00:00 Les vraies voix Sud Radio.
00:02 Bonsoir Félix Mathieu.
00:04 Bonsoir tout le monde.
00:05 Et les trois mots dans l'actu, c'est clair, motion de censure.
00:08 Oui, il y en a bien trois.
00:10 Ça fait trois mots.
00:11 Deux motions de censure, l'une du RN, l'autre transpartisane,
00:14 présentée par le groupe Lyot à l'Assemblée Nationale
00:17 après l'annoncière du 49-3 sur la réforme des retraites,
00:20 annonce qui a embrasé l'hémicycle et la rue.
00:23 Reste à voir si les oppositions peuvent vraiment espérer
00:25 renverser le gouvernement comme elle l'affirme.
00:28 Les vraies voix Sud Radio.
00:30 Blocage ici du périphérique parisien, de la gare de Toulon, de Bordeaux,
00:38 où ici dans ce qu'on entend c'est plutôt de l'entrepôt Amazon de Beauve,
00:42 près d'Amiens.
00:43 Des blocages un peu partout en France, quoi.
00:45 Des manifestations sporadiques ont repris aujourd'hui
00:47 après l'annoncière de ce 49-3.
00:49 Pas de vote à l'Assemblée Nationale sur la réforme des retraites.
00:52 Au Palais Bourbon, le groupe Lyot va donc déposer
00:54 une motion de censure transpartisane.
00:56 Il vote comme "liberté indépendant outre-mer et territoire".
01:00 Le président du groupe Bertrand Panchet annonce
01:02 91 signataires de 5 groupes politiques d'opposition.
01:06 Je regrette que mes collègues de LR ne soient pas signataires,
01:10 mais j'espère qu'ils seront nombreux à la voter.
01:13 Il s'agit d'être utile à notre pays en votant contre
01:17 cette réforme des retraites injuste et inefficace.
01:20 Il s'agit de préserver notre démocratie parlementaire bafouée
01:24 et la démocratie sociale méprisée.
01:27 Il s'agit de respecter et d'écouter nos compatriotes,
01:30 dont 80% d'entre eux souhaitent que cette motion soit votée.
01:35 Enfin, le vote de cette motion permettra de sortir
01:39 par le haut d'une crise politique profonde.
01:42 J'en appelle donc à la responsabilité de tous les députés
01:46 afin de préserver notre démocratie.
01:49 Le président du groupe Lyot, Bertrand Panchet,
01:51 au micro de l'agence France Presse, la NUPS,
01:53 se rallie à cette motion de censure de Lyot.
01:55 Clémence Guettet, vice-présidente du groupe Insoumis,
01:58 croit en ces chances de passer.
02:00 Il y a plusieurs députés des Républicains qui,
02:02 en sortant de leur réunion de groupe, se sont réjouis
02:04 du fait que la liberté de vote ait été actée
02:07 au sein du groupe des Républicains, contrairement d'ailleurs
02:09 à ce qu'a dit M. Sciotti.
02:11 Et on dit pour certains d'entre eux très clairement
02:13 qu'ils allaient la voter, et pour d'autres
02:15 qu'ils prenaient le temps encore d'y réfléchir.
02:17 Donc je pense que c'est une possibilité qui est réelle.
02:20 On sait que celle d'un groupe comme Lyot
02:22 a plus de chances de passer qu'une autre option.
02:25 Donc évidemment, nous on y met toutes nos forces,
02:27 on discute avec eux, et je pense que c'est en bonne voie.
02:30 Deux motions de censure, puisque le RN a présenté la sienne.
02:33 Pour renverser le gouvernement, il faudrait que 287 députés
02:36 votent un même texte.
02:38 Si on additionne NUPS, Lyot, RN et quelques non-inscrits,
02:41 on arrive à environ 260.
02:43 Il faudrait donc que quasiment la moitié du groupe LR
02:46 désobéisse aux consignes du parti en votant cette motion de censure
02:49 pour imaginer renverser le gouvernement.
02:51 C'est très improbable, selon Didier Moss,
02:53 un constitutionnaliste et ancien conseiller d'État.
02:56 Il n'y a aucune chance qu'une motion de censure soit adoptée.
02:59 Il faut être clair là-dessus.
03:01 J'hésite toujours à faire des pronostics,
03:03 parce qu'on pourrait les mentir, mais là j'en fais un.
03:05 Il faudrait que les députés LR votent la motion de censure,
03:08 alors ils ne la voteront pas.
03:10 Parce que, un, il y a ceux qui sont favorables à la loi,
03:12 il y en a quand même un certain nombre,
03:14 et deux, il y a ceux qui n'ont pas envie,
03:16 qui ont une dissolution derrière,
03:18 alors mettez les deux bout à bout.
03:20 Il n'y a aucune chance que la motion de censure soit votée.
03:22 Didier Moss, ancien conseiller d'État
03:24 et professeur de droit constitutionnel
03:26 au micro de Jean-Jacques Bourdin,
03:28 ce midi sur Sud Radio.
03:29 Opposition politique, opposition sur le terrain.
03:31 Aussi Jean-Jacques Bourdin chez qui Olivier Matheux
03:33 de la CGT Bouche du Rhône lance cet avertissement.
03:36 Faites votre plein d'essence.
03:38 Si vous ne voulez pas manquer, selon lui,
03:40 les blocages pourraient bien ne faire que commencer
03:42 après ce 49.3.
03:43 Les raffineries commencent à tomber.
03:46 En Normandie, c'est en train de s'arrêter.
03:49 À la Véras, c'est en train de s'arrêter.
03:52 Il y a deux raffineries dans le pays
03:54 qui devaient redémarrer
03:56 parce que le son d'engrève ne redémarrerait pas.
