00:00 [Musique]
00:14 J'habite à Plo-Maudierne, à une petite quinzaine de kilomètres de Châteaulin.
00:19 Et ça fait une vingtaine d'années que je suis installé dans la région.
00:24 Je suis au niveau professionnel, je suis professeur des écoles,
00:28 enseignant spécialisé avec des enfants en difficulté.
00:33 Et je côtoie la maison de la presse de Châteaulin en tant que client depuis très longtemps,
00:41 depuis que je suis installé dans la région.
00:43 Depuis que Fred, l'actuel propriétaire de la maison de la presse, a repris ce lieu,
00:52 c'est un lieu qui pour moi est central dans la vie châteaulinoise
00:56 parce que c'est en plus d'être une maison de la presse, c'est un lieu militant,
01:02 un lieu alternatif de par ses choix de vitrines, les livres qui sont mis en avant.
01:11 Et puis aussi il y a l'espace d'affichage et notamment la fameuse banderole
01:17 de cette maison de la presse de Châteaulin avec toujours des messages militants et alternatifs.
01:23 C'est pour ça que moi c'est un lieu que j'aime beaucoup,
01:26 avec notamment la possibilité toujours de discuter avec Fred et avec les deux employés,
01:36 Fabrice et Marie-Hélène, et donc de discuter avec eux.
01:41 Il y a une vraie relation avec le client et la possibilité notamment de commander les livres
01:48 et de discuter de ces livres qu'on discute, qu'on reçoit.
01:51 C'est un vrai lieu, ce n'est pas un lieu où on est un numéro, où on va passer commande,
01:58 où on va recevoir sans lien, il y a un vrai lieu de lien.
02:02 Ça c'est pour le côté maison de la presse, librairie.
02:06 Il y a le côté service aussi, c'est un lieu où on peut faire des photocopies,
02:14 il y a beaucoup de services qui sont rendus.
02:20 En tant que cusager et personne qui fréquente Châtellin,
02:27 c'est un lieu qui est vraiment central dans la vie de Châtellin.
02:30 Il y a quelques temps, Fred a décidé de mettre en vente ce lieu.
02:35 Il y a deux aspects, il sait très bien que les maisons de la presse sont des lieux
02:40 qui se vendent très difficilement, ce n'est pas dans l'air du temps
02:44 de reprendre une maison de la presse, et d'ailleurs dans le coin, dans le Finistère,
02:48 à Quimper par exemple, et dans d'autres endroits,
02:51 les maisons de la presse qui se sont vendues n'ont pas été rachetées et donc ont fermé.
02:55 Il y a cet aspect-là, et puis il y a l'aspect, Fred est quelqu'un qui a envie de transmettre
03:01 plutôt à un collectif qu'à un acheteur individuel.
03:06 Et donc il a lancé l'idée avec ces deux constats,
03:11 de faire une reprise collective du lieu, de la maison de la presse.
03:16 C'est l'idée il y a quelque chose comme deux ans.
03:20 Dans son réseau, dans son réseau d'amis, dans son réseau de clients aussi,
03:26 et c'est quelque chose qui a pris assez rapidement,
03:29 c'est-à-dire qu'on est un certain nombre à avoir été charmés par l'idée d'une reprise collective.
03:36 Ça fait presque deux ans qu'on se réunit très régulièrement
03:40 pour imaginer la façon dont on pourrait reprendre cette maison de la presse de façon collective.
03:46 Ce n'est pas quelque chose d'habituel, c'est-à-dire que ce n'est pas un concept qu'on voit partout et tout le temps.
03:52 Et donc il a fallu réfléchir aux façons, aux modèles qui pouvaient être mis en place pour que ça soit viable.
03:59 Donc il y a eu beaucoup de réunions de réflexion,
04:02 et puis il y a un peu moins d'un an, on s'est décidé sur un modèle économique qui est le modèle de la SCEEC,
04:12 la Société Coopérative d'Intérêt Commun, Collaboratif,
04:19 qui a une émanation du modèle des SCOPE.
04:24 Les SCOPE, c'est pour le côté marchand.
04:28 Et le côté SCEEC, c'est un projet de territoire avec une notion de service à la population.
04:36 Et donc on s'est constitué en SCEEC.
