occasion des manifestations
03:28 entre le 16 mars, déclenchement du 49.3 et le 3 mai.
03:31 Ça comprend donc les manifestations de Sainte-Solide,
03:34 les manifestations du 1er mai. C'est une bonne idée ?
03:37 – Je pense qu'aujourd'hui, on ne peut pas rester dans cette situation
03:41 où on sait parfaitement que les services identifient les fauteurs de troubles.
03:46 Je pense qu'il faut les mettre hors d'état de participer à des manifestations pour casser.
03:51 Donc il y a des choses qui peuvent déjà être faites mais qui ne sont pas encore faites.
03:56 Et je pense qu'il est urgent de faire en sorte qu'à chaque manifestation,
04:00 on ne cède pas à cette impuissance publique, encore une fois, qui est organisée
04:05 et à ce chaos. C'est plus possible.
04:08 Les policiers ne peuvent pas être les cibles de ces personnes
04:11 qui veulent mettre fin à cette mauvaise République, pour reprendre ce terme abominable
04:17 employé par Jean-Luc Mélenchon, ou qui sont là pour tuer du flic ou se taper du flic.
04:22 Ce n'est plus possible. Donc oui, c'est une urgence.
04:25 Enfin, on a déjà des moyens qui ne sont pas utilisés.
04:29 Une commission d'enquête… – C'est utile ou pas ?
04:31 – Pourquoi pas ? – Pourquoi pas ?
04:33 – On verra bien. De toute façon, déjà, il y a des moyens
04:35 qui ne sont pas utilisés, mais on les met en place.
04:37 – Gérald Darmanin a demandé au préfet d'interdire les manifestations d'ultra-droite.
04:41 Est-ce que c'est la bonne décision ? Est-ce qu'on peut le faire ?
04:44 – Écoutez, on verra ce que le Conseil constitutionnel dira.
04:49 Soit on interdit des manifestations parce qu'elles portent un trouble à l'ordre public,
04:54 je crois que c'était la ligne.
04:56 À partir du moment où ces manifestations ne portent pas un trouble public,
04:59 le ministre de l'Intérieur va changer la loi.
05:02 Donc voilà, est-ce que c'est le moment ?
05:04 – Est-ce qu'il aurait fallu interdire la manifestation du 6 mai ?
05:07 Est-ce que ces images vous ont choqué, cette manifestation ?
05:09 – Oui, moi, je suis contre les manifestations où les gens arrivent masqués.
05:14 Mais c'est quand même curieux de s'offusquer que des gens arrivent masqués
05:17 dans cette manifestation et pas dans d'autres.
05:20 – Pendant que c'était…
05:21 – Aujourd'hui, dans d'autres manifestations, on a bien vu à Saint-Sauline,
05:25 ailleurs, les Black Box, etc., des personnes qui arrivaient masquées,
05:29 il y en a tout le temps.
05:31 Donc, moi, je n'ai aucune sympathie pour ce type de manifestation.
05:37 Mais je pense qu'il faut de la cohérence aujourd'hui.
05:40 Alors, c'est sûr que ça a ému la gauche,
05:42 qui n'était pas émue pour d'autres manifestations.
05:45 – Il y a de quoi dire pour vous, à gauche ?
05:47 – Écoutez, l'important, c'est qu'on arrive aujourd'hui à faire en sorte
05:51 qu'on cesse cette espèce de haine des forces de l'ordre,
05:57 de casseurs à chaque manifestation.
05:59 Ce n'est plus possible.
06:01 Ça participe à cette situation dans laquelle on est,
06:05 où on constate une impuissance publique dans ce domaine, encore une fois.
06:11 – Vous avez apporté sur Twitter votre soutien à Florence Bergeau-Baclair,
06:15 cette chercheuse au CNRS qui a vu la Sorbonne reporter sa conférence
06:19 sur une enquête consacrée aux frères musulmans sans plus d'explication.
06:23 Comment vous l'expliquez-vous ?
06:25 – Alors, j'ai fait plus qu'apporter mon soutien.
06:28 Je l'ai rencontrée, nous avons discuté.
06:31 Vous savez, la vie est compliquée pour elle, parce que,
06:35 elle, depuis que cette chercheuse du CNRS a publié un ouvrage sur le frérisme,
06:42 comme d'autres l'avaient publié, je pense à Alexandre Delval,
06:45 je pense à ce chercheur suisse qui avait publié le projet, etc.
06:48 Eh bien, ils sont menacés, elle est obligée de vivre avec une protection policière,
06:56 alors que ce sujet a été très peu exploré.
