00:00...
00:18Au Moyen-Orient, les frappes de drones et les tirs de missiles ont rappelé une réalité.
00:23Derrière chaque trajectoire, chaque interception, chaque brouillage, se joue une bataille invisible.
00:32Dans un environnement où tous les systèmes sont interconnectés, posséder la maîtrise des ondes est devenu un facteur déterminant de
00:38supériorité sur le terrain.
00:40Comment protéger nos communications tout en neutralisant celles de l'adversaire ? Comment manœuvrer sans se brouiller soi-même ?
00:47Dans ce reportage, des combattants de l'ombre témoignent de manière inédite.
00:54Leur récit nous éclaire sur les enjeux de cette guerre dans le champ électromagnétique, où l'objectif est bien de
00:59comprendre et décider plus vite, et surtout d'agir avant l'adversaire.
01:14Les spécialistes de la planification vous le diront.
01:17Sans renseignement, aucune opération n'est possible.
01:20C'est donc avec lui que notre histoire commence.
01:24Ce renseignement peut être d'origine image, humaine, mais aussi électromagnétique.
01:30Comprenez qu'il peut provenir de l'interception des émissions radios et radars, ou de l'étude des réseaux de
01:36télécommunications.
01:37Et dans ce domaine, la direction du renseignement militaire dispose d'un centre expert.
01:42La mission première du CEF-3E va être d'orienter tout type de capteurs spatiaux, comme par exemple la constellation
01:50Ceres,
01:51de capteurs embarqués, comme le Dupuy-de-Longue, de capteurs aéroportés, comme l'avion Vador,
01:56ou encore de dispositifs terrestres qui permettent, au plus près des forces adverses, de pouvoir recueillir du renseignement d'origine
02:03électronique.
02:05Souvent, l'ennemi, avant même qu'il ne lance une offensive ou une action cinétique, va devoir mettre en place
02:13ces éléments, ces forces,
02:16et nous aurons des signaux faibles qui permettront d'anticiper la mise en place des moyens ennemis
02:22qui sont prêts à frapper les intérêts de la France ou de nos partenaires.
02:27En parallèle, nos moyens, qu'ils soient terrestres, aériens, navals ou spatiaux, doivent eux aussi sans cesse être développés en
02:34masse et adaptés aux nouvelles technologies.
02:37Et justement, imaginer les combats futurs, c'est en partie le rôle du COM-Cyber qui rassemble l'ensemble des
02:44forces de cyberdéfense du ministère.
02:47Ce commandement a d'ailleurs été désigné pour encadrer la guerre dans le champ électromagnétique au sein des armées françaises,
02:54et vous allez comprendre pourquoi.
02:57Dans la typologie des conflits aujourd'hui, on parle du triptyque compétition, contestation, affrontement,
03:05on se rend compte qu'en fait, les courbes de la guerre électronique et du cyber se croisent.
03:09C'est-à-dire que pendant la phase de compétition-contestation, les acteurs, les armées s'affrontent dans le domaine
03:15du cyber,
03:16sitôt qu'on bascule dans le domaine de l'affrontement, les opérations, les combats ont davantage lieu dans le champ
03:25spectral,
03:26et c'est la guerre électronique qui prédomine à ce moment-là.
03:29Et donc en fait, de pouvoir combiner GE et cyber nous permet de démultiplier les effets de l'un et
03:35de l'autre.
03:36La guerre dans le champ électromagnétique doit avoir une coordination haute afin de réaliser deux choses.
03:41Tout d'abord, se défendre face à des contestations, des entraves, des tentatives de dégrader cette connectivité de la part
03:49de nos adversaires.
03:50Nos adversaires peuvent en être capables.
03:52On le voit à travers, par exemple, l'entrave des moyens satellitaires lors de l'offensive russe en Ukraine en
04:00février 2022,
04:01ou encore plus récemment en Iran, lorsque le régime politique arrête, entrave l'utilisation de Starlink pour sa population.
04:11On voit qu'ils en sont capables, et donc il va s'agir dans les combats futurs de se défendre
04:15face à ces actions.
04:16Mais également, on peut saisir des opportunités opérationnelles d'attaquer dans le champ électromagnétique,
04:23d'être plus offensif, de vouloir dégrader la connectivité des armées adverses.
