00:00Voilà, et donc le nouveau guide suprême iranien, Thierry Arnault, ça n'est rien d'autre que le fils de
00:06Ramenei qui a été tué dans le cadre de cette intervention américano-israélienne.
00:10Oui, et symboliquement, c'est évidemment une annonce très forte, alors elle était attendue, c'est vraiment le signe le
00:16plus clair qu'on puisse donner que ce régime iranien est toujours là d'une part,
00:21qui s'inscrit dans la continuité d'autre part, il était, semble-t-il, pas très loin du guide suprême
00:29au moment où celui-ci a été tué par les forces israéliennes,
00:34à ce moment-là, il aurait perdu sa femme, il aurait perdu l'un de ses enfants aussi au moins,
00:39il aurait été lui-même légèrement blessé par ce bombardement israélien,
00:46et donc les choses sont parfaitement claires. J'ajouterais à son sujet que son nom avait été évoqué depuis plusieurs
00:52jours maintenant,
00:53et que la question avait été posée à Donald Trump, est-ce que l'hypothèse de voir Mojtabar Ramenei devenir
00:58le guide suprême américain pourrait convenir aux Etats-Unis et à son président ?
01:03C'est Axios, à nouveau, qui avait eu cet entretien avec Donald Trump, la réponse avait été très claire du
01:08président américain, il avait dit que c'était inacceptable,
01:10et il considérait que le fils d'Ali Ramenei était, je cite, un poids plume, un lightweight, et qui donc
01:16ne pourrait pas convenir à une solution politique qui serait acceptable pour les Etats-Unis.
01:21Et par ailleurs, les Israéliens ont dit autre chose d'important aussi, c'est qu'à partir du moment où
01:26le nouveau guide suprême israélien serait nommé, il deviendrait pour les Israéliens une cible.
01:32Une cible, la cible numéro 1, et on verra ce que ça implique et ce que ça peut vouloir dire,
01:37mais un détour quand même par Washington,
01:38puisque Antoine Lelard est de nouveau connecté avec nous, et ce qu'il faut dire Antoine, c'est que quelques
01:43heures avant l'officialisation de la nomination de Mojtabar Ramenei
01:47en tant que nouveau guide suprême iranien, Donald Trump a d'ores et déjà prévenu en disant, il n'ira
01:52pas loin sans mon aval cet homme-là.
01:58Exactement, déclaration très menaçante de Donald Trump, qui a déclaré dans un entretien à NBC que le prochain guide suprême
02:05ne fera pas long feu sans son aval.
02:07C'est clairement une menace d'éliminer le prochain guide suprême si celui qui est choisi ne convient pas à
02:12Donald Trump.
02:13Et vous l'avez dit, le fils d'Ali Ramenei, Donald Trump, n'en voulait pas, il l'a déjà
02:17fait savoir cette semaine.
02:18Il a également, dans cet entretien à NBC, dit quelque chose d'intéressant à Donald Trump.
02:22Il dit qu'il peut tout à fait s'accommoder de quelqu'un qui serait issu du régime actuel.
02:28Trump dit qu'il faut simplement que ce soit un bon dirigeant.
02:31Il faut comprendre en fait que Donald Trump cherche quelqu'un à l'intérieur du système,
02:35qui serait prêt à retourner sa veste et à faire allégeance aux Etats-Unis,
02:38quelqu'un qui serait à la botte de Donald Trump.
02:41Ça veut dire que Trump ne croit plus du tout, là on en a vraiment la confirmation,
02:45à ce scénario d'un soulèvement populaire, d'une révolution en Iran,
02:48qui porterait au pouvoir quelqu'un de la société civile.
02:51Ça, ça n'est pas du tout un scénario que Donald Trump souhaite.