03:59 On ne produit déjà pas assez pour répondre à la demande
04:02 au moment où je vous parle.
04:04 Et on va produire encore moins.
04:06 Et les effets combinés de l'entrée en grève
04:09 du port pétrolier de Marseille-France,
04:12 du dépôt pétrolier de France qui viennent rejoindre
04:15 le dépôt de la CIMA au Havre,
04:19 va faire qu'on va manquer de carburant très rapidement.
04:22 Olivier Mathieu, le secrétaire général de la CGT
04:25 dans les bouches du Rhône.
04:26 Merci beaucoup Félix Mathieu, une réaction...
04:28 Il y a plein de gens sûrs, sûrs, sûrs...
04:30 C'est fou parce que tout le monde dit
04:33 tout est son contraire sur cette potion de censure.
04:35 Déjà, je ne suis pas du tout d'accord avec ce que disait
04:37 Didier Mauss, le constitutionnaliste,
04:39 parce que, avec la situation qu'on vit actuellement
04:42 au niveau parlementaire et politique,
04:44 tout est possible.
04:45 Qui eut cru que Liot avec Charles de Courson,
04:49 Bertrand Pranchet d'ancien élu centriste
04:51 ou proche de Macron, ait eu l'intention
04:53 de déposer une motion de censure ?
04:55 Et d'avoir déjà réuni qu'à plus de 90 députés.
04:57 Exactement, donc moi je crois que tout est possible maintenant.
05:00 Franchement, moi je suis surpris.
05:01 Il a été dit par certains observateurs
05:03 qu'il n'y aurait pas de 49.3 non plus.
05:05 Tout le monde y va de sa vérité, François Purcon.
05:07 Il y a eu une espèce de vente...
05:09 La moitié des LRF...
05:10 Il y a eu une espèce de vente panique.
05:12 Le 49.3 a été décidé en début de semaine.
05:15 Parce que tous les comptes amenaient
05:18 à ce qu'il n'y ait que 3 ou 4 voix de majorité.
05:20 Et le président de la République dit "moi je prends ton risque".
05:22 Alors il a fait porter la responsabilité de la première ministre
05:24 en disant "je vous demande de voter"
05:27 et la première ministre vient le voir en disant
05:28 "ah, monsieur le président, j'y arrive pas,
05:29 donc au secours, aidez-moi".
05:30 Ok, ça c'est de la stratégie de la communication.
05:32 Mais concrètement, la décision a été prise
05:34 à l'Élysée en début de semaine
05:35 en disant "on ne peut pas faire autrement".
05:37 Et quels calculs ils font ?
05:38 C'est de dire "on n'est pas sûr d'avoir une majorité"
05:41 mais on a un peu plus de chance
05:43 qu'il n'y ait pas de majorité pour voter une motion de censure.
05:45 Mais ils sont sûrs de rien.
05:47 Il faut qu'il y ait 20 députés républicains.
05:51 Parce que, si je peux permettre...
05:53 - Au moins, au moins.
05:54 - Non, parce que quand on fait le compte,
05:56 on est à 170,
05:58 quand on fait le total de tout le monde,
06:00 avec les non-inscrits, etc.
06:01 - Si tous les guillotes la votent.
06:03 - Si tous les guillotes la votent, bien sûr.
06:05 - Si tous les guillotes, tous la nupeste,
06:07 tous les non-inscrits votent
06:09 et tous les rassemblements nationaux,
06:11 il manque 20 voix.
06:12 Et s'il manque 20 voix,
06:13 il suffit qu'il y ait 20 députés,
06:15 on ne sait pas où,
06:17 républicains en particulier, qui se dévotent.
06:19 Mais ce que je veux dire par là,
06:20 c'est que c'est possible,
06:21 c'est tout à fait possible.
06:22 Et Elisabeth Bornier a fait une petite erreur stratégique,
06:24 selon moi, quand elle a dit
06:26 "tout le monde dit qu'il n'y aura pas de vote,
06:27 mais si, il y aura un vote".
06:28 Si vous ne voulez pas de la réforme, c'est lundi.
06:30 - Motion de censure.
06:31 - Le vote.
06:32 Et c'est vrai que si lundi, la motion de censure est votée,
06:34 le texte n'existe plus.
06:37 Elle dit aux députés,
06:38 si vous êtes contre cette réforme,
06:39 vous pouvez voter lundi.
06:40 - Et vous pensez quoi, Philippe Bilger ?
06:42 - Moi, je pense qu'Emmanuel Macron,
06:44 aussi, il se moque un peu du monde
06:46 lorsqu'il sort cette phrase hier.
06:49 La facilité politique, pour moi,
06:52 ça aurait été d'aller au vote.
06:54 Autrement dit,
06:56 on a envie de lui dire
06:58 "pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?"
06:59 et d'en oublier le 49.3
07:02 en disant "il y aurait eu trop de risques financiers".
07:04 - En fait, ce qui s'est joué,
07:07 c'est quoi ?
07:09 Des gens lui ont vendu l'idée,
07:11 et des polos dans la majorité,
07:12 en disant "prends le risque,
07:14 va au vote, tu gagnes,
07:17 bravo, tu perds,
07:20 tu dis "mais moi, je respecte la démocratie,
07:23 j'ai demandé aux représentants du peuple de voter,
07:25 ils n'ont pas voté, j'en prends acte".
07:27 Mais ça veut dire qu'il changeait de quinquennat
07:31 et il disait "à partir de maintenant,
07:33 on vous reproche de ne pas écouter le peuple,
07:34 la preuve, vous vous trompez".
07:35 Et ça, je pense que le président n'y est pas prêt.
07:37 Il n'a pas envie de lâcher une parcelle de son pouvoir.
07:39 Il veut continuer à être celui qui dirige.
07:41 - On y reviendra tout à l'heure.