04:28Le chiffrement, le masquage, la robustesse des communications, c'est quelque chose à quoi la guerre ELEC a toujours été
04:35confrontée depuis sa création,
04:38et c'est même sa raison d'être.
04:39Ce qui est plutôt nouveau aujourd'hui, c'est le phénomène de massification, avec cette démocratisation des technologies,
04:48et la volonté de pouvoir noyer des communications dans une saturation de l'espace électromagnétique.
04:55C'est ce qu'on voit notamment en Ukraine, avec ce mur de brouillage le long de la ligne de
05:01front,
05:01où sur 20 kilomètres, vous avez des brouilleurs, des drones, des robots, et donc une saturation de l'espace électromagnétique.
05:10Et réussir à détecter une menace dans ce magma d'émissions électromagnétiques, c'est un vrai challenge.
05:18Face à ces enjeux, le COM-Cyber développe activement la coordination des capacités de guerre électronique,
05:24déjà déployées au sein des armées, afin d'optimiser leur efficacité opérationnelle.
05:29Car chaque onde captée sur le terrain devient une pièce du puzzle.
05:34Toutes possèdent une signature spécifique qui va enrichir une mémoire.
05:38Il est essentiel, dans le domaine du renseignement électromagnétique,
05:42de disposer de bibliothèques de données,
05:45qui permettront à la fois dans le milieu des communications ou des radars,
05:50de disposer de suffisamment d'éléments techniques,
05:52qui nous permettront de programmer les contre-mesures électroniques de nos moyens engagés sur terre d'opération.
06:03Pour collecter ces informations,
06:05le 54e régiment de transmission de l'armée de terre est un maître en la matière.
06:10Son rôle, écouter et transmettre à l'état-major, est sur ordre, brouillé.
06:15Quelque part dans l'est de la France,
06:17une équipe en entraînement est à l'affût du moindre signal.
06:21Une émission surgit.
06:24Chef, on a intercepté au nord de Hoffen un relevé radio-gonométrique.
06:31Et en quelques secondes, la fréquence est identifiée, localisée, classifiée.
06:37L'ennemi ne sait pas encore qu'il vient d'être repéré.
06:40Dans le domaine de la guerre électromagnétique,
06:42la furtivité et la rapidité sont essentielles.
06:45Le but de l'exercice est d'entraîner ma compagnie
06:47au mode d'action de la guerre électronique dans la zone des combats.
06:51Et également de tester nos nouvelles capacités opérationnelles
06:55de guerre électronique tactique.
06:57Je déploie deux sections.
06:59La première, c'est une section de guerre électronique blindée de zone,
07:03équipée d'un système qu'on appelle le système LYNX,
07:06un système d'interception et de localisation,
07:08qui a pour but de surveiller une zone de 50 km par 50 km
07:12à la recherche de tout émetteur radio ennemi.
07:15Et le but, de les intercepter, de les localiser.
07:18Je déploie aussi une deuxième section,
07:21une section de guerre électronique blindée de contact,
07:23qui est équipée des tout premiers servols
07:26de guerre électronique de l'armée de terre,
07:28qui permettent eux aussi d'intercepter
07:31et de localiser les émetteurs ennemis,
07:32mais eux au plus proche de la ligne de contact.
07:36On va arriver sur une position,
07:38on va mettre en œuvre nos moyens en à peu près une minute.
07:42Une fois qu'on est en place,
07:43on est capable d'intercepter absolument tout ce qui passe
07:47sur le spectre électromagnétique
07:49à plusieurs dizaines de kilomètres facilement.
07:52On a un capteur qui est ultra performant,
07:54que ce soit dans son interception ou alors dans même sa localisation.
07:58On pourrait avoir des azimuts extrêmement précis
08:01et des coordonnées GPS à la dizaine, voire centaine de mètres près.
08:07Les moyens sont complètement différents.
08:09L'année dernière, on était sur une portée beaucoup plus diminuée.
08:13On parlait de 2 à 3 kilomètres de l'émetteur
08:17pour pouvoir avoir des belles interceptions
08:19et surtout des localisations assez fiables.
08:21Là maintenant, on peut rester à plus de 10 kilomètres facilement de l'émetteur.
