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  • il y a 3 ans
Un immeuble de quatre étages s'est effondré dans la nuit de samedi à dimanche dans la cité phocéenne, avant l'effondrement d'un immeuble voisin. Six corps ont été retrouvés sous les décombres, deux personnes sont encore portées disparues. Une enquête de la police judiciaire est en cours pour comprendre les circonstances de l'incident.

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Transcription
00:00 On en parle avec Arnaud Loctin, bonjour.
00:02 Vous êtes délégué national poli-scientifique Allianz Police Nationale.
00:06 On accueille également Eric Gulli, membre de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers.
00:11 Vous êtes spécialiste du sauvetage et du déblément.
00:14 Maxime Brandstetter du service poli-justice de BFMTV est à Marseille.
00:18 Est-ce que les enquêteurs sont entrés en action ?
00:21 C'est une bonne question.
00:25 On sait que leur entrée en action a été très difficile.
00:27 L'enquête a commencé dès le début de l'explosion.
00:31 Les enquêteurs ont commencé à recueillir ce qu'ils pouvaient recueillir.
00:35 Par exemple des témoignages, des récits de témoins oculaires de l'explosion
00:39 qui pouvaient raconter le déroulement des choses.
00:41 Mais on sait que accéder au site est assez compliqué.
00:44 Déjà parce qu'il est instable, on l'a assez répété sur notre antenne.
00:47 Les immeubles autour menacent de s'effondrer.
00:49 C'est dangereux, mais surtout parce qu'aujourd'hui, à l'heure où on se parle,
00:52 la priorité c'est toujours les opérations de sauvetage.
00:54 Tant qu'il y a un espoir de sauver quelqu'un, les pompiers ont la priorité
00:57 et font tout pour déblayer le plus rapidement possible en étant prudents pour sauver des gens.
01:02 Malgré ça, un pompier nous disait hier que pourtant la police judiciaire,
01:05 on sait qu'ils sont déjà sur place, il y a 18 personnes de la police judiciaire de Marseille,
01:09 22 policiers scientifiques ici, ils ont déjà de temps en temps pu accéder au site
01:15 lorsque les pompiers leur laissent un peu d'espace, faire quelques relevés
01:18 pour essayer déjà de comprendre, recueillir les premiers éléments sur l'explication de ce drame.
01:23 Mais ce qui est sûr, c'est que quand tout sera déblayé,
01:25 ce sera beaucoup plus simple pour eux de travailler, évidemment.
01:27 - Gulli, justement, où en est le déblayement ? On sait où en est le déblayement ?
01:31 - Alors, les opérations se poursuivent inassablement, cailloux par cailloux,
01:35 il y a encore de nombreux...
01:37 - Ils partent à la décharge d'ailleurs, tous ces éléments, ces cailloux, ces gravats,
01:40 ils sont aussitôt évacués et transportés à la décharge ?
01:42 Ou est-ce que ce sont des éléments d'enquête ?
01:44 - Non, ce sont des éléments d'enquête qui sont à la charge de la police scientifique.
01:47 - Ah, c'est la police scientifique qui prend le relais après ?
01:50 - Les matériaux doivent être inspectés.
01:53 - Arnaud Loctat, vous nous confirmez ça, c'est-à-dire que tous ces gravats,
01:56 on parle de combien de mètres cubes de gravats ?
01:58 - 700 mètres cubes de gravats.
02:01 - Ils vont être analysés en détail, c'est bien ça ?
02:05 - Oui, ça va être le rôle de la police scientifique,
02:09 et particulièrement de la cellule incendie-explosion
02:12 qui va se charger de tout ce travail.
02:15 C'est pour ça qu'ils ont été mis par secteur.
02:19 Ils sectorisent la scène de manière à pouvoir travailler par morceaux,
02:26 et ce qui va permettre effectivement de trier à l'intérieur de ces déchets
02:30 d'éventuels éléments qui pourront orienter l'enquête.
02:33 - Qu'est-ce que vous allez chercher précisément ?
02:37 - En l'état actuel des choses, il va être compliqué de vous donner des éléments sur ce point-là,
02:44 parce que l'enquête est évidemment en cours,
02:47 et on ne connaît pas aujourd'hui encore la nature de l'effondrement de cet immeuble.
02:51 Il ne faut écarter aucune hypothèse,
02:53 donc tous les éléments susceptibles d'orienter l'enquête seront mis de côté et analysés.
02:58 - Mais par exemple, quel est l'élément précis qui va permettre de dire, ou non,
03:02 si cette explosion était due au gaz ?
03:05 - Alors ça, je laisserai évidemment le soin à des spécialistes en la matière de répondre.
03:13 - Mais des éléments carbonés par exemple ?
03:16 - On peut retrouver des éléments carbonés,
03:22 il peut y avoir des résidus de gaz ou d'autres éléments
03:27 qui peuvent amener l'enquête vers telle ou telle hypothèse.
03:31 - Maxime Brandstetter, il y a un double travail des enquêteurs,
03:35 il y a également l'identification des victimes. Comment cela se passe ?