04:40 En mai dernier, il y a eu une assemblée générale constitutive
04:45 où toutes les personnes qui avaient pris des parts sociales dans les mois qui ont précédé
04:54 se sont rassemblées pour enteriner cette création de SCEEC.
05:01 A l'heure actuelle, alors ça a évolué depuis l'assemblée générale,
05:05 mais à l'heure actuelle on est à peu près 150 coopérateurs.
05:09 Un coopérateur c'est quoi ? C'est une personne qui achète pour 100 euros une part sociale,
05:16 au minimum une part sociale, on peut acheter plusieurs parts sociales,
05:20 et on s'attaque à être tous ensemble propriétaires de la maison de la presse.
05:26 Ce qui est important dans une SCEEC, de la même manière que dans une SCOPE,
05:31 c'est qu'une personne = une voix.
05:34 Alors dans les assemblées générales, il n'y a pas celui qui possède plus de parts a plus de poids.
05:40 C'est vraiment une personne = une voix.
05:44 C'est une volonté vraiment de décision collégiale,
05:48 qu'on décide tous ensemble les politiques de la maison de la presse à venir.
05:54 Voilà pour le côté SCEEC, donc société coopérative.
06:00 Ça coûte beaucoup d'argent de reprendre une maison de la presse,
06:04 parce qu'il y a le stock de livres à racheter,
06:07 il y a le stock presse aussi à racheter, il y a les murs à racheter.
06:12 Et avec les parts sociales, on n'a pas assez.
06:16 Clairement, ce n'est pas suffisant pour acheter tout ça.
06:20 Et du coup, on a lancé un financement participatif sur la plateforme Kengo,
06:27 qui est une plateforme bretonne de financement participatif.
06:32 Et donc ça fait plusieurs semaines que ce financement participatif est lancé.
06:38 Et plutôt que de se contenter de cet appel à financement participatif,
06:44 on s'est dit que la plus-value du lieu, c'était d'organiser des actions autour de la culture,
06:50 culture au sens large.
06:52 Durant cette période de financement participatif,
06:54 on s'est dit qu'on allait créer un événement par semaine.
06:57 Et donc on a invité des auteurs, on a eu des spectacles,
07:02 on a eu des concerts, une fois par semaine,
07:04 de manière à faire parler de la Maison de la Presse, du projet Maison qui Pousse,
07:09 et de faire venir les gens, de leur faire donner envie d'adhérer au projet,
07:16 et de leur donner envie de donner de l'argent sur cette plateforme de financement participatif.
07:22 Donc la culture au sens large, les livres, le conte,
07:28 beaucoup de choses, le concert, la musique.
07:30 Et puis il y a eu cette idée d'élargir au sens vraiment très large de la culture,
07:36 et de faire venir Linux Kymper pour aborder la culture numérique et la culture du libre,
07:42 le logiciel libre.
07:44 On est quelques-uns au sein de l'entité Maison qui Pousse à s'intéresser au logiciel libre.
07:50 Moi personnellement, je suis un utilisateur de Linux et du logiciel libre depuis de nombreuses années.
07:57 J'avais connaissance des install parties qui avaient lieu à Braspar.
08:02 Je sais qu'il y en a aussi sur Kymper, moi je suis plutôt tourné vers Braspar,
08:06 j'ai déjà eu l'occasion d'aller sur une install party,
08:09 et on s'est dit que ça pouvait être intéressant d'organiser ça dans le cadre de la Maison qui Pousse,
08:16 une fois, temporairement, et puis on s'est dit peut-être que ça pourra être reproduit,
08:21 si le contact est intéressant et prend, et si ça intéresse les gens.
08:26 Pourquoi la culture du logiciel libre ?
08:29 Tout simplement parce que, comme je le disais au départ,
08:32 la Maison de la Presse c'est aussi un lieu militant, un lieu alternatif,
08:36 et pour nous le côté alternatif dans le numérique c'est vraiment quelque chose d'intéressant.
08:43 Alternatif aux grands propriétaires du Net, aux grands propriétaires du numérique, aux GAFAM, etc.
08:50 On pensait que c'était vraiment dans la lignée de l'état d'esprit de la Maison.
08:56 Voilà.
08:57 [Musique]
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