Recherche
Bibliothèque
Se connecter
Regarder en plein écran
il y a 4 ans

Louise Dessaivre-Audelin, conservatrice des bibliothèques de l'université de Picardie

TRANSCRIPTION TEXTUELLE

Louise DESSAIVRE-AUDELIN : Je suis directrice de la bibliothèque universitaire. Je gère l'ensemble des bibliothèques de l'université de Picardie.

Mon handicap s'est manifesté de façon tout à fait accidentelle, tout d'un coup, j'ai perdu la vue sur l'œil droit. Il s'agissait d'un décollement de rétine qui n'a pas été diagnostiqué suffisamment à temps.

Du coup, malgré 2 opérations, je n'ai pas pu récupérer mon acuité visuelle. J'ai attendu pas mal de temps avant de faire la démarche de me faire reconnaître travailleur handicapé.
Sur le moment, je n'avais pas du tout cette idée en tête parce que je me disais, on peut vivre avec un œil. Petit à petit, je me suis rendu compte que non, ce n'était pas si anodin que ça.

J'ai eu l'occasion de parler avec le médecin du travail de l'université. C'est lui qui m'a parlé de cette reconnaissance de travailleur handicapé en me disant, "dans votre cas, vous savez tout à fait légitimité pour demander ce statut". Cet avis a été confirmé par le responsable de la cellule handicap de l'université.

Le fait de faire la démarche de me faire reconnaître travailleur handicapé a été important pour moi, ne serait-ce que sur le plan personnel, effectivement pour assumer, accepter le fait que, oui, je suis handicapée, je vois moins bien que quelqu'un d'autre.

C'est vrai que dans l'immédiat, je peux continuer à travailler avec les outils dont je disposais avant mon accident. Je me dis que peut-être un jour, je serais amené à demander un équipement de mon poste de travail, avoir des aides à la lecture sur écran.

Une reconnaissance de travailleur handicapé peut permettre à mon service de prendre en charge l'achat de matériel spécifique. Je pense que mon exemple doit servir aussi à l'ensemble des collègues, l'ensemble des collègues qui se trouvent déjà en situation comme moi qui n'ont pas forcément, ne savent pas forcément, qu'on peut le faire, de dire que l'institution elle-même peut les aider.

Le fait d'être reconnu travailleur handicapé peut les aider justement à obtenir un confort de travail supérieur, ne serait-ce que pour eux aussi, psychologiquement, ça les soutiendra.

Déclarer son handicap, ce n'est pas rien, mais ça change tout.

Vidéos à découvrir

Vidéos à découvrir