08:26Et on a la partie protection, mobilité avec le Cerval.
08:31Mobilité parce qu'on peut aller absolument partout.
08:38Intercepter, cartographier, transmettre.
08:41Cette capacité opérationnelle de guerre électronique tactique
08:45offre au chef une profondeur invisible.
08:48Mais les combattants du 54e régiment de transmission
08:51ne traquent pas uniquement les communications.
08:56Ils sont aussi devenus experts dans la lutte anti-drone.
09:00Un savoir devenu essentiel
09:02car ces appareils sont désormais omniprésents sur le champ de bataille.
09:08Un drone va très vite.
09:09Certains modèles filer à plus de 150 kilomètres heure.
09:12Donc nous devons être aussi agiles que lui
09:14et être rapides et réactifs pour le localiser
09:16et pouvoir effectivement agir dessus.
09:18Sur une phase de brouillage,
09:19le paramètre sur lequel nous allons pouvoir agir,
09:22c'est la fréquence.
09:22Une fois que la fréquence du drone a été détectée
09:25ou de la télécommande,
09:26nous allons pouvoir mener une action
09:27contre la télécommande ou le drone.
09:30Donc lorsqu'on met en œuvre le brouillage,
09:32on voit un effet soit sur le drone directement,
09:36soit au niveau du télépilote.
09:37Donc le drone va pouvoir se poser
09:39puisqu'ils ont une programmation
09:40qui leur permet de faire une pause en sécurité
09:43ou alors faire un retour au niveau du télépilote.
09:50Le tout sans perturber évidemment les communications amies.
09:56Alors déjà, il faut savoir qu'il y a différents types de brouillage.
09:59Donc on apprend à utiliser un brouillage spécifique
10:03plutôt qu'un autre,
10:04déjà pour essayer de préserver les communications amies.
10:06et sinon, on peut aussi sur nos capteurs
10:09utiliser des programmations
10:10qui nous permettent d'isoler les fréquences amies
10:13et donc de les protéger
10:14et de brouiller exclusivement les fréquences ennemies.
10:17Tu peux me confirmer le brouillage sur la 2412 ?
10:21Cet après-midi, on va passer sur deux groupes.
10:24Le VAB numéro 2, le groupe 2
10:25qui va faire de la lutte anti-drone
10:27au travers d'un cours sur le brouillage
10:29et le deuxième, donc le VAB groupe numéro 3
10:33qui va faire du survol de drones
10:36à travers la reconnaissance d'un plan d'implantation.
11:0421, perte de liaison vidéo avec le drone,
11:06sûrement suite à du brouillage.
11:07Je décroche.
11:15Cette menace drone,
11:16nous la retrouvons également
11:17au beau milieu des mers et des océans.
11:20En effet, ici,
11:21le danger peut surgir à très grande vitesse
11:24depuis les profondeurs,
11:25la surface
11:26ou dans les airs.
11:27Alors pour les marins,
11:29l'enjeu est avant tout
11:30d'éviter le contact.
11:32Sur le pont de l'Alsace,
11:34frégate spécialisée
11:35dans la défense anti-aérienne,
11:37l'horizon semble dénué
11:39de toute activité.
11:40Mais les écrans racontent
11:41une autre réalité.
11:43Des signaux apparaissent,
11:44disparaissent,
11:45se superposent.
11:46A tous,
11:47Dokyo, détection Azimut 212,
11:49distance 24 noeuds,
11:50une autre piste,
11:50vitesse 502,
11:52altitude basse.
11:55Dokyo,
11:56j'associe la piste
11:57avec la 0721,
11:58je classe la piste
11:59hostile missile.
12:00Liberté GE.
12:01hostile missile
12:01dans l'Azimut 207.
12:03J'associe la piste,
12:04hostile missile,
12:050212.
12:06Un missile guidé
12:07par un radar,
12:08un drone en approche
12:10ou une émission suspecte.
12:12En mer,
12:13ce que l'on ne voit pas
12:14peut frapper en premier.
12:16A tous de jeu,
12:17brouillage en cours,
12:18tir de l'ordre
12:18en 5 secondes.
12:19La détection électromagnétique
12:21est donc indispensable
12:22pour la protection
12:23de la frégate
12:24et celle des navires
12:25qu'elle peut escorter.
