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  • il y a 4 ans
Zelensky : "Il sait qu'il est surveillé par sa population. En Ukraine, un chef d'Etat n'a jamais un blanc-seing total. Il y a une vigilance et il est attendu au tournant", Alexandra Goujon, maitre de conférences en science politique à l’université de Bourgogne

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Transcription
00:00 Alexandre Goujon, il parle tous les jours à son peuple ?
00:03 Ça continue ça ?
00:04 – Oui, il y a une vidéo quasiment tous les soirs, un peu tard, vers 23h,
00:09 selfie vidéo dans différents endroits, souvent à l'administration présidentielle,
00:13 et oui, il communique.
00:15 Il a besoin de maintenir le lien aussi sur son action.
00:20 En Ukraine, bien sûr, c'est un communicant,
00:24 mais il y a d'autres communicants en Ukraine.
00:27 Et les Ukrainiens eux-mêmes sont des communicants,
00:30 il y a beaucoup de choses qui circulent sur les réseaux sociaux.
00:35 Donc les Ukrainiens, eux, ont besoin d'avoir de l'action.
00:38 Qu'est-ce qu'ils font au concret ?
00:39 Ah oui, ils se déplacent, c'est pour obtenir des armes,
00:41 et là-dessus on le suit, on est d'accord.
00:43 Voilà, lorsqu'il y a un scandale de corruption,
00:45 il faut quand même, à un moment donné, qu'ils se légitiment.
00:47 Donc en fait, la vie politique continue.
00:49 – Ça continue, et il fait vivre la démocratie ukrainienne malgré le…
00:53 – La loi Martial.
00:54 – C'est un vrai souci, parce qu'aujourd'hui,
00:59 il y a un marathon télévisuel par exemple, qui uniformise les informations,
01:04 alors que l'Ukraine était un pays où il y avait des talk-shows
01:06 avec des députés tous les soirs qui duraient des heures et qui sont regardés.
01:10 Il y a une vraie animation politique.
01:12 Le journalisme d'investigation continue, c'est extrêmement important.
01:16 Les journalistes qui, on va dire, se sont adaptés à la guerre
01:20 dans les premiers mois, ont continué leur travail,
01:23 et certains, ils le disent dans plusieurs interviews,
01:27 ont vu des schémas de corruption et se sont dit,
01:29 on ne peut pas laisser passer ça.
01:31 C'est-à-dire que les réformes qui ont été engagées,
01:35 notamment depuis la révolution de Maïdan, depuis 2014,
01:40 il faut absolument qu'on continue.
01:42 Il y a de l'argent qui va venir de l'Union européenne,
01:44 il y a de l'argent pour la reconstruction,
01:46 il y a plus d'argent pour l'armée.
01:48 Il faut qu'on s'assure que tout cela soit bien utilisé.
01:51 Il y a des garde-fous, il y a du contre-pouvoir,
01:54 il y a aussi toute cette question de la corruption dans la justice.
01:57 Et d'ailleurs, on en a un petit peu moins parlé,
01:58 mais aujourd'hui, lors de la visite de Biden,
02:03 les associations de lutte contre la corruption ont dit,
02:05 voilà, ça va être l'occasion de reparler aussi de sujets sensibles,
02:09 parce qu'on attend le directeur du Bureau national
02:12 pour la lutte contre la corruption, on attend sa nomination,
02:14 et la venue de Biden peut nous aider.
02:16 Donc en fait, sur l'aspect, j'allais dire, des réformes politiques,
02:21 en tous les cas, Zelensky, bien sûr, il est pris,
02:24 j'allais dire, entre deux types de pression,
02:26 à la fois toute la société civile qui s'est constituée depuis 2014
02:32 et qui regarde toujours avec un air suspicieux ces élites politiques,
02:35 on ne sait jamais ce qu'ils peuvent faire,
02:37 quand bien même on les suit sur une partie du chemin,
02:40 et c'est ce qu'ils font aujourd'hui,
02:41 et puis, bien évidemment, les bailleurs de fonds étrangers
02:45 qui font aussi pression sur le pouvoir politique.
02:48 Mais c'est vrai que c'est une démocratie en guerre,
02:51 c'est une démocratie électorale,
02:53 les prochaines élections étaient prévues législatives en octobre 2023,
02:58 la loi martiale, aujourd'hui, elle peut être modifiée,
03:01 mais interdit tout type de scrutin, d'élection ou de référendum.
03:06 [Musique]

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