06:58 D'ailleurs, son livre est passionnant et j'invite les auditeurs à l'acheter, à le lire.
07:05 Et donc, elle dit un certain nombre de choses
07:08 qui sont essentielles à la compréhension de notre société aujourd'hui.
07:12 Et effectivement, on l'empêche de parler.
07:14 – Vous allez prendre une initiative au Sénat ?
07:16 On s'affaveure ? Est-ce qu'il y aura quelque chose ?
07:18 – Avant même cette affaire, c'est vrai que j'avais proposé
07:21 qu'on organise de nouveau une conférence.
07:25 J'ai écrit aux présidents du Sénat et à notre président Bruno Retailleau
07:31 pour qu'on organise une conférence.
07:33 Il y avait eu une conférence il y avait quelques temps sur ce sujet.
07:36 Je pense que c'est nécessaire et important.
07:39 Et dans mon courrier, je cite un certain nombre de personnes,
07:43 dont cette chercheuse, bien évidemment.
07:46 – Allez, on va parler de votre actualité, plus particulièrement au Sénat,
07:50 puisque vous êtes rapporteure d'un texte qui a été adopté hier
07:53 pour garantir le respect du droit à l'image des enfants.
07:55 On va voir ce que contient ce texte avec Audrey Vétaz.
07:58 [Musique]
08:05 Bonjour Audrey. – Bonjour.
08:07 – Et Audrey, le Sénat a donc adopté une proposition de loi
08:09 visant à mieux protéger le droit à l'image des enfants sur les réseaux sociaux,
08:12 notamment parce que, vous allez nous le dire Audrey,
08:15 les chiffres sont aussi impressionnants que glaçants.
08:17 – Est-ce que vous saviez, Auriane, qu'avant ses 13 ans,
08:20 un enfant apparaît en moyenne 1300 fois sur des photographies,
08:24 des vidéos publiées en ligne ?
08:26 Dans la majorité des cas, ce sont les parents et les proches
08:29 qui postent ces clichés.
08:29 Alors, sur le moment, ça peut paraître innocent,
08:32 mais ces photos peuvent mettre l'enfant mal à l'aise,
08:35 elles peuvent faire l'objet de détournements, de moqueries,
08:37 de harcèlement scolaire, voire bien pire.
08:39 On va écouter à ce sujet le garde des Sceaux,
08:41 qui supporte cette proposition de loi.
08:43 – D'ici la fin de la décennie, les informations partagées en ligne
08:48 par les parents seront la première cause d'usurpation d'identité
08:53 pour leurs enfants.
08:55 En 2020, 50% des images qui s'échangent sur les sites pédopornographiques
09:03 ont été initialement publiées par les parents.
09:08 – 50%, le chiffre est glaçant, un chiffre qui s'explique notamment
09:11 parce que les parents ont des comptes publics dans certains cas,
09:15 mais même quand ce compte est privé,
09:17 un parent sur deux dit ne pas connaître finalement
09:19 tous les amis qu'il a virtuellement.
09:21 Alors, il y a déjà eu un texte en 2020,
09:24 mais ça concernait uniquement les enfants influenceurs.
09:26 Cette nouvelle proposition de loi qui vient de l'Assemblée
09:28 a pour but principal de créer une prise de conscience chez les parents.
09:31 Non, ce n'est pas anodin de poster une photo, une vidéo de son enfant en ligne.
09:36 Voilà. On va passer à la suite après.
09:39 – Les sénateurs, Audrey, ils ont enrichi ce texte,
09:42 ils l'ont rendu plus effectif ?
09:43 – Oui, c'est vous qui avez été la rapporteure de ce texte.
09:47 Les enfants, les parents, pardon, ont désormais obligation
09:50 de veiller au respect de la vie privée de leur enfant.
09:53 Ce sera désormais inscrit dans le code civil.
09:56 Il faudra aussi l'accord des deux parents
09:58 avant de poster une photo ou une vidéo de son enfant sur un compte public.
10:02 Ça ne concerne pas évidemment les boucles familiales,
10:05 par exemple sur WhatsApp, il y en a beaucoup.
10:07 Et enfin, la CNIL pourra demander le blocage d'un site
10:10 qui ne respecterait pas le droit et les libertés d'un mineur,
10:14 même s'il n'y a pas de caractère urgent.
10:16 Alors, ce sont des mesures consensuelles
10:18 qui ont été portées par l'ensemble des groupes politiques,
10:19 mais hier, la critique était ailleurs, contre le gouvernement.
