- il y a 2 semaines
Ce nouveau numéro s'intéresse aux oeufs, que les Français plébiscitent, ainsi qu'à l'orge, une céréale aux multiples usages.
Les oeufs, chouchous des consommateurs français.
Les oeufs, très appréciés des Français, sont difficiles à trouver actuellement dans les supermarchés, entre tension de la production et hausse de la demande. OEufs de plein air, bio, numéros... comment s'y retrouver ? Se dirige-t-on vers une loi européenne pour interdire l'élevage en cage et favoriser le bien-être des poules ? Vous saurez tout sur les oeufs.
L'orge, la céréale dure au malt !
Cette céréale essentielle, bien connue pour son rôle dans la fabrication de la bière, révèle aussi de nombreuses autres utilisations, parfois surprenantes, comme du café à base d'orge.
Frédérique Courtadon et ses chroniqueurs reçoivent en plateau :
- Lucie Mainard, éleveuse de poules pondeuses plein air bio en Vendée, lauréate du prix Femmes, Agricultures, Territoires 2024 ;
- Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime, paysan bio et agronome ;
- Julien Grégoire, malteur, agriculteur-brasseur à Thieux dans l'Oise.
Les oeufs, chouchous des consommateurs français.
Les oeufs, très appréciés des Français, sont difficiles à trouver actuellement dans les supermarchés, entre tension de la production et hausse de la demande. OEufs de plein air, bio, numéros... comment s'y retrouver ? Se dirige-t-on vers une loi européenne pour interdire l'élevage en cage et favoriser le bien-être des poules ? Vous saurez tout sur les oeufs.
L'orge, la céréale dure au malt !
Cette céréale essentielle, bien connue pour son rôle dans la fabrication de la bière, révèle aussi de nombreuses autres utilisations, parfois surprenantes, comme du café à base d'orge.
Frédérique Courtadon et ses chroniqueurs reçoivent en plateau :
- Lucie Mainard, éleveuse de poules pondeuses plein air bio en Vendée, lauréate du prix Femmes, Agricultures, Territoires 2024 ;
- Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime, paysan bio et agronome ;
- Julien Grégoire, malteur, agriculteur-brasseur à Thieux dans l'Oise.
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00:00Musique
00:00Chaque matin, ils sont debout aux aurores.
00:11Ils prennent soin de leurs champs, de leurs bêtes, de leurs fermes,
00:14pour nourrir chacun d'entre nous.
00:16Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des Very Important Paysans.
00:23Amis des campagnes, amis des villes, bonjour !
00:26Soyez les bienvenus dans ce nouveau numéro de VIP, Very Important Paysans,
00:30la première émission d'information consacrée au monde agricole, du champ à l'assiette.
00:34Dans VIP, les agriculteurs et les agricultrices ont la parole.
00:38Ils viennent sur notre plateau pour nous faire découvrir leur quotidien,
00:41leurs produits, leurs secrets de fabrication, mais aussi leurs engagements,
00:45leurs galères et leurs réussites.
00:47Alors eux, ils sont déjà bien en place et très impatients
00:50de partager ce qui les a interpellés récemment dans le monde agricole.
00:53Ce sont bien sûr mes VIP, mes Very Important Partenaires.
00:57Bonjour à tous !
00:59Bonjour !
01:00Bonjour Louise !
01:01Bonjour Fred !
01:02Comment ça va ?
01:02Très bien, merci !
01:03Vous nous venez du Sud-Ouest, vos grands-parents étaient éleveurs.
01:06Exactement !
01:07Et vous avez su garder ses racines à travers un podcast
01:09où vous donnez la parole à des agriculteurs.
01:12Exactement ! Je parcours la France à la rencontre des agriculteurs
01:14et le podcast La Clé des Champs.
01:16Et pour nous, pour VIP, vous mettez en lumière une personnalité
01:18inspirante du monde agricole.
01:20On a hâte d'entendre vos histoires.
01:22À vos côtés, il y a Jean-Baptiste Vervy.
01:24Bonjour Jean-Baptiste !
01:25Eh bien, bonjour !
01:26J'essaie de prendre l'accent de Louis, ça ne marche pas !
01:29Ça ne marche pas du tout !
01:31Vous venez de la Marne !
01:32Vous venez de la Marne, voyons !
01:35Vous n'avez pas l'accent du Sud-Ouest !
01:37Et vous êtes un agriculteur céréalier !
01:39Vous transformez aussi votre blé dur en pâte artisanale !
01:42Et vous êtes très présents sur les réseaux sociaux !
01:45Voilà, vous faites des petites vidéos avec vos camarades !
01:48Et pour notre émission, vous allez nous faire découvrir des outils
01:50et des nouvelles technologies que vous et vos collègues, vous utilisez sur votre exploitation !
01:56Et aussi candidat à Monsieur Univers !
01:58On l'a vu la semaine !
01:58Mais pour l'année prochaine, il a encore un petit peu de temps pour se préparer !
02:01On s'en occupe !
02:01C'est d'ailleurs Michel Birault qui fait son coaching mental et physique !
02:04Bonjour Michel, comment ça va ?
02:05Bonjour Fred, ça va très très bien !
02:07Bon alors vous, les agriculteurs, vous les connaissez bien !
02:09Mais les consommateurs que nous sommes encore plus,
02:12puisque vous avez travaillé pendant plus de 20 ans pour la grande distribution !
02:16Pour nous, vous allez décrypter ces produits et ces étiquettes qu'on trouve en supermarché !
02:22Et qui parfois manquent un tout petit peu de clarté, il faut le dire !
02:25Je vais essayer d'éclairer les consommateurs sur tous ces produits que nous produisent le monde agricole français !
02:31Avec grand grand plaisir !
02:32Et puis à vos côtés, faites attention, vous avez un sniper, Antoine Robin !
02:35Je fais très attention, je l'écarte !
02:37C'est que des balles à blancs, ne vous inquiétez pas !
02:39On est rassurés !
02:40Alors vous êtes journaliste, producteur, spécialiste également du monde agricole !
02:44Pour VIP, vous prenez le pouls de nos agriculteurs,
02:48à travers les enjeux, les réalités du monde agricole !
02:52Et puis je crois qu'on peut compter sur vous, pour créer du débat,
02:55aujourd'hui sur ce plateau, c'est ça ?
02:57Plein de choses à dire sur le monde agricole, on va débattre évidemment !
03:00Évidemment !
03:01Et justement, pendant que nous, nous échangeons,
03:03eh bien des agricultrices et des agriculteurs se préparent en coulisses,
03:06ils vont nous rejoindre au fil de l'émission,
03:08pour partager avec nous leur expérience et leur vision de leur univers !
03:13Et tout de suite, on découvre notre sommaire !
03:16On en mange de plus en plus, les Français en raffolent,
03:19mais les rayons sont vides !
03:20Alors qu'est-ce qu'il se passe autour de la protéine préférée des Français ?
03:24On vous dira tout sur les oeufs !
03:26Nous recevrons également Benoît Biteau,
03:27agriculteur et député écologiste de la deuxième circonscription de Charente-Maritime.
03:32Et enfin, nous nous intéresserons aussi à l'orge,
03:35et vous verrez qu'on n'en fait pas que de la bière.
03:37Mais tout de suite, que s'est-il passé dans nos campagnes ces dernières semaines ?
03:41Antoine Robin a mené l'enquête,
03:43et il nous dit tout dans Very Important Press.
03:45Alors Antoine, il y a de l'actualité, de la bonne et de la mauvaise ?
03:53Je suis désolé pour cette fin d'année,
03:54je n'ai pas de bonnes nouvelles,
03:55notamment pour l'un des symboles de notre gastronomie française,
03:59c'est le vin de Bordeaux,
04:01qui traverse une crise sans précédent,
04:04alors prévisible, dirait certains,
04:06sauf que le suicide de Jonathan Meyer,
04:07un jeune viticulteur de 37 ans,
04:10installé dans l'Entre-deux-Mers le 23 septembre,
04:12a ému évidemment l'ensemble du monde viticole.
04:14Alors, deux raisons pour cette crise,
04:16surproduction et sous-consommation,
04:19ça ne surprendra personne ici,
04:21les Français consomment moins de vin,
04:23moins 25% en 5 ans sur le vin rouge,
04:26et c'est beaucoup.
04:27Les habitudes de consommation ont changé,
04:29et la région n'a peut-être pas su forcément s'adapter,
04:31pire, la Chine a stoppé carrément ses importations,
04:35puis ensuite la Thaïlande, le Vietnam,
04:37et notamment sur les productions d'appellations modestes.
04:40Selon la Confédération Paysanne,
04:42un des trois syndicats agricoles,
04:4480% d'exploitation serait en cessation de paiement aujourd'hui.
04:47Alors, face à la crise,
04:48la région a décidé évidemment de se mobiliser
04:50en créant un fonds de soutien,
04:53et puis surtout, on se démarre des stocks.
04:54Il y a eu une récente vente aux enchères,
04:56Michel, où le litre de rouge bordelais
04:59s'est vendu à 28 centimes,
05:01moins que le vinaigre.
05:02C'est quand même absolument dingue.
05:03Alors évidemment, on a lancé un vaste plan d'arrachage,
05:05mais arracher pour faire quoi ?
05:07De l'amande, de l'huile d'olive.
05:09Michel, est-ce que ce ne serait pas l'occasion
05:11pour les vins de Bandeau de se réinventer
05:12comme l'ont fait les Italiens avec le Prosecco
05:14et le fameux Sprite ?
05:14Ah oui, c'est vrai.
05:15Je pense qu'il y a un manque de créativité
05:19parce qu'ils ont quand même la même bouteille,
05:20la même étiquette depuis des décennies,
05:22et je pense qu'ils devraient se réinventer, effectivement.
05:24En tout cas, il y a une vraie détresse des vignerons.
05:26J'en ai eu au téléphone, ils sont en train de se demander
05:27qu'est-ce qu'ils vont faire demain comme métier.
05:28On en est là.
05:29Donc on est de tout cœur avec eux,
05:30mais évidemment, il faut peut-être penser à se réinventer,
05:33à changer leur manière de vendre ce vin
05:34qui est quand même un vin formidable
05:35à consommer, évidemment, avec beaucoup de modération.
05:37Côté bonne nouvelle, cette fois, quand même,
05:40le marché du bio est reparti cette année.
05:43Plus 4%, on voit 5% dans les réseaux de distribution spécialisés.
05:47Alors pourquoi ?
05:47Parce que les Français, notamment depuis l'été,
05:49avec les sujets autour des pesticides,
05:51se sont dit, évidemment,
05:52est-ce qu'on ne pourrait pas consommer
05:53de manière un peu différente ?
05:55Ce qui a relancé le marché du bio
05:57qui avait énormément souffert de l'inflation,
05:59notamment en termes de prix.
06:01Alors, attention, le marché du bio,
06:03sur les dents alimentaires,
06:04ça ne représente que 4% aujourd'hui.
06:06En France.
06:07Oui, contre 8% en Allemagne.
06:08Le n'oublie encore un peu de chemin à bâtir.
06:10Attention à ne pas exagérer sur les prix.
06:12Oui, c'est un peu le sujet du bio.
06:14Il faut payer les producteurs à leur juste prix,
06:17Michel, on te le rappelle.
06:19Ça y est, ça commence, ça chauffe.
06:21Une autre bonne nouvelle aussi, je crois.
06:23On en parlait avec JB tout à l'heure.
06:25Alors, le troisième poste,
06:27en tout cas de dépense pour les agriculteurs,
06:28c'est les engrais.
06:29Ça fait partie d'un poste lourd
06:31et qui est obligatoire.
06:32Ça ne pousse pas comme par magie.
06:34Alors, il y a du chimique, on le sait,
06:36et puis il y a du bio.
06:37Et ça, c'est une denrée
06:39qui est extrêmement recherchée
06:40par les agriculteurs.
06:41Et puis, il y a des Français
06:42qui ont dit, on va essayer de nous créer
06:43le meilleur fumier,
06:45en tout cas, engrais de la pianète,
06:46un engrais bio.
06:48Et on va aller chercher
06:49avec du caca de chauve-souris.
06:52On appelle ça du bas de goineau.
06:54Le bas de goineau.