12:26Elle est la nouvelle
12:27longue vue des marins.
12:28Tous les jours,
12:29mes hommes
12:30analysent
12:31et perçoivent
12:32des signaux
12:33qu'ils peuvent voir
12:35sur leur console
12:35grâce à leur matériel
12:37qui vont ensuite
12:37analyser,
12:39transmettre vers
12:40les organisateurs
12:40de manière quotidienne
12:41qui, eux,
12:41vont faire une analyse
12:42de second niveau,
12:43plus précise,
12:44pour pouvoir ensuite
12:45alimenter des grandes
12:46bases de données.
12:47Et ces organisateurs,
12:48la Direction Générale
12:48de l'Armement,
12:49le Centre de Renseignement
12:50de Guerre Électronique,
12:51vont pouvoir
12:53alimenter
12:53justement
12:54nos industriels,
12:56nos chercheurs,
12:56de manière à ce qu'ils développent
12:57des technologies,
12:58des techniques,
12:59de manière à pouvoir répondre
13:00aux menaces d'aujourd'hui
13:01et de demain.
13:03La frégate Alsace,
13:05particulièrement,
13:05a une panoplie complète,
13:07tant dans la partie détection
13:08qu'il y a sur la fonction
13:09surveillance,
13:10pour donner du préavis
13:11à nos hommes.
13:12Nous avons également
13:13des capacités de défense,
13:14principalement mises en œuvre
13:15avec nos brouilleurs,
13:16nos lanceleurs,
13:17face principalement
13:18aux menaces anti-missiles,
13:20la grande doctrine
13:21que nous avons aujourd'hui
13:22face à la menace-missiles
13:23et également face aux drones.
13:25La guerre électronique
13:26a toujours été
13:26un domaine d'excellence
13:28français,
13:29que ce soit
13:30de la part de nos industriels
13:32comme de nos marins.
13:34Et donc,
13:34il faut maintenir
13:35l'avantage qu'on a acquis
13:37avec toute l'expérience
13:38accumulée
13:39ces dernières années
13:40et dans la compréhension
13:41du spectre.
13:42Il va falloir
13:43que nos capacités de défense
13:46soient toujours efficaces,
13:47elles le sont,
13:48et il faut maintenir
13:48cette efficience.
13:51Une des actions
13:52sur lesquelles on travaille,
13:53c'est de droniser
13:54nos capacités
13:55de guerre électronique
13:56pour pouvoir multiplier
13:58les domaines d'emploi,
13:59les domaines d'action.
14:01Pour l'instant,
14:01les domaines sont rattachés
14:03à l'unité,
14:04qu'elles soient aéroportées
14:05sur un hélicoptère,
14:07un avion de patrouille maritime,
14:08qu'elles soient embarquées
14:09à bord d'un bâtiment
14:11de la marine
14:11ou d'un sous-marin.
14:12Mais on va essayer
14:13de droniser ces systèmes
14:16pour pouvoir multiplier
14:17les effets.
14:19Actuellement,
14:20le spectre électromagnétique
14:21est utilisé par tout le monde,
14:23que ce soit le monde militaire
14:25mais comme le monde civil.
14:28Et donc,
14:28avec l'essor du numérique,
14:30on fait face
14:30à un volume croissant
14:32de données.
14:33Et là où l'humain,
14:34avant,
14:34pouvait prendre le temps
14:36de capter,
14:38d'analyser,
14:39d'identifier,
14:41et bien là,
14:41l'humain commence
14:42à saturer.
14:43Et donc,
14:44on s'emploie
14:44sur de nouvelles technologies,
14:46dont l'IA.
14:46qui va permettre
14:49de pouvoir
14:50décharger l'humain
14:52de tous les signaux
14:54connus
14:56pour ne s'intéresser
14:57qu'au signal utile,
14:59à celui
14:59qui va permettre
15:01de révéler
15:02une situation,
15:04un plan de rupture,
15:06où l'humain
15:07aura toute sa plus-value
15:08à analyser,
15:09à comprendre
15:09ce que veut dire
15:10ce signal
15:11et à pouvoir l'utiliser.