10:23 Vous et vos collègues avez dénoncé la manière de légiférer
10:26 puisqu'il y a actuellement quatre textes qui concernent les enfants et Internet,
10:31 quatre textes très différents étudiés actuellement.
10:35 – Législation véritablement protectrice
10:38 ne saurait se bâtir par la multiplication de petites propositions de loi
10:42 au champ et à la portée limitée,
10:44 et dont les objectifs non coordonnés pourraient être de nature
10:47 à nuire à la cohérence d'ensemble dans notre droit.
10:50 Ces initiatives parlementaires sont certes les bienvenues,
10:53 mais force est de constater qu'elles sont partielles et parcellaires.
10:56 Une fois n'est pas coutume, il nous semble
10:59 que pour faire preuve d'efficacité face à un sujet aussi complexe,
11:02 il eût été préférable que l'exécutif prenne l'initiative
11:05 d'un projet de loi transversal et global.
11:08 Vous le savez monsieur le ministre, pour rédiger des projets de loi,
11:11 l'exécutif dispose de moyens et d'expertise sans commune mesure
11:14 avec ceux dont disposent les parlementaires,
11:16 ne serait-ce que pour l'étude d'impact par exemple.
11:19 – La dernière initiative gouvernementale à ce sujet date de 2016.
11:23 Quand on parle d'Internet, évidemment, ça fait une éternité.
11:26 Hier, vous avez demandé un grand plan,
11:28 une politique publique du gouvernement à ce sujet.
11:30 Vous avez bon espoir qu'il s'en empare ?
11:33 – D'abord, je comprends l'intérêt de ce texte,
11:36 comme de tous ceux qui sont passés.
11:38 Je rappelle quand même qu'on a une proposition de loi
11:40 relative à l'exposition excessive des enfants à l'écran
11:43 qui reprend celle de Catherine Morin de Saïd, 2018.
11:46 On a une proposition de loi qui vise à instaurer une majorité numérique
11:49 que va présenter notre collègue Alexandra Borchio-Fontain dans quelques jours.
11:54 On a une proposition, la semaine prochaine je crois,
11:55 on a une proposition de loi qui vise à ancrader l'influence commerciale
11:58 et lutter contre les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux
12:01 que le Sénat a adopté mardi soir.
12:03 Et il y avait ce texte qui nous vient de l'Assemblée nationale.
12:07 Sur le plan de l'organisation, je comprends qu'il faille faire plaisir
12:09 aux députés macronistes en mal de popularité aujourd'hui
12:13 sur ce sujet comme sur d'autres.
12:15 Mais à un moment donné, je pense qu'il est temps de prendre nos responsabilités.
12:20 Le gouvernement cherche des sujets consensuels.
12:23 Je pense que ce sujet-là est consensuel
12:25 et qu'à l'Assemblée nationale comme au Sénat,
12:27 tout le monde aurait été d'accord pour travailler sur cette question.
12:30 Là, il nous arrive des textes saucissonnés,
12:32 avec des redondances, des effets de tuilage qui ne sont pas bons.
12:36 Alors, et moi je demande, c'est vrai que j'ai demandé trois choses.
12:40 La première demande, c'est l'élaboration d'un véritable programme de santé publique
12:46 où à chaque âge de la crèche au lycée,
12:49 il y ait des apprentissages, des apprentissages partagés par l'éducation nationale.
12:54 Alors, les associations font du très bon travail,
12:57 mais je pense qu'à un moment donné,
12:58 il ne faut pas confier ça à des associations,
13:01 mais en faire un programme où on parlerait d'exposition aux écrans,
13:05 de harcèlement, de drogue, de divers sujets, d'hygiène, d'alimentation.
13:10 Tout ça sont des sujets qui sont essentiels,
13:12 mais qu'il faudrait élaborer ensemble.
13:15 Ma demande aussi, c'est de créer, et ça c'est du domaine du législatif.
13:21 J'avais pu le faire lorsque j'étais députée,
13:24 j'avais pu ouvrir dans la loi HPST,
13:28 un livre dans le code de la santé publique sur les troubles du comportement alimentaire.
13:32 Là, il est nécessaire et urgent d'ouvrir un livre dans le code de la santé publique
13:37 sur le numérique, sur l'accès au numérique,
13:40 qui parlerait, en gros, pour simplifier,
13:42 mais il faudra aller de façon beaucoup plus fine,
13:45 ça mériterait une émission complète,
13:46 de l'exposition des enfants aux écrans
13:48 et de leur exposition eux-mêmes sur les écrans,
13:51 comme vous voulez le dire,
13:53 souvent par les parents avec beaucoup de bonne volonté,
13:56 avec beaucoup d'inconscience et d'insouciance.