06:55Alors, pour aller chercher,
06:56évidemment, cet engrais,
06:57ils vont le chercher, eux,
06:58à Madagascar.
06:59Pourquoi ?
06:59Parce qu'il y a 67 espèces
07:01de chauve-souris endémiques
07:03qui vont faire leur besoin
07:05dans des grottes.
07:06Et donc, cette boîte
07:07va aller récupérer ce guano,
07:10ce caca de chauve-souris
07:11sur ses minerais riches aussi
07:12en NPK, azote, phosphore, potassium.
07:16Il y a la sainte trinité de l'engrais
07:18pour notre ami JB.
07:20Alors, je ne vous cache pas
07:20que le lancement de l'usine,
07:22c'est en juin 2026.
07:23Moi, je vais suivre ça
07:24de très près
07:25parce que du bas de goineau
07:25pour quelqu'un
07:26qui s'appelle Robin,
07:28évidemment,
07:28moi, ça m'intéresse.
07:31Merci beaucoup.
07:32Antoine, on va vous envoyer
07:33à Madagascar
07:34faire un petit reportage
07:35sur les chauve-souris.
07:36Ce sera un plaisir.
07:36Je ne serai pas mon petit
07:37bilan carbone quand même.
07:38On est chez VIP.
07:38D'ailleurs, il y a un petit sujet.
07:39Si on maintient l'élevage en France,
07:41on aura du fumier.
07:42Alors, tu vois,
07:43on n'est pas obligé.
07:43Voilà, c'est pas une solution,
07:45évidemment,
07:45et dans notre France hexagonale.
07:47Pas à l'empêcher,
07:48j'y paye pas.
07:48Allez, après le goineau,
07:49on va parler de toute autre chose.
07:51C'est la protéine préférée
07:52des Français.
07:53L'an dernier,
07:54on en a produit 15 milliards.
07:56On parle évidemment
07:57des œufs.
07:58Et oui,
07:59c'est notre very important produit.
08:07On a le plaisir d'accueillir
08:08sur notre plateau
08:09Lucie Ménard.
08:10Bonjour, Lucie.
08:11Bonjour, Frédéric.
08:11Merci d'être avec nous.
08:13Vous êtes éleveuse
08:15de poules pondeuses
08:16en bio
08:16sur l'exploitation familiale
08:19de votre mari
08:20en Vendée.
08:21C'est bien ça.
08:22Tout à fait.
08:22Et vous avez commencé
08:23en 2019, je crois.
08:25Oui.
08:25Mais il y a l'intervention
08:27d'une certaine Xintia
08:29dans cette histoire, je crois.
08:30C'est ça.
08:30Alors, à l'époque,
08:31j'étais étudiante
08:32à la fac de Nantes.
08:33Je ne me prédestinais absolument pas
08:35à aller en agriculture.
08:36Et en fait,
08:37en tant que bénévole,
08:38au moment de la tempête Xintia
08:39pour aider les sinistrés
08:41sur la baie de l'Aiguillon,
08:43eh bien, j'ai rencontré Alexis
08:44qui habitait le village
08:46juste à côté du mien.
08:49Et il se trouve
08:49qu'il était agriculteur,
08:50cinquième génération
08:52sur la ferme.
08:54Et voilà, ça a été
08:56l'amour fou.
08:57Le coup de foudre.
08:57Le coup de foudre.
08:58Vous, vous étiez enseignante
09:00avant d'être agricultrice.
09:02En fait, j'ai avancé
09:02dans les études
09:03même après avoir rencontré Alexis.
09:05Et toujours,
09:06je ne me prédestinais
09:07vraiment pas à l'agriculture,
09:08donc plutôt à l'enseignement
09:09parce que la pédagogie,
09:10c'est quelque chose
09:10qui m'intéressait particulièrement.
09:12Et nous sommes devenus parents
09:14et soudainement,
09:15on s'est questionnés
09:16sur l'avenir,
09:17sur l'avenir de la ferme,
09:18sur l'avenir de la terre aussi
09:20autour de nous.
09:21Enfin, on avait envie
09:22d'agir pour la génération future.
09:24Et c'est comme ça
09:25que de fil en aiguille,
09:25j'ai fini par m'installer
09:26avec l'atelier de poules pondeuses
09:27en agriculture biologique.
09:29Donc ça, c'est en 2019.
09:30Sur une exploitation
09:31qui existe déjà,
09:33comment on fait
09:33pour installer un élevage
09:35de poules pondeuses,
09:36créer des bâtiments ?
09:37On fait tout de A à Z,
09:38c'est ça ?
09:38Alors, il y a deux possibilités.
09:39Dans mon cas, effectivement,
09:41on est parti à neuf
09:42parce qu'il n'y avait
09:43rien d'existant
09:44sur la partie élevage.
09:45Il y avait d'anciens bâtiments
09:46d'élevage de vaches,
09:49en fait,
09:49donc on ne pouvait pas
09:50les exploiter.
09:51Mais on peut,
09:52dans certains cas,
09:53effectivement,
09:53utiliser des bâtiments existants
09:55et puis les transformer
09:55pour avoir un coût de production
09:57aussi moins élevé
09:58et une installation moins chère.
10:00Lucie, dès le lancement
10:01de votre aventure
10:02dans le monde agricole,
10:02vous avez décidé
10:03de vous raconter
10:03à travers un blog
10:04qui s'appelle
10:05Lucie et les jolies poules rousses.
10:07On dirait un titre
10:08de film de Tim Burton.
10:09C'est mignon.
10:10Déjà, on voit quand même
10:10la prof.
10:11Pourquoi vous avez voulu
10:12vous raconter ?
10:14En fait,
10:15je craignais quelque part
10:16effectivement le passage
10:17de la classe
10:18avec 25 jeunes
10:19en face de moi,
10:21un poulailler,
10:23quelques poules
10:24et j'avais envie
10:26de transmettre.
10:27J'étais toujours
10:27dans cette optique
10:28de la pédagogie,
10:29la transmission
10:29et en même temps,
10:30j'avais envie d'apprendre.
10:31Je découvrais aussi
10:31sur les réseaux
10:32d'autres collègues agriculteurs
10:34qui n'avaient franchi
10:35ce pas là
10:35et qui m'intéressaient vraiment.
10:36Et en fait,
10:37j'ai été accompagnée
10:38par certains d'entre eux,
10:39des youtubeurs,
10:40dans cette démarche,
10:41notamment pour faire
10:42les premières vidéos
10:43qui portaient
10:43sur le bien-être animal.
10:44Et voilà,
10:45ça m'a semblé
10:45en fait presque évident.
10:46Et puis après,
10:47je me suis rendu compte
10:48qu'en fait,
10:48le milieu de la pondeuse,
10:49il est assez fermé.
10:50On est sur des bâtiments
10:52qui sont peu accessibles
10:53au public
10:53pour des raisons
10:53de biosécurité
10:54et l'idée,
10:55c'était de dire
10:56je vais donner accès,
10:58je donne accès,
10:59je donne à voir,
10:59il n'y a rien à cacher
11:00dans le poulailler.
11:01On met la vidéo
11:02à l'intérieur
11:03et puis on montre.
11:04Justement,
11:05on va parler
11:05de cet élevage.
11:06Combien de poules ?
11:07Alors,
11:08j'ai 4 parcs
11:08de 2450 poules,
11:10soit un total
11:10de 9800.
11:12Ah oui,
11:12c'est pas mal ça.
11:13Ça donne combien d'oeufs par an ?
11:14Ça fait à peu près
11:153 millions.
11:173 millions d'oeufs.
11:18Il faut savoir
11:18que...
11:193 millions d'oeufs par an ?
11:20C'est la consommation
11:21de 3 jours à Paris.
11:22C'est pas mal ça.
11:23J'adore.
11:25J'adore l'idée.
11:26C'est une goutte d'eau en fait.
11:27Combien vous les vendez
11:28vos oeufs ?
11:28Alors,
11:29en vente directe,
11:30je vais donner le prix
11:31sur la partie vente directe,
11:32je fais à 30 centimes
11:33l'oeuf bio,
11:33ce qui n'est absolument
11:34pas excessif.
11:35Effectivement, oui.
11:36Parce qu'aussi,
11:37dans le sud vendé,
11:38on a un portefeuille
11:38qui est moins élevé
11:39que dans d'autres régions.
11:40Donc, voilà.
11:41Mais donc,
11:42on est sur un produit
11:42qui est...
11:43C'est un peu au-dessus
11:43du supermarché quand même.
11:45Mais c'est bien,
11:46c'est de la vente directe
11:47et il faut...
11:48Il faut toujours tirer
11:49les prix vers le bas.
11:50On va en parler de ça,
11:51Michel.
11:52Il a sorti sa calculatrice
11:53en dessous, là.
11:54Il a 30 centimes.
11:56Vos oeufs,
11:57vous les vendez
11:57donc en circuit court,
11:58c'est ça ?
11:58Localement,
11:59principalement ?
12:00Alors, en fait,
12:00principalement,
12:0197% du volume,
12:03ça part en circuit long.
12:05Donc,
12:05j'ai un acheteur principal
12:06qui est un centre
12:06de conditionnement
12:07qui ensuite les revend
12:09en fait à de la GMS.
12:10Donc,
12:10on va retrouver mes oeufs
12:12effectivement en grande surface.
12:13Mais j'ai gardé
12:143% du volume,
12:153-4%,
12:16ça représente quand même
12:172 000,
12:173 000 eux par semaine
12:18que je vends en direct.
12:21C'est génial.
12:22Bien sûr qu'il faut privilégier
12:23ces ventes en direct.
12:25Mais voilà,
12:26après,
12:26le supermarché
12:27est quand même nécessaire
12:28pour une exploitation
12:28comme la vôtre.
12:29Et puis,
12:30les achats se font
12:30en grande surface.
12:31Exactement.
12:3380% des achats en France
12:34se font en grande surface.
12:3480% d'achats
12:36qui se font en grande surface.
12:36Justement,
12:37Michel,
12:38voilà,
12:38on a des bons oeufs
12:39bio avec Lucie,
12:41mais on n'a pas tous
12:42une Lucie
12:42à côté de chez nous.
12:43Donc,
12:44en général,
12:44ça s'achète,
12:45comme vous le disiez,
12:45dans les supermarchés.
12:47Sauf que,
12:47ben voilà,
12:47on y perd un peu son latin
12:48et parfois,
12:49on y laisse même des plumes.
12:50Alors vous,
12:51avec votre biéroscope,
12:52vous allez décrypter
12:52ce qui se cache,
12:53non pas derrière les oeufs,
12:54mais sur les oeufs,
12:55sur leurs coquilles notamment.
12:56Exactement.
12:57Alors déjà,
12:57j'ai une petite confidence
12:58à vous faire,
12:59Fred.
12:59Je suis membre
13:00de l'association
13:01pour la sauvegarde
13:02de l'oeuf mayonnaise.
13:03Bravo !
13:05Ça ne se voit pas.
13:07Dont le slogan est
13:09« Le temps passe,
13:10les oeufs durs ».
13:11Voilà,
13:11magnifique.
13:12Bref,
13:12roi du marketing.
13:13La communication sur les réseaux,
13:15elle est magnifique.
13:15C'est un bon client.
13:17Ça y est,
13:17c'est parti.
13:18Vous l'avez compris,
13:19j'adore les oeufs
13:19et je vais essayer
13:20de vous décrypter,
13:21en fait,
13:21parce que quand vous êtes
13:22dans un supermarché,
13:23c'est vrai que le rayon
13:23il est immense
13:24et parfois c'est un peu compliqué.
13:26Et en fait,
13:26il y a une chose toute simple,
13:27on va peut-être le voir,
13:29sur un oeuf,
13:30il y a ce qu'on appelle
13:31un code,
13:32c'est la carte d'identité
13:33de l'oeuf.
13:34Le premier chiffre,
13:35il est très important,
13:36c'est le mode d'élevage.
13:38Donc,
13:38zéro,
13:39c'est l'oeuf de poule
13:40élevé de façon bio,
13:42d'accord ?
13:42Donc,
13:43on a un parcours extérieur.
13:44Comme Lucie.
13:45Comme chez Lucie.
13:45C'est exactement.
13:46Donc, Lucie,
13:46sur ses oeufs,
13:47il y a le code zéro.
