00:00 C'est d'ailleurs assez fascinant de voir qu'on a fait des films de super-héros qui sauvent le monde.
00:04 Et en fait, c'est dire que là, on a des gens dont c'est le quotidien
00:07 et que pour autant, on ne s'en s'insiste pas tant que ça.
00:10 Le sujet de l'écologie, il est de plus en plus dans les séries de manière globale.
00:18 Ce n'est pas forcément de dire qu'il ne faut faire que des séries sur l'écologie
00:21 ou il ne faut parler que de ce qu'on balade.
00:23 Mais c'est comment est-ce qu'on intègre le monde dans lequel on vit,
00:25 comment est-ce qu'on est capable de le représenter avec humour, avec intelligence.
00:28 Et c'est d'ailleurs assez fascinant de voir que pendant des années,
00:32 on a fait des films de super-héros qui sauvent le monde.
00:35 Et en fait, c'est dire que là, on a des gens dont c'est le quotidien
00:38 et d'essayer de se préoccuper du fait qu'on puisse avoir un demain viable
00:42 et que pour autant, on ne s'en s'insiste pas tant que ça.
00:45 Alors que ça marche.
00:46 Quand on voit les succès de "Don't Look Up", quand on voit les succès de "Years and Years",
00:49 même des films comme "Goliath", des films plus politiques,
00:51 ce n'est pas vrai de dire qu'on va angoisser les gens, qu'on va les stresser,
00:55 que ça ne va pas marcher, qu'ils ne vont pas regarder parce qu'ils veulent se changer les idées.
00:58 Je pense que c'est un écueil de tomber là-dedans.
01:00 Les choses étaient bonnes il y a quelques années.
01:01 Surprise !
01:02 Maintenant, je ne sais pas quoi m'inquiéter.
01:05 Je commence juste.
01:07 Ça va être long pour toi.
01:08 D'une certaine manière, c'est une série qui a été un peu un début pour nous.
01:10 Elle a le cynisme de "Don't Look Up", plus proche de nous.
01:13 Et c'est très intelligent, c'est très drôle et un peu terrifiant en même temps.
01:17 Mais pour moi, c'est la meilleure qu'il y a à ce jour sur cette question-là, honnêtement.
01:22 Ça raconte un peu l'effondrement d'un système, année par année.
01:27 Et ça se concentre sur une famille anglaise de 10 personnes.
01:30 Et c'est incroyable.
01:31 Tu as d'autres conseils, Sama ?
01:32 Des conseils, des séries qui parlent de ce genre de sujet ?
01:35 C'est là où c'est grave.
01:36 C'est qu'en fait, il y en a, mais pas assez.
01:37 C'est pour ça qu'on va en faire.
01:38 C'est pour ça que c'est notre prochain projet.
01:40 Mais il y a une série allemande qui s'appelle "Nous, la vague"
01:42 qui est très teenage, mais qui marche pas mal dans le sens de ce processus d'identification,
01:47 de ça ressemble à quoi être ado en étant activiste pour le climat ?
01:51 Comment est-ce qu'on se retrouve là ?
01:52 Par quelle tragédie on peut être traversé ?
01:55 Une série assez incroyable, c'est "Jeux d'influence".
01:57 Ça représente pour moi exactement tout ce processus dans lequel on est empêtrés
02:01 de pouvoirs politiques qui sont capables d'accaparer et d'annihiler une action.
02:08 Donc ça dénonce une industrie, ça montre l'ampleur du travail qui est face à nous.
02:12 Je voulais vous parler quelques instants.
02:14 Ça va pas être possible, nous on parle pas aux journalistes.
02:15 Si les vaches sont malades, ça vient du grain.
02:19 C'est du mal à croire que vous preniez des risques pareils.
02:21 C'est une menace ?
02:22 Les séries c'est encore plus puissant parce qu'il y a une identification qui est plus longue
02:26 et qui fait qu'on appartient au quotidien des gens.
02:27 On rentre dans leur canapé, dans leur lit, c'est presque plus intime.
02:31 C'est des bonbons des fois nos séries.
02:32 Si on fait rentrer cette question de l'urgence climatique,
02:36 cette chose très politique et collective, on arrive à le faire rentrer dans l'intimité des foyers,
02:40 alors ça peut être extrêmement puissant.
02:42 Je pense que c'est même presque là que ça joue plus qu'au cinéma.
02:45 C'est une industrie extrêmement polluante qui fait plus partie du problème que des solutions.
02:51 Ce qui est assez étrange de Schizophrène, c'est que de par l'impact écologique des tournages,
02:56 on participe à condamner un monde qu'on a envie de dépeindre par nos récits.
03:02 Alors que pourtant ça peut être très puissant.
03:04 Je pense qu'il y a un enjeu qui est immense.
03:06 C'est une industrie qui peut être habile, agile, parce qu'elle a l'habitude aussi de devoir faire avec les aléas tout le temps.
03:13 Donc quand même qu'il y a une capacité à pouvoir se transformer assez rapidement,
03:17 je pense qu'on pourrait être surpris à quel point ça peut aller vite.
03:20 Si aussi il y a une décision politique, il faut qu'on ait des incentives pour que les producteurs,
03:26 que les scénaristes, que les réalisateurs,
03:28 qu'on fasse vraiment une matière importante et incontournable avant même presque d'écrire les projets.
03:35 Il y a des incitations qui existent déjà sur d'autres financements.
03:39 Inciter les productions à faire telle ou telle chose pour avoir le financement.
03:44 Donc ça pourrait très bien être le cas sur l'éco-production.
03:47 Et nous on le voit dans nos petits projets, quand on a réussi à mettre l'éco-production dans nos films.
03:54 Ça crée aussi un changement de point de vue avec les techniciens,
03:58 même l'ambiance du tournage change.
04:00 Et pour le positif, franchement à chaque fois c'était une expérience de fou.
04:03 Moi j'ai fait partie d'une série qui s'appelle "L'effondrement" qui a été produite sur Canal+.
04:09 Ils ont tourné en éco-production, c'était un des premiers tournages où ils le faisaient.
04:13 C'était vraiment l'exploration de ces pratiques-là.
04:15 Et effectivement, dans la filière du transport, il y a un truc énorme à faire.
04:19 Dans la nourriture aussi, je crois que les chiffres c'est quelque chose comme,
04:22 tu enlèves un jour de viande, tu peux acheter pendant toute la semaine du bio.
04:26 Il y a vraiment plein de choses à faire et c'est symbolique.
04:29 Parce que la manière dont on raconte les histoires, ça impacte aussi l'histoire.
04:34 Donc en fait, vraiment le cinéma ce n'est que ça, ce n'est que du savoir-faire.
04:39 Et donc si on arrive à impacter aussi la manière dont on fait les histoires,
04:42 on peut vraiment changer les choses.
04:44 [SILENCE]
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