15:12Ça veut dire
15:13qu'on engage aussi
15:14l'avion qui a tiré
15:15passablement d'ici.
15:18Devant les quantités
15:19astronomiques
15:20de données recueillies,
15:21l'intégration
15:22d'outils d'intelligence
15:23artificielle
15:24apparaît aujourd'hui
15:25essentielle.
15:26Mais un défi
15:27en chasse un autre
15:28et une nouvelle problématique
15:29se dessine.
15:30La sophistication
15:32des appareils
15:32comme des émissions.
15:39Sur la base aérienne
15:40118 de Mont-de-Marsan,
15:42l'ensemble des spécialistes
15:44des domaines radios
15:44et radars
15:45travaillent sur cette question.
15:47Ils expérimentent
15:48régulièrement
15:49des matériels
15:49et développent
15:50des procédures
15:51afin d'acquérir
15:52la maîtrise
15:52du spectre électromagnétique.
15:55Aujourd'hui,
15:56on a des technologies
15:57de plus en plus poussées,
15:59notamment grâce
15:59à l'utilisation
16:00du numérique
16:01qui permet
16:02d'utiliser
16:03des programmations numériques
16:04de ces sauts de fréquence,
16:06par exemple,
16:07mais également
16:07des formes d'ondes
16:09qui sont de plus en plus
16:09sophistiquées.
16:12L'onde n'est plus...
16:13Vous savez,
16:14on avait l'image
16:15d'une onde
16:15qui est une sinusoïde.
16:17Aujourd'hui,
16:17c'est beaucoup plus complexe
16:18que ça
16:18et on arrive à avoir
16:20des ondes
16:20qui évoluent quasiment
16:22tous les jours.
16:22On invente
16:23des nouvelles formes d'ondes.
16:24Donc,
16:24il faut s'adapter à ça,
16:26il faut adapter
16:26nos outils de brouillage
16:27et puis il faut aussi
16:29adapter notre capacité
16:30à percevoir les ondes
16:31et à surveiller
16:32ce spectre électromagnétique.
16:35Aujourd'hui,
16:36on voit qu'on a
16:37une prolifération
16:38ou en tout cas,
16:39sur tous les théâtres,
16:40on a de plus en plus
16:41de systèmes
16:42de dénis d'accès.
16:44C'est notamment
16:44les systèmes
16:45de défense solaire
16:46qui font que c'est
16:48très, très difficile
16:49de pénétrer
16:50un territoire ennemi
16:51sans risquer
16:52des pertes massives.
16:53Avec l'emploi
16:54d'outils
16:55de guerre électromagnétique
16:57offensives,
16:58on va pouvoir
17:00perturber
17:00ce système
17:01de défense ennemi,
17:02que ce soit
17:03les systèmes solaires,
17:04les radars,
17:05les radios,
17:05mais également
17:06tout le système intégré
17:07de défense aérienne ennemi
17:08pour permettre
17:09à nos ARNF,
17:11à nos effecteurs,
17:12à nos drones
17:13de passer
17:15en ayant moins de chances
17:16d'être interceptés
17:18par l'ennemi.
17:19Comment est-ce qu'on peut
17:20éviter de se faire intercepter
17:21d'être un détectile ?
17:23Un détectile,
17:24comment ?
17:25Mincoms,
17:26pour éviter le brouillage radio,
17:27pour éviter de se faire
17:28gognoter
17:29et surtout
17:30low level
17:30pour éviter de se faire
17:32voir par les systèmes
17:33aéroportés
17:34ou par les systèmes solaires.
18:12Neutraliser temporairement
18:13la défense adverse
18:14pour créer une fenêtre
18:15et passer en territoire hostile,
18:17c'est un combat silencieux,
18:19mais capital
18:19pour la réussite
18:20des opérations.
18:23Dans le cockpit,
18:24tout repose
18:25sur des flux
18:25imperceptibles.
18:27Radar,
18:28liaison de données,
18:29positionnement satellite
18:30et si ces derniers
18:32sont brouillés,
18:33l'avion perd ses repères
18:34et donc une partie
18:35de son efficacité.
18:38En conséquence,
18:40les Rafales
18:40sont dotés
18:41de systèmes
18:41d'autoprotection
18:42qui détectent
18:43les radars
18:44et missiles ennemis,
18:45les identifient
18:46et localisent
18:47leur position.
