00:15Ils sont rapides, petits, parfois peu coûteux.
00:18Mais sur les champs de bataille d'aujourd'hui, les drones changent profondément la manière de combattre.
00:22Ils permettent de voir plus loin et de frapper plus vite, tout en limitant l'exposition des soldats.
00:27Utilisés en masse, ils accélèrent considérablement le rythme du combat.
00:32Au cœur de cette transformation, un engin symbolise à lui seul cette nouvelle manière de combattre, le drone FPV.
00:46Le drone FPV, ça veut dire First Person View, ça veut dire que le pilote de ce drone,
00:52il a la vision dans un casque de réalité augmentée de ce que voit le drone.
00:55Et donc, il a l'impression d'être dans le drone quand il pilote.
00:57Donc c'est une vue immersive de ce drone.
01:03Le pilotage, il est plus précis.
01:05On peut faire beaucoup plus de choses qu'avec un drone stabilisé.
01:08C'est plus rapide, il peut aller jusqu'à 150 km heure.
01:12C'est une nouvelle façon de faire le combat.
01:14On prend moins de risques.
01:15Même si on est proche, on est en première ligne.
01:17C'est les drones qui y vont et pas nous.
01:21Le drone FPV se différencie des autres drones par son mode de pilotage vif et agressif.
01:27Son emploi est devenu incontournable sur les zones de combat, en particulier dans la destruction des objectifs sénés.
01:39Maintenant, c'est un drone particulier qui, au-delà de cette partie FPV, bien évidemment, dispose de charges d'explosifs.
01:47Et puis également un certain nombre d'éléments de briques technologiques autour de ce drone pour qu'on puisse arriver
01:52à l'effet attendu,
01:53c'est-à-dire la destruction d'un personnel ou de véhicules ennemis.
02:00C'est une forme de drone kamikaze tout à fait, c'est-à-dire qu'il vient s'écraser avec
02:03sa munition sur la cible visée par son pilote.
02:05Le drone FPV fait partie des petits drones appelés systèmes de drones du combattant.
02:10Ils sont complémentaires des systèmes de drones d'appui tactiques qui ont des profondeurs d'action entre 10 et 80
02:16km
02:16et des systèmes de drones d'appui dans la profondeur qui peuvent s'étendre jusqu'à 500 km.
02:22Pour stimuler l'emploi des drones FPV dont le pilotage immersif est bien plus délicat,
02:27les armées organisent des challenges internationaux.
02:31Le défi drone notamment qu'a organisé le commandement de la force opérationnelle terrestre,
02:36il avait pour but de stimuler l'appropriation de l'outil FPV par nos forces,
02:40mais aussi de se comparer et puis d'évaluer ce que nos partenaires,
02:45notamment de l'OTAN ou de l'Union européenne, feraient mieux ou différemment par rapport à nous.
02:51On fait des challenges pour se dépasser, s'entraîner au pilotage, voir qui utilise le mieux
02:55et avoir un petit peu de concurrence en tout cas.
03:00D'ailleurs il n'y a que 20% des militaires qui sont capables de le faire,
03:03parce qu'il faut avoir les aptitudes pour piloter ce genre de drone.
03:08Et donc souvent vous avez le chef d'équipe à côté qui a la recopie sur un écran plus grand,
03:11qui est capable de lui dire ta cible elle est à droite, à droite, à droite,
03:14parce que lui il prie dans son monde et il peut perdre ses repères.
03:17Start !
03:19Start !
03:20Bravo !
03:20Ok, et bravo, naf prost !
03:22Le rôle du chef Taki, c'est de sortir du jeu vidéo et d'aller à la réalité du combat.
03:28Et donc c'est toute la notion de l'entraînement dont on parle,
03:30qui a une gravité liée au combat qui s'impose.
03:34Ici en apparence, ça peut donner l'impression d'être une réplique de ce qui se fait dans le monde
03:38civil.
03:38Là on est quand même dans un tout autre domaine, puisqu'à la finalité c'est quand même avec son
03:42drone
03:42de porter un effet militaire qui peut donner la mort à l'adversaire.
03:48Je branche.
03:54Quand tu veux.
