00:00 -Avec vous, Hélène Frade. Bonjour, Hélène.
00:02 -Bonjour, Pauline.
00:03 -A la une de la presse, l'enquête d'une trentaine
00:06 de médias internationaux coordonnés par Forbidden Stories,
00:10 dont la mission est de poursuivre le travail
00:12 de journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés
00:15 à travers le monde sur les coulisses de l'industrie
00:18 de la désinformation.
00:19 -De plus en plus utilisés par les régimes autoritaires
00:23 ou corrompus, ces entreprises ciblent aussi
00:25 de plus en plus souvent des journalistes.
00:28 -C'est ce que révèle cette enquête, à laquelle a participé
00:31 notamment la cellule Investigation de Radio France,
00:34 qui raconte comment des Etats ou des hommes politiques
00:38 tentent d'influencer les opinions, de manipuler des élections
00:41 ou de détruire des réputations,
00:43 parfois donc au prix de la vie de journalistes.
00:47 Selon Forbidden Stories, un reporter sur quatre
00:50 tué hors zone de conflit entre 2017 et 2022
00:54 a été visé par ces campagnes de désinformation
00:57 ou a reçu des menaces directes via les réseaux sociaux
01:01 avant d'être assassiné.
01:03 -Parmi ces journalistes, une indienne
01:05 qui s'appelait Gaori Lankesh a été assassinée par balle
01:09 à Bangalore, c'était en 2017.
01:11 -D'après Forbidden Stories, Gaori Lankesh écrivait
01:14 un article intitulé "À l'ère des fake news",
01:17 au moment où elle a été assassinée.
01:19 Elle décrivait des usines à mensonges,
01:21 des sites web propageant de fausses informations.
01:25 Dans son texte, cette journaliste analysait
01:28 le parcours d'une rumeur devenue virale
01:31 sur la statue d'une divinité hindoue
01:34 lancée par le site Internet d'un entrepreneur local.
01:38 Selon Gaori Lankesh, cette rumeur avait été propagée
01:41 par des proches du parti nationaliste hindou au pouvoir,
01:44 le BJP, qu'elle accusait de s'être servi
01:47 de cette fausse information comme d'une arme,
01:49 des accusations qui lui ont valu à son tour
01:52 de se retrouver la cible d'une campagne de désinformation,
01:56 la dépeignant comme une militante anti-hindoue.
02:00 -L'un des lains où les autorités ont perquisitionné,
02:03 hier, les bureaux de la BBC, la chaîne de télévision britannique,
02:07 qui avait diffusé le mois dernier un documentaire très critique
02:11 sur le Premier ministre Narendra Modi.
02:13 -Ces perquisitions en folie à une ce matin du Indian Express,
02:16 qui revient aussi à la une sur la commande record
02:19 de l'indépendance, qui a été annoncée par Air India,
02:22 Airbus et Boeing pour l'achat de 470 appareils.
02:25 Le journal précise que le documentaire dont il est question,
02:28 le documentaire de la BBC, qui a été diffusé seulement
02:31 au Royaume-Uni, mais bloqué en Inde par le gouvernement,
02:35 mettait en cause Modi pour son incapacité
02:37 à contrôler la violence, alors qu'il était
02:39 ministre en chef du Gujarat,
02:41 lors des émeutes anti-musulmanes
02:43 qui avaient touché cette région en 2002.
02:46 Indian Express fait état de l'attaque virulente
02:49 lancée par les partis d'opposition indiens
02:52 après ces perquisitions, qualifiée de tactique
02:55 d'intimidation, d'atteinte à la liberté de la presse
02:58 et de tentative d'étouffer les critiques.
03:01 -L'Inde, qui n'a pas le monopole des atteintes
03:04 à la liberté de la presse, est également ciblée
03:07 au Cameroun et au Cambodge, entre autres choses.
03:09 -Le monde s'alarme particulièrement
03:12 de l'assassinat, le mois dernier,
03:14 de Martinez Zogho, un journaliste de radio
03:18 pourfendeur de la corruption dans son pays.
03:21 Un assassinat dont le degré de sauvagerie
03:23 et le moment où il est survenu,
03:25 peu avant le 90e anniversaire du président cameroonais,
03:29 Paul Biya, montre, selon le Monde,
03:31 que tout va être permis, même le pire,
03:34 je cite, dans l'impitoyable guerre ouverte
03:36 pour la succession du dictateur.
03:39 Le Cambodge, le Premier ministre Hun Sen
03:41 a fait fermer, lui,
03:43 le site "Voice of Democracy",
03:45 l'un des derniers médias indépendants du Cambodge.
03:48 Le Figaro précise que cette fermeture
03:51 intervient, quelques jours après la publication
03:54 d'un article controversé sur le fils de Hun Sen,
03:57 qui a été mis en cause pour son rôle
03:59 dans l'appareil d'Etat.
04:01 Elle intervient, surtout, cette fermeture,
04:04 à quelques mois, à cinq mois des législatives,
04:07 ce qui rappelle ce qui s'était déjà passé au Cambodge,
04:10 en 2017, à l'élection.
04:12 A l'époque, Hun Sen avait déjà fait fermer
04:15 plusieurs médias indépendants
04:17 à l'approche, là encore, des législatives.
04:20 -Quelques mots des tensions diplomatiques
04:23 entre Paris et Rabat,
04:24 depuis la condamnation des violations
04:26 des droits de l'homme au Maroc,
04:28 le mois dernier, par des députés européens,
04:31 dans le sillage du Qatar Gate,
04:33 affaire dont on a beaucoup parlé,
04:35 qui est aussi un Maroc-Gate.
04:37 -Dans cette condamnation,
04:39 les parlementaires européens se déclarent
04:42 en raison de corruption par les autorités marocaines,
04:45 réclament la libération des prisonniers politiques
04:48 ainsi que la fin de la surveillance
04:50 des journalistes au Maroc.
04:52 Une condamnation orchestrée
04:55 par l'Etat profond français,
04:57 selon certains responsables marocains,
05:00 cités par Lacroix,
05:01 qui évoque, on le voit, le coup de foi polaire
05:04 entre la France et le Maroc,
05:06 dont les relations, on le rappelle,
05:08 s'étaient déjà tendues depuis quelques temps.
05:11 L'affaire de l'espionnage du téléphone d'Emmanuel Macron
05:15 via le logiciel Pegasus, l'affaire des visas,
05:17 mais également les pressions du Maroc sur la France
05:21 pour qu'elle reconnaisse la marocanité
05:24 du Sahara occidental.
05:26 -On ne se quitte pas là-dessus.
05:28 -Avant de vous dire à tout à l'heure,
05:30 je vous propose de jeter un cil au New York Times,
05:33 qui a visité pour nous un musée, ma foi, assez originel.
05:36 Il se trouve à Zagreb, en Croatie,
05:38 et ce lieu est né d'une idée, ma foi,
05:41 assez étonnante, puisqu'il propose à des donateurs du monde entier
05:45 d'envoyer des souvenirs de relations ratées, terminées,
05:48 avec un petit texte racontant l'histoire de chaque objet.
05:52 Alors, ces souvenirs vont du parachute offert
05:55 par une femme dont l'amant est mort, hélas,
05:58 d'un accident de parachutisme, au livre intitulé
06:01 "Je cite, je peux, je veux te faire maigrir",
06:04 envoyé par une Anglaise, avec cette petite note,
06:07 un cadeau de mon ex-fiancé.
06:10 -Un musée que l'artiste française Sophie Kall aurait sans doute
06:13 beaucoup aimé. Merci, Hélène. C'était Larvite Press.
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