13:58 Et enfin, il est temps aussi de faire en sorte que ce document papier qui existe encore,
14:03 qui est vraiment un document formidable,
14:04 qui s'appelle le carnet de santé,
14:07 on ait une page complète sur les écrans.
14:11 Pourquoi ? Parce que ça sert de guide pour les parents,
14:14 pour les éducateurs, pour les médecins,
14:16 pour toutes les personnes que les parents vont rencontrer,
14:19 et ça sert aussi de garde-fou.
14:21 Vous l'avez dit tout à l'heure, ce sont les parents qui postent ces images,
14:25 y compris même pendant les images, les échographies,
14:30 donc sur des réseaux sociaux.
14:32 Et puis il y a aussi ces fameux pranks, vous savez ces blagues,
14:35 on en avait vu une très très connue, genre caca nuté,
14:38 là qui mettent les enfants dans des situations humiliantes, dégradantes,
14:42 qui portent atteinte à leur dignité, ils n'ont pas droit à l'oubli.
14:45 Donc tout ça, il faut vraiment avertir les parents,
14:48 les alerter, c'est pédagogique,
14:50 et ça leur permet de résister à la pression,
14:52 parce que quand ils ont des enfants qui disent "mais tout le monde peut",
14:55 non, dans le carnet de santé, il n'a pas été modifié depuis 2018.
14:58 Donc voilà ce que je préconise,
15:00 et enfin pour terminer sur le texte si vous le permettez,
15:02 effectivement il y a une mesure très importante,
15:05 qui est celle d'avertir les parents, de mettre fin à cette sorte d'insouciance
15:10 qui existe aujourd'hui avec ces publications,
15:13 mais aussi de les alerter sur ces dangers.
15:18 Il n'y a aucune urgence, aucune urgence jamais,
15:20 à publier la photo de son enfant sur les réseaux sociaux.
15:25 Voilà, les réseaux sociaux, ce n'est pas la boucle familiale, effectivement.
15:28 – En termes de pratiques peut-être,
15:29 quand vous demandez l'accord des deux parents, comment on le met en place ?
15:33 – On le met en place déjà en faisant prendre conscience aux parents,
15:36 en les informant par les modifications qu'il y a dans le Code civil,
15:40 et surtout en agissant sur le domaine qui est réglementaire.
15:43 C'est ça qui compte aujourd'hui,
15:45 vous savez en cas de conflit entre les parents,
15:48 les images seront utilisées.
15:50 Je pense que c'est une prise de conscience de ce texte qui est important,
15:54 et c'est pour ça que je regrette qu'on ait travaillé de cette façon,
15:57 parce que ça aurait mérité que les Français sachent
16:00 que le Parlement dans son ensemble s'empare de ce sujet,
16:03 sur un sujet global et important, et là c'est vraiment dommage.
16:07 – Merci, merci au revoir.
16:10 À toute à l'heure, vous parlez d'un autre texte ?
16:13 – Oui, je vais parler d'un autre texte,
16:14 le texte sur les influenceurs justement que vous avez évoqué Madame la Sénatrice.
16:17 – Oui, et vous nous direz ce qu'il y a dans ce texte
16:19 et comment s'est passée la séance.
16:20 Merci beaucoup Audrey.
16:21 – Ça aurait mérité là aussi un examen global.
16:25 – On en parle tout à l'heure dans le club.
16:27 On va aller chez vous à Marseille, Valérie Boyer,
16:29 où on retrouve Léo Purguet.
16:31 Bonjour Léo, merci d'être avec nous,
16:33 président et directeur éditorial du journal La Marseillaise.
16:36 Léo, vous souhaitiez revenir sur un gros dossier
16:39 publié dans vos pages sur la question du logement.
16:44 – Oui tout à fait, puisque après nos révélations de lundi
16:47 sur l'insuffisance de construction de logements sociaux depuis trois ans,
16:52 l'adjointe à l'urbanisme a décidé de rendre sa démission
16:56 et le maire de Marseille répond à nos questions dans l'édition d'aujourd'hui.
17:01 Il nous dit notamment qu'il n'est pas satisfait de cette situation
17:05 et comment il souhaite redresser la barre.