13:49Et donc,
13:53l'oeuf de poule élevé au sol.
13:57Et ça,
13:57qu'est-ce que ça change
13:58entre le plein air et le sol ?
13:59Eh bien,
13:59le sol,
14:00en fait,
14:00elles ne voient pas le jour.
14:01Elles restent dans le bâtiment,
14:03d'accord ?
14:03Mais elles sont au sol.
14:04Elles sont en liberté
14:05dans le bâtiment.
14:06Et enfin,
14:06le 3,
14:07c'est les oeufs de poule
14:08élevés en cage.
14:10Donc,
14:10c'est ce qu'on appelle
14:11l'élevage un peu plus industriel,
14:13en tout cas,
14:14les oeufs industriels.
14:15Mais,
14:15c'est encore des oeufs
14:16qui sont très,
14:17très vendus.
14:17Et je vous en dirai
14:18un peu plus après.
14:23qu'on voit ici,
14:23c'est FR,
14:24tout simplement,
14:25Produits en France.
14:26Et ensuite,
14:26vous avez un code
14:27qui est le numéro
14:29de l'exploitation
14:30et l'endroit de l'exploitation.
14:31Alors,
14:31qu'est-ce que ça veut dire réellement ?
14:33Donc,
14:33forcément,
14:34plus on est sur un oeuf qualitatif
14:36et plus c'est cher.
14:38Mais c'est normal
14:39parce qu'on parle
14:39de bien-être animal.
14:40Le coût,
14:41il est important.
14:41Il y a plus de surface
14:42pour les poules.
14:43Il faut ce fameux
14:44parcours extérieur.
14:46Il y a une alimentation
14:47plus importante,
14:48meilleure.
14:49Et il y a plus de main-d'oeuf.
14:50Donc,
14:50oui,
14:50un oeuf bio
14:51ou un oeuf plein air
14:52est forcément plus cher
14:54qu'un oeuf de poule
14:55élevé en cage.
14:56Est-ce que ça change
14:56les propriétés gustatives
14:57ou nutritionnelles ?
14:58Non,
14:59absolument pas.
14:59Oeuf en cage,
15:00oeuf bio ?
15:00Non,
15:01c'est vraiment,
15:01on parle vraiment
15:02de bien-être de l'animal.
15:03On va juste parler du prix.
15:06Lucie l'évoquait tout à l'heure.
15:07Alors,
15:08les oeufs les moins chers,
15:09c'est effectivement
15:10les oeufs de poule
15:10issus des cages.
15:12Ils sont vendus
15:13en moyenne
15:141,50 euro
15:15les 12,
15:16soit 12 centimes de l'oeuf.
15:18Et les plus chers,
15:20bio, en supermarché,
15:21ils sont vendus
15:21entre 3,50 et 4 euros.
15:23Ça fait 26,
15:2427 centimes de l'oeuf.
15:26Alors,
15:27les oeufs en cage,
15:28pour...
15:28Elle ne trouve pas ça
15:29beaucoup, Lucie.
15:30Je vais poser question.
15:32Je suis allé vérifier
15:33dans les supermarchés.
15:34Et aujourd'hui,
15:36il y a un grand sujet
15:36sur la cage,
15:37notamment,
15:38et c'est vrai
15:38qu'on veut tous,
15:40tous les Français
15:41souhaiteraient que
15:41ces cages cessent.
15:43Et d'ailleurs,
15:44la filière
15:45et les enseignes
15:46se sont engagées
15:47un peu,
15:48il faut le dire,
15:49contraints
15:49par certaines ONG.
15:51Donc,
15:52ce n'est pas du tout politique,
15:53c'est vraiment
15:53les ONG
15:54qui ont contraint
15:55les enseignes
15:55à dire
15:56le 1er janvier 2026,
15:58on arrête
15:59les oeufs en cage.
16:00Dans 15 jours.
16:01Dans 15 jours.
16:02Moi,
16:02ça me paraît
16:03compliqué,
16:04d'accord,
16:04si je me mets
16:05à la place
16:05d'un éleveur.
16:06Mais je voulais
16:07justement
16:08la réaction de Lucie.
16:09Et puis,
16:09on va en parler
16:10des oeufs en cage.
16:10On a plein de choses
16:11à dire dessus.
16:12Lucie,
16:12vous en pensez quoi ?
16:13La décision,
16:14à un moment donné,
16:14il a fallu la prendre
16:15et elle a été prise.
16:17Simplement,
16:18on est face
16:18à un problème
16:19de remplacement
16:20de ces volumes-là
16:22parce que remplacer
16:23de la cage
16:24par du sol,
16:25notamment,
16:25ça nécessite
16:26de faire
16:26plusieurs unités
16:28de production.
16:29Là où avant,
16:29on réunissait
16:30160,
16:30200 000 poules
16:31dans un même poulailler,
16:32il va falloir faire
16:33plusieurs unités désormais.
16:35Exactement.
16:35Parce que dans une cage,
16:36juste pour le rappeler,
16:37on est sur 5,
16:386 niveaux parfois.
16:39Et on a jusqu'à 15 à 60 poules
16:41par cage.
16:42Exactement.
16:42Il y a un vrai sujet
16:43de prix aussi
16:43parce que le consommateur
16:44va être prêt à payer
16:45ses oeufs
16:45deux ou trois fois plus cher.
16:47Alors, Michel ?
16:48Le sol n'est pas
16:51deux ou trois fois plus cher
16:52mais le vrai problème,
16:54c'est justement
16:54le rendement.
16:55On va baisser la production
16:57parce que forcément,
16:58on divise par 5
16:59la surface
16:59et en même temps,
17:01les politiques
17:02ne font rien
17:02pour simplifier
17:03tout le côté
17:04complexité administrative
17:06pour installer
17:06des nouveaux bâtiments.
17:07Et c'est tous
17:08ces problèmes-là
17:08mis bout à bout
17:09qui font que dans 15 jours,
17:10ça me paraît, moi,
17:11impossible.
17:12Alors, Lucie,
17:12vous avez fait le choix
17:13du bien-être animal
17:14avec des poules
17:16qui sont élevées en liberté,
17:17sur une exploitation
17:18en bio.
17:19C'était essentiel
17:20pour vous
17:21dans cette idée
17:23de bien faire les choses
17:24comme vous le disiez
17:24au début de votre interview ?
17:25Complètement.
17:26Complètement.
17:26Alors, je n'imaginais pas
17:27faire effectivement
17:28une poule
17:29enfermée,
17:30clostrée
17:31en bâtiment,
17:31même si là,
17:32le contexte
17:33nous pousse
17:33effectivement un peu
17:34à ça
17:34dans les périodes
17:36hivernales.
17:37Moi,
17:37c'était propre
17:38à mes valeurs.
17:39Enfin,
17:39c'est vraiment
17:40une histoire de valeurs.
17:40Je n'irais pas
17:41porter de jugement
17:41sur mes collègues
17:42qui font de l'élevage
17:43au sol.
17:44Mais si,
17:44notamment parce que
17:45ça protège aussi
17:45des épidémies,
17:46le fait
17:46qu'il y ait un fléon,
17:48on le sait.
17:49De la grippe avare.
17:49C'est un vrai problème,
17:50oui.
17:51Ça décime les animaux.
17:52Donc,
17:52à un moment donné,
17:52il faut prendre des décisions.
17:53Donc,
17:53il n'y a pas que des mauvais côtés
17:54à élever des animaux
17:56aux bâtiments aussi.
17:57C'est ça.
17:57Donc,
17:58il faut aussi le reconnaître.
17:59Et puis,
17:59on ne peut pas avoir
18:00le foncier non plus
18:00pour tous les bâtiments.
18:01C'est-à-dire que
18:02si on crée 4 hectares
18:03de parc,
18:03enfin,
18:04moi,
18:04je suis à 4 hectares
18:04pour 9000 poules,
18:06le foncier aussi,
18:07ça va poser question
18:08à un moment donné.
18:10Mais,
18:11moi,
18:11je prends un plaisir fou
18:13à voir mes poules
18:14en extérieur.
18:14On a arboré notre parc.
18:16Il y a tout l'enjeu aussi
18:17derrière autour
18:18de l'agroforesterie,
18:19de la biodiversité
18:20autour du poulailler.
18:21C'est vraiment
18:22l'intégrer dans un environnement
18:23qui va s'avérer riche aussi
18:24pour la biodiversité.
18:26Ce n'est pas simplement
18:26mettre une poule dehors.
18:28C'est aussi comment,
18:29finalement,
18:29ce parc de 4 hectares,
18:30on l'utilise
18:31pour en faire
18:31un réservoir de biodiversité.
18:33Oui,
18:34et puis,
18:34inviter ces poules
18:35à sortir aussi
18:35parce que je crois
18:36que naturellement,
18:36elles restent juste
18:37à 4-5 mètres du bâtiment.
18:38Donc,
18:38il faut effectivement
18:39les inciter
18:40à aller le plus loin possible.
18:41Souvent,
18:41la remarque,
18:42c'est que les poules
18:42ne vont pas jusqu'au bout.
18:44Si on met des arbres,
18:46les poules font des seaux.
18:49On dit qu'elles font
18:49des seaux de 10-15 mètres.
18:51On ne va pas être capable
18:52de respecter notre promesse
18:53vis-à-vis des ONG
18:54au 1er janvier 2026.
18:57On va les respecter.
18:58Simplement,
18:58on va importer
18:58ce qu'on ne s'en dit pas chez nous.
19:00Et voilà.
19:01Tu as un sujet
19:02parce que les oeufs,
19:03on parle des oeufs
19:04que le consommateur prend,
19:05mais il y a les ovoproduits.
19:07En tout cas,
19:07il y a les oeufs
19:08qui partent dans la patisserie alimentaire.
19:10C'est des bidons d'oeufs
19:11que personne ne voit.
19:1260% des oeufs,
19:14justement,
19:14les ovoproduits
19:15dans les casseries
19:17pour faire des biscuits
19:18et des vignoiseries.
19:19C'est encore des oeufs
19:19de poules élevées en cage.
19:21C'est pour ça
19:21que ça va être compliqué.
19:22Il faut faire quoi ?
19:23Il faut faire quoi ?
19:25Il faut continuer
19:26à accompagner
19:27les porteurs de projets.
19:28Il faut aussi accepter
19:30en tant que citoyen
19:31d'avoir des projets
19:33d'installation de jeunes
19:34autour de soi
19:35parce que le voisinage,
19:36parfois,
19:37en dehors de la réglementation
19:38entre ces néo-ruraux
19:40et puis les paysans
19:40peut se rendre en problème.
19:41En fait, il y a du dialogue
19:42à instaurer.
19:43Simplement expliquer
19:44pourquoi, à un moment donné,
19:44on est amené à créer un poulailler,
19:46quels désagréments éventuels
19:47ça peut apporter
19:48et surtout,
19:49quels avantages ça apporte
19:50aussi sur un territoire.
19:51La dynamique autour
19:52de la création de l'emploi,
19:54autour de la création
19:55d'un réseau,
19:56la vente directe
19:56qui peut être mise en place
19:57et donc du service de proximité.
19:59C'est tout ça
19:59qu'il faut réussir à expliquer.
20:01Je voudrais qu'on parle
20:01d'un sujet important
20:02qui est très préoccupant.
20:03C'est la pénurie des oeufs
20:04en ce moment
20:05et pas que des oeufs bio d'ailleurs.
20:06Quand on va en supermarché,
20:07on est surpris
20:08de ne pas trouver
20:08sa marque,
20:10sa boîte d'oeufs.
20:11Qu'est-ce qui se passe ?
20:12Qui peut répondre
20:13à cette question ?
20:14Déjà, il faut savoir
20:16que l'oeuf,
20:17depuis l'inflation
20:18qu'on a vécu
20:18les dernières années,
20:20il s'en vend 30% de plus
20:21dans les supermarchés.
20:23Pourquoi ?
20:23Parce que c'est tout simplement
20:24devenu la protéine
20:25la moins chère
20:26que les consommateurs
20:28peuvent acheter.
20:29Ensuite, il y a
20:30cette baisse de rendement
20:30dont on vient d'évoquer
20:31en passant de la cage au sol.
20:33Ça, c'est un deuxième phénomène.