04:01L'entraînement c'est simulé, on va pas vraiment dessus, mais à la guerre.
04:04Un côté on voit jusqu'à la fin l'ennemi qu'on veut détruire.
04:08C'est pas un jeu.
04:09Et tous les soldats engagés en opération qui utilisent des FPV
04:13sont conscients immédiatement de cette réalité.
04:18Avec le FPV vous avez une espèce de retour à cette intimité
04:23entre celui qui est ciblé et celui qui cible.
04:25Et ça c'est un effet psychologique à pas négliger dans l'emploi du FPV.
04:29Vous avez une guette rouge là, entre les arbres là-bas.
04:33On a vu.
04:34Et là ça va être à droite sur la roue.
04:36Ah !
04:37Tu peux décaler légèrement sur la gauche.
04:40On est bien sur une munition et on est bien sur un combattant
04:43qui doit servir cette munition.
04:46C'est l'emploi d'une arme, donc c'est une arme à part entière.
04:48Tout comme les autres armes que l'on est amené à employer,
04:50ça nécessite cette rigueur et cette prise de conscience.
04:53Le drone aujourd'hui est la munition qui permet
04:56de produire des effets rapides sur un adversaire.
05:00Ce qui serait dommage, c'est qu'en fait on ne se disise pas de ce sujet,
05:04alors que nous savons très bien que nos adversaires le prendront.
05:07Vas-y, c'est ma main.
05:15Ça serait nier la réalité que de ne pas observer ce qui se passe en Ukraine,
05:20mais aussi d'ailleurs au Proche-Orient et notamment au Liban.
05:23L'efficacité à l'air réel, effectivement, on considère qu'il y a entre 70 et 80% des pertes
05:28du champ de bataille russo-ukrainien qui sont réalisées par des drones,
05:31et en particulier par des drones FPV.
05:49Vous avez quand même en Ukraine une zone de 30 à 50 kilomètres
05:52où plus personne s'aventure, parce que vous savez que vous allez être détruit
05:55par un drone si vous vous aventurez dedans,
05:57donc ça change quand même la nature du combat.
06:00La pertinence du système ukrainien, c'est la mise en réseau
06:03de plusieurs effecteurs, de plusieurs plateformes.
06:05C'est-à-dire qu'il y a un drone qui va capter du renseignement
06:07dans une certaine profondeur chez l'adversaire,
06:10et puis il y aura des équipes qui vont être chargées d'exploiter le renseignement,
06:13et ça raccourcit ce qu'on appelle la boucle acquisition-feu.
06:17C'est ce que les Ukrainiens font remarquablement bien.
06:25Donc oui, ils sont en masse et ils font du low-cost,
06:27mais ils font aussi du high-tech, parce qu'en Ukraine,
06:30l'environnement est complètement brouillé,
06:32donc un drone FPV, ça a une base de drone civil,
06:34mais il y a des technologies militaires qui ont été rajoutées dessus.
06:37Les mentalités sont quand même en train de changer,
06:39les gens comprennent qu'on a des effets tactiques destructeurs.
07:01L'essor du drone dans les conflits de haute intensité
07:04oblige les armées à se moderniser et à repenser leur organisation.
07:08Face à cette nouvelle réalité du combat,
07:11l'armée de terre s'adapte.
07:13De nouvelles unités apparaissent,
07:15conçues autour des drones et de leur emploi en nombre.
07:26Québec 11, identification difficile.
07:29Néanmoins, c'est un véhicule à roues,
07:32missile visible sur le toit.
07:35Les UDC, unité de drone de combat,
07:38c'est une innovation tactique,
07:40de doctrine, d'emploi,
07:42qui est venue du 1er régiment d'infanterie de marine.
07:46L'unité de drone de contact,
07:48c'est une unité qui concentre en son sein plusieurs systèmes de drones.
07:52C'est une idée qui est née de l'observation des conflits
07:56et notamment du conflit russo-ukrainien.
07:58Nous, on a fait le choix de concentrer les drones dans une seule unité
08:03pour pouvoir notamment maximiser les effets des drones vis-à-vis d'un adversaire
08:08par notamment une saturation de ce qu'on appelle l'espace aérien,
08:12la très basse couche.