18:48Et si nécessaire,
18:49ils sont aussi capables
18:50de brouiller la menace.
18:56Dès qu'on commence
18:57à faire des missions,
18:58on va tout de suite
18:59reposer sur cette fusion
19:02de données
19:03pour avoir une conscience
19:03de la situation
19:04qui passe par des capteurs
19:06qui vont utiliser
19:06le champ électromagnétique.
19:08Tout le monde
19:08a entendu parler
19:09avec le Rafale de Spectra,
19:10c'est la bulle
19:10d'autoprotection
19:11autour du Rafale.
19:12Donc beaucoup de capteurs,
19:14beaucoup de fusions
19:15de données.
19:16Le but étant
19:17qu'à partir
19:17de tout le spectre
19:19électromagnétique,
19:19on soit capable
19:20de dire
19:20qu'il y a une menace
19:21à tel endroit,
19:22menace solaire,
19:23menace RR,
19:24et qu'on soit capable
19:25de dire
19:25qu'elle est dans cette direction
19:26à cette distance
19:27pour pouvoir,
19:28nous,
19:28agir en conséquence,
19:29l'éviter,
19:30la traiter
19:32ou en tout cas
19:33la prendre en compte.
19:35Et c'est quelque chose
19:36sur lequel il y a
19:36beaucoup de secrets.
19:38Parce que,
19:41typiquement,
19:42nous dans nos avions,
19:43on a un radar,
19:44on a beaucoup de capteurs
19:47et le but,
19:47ça va être
19:48de réussir
19:49grâce à ces rayonnements
19:50qu'on émet
19:51et qu'on reçoit
19:51de comprendre
19:52ce qui se passe
19:53le plus loin possible.
19:57Et en fait,
19:58il y a beaucoup
19:58de finesse dans ces choses-là
19:59qui sont déjà
20:01confidentielles
20:01et qu'en fait,
20:03on garde pour nous.
20:04En fait,
20:04c'est un peu comme
20:05un jeu de cartes.
20:06On a des cartes
20:07et plus on en utilise,
20:08plus on en montre,
20:09plus les personnes
20:10en face de nous
20:10seront capables
20:11de nous brouiller.
20:12Ils connaîtront
20:13nos fréquences,
20:13ils connaîtront
20:14nos moyens d'action,
20:15nos moyens de contourner
20:16les brouillages,
20:17etc.
20:18Et du coup,
20:18c'est ça qui est assez difficile,
20:20c'est d'expliquer aux gens
20:21que c'est primordial,
20:22mais on ne peut pas
20:23trop vous en parler.
20:25Dans ce jeu de cartes,
20:26la France a un joker,
20:28ses satellites militaires.
20:32À des centaines
20:33de kilomètres plus haut,
20:35se trouve un nouveau
20:36terrain d'affrontement
20:37qui a nourri
20:38l'imaginaire
20:38des romans
20:39et des films
20:39d'anticipation
20:40durant près d'un siècle,
20:42l'espace.
20:45Il a pris
20:46une importance croissante
20:47dans les conflits
20:47et rivalités modernes,
20:49car paralyser
20:50un satellite,
20:51c'est avant tout
20:51paralyser l'activité
20:52sur Terre.
20:54Ils assurent
20:55communication,
20:56navigation,
20:57renseignement.
20:58Sans eux,
20:59plus de synchronisation
21:00globale.
21:01Ils peuvent être
21:02brouillés,
21:02éblouis,
21:03perturbés.
21:04L'espace n'est plus
21:05un sanctuaire,
21:06il est devenu aussi
21:07un milieu contesté.
21:09Protéger ses capacités,
21:10les durcir,
21:11anticiper les attaques
21:12hybrides,
21:13s'est préservé
21:13l'autonomie stratégique.
21:15Dans les conflits
21:16modernes,
21:17la maîtrise de l'espace
21:18et du spectre
21:19électromagnétique
21:19est un déterminant
21:21du succès
21:22des opérations.
21:23Les satellites militaires
21:24français font face
21:25à différentes menaces
21:26électromagnétiques graves.
21:28Le brouillage de masse
21:29qui cible les signaux
21:30GPS,
21:31GNSS
21:31ou de télécommunications.