20:35Il y a les industriels
20:37qui ont besoin des oeufs
20:38parce qu'ils ont besoin
20:39de produire leurs biscuits
20:40et donc ils les payent
20:41aujourd'hui plus cher
20:41aux éleveurs
20:42que la distribution.
20:44Donc les éleveurs
20:44ont tendance,
20:45et c'est normal,
20:46à aller plutôt les vendre
20:47à ces gens-là.
20:48Et enfin,
20:49il y a cette complexité
20:50administrative
20:51qui est quand même
20:52incroyable dans ce pays.
20:53On marche sur la tête,
20:54j'ai envie de dire,
20:55et on ne peut pas,
20:57on ne laisse pas les éleveurs
20:58installer des nouveaux bâtiments.
20:59C'est ça.
20:59On marche sur la tête
21:00et même sur des oeufs.
21:01Lucie,
21:02qu'est-ce que vous répondez
21:03à ce que vient de dire Michel ?
21:04Effectivement,
21:04c'est la combinaison
21:05de plusieurs phénomènes
21:06et je crois qu'on peut ajouter aussi
21:08le fait que certains consommateurs
21:09vont peut-être acheter
21:10plus que nécessaire
21:11face à la pénurie
21:12qui crée en fait
21:13quelque sorte
21:14un peu aussi...
21:14Qui accentue la pénurie.
21:15Mais Lucie,
21:16ça fait quelqu'un de vous de riche alors ?
21:17Vous êtes assis sur un tas d'or.
21:19Décidément,
21:19mais qu'est-ce que vous avez ?
21:20Ben non,
21:21j'en suis très content.
21:24C'est un secteur
21:25qui a souffert par le passé.
21:27Et aujourd'hui,
21:27on a la chance
21:29d'avoir un produit
21:29qui aujourd'hui
21:30fait vivre des éleveurs.
21:33Les rémunères correctement.
21:34Il faut y aller.
21:35Il y a des besoins en oeuf
21:37donc il faut installer les jeunes.
21:38Et même d'ailleurs
21:39quand tu dis installer,
21:40typiquement sur une production
21:41comme ça,
21:42pour des gens
21:42qui ne viennent pas
21:43du monde agricole,
21:44c'est peut-être...
21:45C'est plus facile
21:46que de dire
21:46je vais reprendre 100 hectares
21:47de terres de grandes cultures.
21:49T'installer,
21:49prendre un petit terrain
21:50et lancer un poulailler,
21:52c'est accessible
21:52pour des gens
21:53qui viennent dans l'agriculture.
21:54Et puis JB,
21:55vous allez garder la parole
21:56puisque...
21:57Ben oui !
21:57C'est moi !
21:58Ben oui !
21:58C'est votre moment !
22:00C'est votre grand moment !
22:01Voilà !
22:01On va bien sûr
22:02continuer à parler poules
22:03avec Jean-Baptiste,
22:04notre agriculteur préféré
22:06et c'est bien sûr
22:07la vérité importante pratique.
22:13Alors aujourd'hui JB,
22:14vous nous parlez
22:15des oreilles d'or
22:16des poules.
22:17Alors moi je connaissais
22:17les oreilles d'or
22:18des sous-mariniers
22:19mais pas celles-là.
22:21Ça mérite quand même
22:22une explication.
22:23Ça existe !
22:23Alors pour ça,
22:24je vais vous faire
22:24un petit test audio.
22:25vous allez essayer
22:25de reconnaître
22:26ce qu'on va entendre.
22:29C'est de la dinde ça !
22:30Elle est contente
22:32ou elle n'est pas contente ?
22:33Elle est contente !
22:34Elle n'est pas contente celle-là !
22:36Attends,
22:36Lucie est capable
22:38de dire à l'oreille
22:39qu'elle n'est pas contente ?
22:40Qu'est-ce que vous ressentez là ?
22:42Elle est stressée là !
22:42Il y a quelque chose
22:43qui m'est stressée !
22:44Ah oui !
22:44Moi je la trouve joyeuse !
22:45Pas qu'on est au mois de décembre
22:46la dinde en ce moment !
22:48C'est donc un métier !
22:50Bon tout ça pour dire
22:51j'avais une chronique
22:51si je peux la faire s'il vous plaît !
22:52Allez-y mon ami,
22:55c'est d'écouter justement des sons !
22:57Alors là c'était des dindes !
22:58Et en fait,
22:59il y a une entreprise bretonne
23:01qui a été primée
23:01au dernier salon de l'élevage
23:03qui travaille
23:04avec de l'intelligence artificielle
23:06et qui met des micros
23:07et des caméras
23:07dans les poulaillers
23:08et qui permet justement
23:10d'avoir un œil
23:11et des yeux
23:12et des oreilles
23:13en 24 heures sur 24
23:15et 7 jours sur 7
23:15dans le poulailler
23:16pour détecter
23:17s'il y a un souci
23:17parce qu'il peut se passer
23:18plein de choses !
23:20Donc là le stress
23:20c'est peut-être
23:21parce qu'elles ont chaud
23:22peut-être qu'il y a un renard
23:23qui est rentré dans le poulailler
23:24et donc ça va envoyer
23:26des notifications
23:27en fait à l'agriculteur
23:28sur son téléphone
23:29ou sur sa tablette
23:31pour lui dire
23:31il y a un truc
23:32t'es le week-end
23:33t'es en communion
23:33mais tu vas revenir vite fait
23:35parce qu'il se passe quelque chose
23:36dans ton poulailler
23:36et ça cette technologie
23:38qui est mise à disposition
23:39des éleveurs
23:39c'est pour les aider
23:40à mieux gérer leur élevage
23:42et c'est aussi pour leur confort
23:43au gène de pilotage
23:44on en parle dans les volailles
23:46mais ça existe dans les bovins
23:47chez les bovins
23:48en port
23:48ça peut être dupliqué quoi
23:49ouais ça peut être dupliqué
23:50on va regarder autre chose
23:51par exemple dans les bovins
23:52t'as des caméras
23:53qui vont détecter
23:53s'il y a des animaux
23:55qui s'isolent
23:55tu vois si t'as une vache
23:56qui se met de côté
23:56un peu trop longtemps
23:57c'est qu'il se passe quelque chose
23:58alors ça veut pas dire
23:59qu'on sait ce qui se passe
24:00ça veut dire
24:01ça nous alerte
24:02parce qu'il y a quelque chose
24:03dans l'élevage
24:04et ça évite de se lever la nuit
24:05on peut regarder la caméra
24:06depuis son lit
24:07et se lever quand il y a besoin
24:08voilà c'est sa nana
24:09qui est contente
24:09qu'est-ce que tu regardes
24:10je suis à toi
24:11regarde
24:11alors évidemment
24:14ça c'est encore le début
24:16c'est pas tous les poulaillers
24:17qui sont équipés comme ça
24:18ou tous les élevages
24:19mais bon
24:20c'est une assistance
24:20qui peut être quand même
24:21sympa pour le pilotage
24:22vous l'utilisez
24:23vous l'utilisez cette assistance là ?
24:24alors j'ai pas
24:25d'intelligence artificielle encore
24:27néanmoins
24:27dès mon installation
24:28j'avais tenu
24:29alors parce que j'étais pas aussi
24:30sur la ferme
24:31j'avais tenu
24:32avoir l'ordinateur de bord
24:33donc de pilotage
24:34sur mon téléphone
24:35donc là du plateau
24:36je peux remonter
24:36mes rideaux de ventilation
24:37si j'ai envie
24:38et puis j'ai des caméras
24:41donc je conserve
24:41vous pourriez le faire tout de suite
24:42on pourrait remonter
24:42les rideaux de ventilation
24:43oui je pourrais le faire
24:44je peux voir mon mari travailler
24:46aussi à ma place
24:46c'est pas mal ça
24:47alors c'est pour ça
24:48on démarque à la vie
24:49ça c'est une mauvaise nouvelle
24:50ça c'est une mauvaise nouvelle
24:51bien merci en tout cas Lucie
24:53d'être venue sur notre plateau
24:55pour nous présenter
24:56votre activité d'avicultrice
24:58et merci pour votre démarche exemplaire
25:01et la passion que vous vouez
25:02à toutes ces petites poules rousses
25:04et bien on va accueillir
25:05bien sûr un autre invité
25:07puisque l'agriculture
25:08c'est politique
25:09et dans VIP
25:10et bien on aime recevoir
25:11des personnalités
25:11impliquées sur des sujets agricoles
25:13importants
25:15et c'est l'heure
25:15de notre verre
25:16importante politique
25:17et tout de suite
25:22nous recevons
25:23Benoît Biteau
25:24bonjour
25:25monsieur le député
25:26merci tout d'abord
25:27d'avoir accepté
25:28notre invitation
25:29vous venez de l'hémicycle
25:30là vous étiez
25:31dans les hauteurs
25:32exactement
25:32j'ai fait ma première intervention
25:34ce matin à 9h
25:35sur le Mercosur
25:36madame
25:36très bien
25:37on n'en a pas allé
25:39de ce sujet là
25:39bien évidemment
25:40alors vous êtes agriculteur
25:41et également député écologiste
25:43de la deuxième
25:43circonscription de Charente-Maritime
25:45vous venez d'une famille
25:47paysanne
25:47je sais que c'est important
25:48alors vous vous avez fait
25:49des études d'ingénieur agronome
25:50il y a 40 ans
25:51en 2007
25:52vous avez repris
25:53la ferme familiale
25:55à Sablonceau
25:55en Charente-Maritime
25:56où vous cultivez en bio
25:58oui
25:59vous cultivez quoi ?
26:01alors moi je suis en
26:01polyculture polyélevage
26:02c'est à dire que
26:03j'ai à peu près la moitié
26:04de la structure
26:04qui est en grande culture
26:06toutes dédiées
26:08à l'alimentation humaine
26:09et l'autre moitié
26:10en prairie
26:11tout simplement
26:12parce que
26:12j'élève des herbivores
26:14et j'ai une révolution
26:15à proposer au monde agricole
26:16c'est d'élever des herbivores
26:17avec de l'herbe
26:17et ça fonctionne bien
26:19ça fonctionne plutôt bien
26:20c'est ce qui me permet
26:21de mobiliser
26:22toutes mes surfaces
26:23en grande culture
26:24pour l'alimentation humaine
26:25et donc beaucoup
26:26Monsieur le député
26:27juste là
26:27on sait que souvent
26:28au monde agricole
26:29on affiche le poireau
26:30le mérite agricole
26:30vous avez un badge
26:31c'est quoi ce badge ?
26:32C'est Coquico ?
26:33Je suis à l'origine
26:35des 100 personnalités
26:36qui ont lancé
26:37le mouvement
26:37Stop aux pesticides
26:40qui est le mouvement
26:42des Coquico
26:43et puis l'autre badge
26:44c'est un badge
26:45qui a été imaginé
26:46par la LPO
26:47qui est la nature en deuil
26:48au moment du lancement
26:49de la loi Duplon
26:49qui en vérité
26:51ne sert que 5%
26:52des agriculteurs
26:53et met en difficulté
26:5495% des agriculteurs
26:56avec ce qu'elle propose
26:57C'est intéressant
26:58Monsieur le député
26:58ça ne serait pas l'occasion
26:59justement de réenchanter
27:00un peu ce que vous proposez
27:02c'est une agriculture bio
27:03vertueuse
27:04respectueuse
27:07évidemment de l'environnement
27:08et plutôt que mettre
27:08la nature en oeil
27:09c'est une autre voie possible
27:10est-ce que c'est pas ça
27:11le problème du monde ?
