00:00 Tout commence par un bonjour enchanté,
00:02 "t'as quel âge ?"
00:03 et puis s'en suivent des demandes de photos nues.
00:06 Le prédateur va envoyer des photos de son sexe en érection,
00:09 va se masturber derrière l'écran.
00:10 Je suis la cofondadrice du collectif Flatimour,
00:13 qui a pour but de compromettre des pédocriminels
00:15 qui chassent les enfants sur le net
00:17 afin de les remettre à la justice.
00:18 Alors on crée un profil d'enfant virtuel
00:21 avec nos propres photos que nous rajeunissons grâce à un filtre
00:24 et on laisse le prédateur sexuel faire la première demande d'ami
00:27 et entrer en contact avec nous
00:29 pour ne pas être accusé de provocation en délit.
00:31 Et dans les échanges, nous ne faisons aucune incitation,
00:34 nous le repoussons à chaque fois, à chaque avance
00:36 et nous rappelons notre âge, qui est mineur à chaque fois.
00:39 Nous ne diffusons pas les échanges ainsi que l'identité de l'auteur
00:42 parce que je rappelle qu'on est en France
00:43 et que c'est strictement interdit
00:45 pour ne pas être accusé d'atteinte à la vie privée.
00:47 Ensuite, on fait un dossier sur cette personne,
00:50 on récolte les informations,
00:51 donc son identité véritable, sa profession, son lieu de vie, etc.
00:56 Et lorsque nous avons assez d'éléments,
00:57 nous faisons un signalement judiciaire au procureur
00:59 dont dépend l'auteur des faits.
01:00 Au départ, les conversations sont banales.
01:03 Tout commence par un bonjour enchanté, t'as quel âge ?
01:06 Donc tout de suite, on lui donne notre âge
01:08 et on le répète plusieurs fois dans la conversation.
01:11 Et puis s'en suivent des demandes de photos nues.
01:14 Le prédateur va envoyer des photos de son sexe en érection,
01:17 va se masturber derrière l'écran,
01:18 il va faire ce qu'on appelle de la corruption de mineur.
01:21 Et puis certains vont demander des rendez-vous
01:23 et vont se déplacer aux rendez-vous.
01:25 Donc là, on n'est plus dans le virtuel, on est dans le réel.
01:27 Donc ça va très très loin.
01:28 Nous classons les pédocriminels en deux catégories.
01:30 Nous avons ceux que nous appelons les pervers.
01:32 Donc c'est ceux qui vont aborder l'enfant
01:35 avec une thématique sexuelle au bout de quelques lignes.
01:38 Nous avons ceux que nous appelons les faux anges gardiens.
01:40 Donc eux, ils vont être dans la manipulation.
01:42 Ça peut prendre des semaines, voire des mois.
01:43 Il y a ceux qui se font passer pour des enfants.
01:46 Les plus dangereux, ça va être ceux qui se font passer pour des mineurs
01:50 parce qu'ils utilisent un langage d'enfant.
01:52 Ils sont effrayants dans le sens où l'enfant ne se méfie pas
01:55 et pense véritablement parler avec quelqu'un de son âge.
01:58 Et les faux anges gardiens, qui eux vont manipuler un enfant,
02:01 qui vont utiliser des sentiments,
02:03 donc installer toute une relation de confiance
02:07 qui fait que l'enfant, au final,
02:09 va se livrer aux demandes du prédateur sexuel.
02:12 Donc ceux-là, ils se font vraiment dangereux, oui.
02:14 On a prouvé que notre méthode est efficace
02:17 et qu'elle a des résultats concrets.
02:19 On a envoyé plus de 120 dossiers à la justice.
02:21 Donc il faut comprendre que ce sont des dossiers
02:23 sur lesquels on est sûr de l'identité de l'individu,
02:25 sinon on en aurait envoyé des centaines.
02:27 Nous avons permis plus de 75 arrestations,
02:29 37 condamnations, donc une de 37e qui est tombée aujourd'hui.
02:33 Et le mouvement qu'on a lancé en 2019,
02:35 qui a permis la création de plusieurs autres collectifs et associations,
02:38 ce mouvement réunit un total de 200 arrestations.
02:41 Donc actuellement, la loi, ça va être deux ans de prison
02:43 pour de la corruption par voie numérique
02:45 et cinq ans si des échanges sont suivis d'une rencontre physique.
02:48 Pour la plupart des primo-délinquants, ils prennent du sursis.
02:50 On a réussi à faire condamner des individus
02:52 qui ont pris du ferme avec mandat de dépôt.
02:54 Mais pour changer les choses véritablement,
02:56 il faut durcir les lois, il faut durcir les peines surtout,
02:59 pour qu'il y ait de véritables punitions en fait.
03:01 Alors partout, il a été dit que notre activité était illégale
03:04 et qu'elle inquiétait les autorités.
03:06 En revanche, les individus qu'on dénonce
03:08 n'ont jamais inquiété personne.
03:09 Macron a annoncé il y a quelques mois
03:12 vouloir investir 9 milliards d'euros dans la conquête spatiale.
03:14 C'est chouette, c'est formidable.
03:16 Et pourquoi ne pas mettre ces 9 milliards d'euros
03:17 dans la protection de l'enfance ?
03:18 Alors en 2009, l'ONU recense 750 000 prédateurs
03:22 qui étaient en permanence à la recherche d'enfants.
03:25 Il faut comprendre que c'est un chiffre qui est sous-évalué
03:28 dans le sens où nous sommes en 2023.
03:30 Nous n'avons pas de chiffre plus récent que ça.
03:32 Avec l'explosion des réseaux sociaux,
03:34 de l'utilisation d'Internet
03:35 et de la présence des enfants sur le Net,
03:37 ce chiffre est multiplié par deux, voire trois.
03:39 On a l'impression de vider un océan de prédateurs
03:42 à la petite cuillère.
03:43 Mais si on ne le fait pas, qui le fera ?
03:47 Donc voilà, on montre aujourd'hui qu'avec zéro moyen,
03:50 avec zéro euro,
03:51 uniquement de la détermination et de la volonté,
03:53 on arrive à faire quelque chose.
03:55 [Générique]
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