08:13Cet escadron est donc une unité dont l'armement principal est le drone,
08:18qui concentre à la main d'un même chef tactique,
08:20le commandant d'unité,
08:21les moyens d'acquisition et les moyens de destruction.
08:23Donc il est composé de 5 pelotons,
08:25un peloton de commandement et de logistique
08:27qui va assurer la cohérence d'ensemble du dispositif.
08:29Ensuite, vous avez un peloton d'acquisition et de surveillance
08:32qui, dans la frange des 0 à 20 km,
08:34va être capable d'acquérir le renseignement
08:35et de retransmettre ces informations
08:37aux commandants d'unité et aux autres pelotons de l'escadron.
08:39Ensuite, vous avez deux pelotons de drones de contact
08:43qui, dans la frange des 0 à 10 km,
08:45ont à la fois la capacité d'acquisition
08:47et la capacité de destruction
08:49par des FPV qu'ils ont en nombre de 240 par peloton.
08:53Et enfin, vous avez un peloton de munitions téléopérées
08:55qui, jusqu'à 30 km,
08:57doit être capable d'aller détruire dans la profondeur tactique
09:00des éléments à plus haute valeur ajoutée.
09:02Le peloton d'acquisition et de surveillance,
09:03ils sont vraiment là pour chercher les cibles, fouiller.
09:06Une fois qu'ils les ont détectées,
09:07ils ne font pas venir l'info et nous désousser
09:09avec des coordonnées, avec la topo.
09:12On se repère et nous, après, on va les détruire.
09:16Le but, c'est que des escadrons, ils se calquent sur le nôtre
09:20et qu'après, ça se démultiplie dans l'armée.
09:22Cette organisation de l'emploi des drones
09:25a prouvé toute sa pertinence.
09:26C'est pour ça que le chef d'état-major de l'armée de terre
09:29a décidé de créer 5 unités supplémentaires
09:31à très court terme
09:32qui auront sans doute vocation
09:33à se démultiplier à moyen terme.
09:38C'est un projet qui est venu du bas.
09:39C'est bien eux qui ont validé le concept.
09:42Et nous, on leur fournit des moyens.
09:44Ils vont avoir de l'ordre de 400 à 500 drones
09:47par unité de combat.
09:49C'est vraiment une révolution.
09:51Et donc, en libérant cette innovation par le bas,
09:53en donnant des fonds dans les régiments,
09:55et bien, en fait, il y a des idées qui ont émergé.
09:58Par exemple, on a pu voir émerger ça.
10:01Voilà.
10:02Donc ça, c'est un drone FPV qu'on appelle FROND.
10:05C'est directement issu d'un projet
10:08du premier régiment de Hussard Parachutiste.
10:10Voilà, on ne lui a pas piqué sur l'initiative.
10:12On l'a accompagné.
10:24C'est le premier projet structurant de l'armée de terre
10:26qui va passer à l'échelle.
10:27On va passer commande de 1000 d'ici la fin de l'année.
10:30Il ne faut pas de l'innovation pour faire de l'innovation.
10:32Il faut que ça réponde à un besoin opérationnel
10:34et que ça corresponde à nos priorités.
10:36Et donc là, ça correspondait à nos priorités
10:37parce que, un, on avait un manque.
10:40Deux, réutiliser des munitions qu'on a déjà,
10:41c'est un vrai gain, c'est économiquement intéressant.
10:46Vous avez un autre projet
10:48issu de la deuxième brigade blindée
10:49qui s'appelle Temara.
10:51Le projet est centré autour de la fibre optique.
10:53C'est un drone FPV qui a une charge
10:54et qui a en plus une bobine de fibre optique
10:57et qui va dérouler cette bobine de fibre optique
10:58sur la distance à laquelle on l'emmène.
11:01Donc c'est à la fois les communications,
11:03à la fois le flux vidéo
11:05et potentiellement l'allumage également
11:07qui peut se faire via ces fibres optiques.
11:15Il y a des vrais parcours d'entraînement.
11:18Chaque brigade a un CETD,
11:20un centre d'entraînement drone.
11:22Et effectivement, ils ont à la fois de la simulation
11:24et après, ils ont des parcours
11:26où ils doivent gérer la maniabilité de leur drone.