27:12Non non
27:12c'est tout le contraire
27:13c'est-à-dire que
27:14ça me permet de finir
27:15sur mon parcours
27:15vous l'avez dit
27:16je suis ingénieur de formation
27:17avant d'être agriculteur
27:19puisque je suis devenu
27:20à 40 ans
27:20je suis scientifique
27:22j'étais chercheur
27:23et j'ai côtoyé
27:24des expériences
27:25et des réussites
27:26un peu partout
27:27sur mon parcours
27:28et j'ai eu envie
27:30de ce que j'appelle
27:31un passage à l'axe
27:31c'est-à-dire
27:32à constater
27:33qu'une autre voie
27:34était possible
27:35j'ai voulu partir
27:36justement d'une structure
27:37qui était allée très loin
27:38dans le modèle productiviste
27:39intensif
27:39industriel
27:40vous l'appelez comme vous voulez
27:41et de faire la démonstration
27:42que quand on fait
27:43la bifurcation agroécologique
27:45et j'ai pas parlé
27:46d'agriculture biologique encore
27:48la bifurcation agroécologique
27:49on trouve des réponses sociales
27:51on trouve des réponses écologiques
27:52et surtout
27:53on trouve des réponses économiques
27:55dans un moment
27:56où l'agriculture
27:57est en grave difficulté
27:58on est tous d'accord
28:00avec vous là-dessus
28:01on aimerait tous
28:01un modèle comme le vote
28:02mais il y a une réalité
28:03c'est que les agriculteurs
28:04aujourd'hui
28:04c'est 1,5%
28:05de la population active
28:06du coup comment on fait
28:07pour qu'ils produisent suffisamment
28:08pour nourrir toute la population
28:09avec le modèle
28:10que vous proposez ?
28:11et bien justement
28:11c'est pour ça
28:12que j'ai pas parlé
28:12de l'agriculture biologique encore
28:14c'est que moi
28:14ce qui m'intéresse
28:15c'est de faire de l'agronomie
28:16et donc mon chemin
28:17c'est d'abord
28:18refaire de l'agronomie
28:19et quand on choisit l'agronomie
28:21et qu'on le fait bien
28:22la certification
28:24à l'agriculture biologique
28:25devient une conséquence
28:26c'est-à-dire que
28:27ce que vous dites
28:28c'est le constat
28:29de conversion
28:30à l'agriculture biologique
28:31qui ne respecte
28:32que le cahier des charges
28:33sans avoir conduit
28:34la démarche agronomique
28:35ce que moi j'ai fait
28:36c'est que j'ai d'abord
28:37conduit une démarche agronomique
28:38je deviens bio
28:40en conséquence
28:41et donc je n'ai pas
28:42affaibli la productivité
28:43c'est-à-dire que
28:44j'insiste
28:44je produis autant
28:46voire plus
28:47que quand on utilisait
28:48des pesticides
28:49et des engrais de synthèse
28:50sur cette même structure
28:50mais l'agrication
28:51c'est le coup
28:52de cette transition
28:52parce que vous aviez sûrement
28:53votre travail à côté
28:54pour pouvoir mener ces tests
28:56et arriver après
28:57au même volume
28:58mais comment on accompagne
28:59les agriculteurs
28:59et qui paye pour cette transition
29:00il y a un risque important
29:01notamment pour la conversion
29:02le risque est très important
29:03il y a le risque
29:04et l'économie
29:06c'est pas tout à fait
29:07la même chose
29:07effectivement il faut avoir
29:09une sacrée culture du risque
29:10moi je considère l'avoir
29:11et c'est pour ça
29:12que j'ai osé les choses
29:13en revanche sur l'économie
29:15et c'est pour ça
29:16que j'ai choisi
29:16de faire de la politique
29:17c'est-à-dire que moi
29:17j'ai pas fait l'ENA
29:18j'ai pas fait Sciences Po
29:19rien ne me prédisposait
29:20un parcours politique
29:21c'est mon parcours
29:22d'abord de scientifique
29:23ensuite de paysan
29:24qui m'amène
29:25sur l'échiquier politique
29:27et pourquoi j'accepte
29:28je m'autorise
29:29je parle d'autorisation
29:30à m'engager
29:32sur un parcours politique
29:32c'est parce que
29:33j'ai côtoyé ces réussites
29:34et parce que je pense
29:36alors j'ai pas la prétention
29:37de les détenir seuls
29:38mais détenir des solutions
29:39qu'on peut vulgariser
29:41qu'on peut reproduire
29:42pour aider les agriculteurs
29:44à sortir de la ville
29:44à Nornia
29:45y compris économiquement
29:47alors lesquels ?
29:48par exemple
29:49en travaillant
29:50sur les coûts de production
29:51c'est-à-dire que
29:51quand on fait de l'agronomie
29:52on travaille
29:53sur les coûts de production
29:54Jean-Baptiste
29:55je vous sens bien silencieux
29:57ouais ouais
29:57j'écoute
29:58j'écoute
29:58je suis assez d'accord
30:00en fait
30:01sur ce que vous venez de dire
30:02en tout cas
30:02sur la transition agroécologique
30:04qu'on peut avoir
30:05qu'une fois que t'as fait
30:07ton parcours agronomique
30:08tu peux partir
30:09peut-être sur un bio
30:10qui tient la route
30:11moi c'est aussi ma vision
30:13en tout cas
30:13dans ce que je pratique
30:14après moi
30:15ce qui me dérange
30:15dans vos propos
30:16et dans votre
30:17alors là on est là
30:18mais quand je vous vois aussi
30:19en posture politique
30:20à l'Assemblée
30:20des fois c'est un peu clivant
30:22même dans le monde agricole
30:23vous ne faites pas que des copains
30:25à priori
30:25Jean-Baptiste
30:25dites peut-être
30:26ce que vous faites
30:27comme activité
30:27moi je suis en grande culture
30:29dans un territoire
30:29de méchants céréaliers
30:31puis je suis dans la Marne
30:31mais j'essaye de pratiquer
30:35une agriculture
30:36de conservation
30:37avec cette idée
30:38d'aller demain
30:39sur autre chose
30:39ce que je voulais dire
30:40c'est qu'en fait
30:40votre constat en fait
30:42en Charente-Maritime
30:43il ne va pas être le même
30:44dans la Somme
30:44où on va faire
30:45des cultures industrielles
30:46et puis dans le sud
30:47de la France
30:48parce qu'en fait
30:48en France
30:49c'est ça le territoire
30:50et les productions
30:51et la naturelle
30:53vous agacez pas
30:54on est chez VIP
30:55bienveillance
30:57bienveillance
30:57écoute
30:58on n'oppose pas les modèles
30:59on est chez VIP
30:59ça va être très bienveillance
31:00c'est juste qu'on n'a que 10 minutes
31:02exactement
31:02merci
31:03il y a deux axes
31:04d'abord sur les différences
31:06de territoire
31:06la grande différence
31:08de ce que je propose moi
31:09c'est que je ne propose pas
31:11un modèle reproductible
31:13à l'infini
31:13je propose une logique
31:15c'est pas tout à fait
31:16la même chose
31:17c'est-à-dire qu'on installe
31:18une logique
31:19et si on a compris
31:20cette logique-là
31:21il y a autant de modèles
31:23que d'agriculteurs
31:23autant de modèles
31:24que de structures agricoles
31:25parce que la logique
31:26c'est d'intégrer
31:27les forces et les faiblesses
31:28de chacun des territoires
31:30et appliquer cette logique-là
31:31sur cette base-là
31:32et donc il n'y a pas
31:33de modèle prédéfini
31:34il y a une logique
31:35et chaque modèle se décrit
31:36vous n'êtes pas contre
31:37l'inclusion conventionnelle alors
31:38mais alors ça c'est
31:39un autre débat
31:40ensuite vous me dites
31:41je vais y répondre
31:43c'est la deuxième partie
31:44de la question
31:44il me dit
31:45vous êtes clivant
31:46d'abord la première chose
31:47c'est que moi
31:48je suis élu
31:49par la société civile
31:50je ne suis pas élu
31:52d'une chambre d'agriculture
31:53je ne suis pas élu
31:54pour faire du corporatisme
31:55agricole
31:56ce n'est pas les agriculteurs
31:57qui m'ont élu
31:57mais laisse-moi finir
31:59laisse-moi finir
32:00si je m'autorise
32:01à faire de la politique
32:02c'est parce que
32:03en parlant d'agriculture
32:05on parle d'un angle mort
32:07qu'est l'argent public
32:08c'est-à-dire que
32:09derrière l'agriculture
32:10il y a beaucoup
32:11d'argent public
32:12la PAC c'est presque
32:1310 milliards d'euros par an
32:14et surtout
32:15les politiques curatives
32:16qu'on doit engager
32:17pour réparer
32:18les dégâts
32:19d'une agriculture
32:20qui est peu respectueuse
32:21de la biodiversité
32:22du climat
32:23de la santé
32:24coûte environ
32:26la dernière étude
32:27de Veblen
32:27c'est 70 milliards d'euros par an
32:29et ça
32:29c'est l'argent public
32:31des contribuables
32:31et c'est la raison
32:33pour laquelle
32:33mon sujet
32:34depuis 15 ans
32:35que je fais de la politique
32:36c'est de replacer
32:37ce débat agricole
32:38dans un débat de société
32:39et ne plus construire
32:40les politiques publiques
32:41uniquement
32:42par le prisme
32:44de l'analyse
32:44de la corporation
32:45agricole
32:46parce qu'il y a
32:4710 milliards d'euros
32:47de la PAC
32:48parce qu'il y a
32:4870 milliards d'euros
32:4950 millions de dotations
32:52d'aide à l'agriculture biologique
32:53cette année
32:54donc qu'est-ce qui va pas
32:56vous avez pas fait
32:56votre débat
32:57c'est convaincant
32:58c'est quoi 50 millions
33:00au milieu des 80 milliards
33:01et c'est de ça
33:03que je veux parler
33:04c'est-à-dire que
33:05quand on parle d'agriculture
33:07on parle de l'alimentation
33:08de tout le monde
33:08on parle de l'eau
33:09qu'on boit tous les jours
33:10on parle de l'air
33:11qu'on respire
33:12à chaque instant
33:13on parle de la santé
33:14et moi je suis élu
33:15sur une circonscription
33:16où il y a
33:176 fois plus de cancers
33:18pédiatriques
33:18que partout ailleurs
33:19en France
33:19et la responsabilité
33:22tous les faisceaux
33:23convergent pour dire
33:24que c'est les pesticides
33:24utilisés en agriculture
33:25il n'y a pas que ça
33:26pour le coup
33:27là en l'occurrence
33:28sur la plaine d'Onis
33:30c'est le cas
33:30oui mais vous focalisez
33:31parce qu'en fait
33:32il y a dans notre alimentation
33:33il y a trop de sucre
33:34des fois
33:34il y a aussi des médicaments
33:36qu'on utilise
33:36et en fait
33:37on fait un focus
33:38que sur l'agriculture
33:39on est sur des molécules
33:40qui ont été retrouvées
33:40dans les cheveux
33:41et dans les urines
33:42des enfants
33:42qui sont atteints de cancer
33:43et c'est des molécules
33:44qu'on utilise en agriculture
33:48c'est pas ces postures politiques
33:49qui opposent deux modèles
33:51et qui empêchent
33:51les écologistes
33:52et les agriculteurs
33:54de se parler
33:55pour trouver un concours
33:56c'est ça
33:56ils sont souvent pris
33:57par un possible
33:57j'oppose de rien
33:58moi je propose des solutions
34:00c'est à dire que
34:01ce que je propose
34:02je viens de parler
34:03des 10 milliards d'euros
34:04de la PAC
34:04je viens de parler
34:05des 70 milliards d'euros
34:06dédiés à des solutions curatives
34:07ce que je propose
34:08c'est de faire de cette enveloppe
34:10un moyen d'accompagner
34:11la bifurcation
34:12c'est à dire qu'on ne peut pas
34:13exiger des agriculteurs
34:14nous les citoyens
34:15et je me revendique
34:16représenter les citoyens
34:17de faire cette bifurcation
34:18sans les accompagner
34:19moi j'ai eu la chance
34:20et je pense que c'est même
34:22une chance incroyable
34:23de côtoyer Edgar Pisani
34:25à la fin de sa vie
34:26Edgar Pisani
34:26c'est le fondateur de la PAC
34:28c'est la SAFER
34:29c'est les romans bremans
34:30Edgar Pisani me disait
34:31à la fin de sa vie
34:32c'est pas parce que
34:33cette politique était la bonne
34:34il y a 60 ans
34:35que c'est toujours la bonne
34:36aujourd'hui
34:36il faut savoir se réinventer
34:38il faut savoir se réinventer
34:39et bien aujourd'hui
34:40on a des indicateurs forts
34:42et c'est pas moi qui le dit
34:42c'est pas un écologiste
34:43avec sa grosse moustache
34:44et cheveux longs
34:44et sa boucle d'oreille
34:45qui vous le dit
34:46c'est le commissaire européen
34:48qui nous dit
34:48qu'aujourd'hui
34:49l'effondrement de la productivité
34:50de la ferme Europe
34:51est lié
34:53au dérèglement climatique
34:55et à l'effondrement
34:55de la biodiversité
34:56donc on doit s'attaquer
34:57frontalement à ça
34:58et on doit le faire
34:59avec les politiques publiques
35:00c'est-à-dire que
35:01tant qu'on mettra
35:01ces 70 milliards d'euros
35:03dans des solutions curatives
35:04on mettra de l'argent
35:06dans un puissant fond
35:07Benoît Biteau
35:08allez Michel
35:09et après on va passer
35:10à un autre sujet
35:10c'est que la bio
35:11c'est moins de 5%
35:13aujourd'hui
35:13des ventes
35:13dans les supermarchés
35:14alors je vais répondre
35:15rapidement
35:16on répond
35:17qu'est-ce que vous répondez
35:18monsieur le député
35:19d'ailleurs
35:20j'ai regardé un peu
35:21votre émission
35:21et vous parlez de la bio
35:22c'est pas trop cher
35:23c'est pas trop cher
35:24pour le consommateur
35:24la bio
35:26le problème du raisonnement
35:27de l'agriculture biologique
35:28c'est que
35:29ça ne doit pas répondre
35:30à des logiques
35:31d'économie de marché
35:32ou de loi
35:33de l'offre
35:33et de la demande
35:34le poulet
35:34qu'il soit bio
35:35ou pas bio
35:35c'est du poulet
35:36l'oeuf
35:36qu'il soit bio
35:37ou pas bio
35:37c'est de l'oeuf
35:37et donc
35:38ce qu'on doit faire
35:39c'est de regarder
35:40l'intérêt commun
35:41et pour répondre
35:42à votre question
35:42sur le pas cher
35:43le jour où on met
35:44je reviens
35:45mais 80 milliards d'euros
35:46le jour où on met
35:47sur la table
35:48ces 80 milliards d'euros
35:49pour accompagner
35:49pour rémunérer
35:51je choisis le verbe
35:52à dessin
35:52pour rémunérer
35:53des agriculteurs
35:54qui prennent soin
35:54de l'intérêt commun
35:55le bio devient
35:56extrêmement compétitif
35:58pour le consommateur
35:59il est accessible à tous
36:00et au passage
36:01on n'a plus besoin
36:02d'alimenter
36:03une politique curative
36:04dont on aura toujours besoin
36:06tant qu'on utilisera
36:07des pesticides
36:07d'engrais de synthèse
36:08pour réparer l'eau
36:08l'air et la santé
36:09et on accompagne
36:11la restauration
36:13d'une biodiversité
36:14et d'un climat
36:14dont on aura besoin
36:15pour tenir
36:16la souveraineté alimentaire
36:17et donc
36:18ce que je propose
36:19c'est pas d'opposer
36:20les modèles
36:20c'est d'allumer
36:21un cercle vertueux
36:22où tout le monde
36:23s'y retrouve
36:24les agriculteurs en tête
36:25et les consommateurs
36:26tout autre sujet
36:27j'aimerais qu'on parle
36:28de la santé mentale
36:29comment vont nos agriculteurs
36:31pas très fort
36:31on peut le dire
36:32et je crois que Louise
36:33vous avez rencontré
36:35quelqu'un
36:36vous allez nous présenter
36:37un homme très engagé
36:38justement pour le bien-être
36:39de nos amis agris
36:40qui trouve les causes
36:42et les solutions
36:43c'est ça ?