17:08 Il nous dit aussi que, alors qu'il a été l'objet de critiques émanant de la droite,
17:13 il préférait qu'elle présente ses excuses plutôt que de donner des leçons
17:16 compte tenu de son bilan.
17:18 Alors je voulais demander à la sénatrice Boyer
17:20 qui a été adjointe au logement pendant l'ère Godin,
17:24 ce qu'elle pensait de ce dossier.
17:27 – D'abord je n'ai pas été adjointe au logement
17:29 lorsque j'étais adjointe au maire de Jean-Claude Godin,
17:31 mais j'étais adjointe à la politique de la ville, à la rénovation urbaine,
17:35 c'est-à-dire que je m'occupais des projets en rue
17:37 et j'étais présidente du GIP politique de la ville.
17:40 Je pense que c'est un dossier qui est extrêmement délicat.
17:42 La situation que nous avons à Marseille, vous savez,
17:45 c'est aussi le résultat de cette fameuse loi SRU
17:48 qui, à mon sens, doit être changée.
17:50 – Qui impose les quotas de logements sociaux.
17:51 – Et qui impose les quotas de logements sociaux
17:53 et surtout qui ne permet pas aux maires d'avoir la maîtrise
17:56 de leurs logements sociaux, parce que c'est ça aussi.
17:59 Aujourd'hui on est dans une situation,
18:00 on a une crise du logement dans toute la France
18:02 et on l'a dénoncé à plusieurs reprises.
18:04 Cette crise du logement, elle est en train d'arriver.
18:07 Je rappelle qu'il semblerait qu'à Marseille
18:09 il y ait 37 000 logements non rénovés,
18:12 il y a 17 000 demandes de logements qui ne sont pas pourvues
18:16 et il faut en moyenne entre 5 et 7 ans pour obtenir un logement social.
18:19 Sachant qu'il n'y a aucun turnover, il n'y a pas de modification,
18:23 – De rotation.
18:24 – De rotation, merci, dans le logement social.
18:27 Donc ça c'est vraiment quelque chose de catastrophique.
18:31 Vous savez, il en va dans le logement social
18:33 qui n'a jamais eu pour vocation d'être un logement à vie
18:38 ni de s'hériter de génération en génération.
18:40 Le logement social c'était pour faire face à une situation
18:44 et après permettre aux personnes qui en bénéficiaient,
18:47 aux Français qui en bénéficiaient,
18:49 de pouvoir rentrer dans un parcours résidentiel comme on dit.
18:52 Je pense qu'il en va effectivement du logement social
18:54 comme il en va du RSA.
18:56 Je veux dire, ce n'est pas une situation pour s'installer
18:59 dans une politique publique, mais c'était fait pour aider.
19:01 Aujourd'hui, on est dans une situation différente
19:04 et on est aussi avec une loi SRU
19:07 qui est punitive pour des villes qui n'ont pas de foncier
19:13 ou qui ont des difficultés et qui sont mises à l'amende
19:18 parce qu'elles n'arrivent pas à remplir leur quota.
19:20 Alors la difficulté effectivement pour la majorité un petit peu baroque
19:25 de la ville de Marseille,
19:26 c'est qu'ils avaient fait du logement une priorité
19:29 et qu'à mi-mandat, on voit qu'il ne s'est pas passé grand-chose.
19:33 Moi j'ai plusieurs interrogations.
19:34 Quelle est la politique du logement à Marseille,
19:37 comme en France, pour le gouvernement,
19:39 pour les travailleurs pauvres, pour les travailleurs,
19:41 pour les familles, pour ceux qui ont un emploi difficile ?
19:46 Parce que ça, c'est une vraie question.
19:48 On l'a vu récemment à Paris où on a appris qu'il y avait des points
19:53 qui défavorisaient totalement et qui ont fait en sorte
19:57 que les familles, la classe moyenne et les ouvriers,
20:02 les travailleurs à petit salaire sont chassés de Paris.
20:07 Donc où on en est pour toutes ces questions ?
20:10 Et comment on fait pour faire évoluer la loi SRU ?
20:12 Et maintenant, effectivement, je pense qu'il y a loin des promesses
20:17 qui ont été tenues par la majorité actuelle à Marseille aux réalisations.
20:24 C'est une réalité et c'est vrai qu'à mi-mandat,
20:27 c'est un cataclysme pour la majorité de Benoît Payan,
20:31 qui, je le rappelle, a été mise à mal par notre collègue
20:37 pour la façon dont il recouvrait l'impôt,
20:40 qui est mise à mal pour le logement social,
20:42 qui est mise à mal aussi pour ses promesses sur les écoles.
