MONTAGE: Antoine Harari
Le 11 janvier 2013, le Président Hamid Karzaï sollicitait son homologue américain en lui demandant le maintien d'une force armée substantielle au-delà de la date annoncée du retrait en 2014. Il s'est vu opposer une fin de non-recevoir.
Barack Obama, confronté aux difficultés économiques que connaît son pays et à l'impopularité de l'intervention décidée par son prédécesseur, s'est prononcé pour une présence minimale, voire pour « une option zéro ». Même s'il affirme que le conflit s'achève, que les objectifs ont été atteints, que désormais les Afghans sont à même de garantir la sécurité de leur population et de s'organiser démocratiquement, nul n'est dupe. La lutte contre les islamistes extrémistes, et notamment les talibans, va se poursuivre en privilégiant le recours aux drones.
Si un retrait complet et rapide présente des avantages pour la Maison Blanche, certains font remarquer que le régime d'Hamid Karzaï, corrompu, faible, sans réel soutien populaire, sera incapable de gérer la période post-conflit. A leurs yeux, les Occidentaux, qui ont libéré le pays des talibans en créant de nouvelles fractures dans la société, ont une responsabilité vis-à-vis de la population qu'ils ne peuvent abandonner à la violence et au chaos annoncés.
Pour d'autres, le bilan de la politique suivie ne saurait justifier sa prolongation. A l'issue d'une décennie d'intervention, qui a coûté 500 milliards de dollars aux Etats-Unis, la situation sociale est déplorable - un enfant sur 5 meurt avant 5 ans, les 2/3 des filles ne sont pas scolarisées alors que la moitié de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. La sécurité reste illusoire : les abus de la guerre contre le terrorisme ont conforté et renforcé les extrémistes en les disséminant au-delà de leurs territoires traditionnels.
Eric Sottas
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