11:32La formation, elle est exigeante,
11:34donc elle est longue.
11:35L'objectif, ça va être de les aider à monter en puissance.
11:38Pour autant, l'avantage des drones,
11:40c'est que ça correspond aujourd'hui,
11:41beaucoup, je trouve,
11:42à la génération des soldats
11:44qui rejoignent nos unités.
11:46Et donc, ils sont très vite habitués
11:48ou ils s'adaptent très vite
11:50à la manière dont est piloté un FPV.
11:58Là, j'ai 21 ans,
11:59je me suis engagé quand j'en avais 18
12:01et ça m'intéressait déjà à ce monde-là.
12:04Il a fait que maintenant,
12:06je fais du FPV dans mon métier.
12:07Ça, c'est des drones FPV
12:08qu'on monte nous-mêmes,
12:09on sait les réparer.
12:11Et tout ce qui est munitions,
12:12c'est vraiment interchangeable en dessous.
12:14On peut mettre des roquettes, des RPG-7.
12:15On peut tout mettre, en fait.
12:16C'est vraiment ce qu'il y aura à la guerre.
12:18Le drone FPV, aujourd'hui,
12:19vous pouvez en construire un
12:20avec quelques centaines d'euros.
12:21Vous collectez les pièces,
12:22vous les commandez
12:23et chez vous,
12:24vous construisez votre propre drone.
12:25C'est comme ça que, finalement,
12:26a commencé l'industrie du drone FPV
12:28militarisé en Ukraine
12:30avec une multitude de petites entreprises
12:34qui ont commencé à confectionner
12:35des drones dans les caves.
12:36Et puis, ça se structure au fur et à mesure
12:38et ça permet aujourd'hui à l'industrie ukrainienne
12:40de produire 4,5 millions de drones par an.
12:48L'une des particularités des drones,
12:52c'est qu'énormément de régiments d'unités
12:56expérimentent à leur niveau.
12:57C'est-à-dire qu'achètent des équipements,
12:59les tests, les modifient
13:00pour les adapter à leurs besoins.
13:02Le défi qu'on a sur ces initiatives-là,
13:05c'est ce qu'on appelle le passage à l'échelle.
13:07C'est-à-dire qu'une fois qu'un équipement
13:08donne satisfaction au sein d'un régiment
13:10ou d'une unité,
13:11l'objectif, ça va être de le produire
13:13en suffisamment grande quantité
13:15pour répondre aux besoins des forces.
13:18En 2026, on fait effort dans tous les domaines,
13:20sur tous les drones.
13:21On va en acquérir entre 10 000 et 14 000,
13:24à la fois des drones de commandement,
13:26des drones bombardiers, voilà.
13:28Pour cette année 2026,
13:29il y a deux grandes stratégies d'acquisition
13:30qui ont été mises en place.
13:32Une qui est basée sur des achats sur étagères
13:34et puis une seconde qui est basée
13:36sur des mises en concurrence.
13:37On va réagir sur un principe de flux
13:39plutôt que de stock,
13:40puisque très rapidement,
13:41ils deviendraient obsolètes.
13:43Le deuxième principe, c'est l'emploi des drones
13:46à la fois dits haut de gamme
13:47et des drones un peu plus bas de gamme,
13:49low-cost, en tout cas.
13:51On espère bien à terme
13:52que ces deux catégories sont verges
13:54et arriver à avoir des drones résilients au brouillage
13:57le moins cher possible.
13:58C'est bien évidemment ce qui se passe
13:59sur les théâtres de guerre actuellement,
14:01notamment en Ukraine.
14:06C'est bien ça l'objet,
14:07un drone pas pris
14:08qui est capable d'avoir des effets
14:10de destruction importants sur le terrain.
14:27Ce qui est intéressant dans l'écosystème
14:29des drones et des FPV,
14:30c'est qu'on a une myriade
14:32de petites entreprises,
14:34de petites PME
14:35qui sont extrêmement innovantes,
14:37qui proposent des nouveaux équipements,
14:39des nouvelles capacités.
14:40On profite de certains exercices militaires
14:42pour tester directement
14:43les équipements des industriels.
