00:00La guerre de trop pour Donald Trump, Hubert Védrine ?
00:02On verra.
00:03En tout cas, depuis décembre, il est sur la défensive,
00:06à cause de la baisse de la popularité qui est liée largement à l'inflation,
00:10l'inflation sur laquelle il y avait attaqué les démocrates et gagné, en fait.
00:14Les décisions de la Cour suprême, enfin, beaucoup d'autres éléments,
00:17qui fait qu'il est de plus en plus préoccupé par les mid-termes,
00:21qui ont lieu donc dans huit mois à peu près, ces réceptions,
00:24intermédiaires de novembre.
00:25Donc, en bonne logique, il n'aurait pas dû déclencher cette guerre.
00:29Alors, est-ce qu'il y a été contraint par Israël ?
00:31Il était entraîné par Israël, mais Israël ne pouvait pas quand même l'obliger à décider,
00:35donc il y a un mélange, et je reviens à ce que j'ai dit.
00:38À mon avis, il est besoin d'un coup spectaculaire,
00:40après le démenti, cinglant, infligé par la Cour suprême,
00:44qui pourtant, majorité trumpiste, se le nommait par lui.
00:47Il a besoin de réagir.
00:49Ce qui fait qu'à mon avis, il n'y a pas de plan pour la suite,
00:51et on reste devant desquels est l'objectif.
00:54Et bon, on le saura quand il arrêtera.
00:56Parce que quand il aura besoin d'arrêter, il va dire,
00:58que j'ai atteint l'objectif.
00:59J'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé à un moment ou à un autre.
01:02Je vous écoute, je me dis quand même,
01:05la guerre en Ukraine, ce n'était pas Donald Trump,
01:07c'était Vladimir Poutine.
01:11L'enlèvement de Maduro, il y a quelques mois,
01:13la pression mise quasiment quotidiennement sur Cuba,
01:16dont on sent que ça pourrait être la prochaine cible de Donald Trump,
01:19est-ce qu'on est aujourd'hui...
01:20– Et de Rubio, surtout.
01:21– Et de Rubio, de son bras droit.
01:23Est-ce qu'on est aujourd'hui entrés définitivement à l'échelle planétaire
01:25dans la loi du plus fort ?
01:28Et est-ce qu'il faut le regretter ?
01:31Sachant que, pour faire ce métier depuis quelques années,
01:34je reçois aussi des gens qui, à longueur d'année,
01:35tapent sur l'ONU en disant, c'est un machin qui ne sert à rien.
01:37– Oui, l'ONU c'est autre chose.
01:39En l'occurrence, on ne peut pas dire que l'ONU,
01:42on puisse lui reprocher quoi que ce soit dans cette affaire,
01:45sinon de ne pas exister.
01:46Mais comme de toute façon l'ONU n'existe pas,
01:49donc l'ONU est hors du champ.
01:51Bon, pour le reste, ce qui se passe aujourd'hui,
01:54c'est ce qu'a voulu parce qu'il a pensé que c'était son intérêt
01:58ou par impulsion, parce que c'est un personnage complexe quand même.
02:02C'est ce qu'a voulu Donald Trump.
02:05Donald Trump se comporte, mais il se comporte,
02:08on le voit aujourd'hui au Moyen-Orient,
02:10mais on l'a vu avec les décisions commerciales successives,
02:13sans précédent par leur importance,
02:16puis contradictoires, sur lesquels il revenait
02:18pour quelquefois menacer d'y retourner,
02:21comme c'est le cas vis-à-vis de l'Europe.
02:22Bon, quand on le voit comme ça,
02:25on voit très bien qu'il est conscient d'être le plus puissant
02:29et que c'est quelqu'un qui n'a apparemment pas beaucoup de logique,
02:34mais qui surtout n'a pas de frein.
02:38Ce qui est inquiétant, je veux dire,
02:41on n'avait pas besoin d'un tsar erratique.
02:44Hubert Védrine.
02:45– Il faut ajouter à ça ce qu'a dit Rubio, en fait.
02:48C'est l'annonce par Israël qu'ils allaient frapper la Réunion,
02:52quand ils avaient l'information,
02:54qu'il a obligé Trump à y aller.
02:56Donc le choix du moment, c'est largement Israël, en fait.
02:59Comme il n'y a aucune menace imminente, en fait.
03:01D'ailleurs, quand ils ont fait des…
03:02– Vous dites quoi ? Il s'est fait tordre le bras ?
03:03– Oui, il s'est entraîné.
03:05Pas tendre le bras, parce qu'il y avait un mélange de raisons.
03:08Mais la date, le moment, c'est vraiment Israël qui a très bien joué.
03:11Netanyahoui est en train, militairement, pas politiquement,
03:14de réussir une sorte de grand chelème, vous voyez.
03:16Après ce que vous disiez au début de votre question,
03:19dans l'expérience que j'ai, malheureusement,
03:21la seule crise que j'ai vue être traitée sur la base
03:25de ce que les Européens appellent le droit international,
03:27qu'on invoque sans arrêt et que personne n'applique,
03:29en réalité, c'est la première guerre du Golfe.
03:32Parce qu'il y avait une décision du Conseil de sécurité,
03:36conforme à la Charte des Nations Unies,
03:38sans veto de l'URSS, parce que Gorbatchev avait besoin des Occidentaux,
03:41qui étaient menés en fonction du mandat donné,
03:44et de prise d'embauche, le père,
03:46après avoir consulté les militants et les autres,
03:48avait arrêté la guerre à la libération du Kouette.
03:50C'est le seul cas dans ce qu'on a vu depuis plusieurs dizaines d'années,
03:53où on est en gros, et pour appliquer le droit international,
03:56que donc personne n'applique nulle part,
03:58il faut quand même une puissance derrière.
04:00Et à l'époque, les États-Unis étaient sur la ligne
04:02de mettre en œuvre le grand Internet et de le respecter.
04:05C'est un cas unique.
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