00:00 Sud Radio Bercov dans tous ses états, le fait du jour.
00:04 Vous vous rappelez au premier quinquennat, d'ailleurs je vous dis ça en passant, auditeurs de Sud Radio,
00:07 au premier quinquennat, on devait rester à 62 ans, pas plus, on va pas changer, etc.
00:12 Second quinquennat depuis 2022, attention, c'est 64, 65, on va voir, bon.
00:19 Mais le problème, on ne veut pas poser le problème comme ça.
00:22 On a entendu Olivier Dussopt qui a expliqué un peu les fameux 1200 euros,
00:29 la fameuse, vous savez, la déclaration par le ministre du Travail Olivier Dussopt
00:34 qui avait affirmé que la fameuse pension minimale de 1200 euros concernerait 40 000 personnes par an.
00:42 Et je rappelle qu'Olivier Dussopt est un ex-socialiste, un ex-ministre, ex-socialiste,
00:47 non pas ex-ministre, il est ministre du Travail, mais ex-socialiste.
00:49 Et un autre socialiste qui lui est toujours le député Jérôme Gage,
00:54 eh bien il a voulu vérifier, Jérôme Gage, il a voulu vérifier,
00:57 et il peut vérifier, comme vous le savez, pourquoi ?
01:00 Eh bien pour une raison très simple, c'est qu'il a des pouvoirs d'investigation
01:03 en tant que co-président de la mission d'évaluation des comptes de la Sécurité Sociale.
01:08 Donc il est allé, il le raconte Jérôme Gage, il est allé effectuer un contrôle.
01:12 Lui, il a fait un vrai travail de fact-checking, pas comme d'autres,
01:17 qui s'affirment fact-checking et qui ne sont que des fake-checking.
01:21 Écoutez.
01:22 Bonsoir, alors on est dans mon bureau et toute la journée,
01:25 j'ai continué à analyser les données que j'ai pu obtenir hier
01:29 en me rendant de manière inopinée à la direction de la Sécurité Sociale
01:32 pour exercer mon pouvoir de contrôle et vérifier les chiffres avancés par Olivier Dussopt.
01:38 Parce que maintenant, la bonne nouvelle, avec les informations que j'ai pu obtenir,
01:41 c'est qu'on peut fact-checker chacun des propos du ministre.
01:46 Et je peux vous dire qu'il y a du mensonge, il y a de l'approximation,
01:49 il y a de l'improvisation, il y a du bricolage.
01:51 Ces 200 000 personnes qui auront une pension meilleure grâce à la réforme que sans la réforme,
01:56 un gros tiers aura une revalorisation supérieure là aussi à 70 euros.
02:01 Eh bien non, monsieur le ministre, il n'y a pas un gros tiers de ces 200 000 bénéficiaires
02:06 qui touchera plus de 70 euros parce que j'ai eu les chiffres très précis
02:11 et ce sont exactement 38 509 personnes sur les 199 000, c'est-à-dire 19,28%.
02:21 Et 19,28% ce n'est pas un gros tiers.
02:24 Combien, grâce à cette réforme, vont passer le cap des 85% du SMIC ?
02:29 On a une prévision, elle m'est arrivée hier soir,
02:32 40 000 personnes de plus chaque année passeront le cap des 85% du SMIC
02:37 grâce à cette seule réforme.
02:40 Alors là, dans cette phrase, il y a trois mensonges.
02:43 La première des choses, c'est qu'il dit que les prévisions, il les a eues hier soir.
02:48 Or, à la direction de la Sécurité sociale, on m'a dit que rien n'a été transmis
02:53 ces derniers jours au ministre et que les informations qu'il utilise,
02:57 il les avait depuis la mi-janvier.
03:00 Le deuxième mensonge, c'est qu'il dit qu'il y a 40 000 de plus chaque année.
03:06 Eh bien, en 2024, ce seront uniquement 13 289 personnes
03:13 qui bénéficieront de cette revalorisation maximale de 100 euros.
03:18 Puis surtout, le troisième mensonge, la troisième approximation,
03:22 c'est que le chiffre qu'utilise le ministre, c'est de dire le nombre de gens
03:26 qui ont obtenu la revalorisation maximale de 100 euros.
03:30 Mais ça ne dit pas le nombre de gens qui réellement dépassent les 1 200 euros
03:35 ou ont les 1 200 euros.
03:38 Voilà, revalorisation, pardon, 100 euros minimum ou pas minimum, 1 200 euros.
03:46 Voilà, c'est dans ce brouillard, dans cet embrouillamini de chiffres
03:51 que se passe cette réforme des retraites, ce projet de loi
03:55 qui, effectivement, les débats, comme vous le savez, ont été clos vendredi soir.
04:00 Mais il devait y avoir une motion de censure.
04:03 Ah oui, mais il n'y a pas eu.
04:05 Enfin, en tout cas, elle a été déposée par le Rassemblement National
04:08 et puis c'est passé, évidemment, à la trappe, sinon à la poubelle.
04:14 Et alors, quand même, le spectacle à la fin était très intéressant
04:18 parce que, évidemment, pour l'ILR, pour la NUPES, pour la gauche,
04:24 on n'allait pas voter une motion facho, puisque le RN, on ne vote pas avec le RN.
04:28 Même si le RN dit, par exemple, que le soleil illuie le jour et la lune nuit la nuit.
04:39 Non, non, non, c'est facho de dire ça, c'est facho.
04:42 Alors, on reste là, donc on ne vote pas les motions de censure,
04:46 on ne vote pas la motion référendaire, on ne vote rien et on s'amuse.
04:50 Et comment on s'amuse ?
04:52 Et là, effectivement, Olivier Dussopt, le ministre du Travail,
04:55 a beau jeu, effectivement, de s'y opposer.
04:58 Écoutez, vendredi soir, ce qu'on appelle encore l'Assemblée Nationale
05:04 et qui est de plus en plus une espèce de cours de récréation
05:08 où les profs peuvent s'amuser pendant que les enfants s'écharpent.
05:12 Écoutez.
05:13 (Musique)
05:30 Voilà, voilà, mais Macron, Macron, on est là, on est là.
05:34 Mais qu'est-ce qui doit rigoler Macron ?
05:36 Mais franchement, écoutez, vous écoutez ça,
05:39 vous avez ces braves députés qui descendent avec tous leurs avantages
05:44 et dire "ouais, on est là, on est là".
05:47 Mais attendez, mais c'est quoi ça ?
05:49 C'est quel spectacle vous donnez aux Français,
05:52 y compris ceux qui ont voté pour vous, d'un côté comme d'un autre ?
05:56 Mais c'est ça, le Parlement français ?
05:58 C'est ça qui représente la diversité des opinions françaises ?
06:02 C'est ça qui représente, effectivement, les envies, les manques, les frustrations,
06:08 les misères ou la pauvreté ou tout ça ?
06:11 C'est ça ? Mais vous êtes où là ?
06:13 C'est pas possible qu'on soit encore dans ce carnaval,
06:18 et même pas un bon carnaval.
06:20 Vous savez, je pense à ce que disait Henri de Montaerlan,
06:24 l'écrivain Henri de Montaerlan dans "L'Arène d'Espagne".
06:29 Il disait "En prison, messieurs, en prison pour médiocrité".
Commentaires