36:43Exactement
36:44aujourd'hui je vais vous raconter
36:45l'histoire de Jean-François Mathieu
36:46Jean-François
36:47il a été pendant longtemps
36:49technicien à la chambre d'agriculture
36:50son rôle c'était
36:51d'accompagner les éleveurs
36:52sur leur exploitation
36:53on le voit là
36:54et en fait
36:55il s'est passé l'impensable
36:56il y a quelques années
36:57sur son secteur
36:58il y a 6 agriculteurs
36:59qui se sont suicidés
37:00il n'avait rien vu venir
37:01il n'avait rien vu venir
37:04Jeff
37:04ça l'a prolongé
37:05dans une profonde dépression
37:06qui a duré
37:07quasiment 18 mois
37:08et la renaissance
37:10de Jeff
37:10elle est arrivée
37:11dans un couloir
37:11de la chambre d'agriculture
37:12de Corrèze
37:13il croise un inconnu
37:13complètement par hasard
37:14le mec s'était trompé
37:15de bâtiment
37:16Jean-Baptiste Etchevéry
37:17qui était formateur
37:18et qui avait un sens
37:19aiguisé de la psychologie
37:20et il lui dit
37:21toi petit
37:22tu ne vas pas bien
37:22et là Jeff s'effondre
37:24il fonde 30 minutes
37:25de discussion
37:25et Jeff me raconte
37:26ça lui rallume
37:27clairement la lumière
37:28il digère tout ça
37:29il décide de se réinventer
37:31il se forme à la psychologie
37:33il quitte son métier
37:34de la chambre d'agriculture
37:35pour se consacrer
37:36au métier d'éleveur
37:37et il en est où
37:38Jeff aujourd'hui ?
37:39alors Jeff aujourd'hui
37:40il partage sa vie professionnelle
37:41entre son élevage
37:42avec 50 vaches cellaires
37:44sur le modèle
37:45que vous décrivez
37:46et l'accompagnement humain
37:48il accompagne notamment
37:49les agriculteurs
37:50qui sont en burn-out
37:51aujourd'hui
37:51parce qu'il le dit
37:52sur la ferme
37:54c'est finalement
37:54le reflet de ce qui se passe
37:55à l'intérieur de l'homme
37:56et il y a un seul bien-être
37:58le bien-être humain
37:58implique le bien-être animal
38:00et le bien-être économique
38:01de l'exploitation
38:02il y a beaucoup d'agriculteurs
38:04qui sont quand même
38:04dans cette situation
38:05dans cette forme de détresse
38:07oui
38:07c'est pas la seule profession
38:08mais le monde agricole
38:09est particulièrement touché
38:10la MSA
38:11qui est l'équivalent
38:12de la sécurité sociale agricole
38:13le dit
38:13les agriculteurs ont 77%
38:15de chances de plus
38:16de se suicider
38:17donc c'est vraiment
38:18une statistique
38:19une statistique glaçante
38:20et d'ailleurs Louis
38:21il y a une asso
38:22qui est formidable
38:22qui s'appelle
38:22Solidarité Paysan
38:23qui a installé
38:24des vigies pour détecter
38:27les signaux faibles
38:28d'un problème économique
38:29d'un problème psychologique
38:30c'est souvent ça
38:31pour justement apporter
38:32une aide le plus rapidement
38:33possible
38:33à ces paysans de détresse
38:34Solidarité Paysan
38:35formidable
38:36et effectivement
38:36le métier d'agriculteur
38:38est complexe
38:38mais je crois que
38:38c'est pas la seule raison
38:39c'est aussi que
38:40dans le monde agricole
38:40il y a une culture du non-dit
38:41ça c'est vrai
38:42il faut pas se plaindre
38:43il faut tenir
38:44il faut encaisser
38:45sans rien dire
38:45alors que finalement
38:46et le poids de la famille
38:48et des générations
38:49et d'avoir un héritage
38:50sur plusieurs comportements
38:51sur nos épaules
38:52effectivement
38:52économique c'est un sujet tabou
38:54moi quand j'étais vice-président
38:56de région
38:56on avait cherché
38:57à détecter
38:58en amont
38:59le plus tôt possible
39:00des signes
39:01effectivement
39:01de risque de suicide
39:04en tout cas
39:04de détresse psychologique
39:06et on travaillait
39:07bien sûr avec la MSA
39:08mais il y avait
39:09un autre acteur
39:09qui était important
39:10alors Solidarité Paysan
39:11c'est bien
39:11mais il faut déjà
39:12que l'agriculteur
39:14dans une démarche volontaire
39:14aille les chercher
39:15mais nous on travaillait
39:16avec les centres de gestion
39:17parce que souvent
39:18ces difficultés psychologiques
39:21sont liées
39:21aux difficultés économiques
39:23et ça renvoie
39:23sur ce qu'on disait juste avant
39:25c'est-à-dire que moi
39:25ce que je propose
39:26c'est qu'il n'y ait plus
39:27de difficultés économiques
39:28et donc ça va participer
39:29aussi à améliorer
39:30la santé mentale
39:31en tout cas il faut que tout chef
39:32d'entreprise aujourd'hui
39:33a un coach mental
39:33tout sportif de haut niveau
39:34a un coach mental aussi
39:35il faut que les agriculteurs
39:36se fassent accompagner
39:37c'est complexe de mener
39:38une exploitation
39:39il faut que les agriculteurs
39:40aient leur coach aussi
39:41pour les aider à avancer
39:42bien merci beaucoup
39:43monsieur Biteau
39:44d'être venu sur notre plateau
39:46merci pour ces échanges
39:47très intéressants
39:49qui font avancer le débat
39:51on pourrait vous recevoir
39:52dans quelques temps
39:52oui une dernière
39:53tu veux couper
39:55mais je ne veux pas
39:55vas-y JB
39:57il y a quand même un point
39:57on peut être d'accord
39:58si tu veux
39:59c'est qu'en fait par rapport
40:00mais on relance pas le débat
40:01attention
40:01non non non
40:01mais pour clôturer
40:03c'est en fait
40:04pour donner du positivisme
40:07aux agriculteurs
40:08il nous faut un cap
40:09il nous faut de la cohérence
40:10tu ne peux pas avoir
40:11cette politique là
40:12si tantôt
40:13on parlait du Mercosur avant
40:14si on fait rentrer
40:15n'importe quoi
40:16et tu ne peux pas demander
40:17à des agriculteurs
40:18de progresser
40:19si tu ne les protèges pas
40:20et c'est ça qu'il faut
40:21et que tous les discours politiques
40:22on s'aligne
40:23pour se dire
40:23il faut protéger l'agriculture
40:24avec un cap à 15 ans
40:25et tu vas voir
40:26qu'il y aura moins de suicides
40:27merci beaucoup
40:28la dernière intervention
40:28au Parlement européen
40:29le mot de la fin
40:30merci
40:31merci monsieur le député
40:34merci Benoît Biteau
40:35d'être venu
40:36sur le plateau de VIP
40:38et maintenant
40:39on va parler
40:39d'une céréale
40:41que vous ne connaissez
40:42peut-être pas très bien
40:43c'est l'orge
40:44et la France
40:44est au premier rang
40:45des producteurs européens
40:46oui
40:46on en fait de la bière
40:47ça vous le savez
40:48j'en suis sûre
40:48mais est-ce que vous saviez
40:49qu'on en fait aussi du café
40:50on vous dit tout
40:51dans ce reportage
40:52de Maxime Coltier
40:53regardez
40:54comme pour chacun de nous
41:00ou presque
41:00le matin
41:03chez Johan et Nathalie
41:04c'est tartines
41:05jus de fruits
41:06yaourts
41:08et bien sûr café
41:09sauf que cette boisson sombre
41:11qui y ressemble
41:12comme deux gouttes d'eau
41:13ça n'est pas du café
41:14non non non
41:17c'est pas du café
41:18c'est de l'orzo
41:18c'est de l'orge torréfiée
41:21il y a dix ans
41:22ce couple de bretons
41:23tenait un restaurant
41:24et à la fin des repas
41:25pour les clients
41:26pas de traditionnel espresso
41:28on a fait goûter
41:29j'ai pas trop laissé le choix
41:30parce que si tu laisses le choix
41:32aux gens
41:32ben ils ont peur
41:34et je les rassurais
41:35toujours en disant
41:36ben si vous inquiétez pas
41:37je vous ferai un café
41:38si vous n'aimez pas
41:38et en fait du coup
41:39les gens ont goûté
41:40les yeux fermés
41:40finalement on avait fait
41:41la meilleure étude de marché
41:42en fait
41:43au resto
41:43sans le savoir
41:44ils ont alors une révélation
41:47se lancer dans la fabrication
41:48de cafés d'orge
41:49plus économiques
41:50et surtout meilleurs
41:52pour l'environnement
41:53c'est pas pour dénigrer le café
41:54mais le café
41:55on sait tout ce qu'il est produit
41:56à des milliers de kilomètres
41:57et l'idée c'était aussi
41:58de pouvoir proposer quelque chose
41:59ben un produit ici quoi
42:01et de valoriser
42:02alors pour le coup
42:03une céréale
42:05autrement que
42:07dans la nourriture animale
42:08car pour trouver de l'orge
42:11pas besoin d'aller en Amérique du Sud
42:13ou en Afrique
42:14la France est le premier
42:15producteur européen
42:17Johan ne fait que 30 kilomètres
42:19pour se ravitailler
42:20en matière première
42:21chez Étienne
42:23un producteur de sa région
42:25ton nourriture est prête là du coup ?