02:53Alors le problème, c'est que Donald Trump veut avoir son mot à dire
02:56dans la désignation du futur dirigeant iranien,
02:58mais ça ne se passe pas du tout comme prévu,
03:01notamment parce que les candidats qui avaient été identifiés par les Etats-Unis
03:06pour éventuellement prendre la suite d'Ali Ramenei
03:09ont tous été tués, ou une bonne partie d'entre eux en tout cas,
03:11ont été tués dès les premiers jours de frappe.
03:13Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères iranien,
03:16qui était à la télévision américaine ce matin sur NBC,
03:19a dit à Donald Trump qu'il n'avait pas à le semer de ses affaires
03:22et que c'était aux Iraniens, et aux Iraniens seulement,
03:25de désigner leur prochain dirigeant.
03:27Merci beaucoup Antoine Delard, en direct de Washington,
03:31Moshtaba Ramenei, fils du guide suprême iranien Ramenei,
03:35qui a été tué dans le cadre de cette intervention israélo-américaine,
03:39et donc le nouveau guide suprême iranien, ça y est, c'est officiel.
03:43On parle quand même, Didier François, de l'homme qui avait pris la direction,
03:47c'était en 2009, de la milice Basidji,
03:50qui avait comme mission de lutter, de réprimer la protestation dans la rue.
03:57Donc il n'y a pas vraiment un message d'apaisement là, ce soir, au travers de ce choix.
04:00Non, il ne faut pas s'attendre à un message d'apaisement.
04:02Oui, il a du sang jusqu'aux épaules, ça, il n'y a strictement aucun doute.
04:08La question quand même qui se pose, c'est que tout dur qu'il soit, tout fils,
04:13je pense qu'il a été essentiellement nommé,
04:14parce qu'il a le même nom que son père et qu'il y a une volonté peut-être
04:18d'essayer de montrer une continuité, une stabilité du régime,
04:25toujours dans cette situation-là.
04:26La première chose qu'ils veulent faire, c'est ça.
04:28On sait que ça a été compliqué, qu'il était opposé au frère de la Rijani,
04:31qui lui-même a vraiment les mains sur les manettes.
04:34C'est-à-dire que, de toute façon, je trouve, encore une fois,
04:38je ne suis pas un vrai spécialiste de l'Iran,
04:43mais le fils ne remplace pas le père pour de vrai.
04:45Parce que le père, il a une histoire, il est là,
04:47il était un peu le symbole de la Révolution de 79,
04:52il a remplacé Roménie.
04:54C'est une autre génération, de toute manière,
04:55c'est une génération qui a été liquidée.
04:57Donc celui qui arrive, même si c'est son fils,
04:59même s'il porte le même nom, ce n'est pas la même génération.
05:01Religieusement, il n'a pas le même grade,
05:03il n'est pas reconnu pareil, il n'aura pas le charisme.
05:05Donc de toute façon, quoi qu'il arrive,
05:07ça affaiblit un peu le système guide,
05:10en sens obédience religieuse absolue,
05:14qui avait le contrôle sur tout.
05:15Parce que le fils n'aura pas le même contrôle
05:17sur l'appareil militaire, sur l'économie en partie,
05:21mais il sera obligatoirement en partage de pouvoir
05:24avec ceux qui sont aujourd'hui aux manettes.
05:26On le voit, la Rijani, le Conseil de sécurité,
05:30– Oui, mais ça, c'est des changements
05:31qui ne concernent finalement que ce régime iranien.
05:36– Oui, mais c'est fondamental.
05:37– Oui, mais je veux dire, quel est le message
05:42aux Américains et aux Israéliens ?
05:43– En fait, le message aux Américains et aux Israéliens,
05:44vous avez bien compris qu'on ne l'aura pas publiquement.
05:46C'est-à-dire qu'ils ne vont pas faire les négociations
05:48autour d'une table en disant,
05:50voilà les propositions qu'on va leur faire.
05:52Les négociations, elles sont sous la table.
05:53– Est-ce que cet homme peut être susceptible de négocier ?
05:55– Mais Trump, lui, il a dit clairement ce qu'il voulait.