21:33Ce brouillage,
21:34il est irresponsable
21:35parce qu'il est indéterminé.
21:36Il brouille
21:36l'ensemble d'une zone
21:37et il met en péril
21:39le transport aérien
21:41et le transport maritime
21:42sur le flanc nord
21:42et sur le flanc est
21:43de l'Europe.
21:44Ensuite,
21:45on a des attaques
21:46hybrides,
21:47cyber et électromagnétiques
21:48qui visent
21:49des infrastructures
21:50au sol
21:50comme les centres
21:51de contrôle
21:51ou les centres
21:52de mission
21:52des satellites
21:53ou les systèmes
21:55orbitaux eux-mêmes
21:55en venant perturber
21:56les liaisons,
21:57donc les télécommandes
21:58qui montent vers le satellite
21:59ou les télémesures,
22:00les données
22:00qui descendent du satellite.
22:02On a également
22:03des armes à énergie dirigée
22:04comme le laser
22:05anti-satellite
22:06et qui viennent
22:07éblouir
22:08voire aveugler
22:09le capteur optique
22:10d'un satellite
22:10de reconnaissance
22:11afin d'empêcher
22:13le recueil
22:14ou la captation
22:15d'imagerie
22:15d'une zone d'intérêt.
22:19Et enfin,
22:19nos compétiteurs
22:20développent
22:21notamment
22:21des micro-ondes
22:23à haute puissance
22:24dirigées
22:25qui permettent
22:25d'endommager
22:26ou détruire
22:27l'ensemble
22:27de l'électronique
22:28d'un satellite
22:28que ce soit
22:29de la charge utile
22:30ou de sa plateforme.
22:31Sur Terre,
22:33en mer,
22:34dans le ciel,
22:34l'espace
22:35ou le cyber,
22:36c'est un champ
22:37de bataille
22:37en cinq dimensions.
22:39Le spectre électromagnétique
22:40traverse tous les milieux.
22:42Il impose coordination,
22:44anticipation
22:44et innovation permanente.
22:46En réponse
22:47à l'industrialisation
22:48de ses capacités,
22:50les armées françaises
22:51renforcent leurs moyens.
22:52Ce qui fait
22:53que la France
22:54est une nation
22:54qui est en pointe,
22:56c'est la diversité
22:57des capteurs
22:58qui sont mis en œuvre
23:00et qui nous permet
23:01sur le plan mondial
23:03de figurer
23:04dans un top 3
23:06des nations
23:07qui effectuent
23:08l'OM.
23:08Dans les conflits
23:09à venir,
23:10la question
23:11du comment mieux
23:11protéger
23:12nos espaces aériens
23:13et nos sociétés
23:14contre des menaces
23:14émergentes
23:15s'impose donc
23:16au-delà
23:17des seuls terrains
23:18de combat.
23:19Le COM-Cyber
23:20développe par exemple
23:21un outil
23:22de planification
23:22et de conduite
23:23d'opération
23:24dans le champ
23:24électromagnétique
23:25et pense également
23:27au coup d'après
23:27en imaginant déjà
23:29les applications
23:29de la physique quantique.
23:31C'est indéniablement
23:33un sujet
23:34prospectif
23:35auquel il faut
23:36s'attacher
23:37à réfléchir.
23:38Effectivement,
23:39le quantique
23:39permettra
23:40de démultiplier
23:41la connectivité,
23:42démultiplier
23:43la sécurisation
23:44des communications
23:44ou la sensibilité
23:46de capteurs
23:46et ces trois éléments-là
23:48déjà touchent
23:49directement
23:49ce que pourrait être
23:51la future guerre
23:52dans le champ
23:52électromagnétique
23:52de demain.
24:03La guerre des ondes
24:04ne remplace pas
24:05la guerre physique
24:06mais elle la précède,
24:08la conditionne,
24:10la façonne
24:11et surtout
24:12l'élargit
24:12au monde civil.
24:13Dans un monde
24:14saturé de signaux,
24:16la supériorité militaire
24:17se joue aussi
24:19dans ce que l'on
24:19ne voit pas
24:20et parfois
24:21c'est là
24:22que tout commence.
24:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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