14:45Il y a eu un pacte drone
14:47qui a permis de mettre en relation
14:49tous les industriels
14:50qui avaient des solutions de drones à apporter
14:52et les militaires
14:53pour expliquer notre besoin
14:54et qu'est-ce qu'on recherchait.
14:56Donc du côté des forces,
14:57ça leur permet de tester ces équipements
14:58et du côté des industriels
15:00d'avoir un retour direct
15:01sur ce que leurs équipements permettent
15:03ou ne permettent pas.
15:04C'est extrêmement réactif.
15:08Le but de l'ingénierie dual
15:09est de favoriser la capacité d'innovation
15:12pour pouvoir créer des produits résilients
15:14et adaptatifs à l'usage militaire.
15:16Dans les conflits actuels,
15:17le drone FPV évolue vite
15:19et devra répondre rapidement
15:20à de nouveaux besoins du terrain
15:22encore non identifié.
15:25S'il y a bien quelque chose
15:27que les drones nous ont appris
15:29et encore une fois,
15:30c'est ce qu'on voit notamment en Ukraine,
15:32c'est la nécessité d'être extrêmement agile
15:33dans la manière dont on intègre
15:35les nouveaux équipements
15:36à la fois sur le plan technologique
15:38et mais aussi sur le plan
15:39des concepts d'emploi et de la tactique.
15:41On doit apprendre à apprendre vite.
15:43C'est le cas avec la fibre optique,
15:45c'est le cas avec l'intelligence artificielle,
15:46c'est le cas de l'ensemble
15:47de ce qu'on appelle des briques technologiques
15:49qui arrivent très rapidement
15:51et qui évoluent très rapidement.
15:53Elles nous obligent
15:53à une agilité intellectuelle,
15:56doctrinale et capacitaire
15:57qui est peut-être
15:58le plus grand défi aujourd'hui.
16:00Il est assez probable
16:02que le phénomène FPV
16:04soit plutôt une transition,
16:06une étape dans la dronisation,
16:07mais sans doute pas une finalité.
16:09L'apport de l'informatique,
16:10de l'intelligence artificielle en particulier,
16:12vont venir sans doute éteindre
16:14en partie le phénomène FPV.
16:17Le télépilote notamment de FPV,
16:19c'est une ressource rare
16:20parce qu'il a des compétences particulières
16:22et l'une des façons de le protéger,
16:23c'est de l'éloigner du champ de bataille
16:25et la connectivité aujourd'hui
16:26permet cet éloignement.
16:39Les unités de drones de contact
16:40intègrent déjà
16:42des briques d'intelligence artificielle,
16:43une IA de DRI,
16:44détection, reconnaissance et identification,
16:46qui aide le plotant d'acquisition
16:48et de surveillance
16:48dans ces détections
16:49puisque dans beaucoup de situations,
16:51l'être humain est beaucoup moins performant
16:53que la machine pour déceler
16:54sur quelques pixels seulement
16:56un véhicule
16:57ou un personnel débarqué
16:58sur une image.
17:02La seconde brique d'intelligence artificielle
17:04qui est déjà en cours de développement,
17:06c'est la brique
17:07de guidage terminal autonome
17:08puisque nous avons besoin
17:09en suivi de pixels
17:10de pouvoir verrouiller une cible
17:12et que le drone
17:13aille de lui-même
17:14sans intervention lui-même
17:15sur l'objectif
17:17qui lui aura été désigné.
17:18On voit bien que c'est un peu
17:19ce que sont en train
17:20de faire les Ukrainiens,
17:21c'est qu'ils envoient des drones
17:23qui se repèrent tout seuls
17:24et qui vont chercher
17:25leur cible tout seuls.
17:26En fait,
17:27ce qui est difficile
17:28avec un drone FPV,
17:29c'est de déclencher
17:31la charge à la fin.
17:32Initialement,
17:32ça reposait sur la dextérité
17:33du pilote,
17:34à savoir à quel moment
17:35il fallait qu'il appuie
17:36sur le bouton
17:36pour que ça explose.
17:38Ce n'est pas simple.
17:40Apprécier la distance
17:41à distance,
17:42c'est compliqué.