05:58Il s'en fout avec qui il signe.
06:00Lui, un autre, un barbu, pas barbu,
06:01ils seront tous barbus de toute façon.
06:03Lui, ce qu'il veut, c'est obtenir,
06:04un, le fait qu'il n'y ait plus de nucléaire,
06:06deux, le fait qu'il n'y ait plus de missiles
06:09et un réalignement.
06:12Si le gars qui a le pouvoir, quel qu'il soit,
06:15cède là-dessus et le lui amène, il prendra.
06:17Qu'est-ce qu'il en a à faire ?
06:18Qu'il s'appelle l'Arijani, Khalibaf ou Khamenei ?
06:20– Mais les Américains, excusez-moi, dans le 2080,
06:22négocient avec Khalibaf.
06:23– Bien sûr.
06:24– Et l'Arijani.
06:25– L'Iran Gate, c'était quand même avec les Israéliens
06:28qui négociaient secrètement avec Roménie
06:31parce qu'ils ne voulaient pas que l'Irak soit trop fort.
06:34Donc, pourtant, c'était Roménie.
06:36– Absolument.
06:36– Mojtabak.
06:37– Donc, ça ne sera pas publiquement.
06:38Il ne faut pas s'appuyer là-dessus.
06:40Ils peuvent parfaitement être des gens
06:41en train de discuter derrière sans que…
06:43Et je peux vous dire, même le jour où il y aura un accord,
06:45ils iront tous en a gagné.
06:47Nous, on est encore là.
06:48L'autre dira, ça y est, je n'ai plus le nucléaire.
06:49Et ils diront, on a gardé le pouvoir,
06:51même si le pouvoir a évolué.
06:53En fait, ce qu'ils veulent, c'est changer
06:54les rapports de force stratégiques dans la région.
06:56Ce n'est pas le régime en soi.
06:59– Mais donc, pour être bien clair,
07:00ce qu'il faut expliquer, c'est que vous nous dites
07:02que ce Mojtabak, deuxième fils d'Ali Ramenei,
07:06pourrait être potentiellement l'homme
07:10qui conviendrait à Donald Trump.
07:12– Il n'y a aucun homme qui conviendrait.
07:13Ce n'est pas un problème.
07:14Est-ce qu'un homme convient à Donald Trump ?
07:15C'est est-ce que l'équipe au pouvoir aujourd'hui,
07:17celle qui n'a pas été décapitée,
07:19ce qui reste en dessous,
07:19les Laridjani, les Halibaf, le Arachi,
07:24le patron du ministère de la Ferté étrangère,
07:27le président du Parlement qui est aussi…
07:29Enfin, voilà, tous ces gens,
07:31le responsable de la justice,
07:36est-ce que ces gars-là,
07:38pour sauver leur peau
07:39et le fait de rester au pouvoir
07:41et la main sur le business, etc.,
07:43sont prêts ou pas à signer un deal
07:45avec les Américains et les Israéliens
07:47en disant qu'on arrête le nucléaire
07:48et qu'on arrête les missiles ?
07:49C'est ça, le sujet.
07:50Après, si c'est ceux-là qui le font,
07:52ils prendront.
07:53Ils ne vont pas s'embêter.
07:54Qu'est-ce qu'ils vont aller s'embêter ?
07:55Les gars, ils sont aux manettes,
07:56ils contrôlent tout.
07:57Si demain, ils signent en bas du papier
07:59et qu'ils font qu'il y a des contrôles
08:00et qu'il faut revenir à la IEA,
08:02ils signeront avec eux.
08:03Ils n'ont pas leur objectif dans la vie,
08:05comme l'a dit Trump,
08:06ce n'est pas de faire la démocratie en Iran.
08:07Et enfin, ils ne vont pas faire lui debout.
08:09Ce n'est pas leur sujet.