42:26ouais
42:26Johan et Étienne
42:29se sont bien trouvés
42:30ils partagent
42:31les mêmes valeurs
42:32la céréale est cultivée en bio
42:34et fournie en circuit court
42:35directement par Étienne
42:36il est bien propre
42:38c'est une belle ronde
42:39de toute façon c'est comme d'hab
42:40c'est toujours très beau
42:41donc
42:41comme ça on va faire
42:43encore un bel ronde
42:43avant j'étais dans une filière organisée
42:47mais une filière à grande échelle
42:48et donc j'étais qu'un simple producteur
42:50tandis que là
42:51je suis un fournisseur
42:52de matières premières
42:52et donc on se doit de fournir
42:54une orge de qualité
42:54donc ça me correspond bien aussi
42:56non seulement de cultiver
42:57mais d'aller trier le produit
42:58le calibrer
42:59le préparer
43:00pour la consommation
43:01d'un transformateur
43:02c'est valorisant
43:03bon on cherche ça
43:04c'est parti
43:04avec son trésor en poche
43:10direction
43:11Pluècle Hermitage
43:12où Johan a installé
43:13son atelier
43:14de transformation d'orge
43:15c'est ici
43:16qu'il le torréfie
43:17et depuis quelques années
43:18le travail ne manque pas
43:20quand j'ai commencé
43:24on torréfiait
43:25allez maximum
43:26100 kilos par mois
43:27aujourd'hui
43:30on est plutôt
43:31autour des 3
43:32400 kilos par jour
43:33donc oui
43:35il y a eu quand même
43:36une fois
43:36bon
43:36il y a 15 ans de travail
43:38mais il y a eu une belle émotion
43:39et puis on sent que le truc
43:40a pris vraiment
43:41depuis 2-3 ans
43:42pour torréfier
43:45il faut un torréfacteur
43:46là on arrive sur la fin
43:48la couleur évolue
43:49vraiment très vite
43:50sur le final
43:50comme pour le café
43:53cette machine va mélanger
43:54et griller les grains d'orge
43:56pour en dégager les arômes
43:57c'est une machine
43:59que j'ai malheureusement
44:00par faute de moyens
44:01été obligé d'acheter en Chine
44:03dans un premier temps
44:03en fait pour vous donner
44:04un ordre d'échelle
44:05je l'ai acheté
44:0712 000 euros livrés
44:08et le prochain torréfacteur
44:10que je vais avoir
44:10pour le coup
44:11que j'achète en France
44:12c'est fabrication
44:12française
44:13il en vaut 85 000
44:14pour le même volume
44:15bon c'est pas la même qualité
44:17non plus
44:17mais il a bien fallu
44:18que je commence
44:19pour répondre aussi
44:20à une demande croissante
44:21en attendant la nouvelle machine
44:24Johan croule sous les demandes
44:26il est en partenariat
44:27avec une grande enceigne bio
44:28et séduit une clientèle
44:30consciente des problèmes écologiques
44:31que pose le café
44:32ça va ?
44:36bah écoute c'est plutôt pas mal
44:37ouais
44:38c'est vraiment une belle couleur
44:39mais à chaque fois
44:40j'ai mes merveilles
44:41en fait de la couleur
44:41la couleur
44:42notre public est attiré
44:45par notre produit
44:45par le fait
44:46qu'il est fait en local
44:47tout dépend des produits
44:48en fait
44:49tout dépend des produits
44:50on reste plus local
44:51sur de la céréale torréfiée
44:52plutôt qu'un café
44:53ça de toute façon c'est inévitable
44:54quel que soit l'endroit
44:54où on va en France
44:55parce que du coup
44:55on est devenu national
44:56ça reste quand même plus local
44:58que de proposer du café
44:59c'est ça
45:00et effectivement
45:01il y a un public
45:02qui définit le local
45:04à l'Isagone
45:06et qui est du coup
45:07aussi intéressé
45:08donc c'est pour ça
45:09qu'on arrive à vendre aussi
45:10au-delà de la région
45:12mais alors le café d'orge
45:15est-ce que c'est du café ?
45:17eh bien non
45:17même s'il en a la couleur
45:19la petite amertume
45:20est qu'il se sert
45:21de la même façon
45:22il n'a pas le même goût
45:23et ne contient pas
45:24de caféine
45:25ça a vraiment son propre goût
45:31il ne faut pas s'attendre
45:32d'avoir du café
45:32c'est une alternative au café
45:35dans le terme du circuit court
45:37mais ça n'a pas les mêmes fonctions
45:39ça va plutôt nous accompagner
45:40pour la journée
45:41c'est pas quelque chose
45:41de super boostant
45:43mais ça a un petit apport
45:44d'énergie quand même
45:45pour accompagner
45:47sa journée quand même
45:47mais si le café d'orge
45:49n'est pas du café
45:50il a un argument imbattable
45:52pour peut-être à terme
45:53le concurrencer
45:54son prix
45:55en moyenne
45:56le café de Johan et Nathalie
45:58est 5 euros moins cher au kilo
45:59et c'est un autre agriculteur
46:05qui nous a rejoint
46:06sur le plateau
46:07pour nous parler d'orge
46:08Julien Grégoire
46:08bonjour
46:09bonjour à tous
46:10merci d'être avec nous
46:13vous êtes cultivateur d'orge
46:14vous êtes également
46:15brasseur et malteur
46:16sur votre exploitation
46:17ce qui est très rare
46:18il faut le préciser
46:19le maltage
46:20sur l'exploitation
46:21on va faire une vingtaine
46:22en France à faire ça
46:23exactement une vingtaine
46:24et vous en faites partie
46:25évidemment
46:25votre exploitation
46:26elle se trouve dans l'Oise
46:28en Picardie
46:28c'est la ferme du Tiloie
46:30c'est bien ça
46:30alors est-ce qu'il y en a
46:32qui ont goûté ce café d'orge
46:33parce que moi pas
46:34alors moi étudiant
46:36j'étais serveur en Italie
46:37et les Italiens
46:38il a tout fait
46:38ça remonte
46:39on s'appelle le café d'orzo
46:41et qui est notamment
46:42une alternative au décaféiné
46:43les Italiens n'aiment pas
46:44trop boire du décaféiné
46:45on s'en servait du café d'orzo
46:46et qui a un petit goût
46:47un petit peu particulier
46:48réglisse amère
46:49qui n'est vraiment pas du café
46:50vous confirmez ?
46:51vous connaissez ?
46:52alors étant producteur de Malte
46:53je fais moi-même
46:54mon malte torréfié
46:55et je le goûte
46:57sur ma propre production
46:58c'est vrai que c'est très intéressant
47:00et ça évite
47:00le côté caféiné
47:02c'est super sympa
47:03et c'est
47:03en termes de prix
47:05il y a une grosse différence ?
47:06en termes de ?
47:07entre le café
47:08oui parce qu'il parle toujours prix
47:09oui c'est vrai
47:11il a toujours sa calculature à table
47:13j'ai pas fait des comptes
47:15pour le coup
47:15je le cache pas
47:16vous nous enverrez un petit message
47:17après l'émission
47:18et nous on va continuer
47:19à parler d'orzo
47:19c'est vrai que c'est une céréale
47:20qu'on connaît peu
47:21nous consommateurs
47:22même si on la boit
47:23et on la mange
47:24d'une certaine manière
47:24vous, votre orge
47:27vous le cultivez
47:28pour en faire de la bière
47:29c'est ça ?
47:29tout à fait
47:30j'aimerais que vous nous racontiez
47:31comment on cultive l'orge
47:32déjà parce que
47:32je sais pas comment ça se passe
47:33est-ce que c'est comme le blé
47:34quelles sont ses faiblesses
47:36ses forces
47:36alors l'orge
47:38il y a deux types d'orge
47:39les orges d'hiver
47:40les orges de printemps
47:40je cultive exclusivement
47:42de l'orge de printemps
47:44c'est une très belle céréale
47:46qui est très dynamique
47:47qui a une belle pousse
47:48c'est vraiment une culture
47:50picarde par excellence
47:52on est champion d'Europe
47:53de production d'orge
47:54pourquoi ?
47:55et de Malte
47:56d'orge et de Malte
47:57on est leader également
47:58on revient peut-être monde
47:59à vérifier
48:00mais en Malte
48:00mais pourquoi chez nous
48:01pourquoi ça pousse si bien
48:02pourquoi on est si productif
48:03c'est notre climat
48:04au-delà de votre talent évidemment
48:05c'est le climat
48:07le climat français
48:08qui permet vraiment
48:09cette implantation
48:10et je dirais
48:10il y a aussi un savoir-faire
48:11qui date historiquement
48:13d'avant-révolution française
48:17où on a été les leaders
48:18dans la création
48:20de l'outil industriel
48:21l'outil de transformation
48:22de cette orge
48:22donc ça s'est très bien
48:23implanté historiquement
48:24en fait tu as des gros acteurs
48:25qui ont vraiment
48:26structuré la filière du Malte
48:28et qui pèsent lourd
48:29même dans le monde
48:30et de longtemps
48:31alors vous cette orge
48:32vous le transformez
48:33en Malte
48:34en bière
48:35en l'occurrence
48:35on va parler des bières artisanales
48:37avec vous Michel
48:38c'est le retour du biéroscope
48:40de Michel Biero
48:41c'est vrai que c'est le boom
48:43des micro-brasseries
48:45des bières artisanales
48:46voilà
48:46comme notre ami Julien
48:48exactement
48:49racontez-nous un petit peu
48:50ce qui se cache derrière tout ça
48:51en fait déjà
48:52est-ce que vous saviez
48:53qu'en France
48:54on est les plus petits consommateurs
48:56de bières de l'Europe
48:58on n'en voit que
48:59je suis déçu
48:59on n'en voit que 33 litres
49:01par an et par habitant
49:03ça dépend
49:03c'est une moyenne
49:04effectivement
49:05c'est-tu Michel ?
49:06alors si vous mettez
49:07ma consommation
49:08la moyenne va exploser
49:09mais on ne va pas la mettre
49:09et par contre en France
49:11alors on ne boit peut-être pas beaucoup de bières
49:13mais on a le plus grand nombre de brasseries
49:15oui
49:15on a 2500 brasseries
49:17aujourd'hui en France
49:17c'est un chiffre qui a été multiplié par 5
49:21sur les 10 dernières années
49:22c'est assez incroyable
49:23donc c'est vrai qu'il y a un vrai engouement
49:25pour ces bières artisanales locales
49:28qui sont brassées chez Julien
49:30et chez tous ses copains
49:31j'ai commencé en 2017
49:32on était 700 brasseries
49:34et là on est à plus de 2000
49:36c'est ça 2500
49:36alors sur les 2500 brasseries
49:38il y a 2000 micro brasseries
49:40une micro brasserie
49:41c'est quand on fait moins
49:42de 1000 hectolitres de bières par an
49:44qu'est-ce que vous faites vous ?
49:45je fais à peine 200 hectolitres
49:47ah oui
49:47alors effectivement
49:48il y a encore de la marge
49:49et donc
49:50ces bières artisanales
49:51les supermarchés
49:52commencent à bien les apprécier
49:54parce que ça perce
49:55les consommateurs en raffole
49:57et entre potes
49:58c'est plutôt sympa
49:59d'avoir ces bières locales
50:00c'est l'authenticité
50:02c'est le goût particulier
50:03le circuit court
50:04le circuit court
50:05et chaque bière artisanale
50:06a vraiment un goût unique
50:08et une histoire unique
50:09qui est derrière
50:10Julien
50:10malgré cet engouement
50:11des bières locales
50:12les micro brasseries
50:13aujourd'hui
50:13elles traversent des temps difficiles
50:15tu peux peut-être nous raconter ?