17:43Donc aujourd'hui,
17:43on cherche à automatiser
17:45le fonctionnement terminal
17:46de la mission.
17:47C'est-à-dire,
17:47à partir du moment
17:48où on a accroché,
17:49on appuie sur un bouton,
17:51le drone,
17:51il fonctionne tout seul
17:52à la fin, voilà.
17:53En fait,
17:53ce qu'il faut,
17:54c'est qu'on garde
17:56cette manière de combattre
17:57par les airs
17:57avec des drones
17:58pour produire
17:59de réels effets tactiques
18:00sur l'adversaire.
18:01Si je suis capable
18:02de décider plus vite
18:04que l'adversaire,
18:04si je suis capable
18:05de le faire douter
18:07parce que j'ai saturé
18:08un certain nombre
18:09de ses unités
18:10et que je provoque
18:11un doute,
18:12que je provoque
18:12un temps de décision
18:13chez lui
18:14qui est supérieur au mien,
18:16eh bien,
18:16je saisis l'initiative
18:17et je gagne
18:18le combat de l'instant.
18:20D'un sac,
18:21détection véhicule,
18:22région PAPA3,
18:23402 pistes.
18:2625,
18:27PAPA3 reçu,
18:28décollage,
18:29délai 2.
18:30Aujourd'hui,
18:31notre unité
18:31de drones de contact,
18:32elle est un peu
18:32sur un format
18:33de l'armée ukrainienne.
18:34C'est-à-dire
18:35que c'est un télépilote
18:36qui opère
18:36un à deux FPV
18:38les uns après les autres.
18:39Et c'est la somme
18:40des télépilotes
18:41et c'est la somme
18:42des FPV
18:42qui produit
18:43cet effet de saturation.
18:44Ce qu'on travaille
18:45avec les industriels,
18:47c'est que demain,
18:47un seul télépilote
18:48commandera en réalité
18:50plusieurs dizaines de drones.
18:51On va vraiment chercher
18:52à travailler en meute
18:54et à saturer
18:55une cible adverse.
18:56L'idée,
18:57c'est que la meute
18:58de drones en vol,
18:59elle puisse elle-même
19:00opérer sur plusieurs cibles
19:02en même temps.
19:04Tout simplement,
19:04dans un véhicule ruche,
19:06vous avez plusieurs rayons.
19:08Ça nous permet,
19:08comme un chargeur
19:09d'un fusil automatique,
19:11de faire décoller
19:12les drones en rafale.
19:14vous avez la reine
19:15et les ouvrières.
19:16La reine,
19:17elle,
19:17possède un minimum
19:18d'autonomie
19:19et d'intelligence artificielle
19:20embarquée
19:21qui va permettre
19:22de désigner les objectifs
19:23aux ouvrières.
19:24Tout ça,
19:24c'est piloté par l'opérateur
19:26au départ du coup
19:26qui va définir
19:28dans un cadre
19:28espace-temps
19:28l'objectif
19:29qui va être désigné.
19:31Et la reine,
19:31en permanence,
19:32elle,
19:33va renvoyer
19:34ses données de télémétrie
19:35à la station seule,
19:36ce qui permet à l'opérateur
19:37de savoir
19:37où en est la mission
19:39qui a été confiée
19:40à les cinq
19:41qui en volent
19:41en ce moment.
19:42Ce n'est plus
19:42du pilotage immersif.
19:44En fait,
19:44on s'est rendu compte
19:45que le pilotage immersif
19:47nécessitait
19:48une très forte dextérité.
19:50Aujourd'hui,
19:50on évalue à peu près
19:51qu'un télépilote
19:52au combat,
19:53il fait but
19:54dans environ 30% des cas.
19:56Avec la solution technologique
19:57que nous allons apporter,
19:59l'objectif,
19:59c'est quand même
19:59de se rapprocher
20:00d'un ratio bien meilleur
20:01qu'on espère
20:02de l'ordre de 80%
20:03à peu près.
20:05On n'est pas dupes.
20:06On sait que nos compétiteurs,
20:08nos potentiels adversaires
20:10développent aussi
20:10des systèmes autonomes.