08:10Siavosh Ghazi,
08:11le correspondant de France 24 RFI à Téhéran,
08:14est évidemment de nouveau connecté avec nous
08:17pour revenir sur cette information,
08:19information importante de la soirée.
08:21Moshtaba Ramenei,
08:22deuxième fils d'Ali Ramenei,
08:23est donc nommé nouveau guide suprême iranien.
08:27Siavosh, qu'est-ce que vous pouvez nous dire de lui ?
08:30Et est-ce que ça suscite des réactions sur place ?
08:35Écoutez, on présentait sa nomination
08:39depuis cet après-midi
08:41parce qu'il y avait eu de nombreuses déclarations
08:43des membres de l'Assemblée des experts
08:45qui allaient dans le même sens.
08:49Et d'autres disaient qu'il fallait se précipiter
08:51pour mettre fin à ce vide politique
08:56créé après la mort de l'aïtola Ali Ramenei.
08:59Moshtaba Ramenei,
09:01c'est en fait l'homme de l'ombre,
09:02en quelque sorte.
09:03Il n'a jamais eu de poste politique,
09:06il n'a jamais fait de discours politique,
09:08on n'a jamais entendu parler
09:10des affaires politiques du pays,
09:13mais c'était un homme très proche de son père.
09:17Il travaillait dans son bureau
09:18et donc il était impliqué directement
09:22dans la gestion des affaires du pays
09:25à côté de son père.
09:27Donc c'est un homme qui connaît les dossiers
09:30et donc il sait de quel travail il s'agit.
09:41Alors il y a plusieurs membres de l'Assemblée des experts
09:44qui ont affirmé que le cap ne changera pas
09:47et que la voie tracée par l'aïtola Ali Ramenei
09:49sera poursuivie par le guide suprême iranien
09:54avant qu'on connaisse que son nom soit annoncé officiellement.
09:58Mais on peut penser que le choix de Moshtaba Ramenei
10:03signifie que c'est la ligne ferme qui l'a emporté
10:07parce qu'il y avait d'autres noms qui étaient avancés,
10:09c'est par exemple l'honneur de Hassan Khomeini,
10:12Hassan Khomeini qui est le petit-fils de l'aïtola Khomeini,
10:16le fondateur de la République islamique.
10:18Ces derniers mois, on le voyait de plus en plus
10:21mis en avant à différentes occasions,
10:25par exemple lors d'une cérémonie
10:27où il a reçu des militaires
10:32alors que normalement c'était le guide suprême iranien
10:37qui les avait sauvés.
10:39Donc juste pour rappeler une rencontre
10:44qui avait eu lieu avant la révolution islamique de 1979
10:47alors que le Shah d'Iran était en place.
10:51Donc on pensait que ça pouvait être lui
10:53qui pouvait être choisi et ça n'a pas été le cas.
10:57Et puis aussi, il y avait un autre prétendant,
10:59Hassan Khomeini,
11:00Hassan Khomeini qui a été président de la République.
11:03Et ces derniers mois,
11:05il a fait des déclarations très critiques
11:09à l'égard du pouvoir
11:10en affirmant notamment qu'il fallait,
11:13après les manifestations
11:14et le mouvement de contestation début janvier,
11:17il a fait des déclarations pour dire
11:20qu'il fallait un réel changement dans le pays
11:22pour répondre aux aspirations
11:25et aux demandes de ceux qui sont descendus dans la rue,
11:29une manière de dire qu'il fallait changer
11:31de guide suprême iranien à l'époque
11:34avant même que cette guerre ne soit déclenchée.
11:37Donc c'est la ligne dure en principe qui est choisie.
11:41On n'a pas encore de déclaration politique
11:43de Mosh Taba Khomeini,
11:44mais on va voir ce qu'il va dire
11:45lors de son premier message politique.
11:48on va voir ce qu'il va voir ce qu'il va voir ce qu'il va voir ce qu
11:48'il va voir ce qu'il va voir.
11:48Sous-titrage Société Radio-Canada
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