50:16tout à fait
50:16sur les dernières années
50:17il y a eu cette période du Covid
50:19qu'on a tous connue
50:20qui a mis un coup de frein
50:21à la consommation
50:23parce qu'il y avait
50:23une grosse part en bar
50:24et même en supermarché
50:26rien que le fait
50:27de ne pas faire un apéro
50:28entre amis
50:28ça s'est impacté
50:29sur les micro brasseries
50:31donc il y a eu des drames
50:32aujourd'hui
50:33dans des micro brasseries
50:35des petites brasseries artisanales
50:36qui ont fermé
50:36après je dirais
50:38il y a eu un tel engouement
50:39qu'il y a une régulation naturelle
50:41du marché
50:41qui se fait
50:42et
50:43ce qui est assez drôle
50:44sur l'orge
50:46et sur le marché de la bière
50:47c'est que des fois
50:48les événements sportifs
50:49internationaux
50:50peuvent impacter
50:51on va dire
50:51parce que sur ce côté festif
50:53on va dire
50:54ils impactent
50:54jusqu'au cours de la bourse
50:56des grands brasseurs
50:56on fait des records
50:57Michel par son passé
50:58il a poussé
50:58avec modération
51:01juste pour parler prix
51:02peut-être rapidement
51:03pour les consommateurs
51:04qui nous regardent
51:05une bière artisanale
51:06produite
51:07par exemple
51:08par Julien
51:08on va les trouver
51:09en supermarché
51:10c'est du 33 cl
51:11le plus couramment
51:12et on va les trouver
51:13entre 2 et 4 euros
51:15la bouteille
51:16de 33 cl
51:17rien à voir
51:18avec les
51:18multinationales
51:20on peut les appeler
51:21comme ça
51:21les industriels de la bière
51:22mais on ne défend pas
51:23la même chose
51:24là on a encore une fois
51:25de l'authenticité
51:26on a du territoire
51:26et on a de la bonne bière
51:28des bonnes recettes
51:29c'est le consommateur
51:29qui choisit de faire
51:30exactement
51:31moi j'aimerais qu'on continue
51:33à parler prix
51:33mais prix d'investissement
51:34parce que vous êtes
51:35je le disais
51:36brasseur
51:37malteur
51:37ça nécessite quand même
51:38des installations
51:39très particulières
51:39non ?
51:40mon projet global
51:41il est autour
51:42des 300 000 euros
51:43c'est un gros investissement
51:47oui c'est un pari
51:47tout à fait
51:48c'est un pari
51:49qui aujourd'hui paye
51:51parce qu'il permet
51:52d'amener un revenu
51:53complémentaire
51:54sur l'exploitation
51:54il m'a permis
51:55de m'installer
51:55avec mes parents
51:56donc on avait un besoin
51:57d'un revenu complémentaire
51:58pour permettre
51:59mon retour
52:00sur la ferme
52:01un papa qui vous a
52:02beaucoup encouragé
52:03tout à fait
52:03mes parents
52:04sont toujours là
52:06ils viennent tout juste
52:07de prendre leur retraite
52:07il y a quelques
52:08il fait de la bière
52:10il aurait fait des savons
52:11peut-être
52:11c'est ça
52:14c'est tout
52:14je suis allée
52:15chez Julien
52:16il y a 5 ans
52:17pour l'interviewer
52:17et il faut dire
52:18que t'es parti de rien
52:19au début
52:19tu venais d'avoir
52:20les cuvilles en inox
52:21quand je suis venue
52:21mais t'avais une petite marmite
52:22à la base
52:23où t'as appris
52:23à brasser ta bière
52:24j'ai commencé avec l'équipe
52:25de 150 litres
52:26donc on était capable
52:27de produire
52:28ça la journée
52:30et on a fait fois 10
52:31sur la production
52:32juste avant le Covid
52:33Julien aussi
52:33il faut souligner
52:34l'importance de la diversification
52:35aujourd'hui
52:36sur une exploitation
52:36les agriculteurs
52:37pour suivre
52:38avec la complexité du métier
52:39il faut qu'ils se diversifient
52:40et toi ça a été le salut
52:42de ton exploitation
52:42au final
52:43cette diversification
52:43tout à fait
52:44ça a été le salut
52:46comme tu dis
52:47mais c'est aussi
52:49une tristesse
52:51en quelque sorte
52:51parce que je trouve pas ça
52:52normal aujourd'hui
52:53qu'un agriculteur
52:54ait ce besoin
52:55de se diversifier
52:56pour pouvoir vivre
52:57de son métier
52:58alors c'est super
52:59parce qu'en fait
53:00moi je m'épanouis
53:01dans ce que je fais
53:01intellectuellement
53:02c'est hyper intéressant
53:02c'est extraordinaire
53:04rien que d'être ici
53:05aujourd'hui
53:06c'est extraordinaire
53:06c'est grâce à ça
53:09mais au final
53:10c'est pas normal
53:11que plein d'autres agriculteurs
53:13sont en train de réfléchir
53:13à des projets de diversification
53:14par contrainte
53:15par contrainte
53:16c'est ça
53:16aujourd'hui la diversification
53:17c'est pas forcément
53:18une ouverture d'esprit
53:19c'est une contrainte
53:20pour exister demain
53:21c'est une nécessité
53:21et il y a beaucoup aussi
53:23de conjoints
53:23qui font des métiers
53:25hors de l'exploitation
53:26pour amener de l'argent
53:27et permettre
53:27et aujourd'hui
53:28je pense que je serais
53:30déjà plus agriculteur
53:31si j'avais pas mon épouse
53:32qui aujourd'hui
53:33nous permettait en fait
53:34de faire brouiller la mermie
53:35de sécuriser
53:36pour les ménages agricoles
53:38c'est 30% du revenu
53:39à peine qui vient
53:40de l'activité agricole
53:41et le reste ça vient
53:42du patrimoine
53:42et de l'activité
53:43du conjoint
53:44si on reprend
53:44sur les 10 dernières années
53:46la ferme Oise
53:47la ferme séralière Oise
53:48dans l'Oise
53:49il y a majoritairement
53:50des séraliers
53:50on a eu
53:523 récoltes négatives
53:54c'est à dire que
53:54les fermes
53:55les agriculteurs
53:55ont été obligés
53:56de retourner voir
53:57leurs banquiers
53:57pour pouvoir passer l'année
53:58on a payé
53:59pour avoir eu le droit
54:00de travailler
54:00et 3 fois sur 10 ans
54:02croyez moi
54:02c'est très compliqué
54:03de se voir des comptes
54:04dans le rouge
54:043 fois
54:0610 ans après
54:07comment se porte
54:08cette microbrasserie
54:09est-ce que le pari
54:10est réussi
54:10vous avez parlé
54:11bien sûr
54:12des difficultés financières
54:13bien évidemment
54:14mais
54:14là-bas
54:15on elle-même se porte
54:16très bien
54:16je vous disais
54:17je suis venu les mains vides
54:17je suis en rupture
54:18de stock
54:19tout est vendu
54:19on est content
54:21c'est une bonne nouvelle
54:21pour vous
54:22oui bien évidemment
54:23je devrais être en train
54:26de faire de la bière
54:26aujourd'hui
54:27après pour pas être
54:29trop négatif
54:30quand même
54:30parce que c'est vrai
54:31que quand on fait
54:31un projet
54:32c'est un peu lourd
54:33des fois tu y vas
54:33parce que tu cherches
54:34un autre revenu
54:36il faut que
54:36lui il fait des pâtes
54:38il faut que les consommateurs
54:39jouent le jeu
54:39il faut que
54:40suivant ce que tu achètes
54:41ce que tu vas produire
54:42qu'on achète
54:44ce que tu fais
54:45sur ton territoire
54:45mais moi ce que je voudrais
54:47dire quand même
54:48de positif
54:48c'est que
54:49quand tu sors
54:50de ton métier
54:51juste d'agriculteur
54:52où tu produis du blé
54:52tu baignes
54:53tu dis que tu fais
54:54un bon boulot
54:55quand tu vas
54:55transformer ton produit
54:56que tu vois le client
54:57tu discutes
54:58tu expliques ton métier
54:59je trouve que ça te revalorise
55:01aussi ton métier
55:02et en plus toi tu vas
55:02les vendre sur les marchés
55:03c'est une vraie histoire
55:04du coup c'est quand même
55:06vachement de boulot
55:06des projets
55:07des investissements
55:07tu bosses la semaine
55:08le week-end
55:08quand tu as les marchés
55:09mais ça te nourrit
55:11en fait de cette connexion
55:12directe avec le consommateur
55:13et je trouve que ça renforce
55:15ton métier d'agriculteur
55:16t'essayes de le faire
55:17encore mieux
55:18quand tu as cette relation
55:20exactement
55:20moi je suis sur les foires
55:21de nombreux week-ends
55:23alors ça c'est des week-ends
55:24de sacrifice pour la famille
55:25mais quand je serre une bière
55:27à la pression
55:28et d'avoir un regard
55:29d'avoir un retour
55:30positif
55:31et de se dire
55:32la bière elle est extra
55:33il y a ces tons là aussi
55:34mais c'est extraordinaire
55:37en fait d'avoir ça
55:38parce que c'est sûr
55:39quand on livre
55:39une remorque de blé
55:40à la coopérative
55:41on n'a pas ce retour
55:43de la qualité
55:43et le contact direct
55:45avec le consommateur
55:47il est extraordinaire
55:48à vivre
55:48on va terminer
55:49sur cette note positive
55:51toujours avec modération
55:52toujours avec votre grande copine
55:54modération
55:54toujours avec modération
55:55elle ne vient pas
55:56parfois elle ne vient pas
55:57voilà elle est là aujourd'hui
55:58oui je le disais
55:59c'est la fin de cette émission
56:00merci beaucoup Julien
56:01d'être venu nous dévoiler
56:03les coulisses
56:04de votre métier
56:05cultivateur d'orge
56:06bonne continuation
56:07on vous souhaite
56:08plein d'hectolitres
56:09de ce breuvage
56:11de ce breuvage
56:11exactement
56:12et avant de se quitter
56:13moi j'aimerais qu'on fasse
56:14un petit tour de table
56:15savoir ce qui vous a marqué
56:17dans ce numéro de VIP
56:19on commence par Louise
56:19moi c'est le fait
56:20d'accompagner les agriculteurs
56:21dans la transition
56:22et dans le changement de pratique
56:23bien
56:24JB
56:24moi je suis copain
56:25maintenant avec Benoît Biteau
56:27donc ça va
56:27parce qu'on défend
56:28les mêmes idées
56:28au niveau européen
56:29c'est ce que j'ai vu
56:30Antoine
56:31moi JB
56:31il est capable
56:32de reconnaître
56:33un dindon
56:33et une patate contrariée
56:36rien qu'au son
56:37franchement
56:38ça m'a bluffée
56:39c'est pas mal
56:40et enfin Michel
56:42c'est le café d'orge
56:43ah tiens donc
56:44ça vous a plu
56:45ah oui ça ça m'a plu
56:46et j'ai envie de le goûter
56:47parce que
56:48c'est vrai que j'aime pas trop
56:50le café
56:50donc j'ai bien envie
56:52de goûter ça
56:52et bien on va faire ça
56:53on va organiser
56:54une petite dégustation
56:55en tout cas merci
56:56à vous de nous avoir suivis
56:58on se retrouve
56:59très très vite
57:00et puis bien sûr
57:00vous pouvez nous regarder en replay
57:01sur les réseaux de LCP
57:03et je pense
57:05vu tout ce qu'on a dit
57:06aujourd'hui
57:07entendu que l'agriculture française
57:09n'a pas fini
57:10de nous surprendre
57:11merci
57:11à très bientôt
57:12sur LCP
57:13au revoir
57:14l'agriculture
57:28Pour l'agriculture
57:29ireaux de LCP
57:31ouc
57:32l'agriculture
57:32ouc
57:32l'agriculture
57:33ouc
57:33ouc
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