20:12Il est donc assez probable
20:13que le premier choc
20:14d'un conflit
20:16de haute intensité,
20:17s'il devait arriver,
20:18serait dans un premier temps
20:19celui de machine
20:20contre des machines.
20:21Et pour ça,
20:22l'armée française
20:23développe le projet
20:24Pandragon,
20:25qui est un projet
20:26d'unité robotique
20:28de combat,
20:28qui combine
20:29des robots terrestres
20:30et puis des drones aériens
20:33ou des munitions intelligentes.
20:44Le but du projet Pandragon,
20:46c'est de tirer
20:47le retour d'expérience
20:48de ce qu'on peut voir
20:49sur les différents fronts,
20:50notamment le front ukrainien,
20:51et de répondre
20:52à l'automatisation croissante
20:53du champ de bataille
20:54par le développement
20:55d'une unité robotique
20:55de combat
20:56qui vise à automatiser
20:58et remplir
20:59des missions tactiques
20:59sur le terrain
21:00pour éviter de confronter
21:02les soldats humains
21:03en première ligne
21:03sur le champ de bataille.
21:05Là, notre scénario
21:06qu'on va faire,
21:07c'est qu'on va faire
21:07décoller le drone
21:09et en même temps
21:10contrôler notre UGV
21:11pour qu'il le rejoigne
21:12et qu'il le reste sur la piste.
21:13Dans le cadre
21:14du projet Pandragon,
21:15on développe
21:15un orchestrateur tactique
21:17qui vise à remplir
21:18une mission de haut niveau
21:19qui sera donnée
21:20par le chef humain
21:21de l'unité robotique de combat.
21:23Par exemple,
21:23si la mission
21:24est de reconnaître un axe
21:25sur deux kilomètres,
21:27le cœur numérique
21:28va calculer
21:29le nombre de drones
21:29nécessaires
21:30pour couvrir la zone,
21:31les envoyer,
21:32leur donner un plan de vol,
21:33leur demander
21:34de mettre en œuvre
21:35différentes capacités
21:35d'observation
21:36pour remonter
21:37la présence d'adversaires
21:38dans la zone.
21:39Et là, il s'est verrouillé
21:40sur la cime.
21:42Il est bien évidemment
21:43question non pas
21:44de remplacer l'humain
21:45dans la décision,
21:46mais de l'assister.
21:48Là où on veut
21:49remplacer l'humain,
21:49effectivement,
21:50c'est dans l'exécution
21:51des tâches
21:52les plus dangereuses
21:53et les plus accessibles
21:54aujourd'hui à la machine.
21:55Un drone FPV,
21:56par définition,
21:57c'est un drone télé-piloté,
21:58donc c'est pas un drone
22:00qui va être intégré
22:01au sein du projet
22:02Pandragon
22:02puisque le but,
22:03c'est d'orchestrer
22:03de manière autonome
22:04différentes plateformes
22:05et donc de se passer
22:06de télé-pilote
22:06mais d'avoir un chef unique
22:08qui va commander
22:09tout un ensemble,
22:10une meute de robots
22:10et de drones.
22:16Le télépilotage du FPV
22:17se fera toujours
22:18par un être humain
22:19mais cet être humain
22:20peut être aidé
22:21notamment dans sa phase finale
22:22lorsque le drone
22:23va se rendre sur la cible.
22:25Dans ces phases finales,
22:25on est souvent dans des zones
22:27qui sont potentiellement brouillées
22:28et donc couper
22:30à ce moment-là
22:30les communications
22:31entre le télépilote
22:32et le drone
22:32pour envoyer le drone
22:34de façon automatique
22:35sur une cible
22:36qui a été validée
22:36par l'homme
22:37nous permet en fait
22:38de faire face éventuellement
22:39aux contre-mesures adverses.
22:41La robotisation
22:42de nos capacités de combat
22:43a plusieurs avantages.