03:41 - On sait que les corps, quand on en retrouve,
03:45 sont retirés très délicatement des gravats pour plusieurs raisons.
03:48 La première, c'est que comme toutes ces opérations de sauvetage,
03:51 il faut faire attention qu'il n'y ait pas un éboulement
03:53 qui puisse tuer des ventes à survivants ou des pompiers.
03:55 Donc il faut y aller très doucement.
03:57 Les pompiers, lorsqu'ils repèrent un corps,
03:59 ils enlèvent pierre par pierre à la main pour le dégager.
04:02 Ensuite, ils y vont doucement parce que le corps, il faut évidemment le respecter.
04:06 Et la troisième raison, c'est justement pour faciliter cette identification.
04:09 Parce que si sur le corps, il y a des signes distinctifs
04:12 comme un tatouage, des vêtements, des couronnes dentaires,
04:15 cela peut permettre d'accélérer cette identification.
04:18 Une fois que le corps est retiré très délicatement,
04:20 il part tout de suite à l'Institut de médico-légal
04:23 où il sera analysé et là va commencer le processus d'identification.
04:26 Soit simplement par des signes distinctifs, comme je vous l'ai dit,
04:29 soit par des signes scientifiques comme l'ADN,
04:32 les empreintes digitales qu'on récupère sur le corps.
04:34 On compare l'ADN, par exemple, à des affaires qu'on a pu retrouver,
04:37 à une brosse à dents ou à un parent.
04:39 Et tout cela permet à un moment donné d'avoir la certitude
04:42 que ce corps appartient bien à une personne et de l'annoncer à la famille.
04:46 Les pompiers qui sont sur le site travaillent désormais
04:49 en collaboration avec la police scientifique ?
04:52 Dès le début de l'intervention, nous sommes en force concurrente
04:55 avec nos collègues de la police.
04:57 Et sur les lieux, lorsque vous faites une découverte,
05:00 vous gelez les lieux jusqu'à ce que la police vienne faire les constatations.
05:04 Et ensuite, on peut procéder au dégagement de celui-ci.
05:08 Désormais, vos hommes arnauloctens peuvent aller sur le site même,
05:12 maintenant qu'il est à peu près sécurisé ?
05:15 Oui, sur la vie des pompiers, évidemment,
05:18 puisque la sécurisation leur appartient,
05:20 la sécurisation des personnes et des lieux.
05:23 Et c'est à ce moment-là que nos collègues de la police scientifique
05:26 peuvent aller sur les lieux.
05:28 C'est-à-dire qu'ils vont effectuer, j'imagine, des prélèvements,
05:30 mais aussi ils vont regarder la façon dont la structure s'est désintégrée ?
05:34 Il faut analyser dans son ensemble, par l'intermédiaire de clichés photographiques
05:39 qui pourront être aériens, qui pourront être également en 3D,
05:42 et qui pourront aider à reconstituer l'ensemble des éléments
05:46 qui pourraient permettre de comprendre ce qui s'est passé.
05:49 C'est un travail qui peut prendre combien de temps ?
05:51 On parle de plusieurs semaines, de plusieurs mois ?
05:55 Un minima déjà, quelques jours pour les premières constatations,
05:59 et puis après il y aura effectivement un travail minutieux de tri
06:04 dans les déblés éventuellement.
06:07 Mais le travail le plus urgent reste évidemment,
06:10 comme vous l'avez souligné, l'identification des victimes de catastrophes
06:13 qui sont dans l'immeuble.
06:15 Est-ce que la façon dont l'immeuble s'est effondré
06:18 sera une indication sur l'origine de l'explosion ?
06:22 Est-ce qu'il y a une caractéristique particulière, par exemple,
06:24 de la dégradation d'un édifice quand c'est le gaz qui est impliqué ?
06:28 C'est très difficile de répondre à cette question
06:32 parce que si c'est une fuite de gaz,
06:34 elle peut être infime depuis des jours et des semaines
06:37 et elle peut avoir été importante d'un seul coup.
06:40 Je ne peux vraiment pas répondre à cette question.
06:43 Les sauveteurs, là, ils vont rester sur site combien de temps, a priori ?
06:47 Pour l'instant, on est toujours dans une opération de sauvetage.
06:50 Il y a encore deux personnes manquantes à l'appel.
06:53 C'est pour ça que mes collègues continuent inlassablement
06:55 à déblayer caillou par caillou
06:58 afin de pouvoir retrouver ces personnes
07:00 avec l'aide des équipes cynotechniques.
07:01 Et ils se relaient ?
07:02 Et ils se relaient jour, nuit,
07:04 à faire de la détection avec tous les moyens qu'ils ont à leur disposition
07:08 sur une zone qui est sectorisée,
07:10 tout en prenant des précautions sur le secteur
07:13 car vous savez que les façades sont affaiblies tout autour.
07:16 Donc à chaque fois que vous retirez des éléments,
07:18 vous prenez un risque d'avoir une façade qui puisse s'effondrer.
07:22 Deux personnes portées disparues, six corps retrouvés
07:26 et des recherches qui se poursuivent à Marseille.
07:29 Merci beaucoup à tous les trois.
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