20:46 – Léo, vous allez nous parler d'un autre sujet,
20:48 actualité internationale, puisque vous allez nous parler
20:50 de la présidentielle en Turquie, dimanche 14 mai.
20:53 – Oui, des élections en Turquie, puisqu'elles sont couplées
20:57 avec les élections parlementaires.
20:59 Je sais que Madame Boyer, vous vous intéressez beaucoup à ce pays
21:04 et je voulais avoir votre point de vue sur l'instabilité
21:09 qui peut surgir de ces élections.
21:13 Croyez-vous que l'ère Erdogan est en passe de se terminer ?
21:19 Et si c'était le cas, craignez-vous des troubles ?
21:24 – Alors pour la première, je ne sais pas.
21:26 Je sais que les Turcs sont très inquiets,
21:28 qu'ils ont peur des triches, que la situation est très difficile,
21:33 que l'opposition est muselée et qu'effectivement,
21:38 c'est très compliqué pour ceux qui aiment la liberté,
21:41 la démocratie en Turquie, c'est une réalité.
21:45 Oui, effectivement, je pense que la Turquie est un facteur
21:48 d'instabilité majeur pour elle-même,
21:52 mais aussi pour l'Union européenne et pour toute la zone.
21:55 Vous savez qu'elle occupe depuis 1974 un pays de l'Union européenne,
21:58 qu'elle menace la Grèce très régulièrement.
22:01 Et je ne sais pas ce qui sortira des urnes,
22:03 ni si même si les oppositions à Recep Tayyip Erdogan,
22:09 quand bien même elles pourraient gagner,
22:11 ce que je ne sais pas, est-ce qu'aucun observateur d'ailleurs
22:13 n'a d'idée sur la façon dont le scrutin va pouvoir se dérouler ?
22:20 Est-ce que ce serait mieux pour la démocratie ?
22:22 Est-ce que ce serait mieux pour l'Union européenne ?
22:25 Est-ce que ce serait mieux pour l'horreur
22:27 qui est en train de se dérouler dans l'indifférence internationale
22:29 pour l'Arménie et le Carabao aujourd'hui,
22:32 où on en est à plus de 150 jours de blocage et d'étouffement
22:36 et avec une politique génocidaire qui ne se cache plus,
22:39 soutenue par la Turquie et mise en œuvre par l'Azerbaïdjan ?
22:43 Honnêtement, aujourd'hui, je n'en sais rien.
22:45 On regarde tout ça avec attention,
22:47 mais aussi avec une certaine peur,
22:50 parce que ça peut avoir des conséquences
22:52 sur le chaos migratoire qu'on connaît aujourd'hui.
22:54 Il y a déjà eu des menaces d'Erdogan.
22:57 Est-ce que ses concurrents auront une politique différente
23:00 pour le chantage migratoire ?
23:04 Je ne sais pas. Visiblement, non.
23:06 Est-ce qu'ils auront une politique différente sur les îles grecques ?
23:10 Non. Est-ce qu'ils auront une politique différente pour Chypre ? Non.
23:13 Donc on voit que le problème est extrêmement important
23:16 aujourd'hui pour la Turquie et difficile aussi pour les Turcs,
23:22 qui souffrent, pour ceux qui sont démocrates,
23:25 de la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui,
23:28 avec une situation économique extrêmement dégradée aussi en Turquie,
23:32 puisque je crois que le 10 du mois, y compris les personnes qui travaillent,
23:35 en tout cas, n'arrivent plus à faire face, même à l'alimentation.
23:41 Donc la situation est assez tendue.
23:44 Merci, Léo Purgat. Merci d'avoir été avec nous,
23:47 la une de La Marseillaise. C'est Benoît Payan, le maire de Marseille.
23:49 On réussira sur le logement comme pour les écoles.
23:52 Voilà ce que dit Benoît Payan, une de La Marseillaise.
23:55 Merci, Léo Purgat, d'avoir été avec nous.
23:57 Et merci beaucoup, Valérie Boyer, d'avoir été notre invitée
23:59 pendant cette première demi-heure.
24:01 Dans 20 minutes, dans le Club des territoires,
24:03 on parlera du texte voté au Sénat pour encadrer les pratiques
24:06 des influenceurs sur les réseaux sociaux et mieux protéger les victimes.
24:08 Débat à suivre, mais d'abord,
24:10 on va retrouver Carole Delga, notre invitée, dans quelques secondes.
24:14 Merci.
24:15 [Musique]
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