22:44La première,
22:45effectivement,
22:46quand on regarde
22:46ce qui se passe
22:47sur le front ukrainien,
22:48il y a toute une kill zone,
22:50une bande
22:50de quelques dizaines de kilomètres
22:51sur lesquelles
22:52l'espérance de vie
22:53d'un soldat
22:54qui s'y rend
22:54se compte en minutes
22:55et on doit développer
22:57cette robotisation
22:58pour tenir une ligne de front
22:59de ce type-là
23:00et également
23:01puisque l'un des futurs
23:04adversaires
23:04de l'unité robotique
23:05de combat autonome
23:05c'est aussi des unités
23:06adverses
23:07qui seront robotisées
23:08et face auxquelles
23:09on préfère mettre
23:10des machines
23:10plutôt que des soldats humains.
23:12L'unité autonome,
23:13elle ne sera pas engagée
23:15avec une totale liberté,
23:16elle sera engagée
23:17dans une zone,
23:18dans un espace géographique
23:19pour un temps donné
23:20et avec une mission
23:22à accomplir,
23:22un effet à produire.
23:24Pour la première fois
23:25dans l'histoire
23:26de cette guerre,
23:27une position ennemie
23:28a été capturée
23:29exclusivement
23:29par des robots terrestres
23:31sans pilote
23:31et des drones.
23:4246 scorpions
23:43pour vous,
23:43nouvelle mission
23:44détruire par embuscade
23:46avec le groupe
23:48appui drone
23:50une section
23:51de T-72
23:51en reconnaissance offensive
23:53du sud vers le nord
23:55sur l'axe Gabriel.
24:02L'objectif principal,
24:03c'est bien la victoire,
24:04c'est bien de se garantir
24:05en fait une capacité
24:07supérieure à l'adversaire
24:08et on perçoit bien
24:09que tout ce domaine
24:10de la robotique,
24:12des drones,
24:13de l'intelligence artificielle,
24:14de la collaboration
24:15machine-machine
24:15ou homme-machine,
24:16en fait va nous permettre
24:17d'avoir une capacité
24:19opérationnelle accrue
24:20et donc potentiellement
24:21de remporter la victoire.
24:30Il ne faut pas se cacher
24:34derrière l'utopie
24:37qu'une guerre puisse être
24:38entièrement robotisée
24:39et entièrement mécanique.
24:40Peu importe le degré
24:41d'automatisation
24:42d'un équipement,
24:44peu importe son apparente
24:46autonomie,
24:47il y a toujours
24:48une chaîne de responsabilité.
24:51Il y a toujours
24:52la possibilité
24:53d'identifier
24:54là où les personnes
24:55qui auront décidé
24:57de frapper
24:57ou d'utiliser
24:58cet équipement.
24:59C'est le chef tactique
25:00qui a la responsabilité
25:01de la décision.
25:02Au même titre
25:02qu'un commandant d'unité
25:03ou qu'un chef de section
25:04va commander le feu
25:06de son unité,
25:07désormais il intègre
25:08des drones
25:08et il les utilise
25:09de la même manière.
25:10Ce qui est sûr
25:11et certain,
25:12c'est qu'aujourd'hui
25:13on voit une robotisation
25:15accrue du champ de bataille.
25:17On voit les drones
25:18arriver et donc
25:19en fait on se pose
25:19la question de savoir
25:20si l'homme
25:21un jour
25:22a toujours sa place
25:24sur le champ de bataille.
25:33Vous imaginez
25:34la dimension psychologique
25:35du premier moment
25:36où un soldat
25:37va se retrouver
25:37face à un robot ?
25:38Je reste persuadé
25:39qu'aujourd'hui,
25:40en fait celui
25:40qui gagne la guerre
25:41aujourd'hui,
25:42c'est le premier
25:43qui met un robot
25:43face à un homme.
25:45Pour autant,
25:45ce dilemme-là
25:46de l'homme face au robot,
25:48il faut espérer
25:49que ce soit nous
25:49qui le posions à l'adversaire
25:50plutôt que ce soit
25:51l'adversaire qui nous le pose.
25:52Je pense que le problème
25:53se posera
25:54si des ennemis
25:55en face de nous
25:55nous envoient des drones
25:56qui chassent tout seuls.
25:58En tout cas,
25:58ce n'est pas la doctrine actuelle.
25:59La doctrine actuelle,
26:00c'est l'homme dans la boucle.
26:01Nos soldats ont la tête froide
26:02et des bonnes épaules.
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