00:00Vous savez qu'on a beaucoup entendu ces dernières semaines l'inquiétude des commerçants après les saccages, les pillages du
00:0517 octobre.
00:06On est justement avec Cédric Laurent qui est gérant d'un magasin de cycle Boulevard Voltaire à Paris,
00:12c'est-à-dire exactement, j'allais dire pile-poil, sur le parcours de la manifestation aujourd'hui entre République
00:17et Nation
00:17et dont la boutique, bonsoir Cédric Laurent, avait été saccagée le 17 octobre dernier.
00:22Comment ça s'est passé chez vous aujourd'hui ? Est-ce que vous étiez resté ouvert ou vous aviez
00:27préféré tout fermer ?
00:30Non, on est resté ouvert, on a déjà eu plusieurs fois cette conversation, on a décidé de rester ouvert parce
00:36qu'on veut créer un service minimum pour nos clients
00:39et puis que c'est notre seule solution de survivre actuellement, donc on a la chance de pouvoir encore ouvrir
00:43par rapport à certains de nos confrères
00:45et on restera ouvert tant qu'on le peut.
00:47Sans mesure de sécurité particulière pour aujourd'hui ?
00:52Que je sois dans le magasin avec les griffes fermées ou avec des placos, s'ils ont décidé de pénétrer
00:59ou pas pénétrer, ça ne changera rien du tout.
01:02Donc je préfère être dans mon magasin et voir ce qui se passe, même si je ne peux pas agir,
01:07peut-être qu'ils auront de la pitié pour ce qu'il nous reste de commerce à sauver.
01:14Je n'en sais rien, mais en attendant, je préfère ouvrir et continuer à vivre mon métier que de rester
01:20dans mon fauteuil, à vous regarder parler et polémiquer à côté
01:23parce que ça ne va pas payer mes charges tout ça.
01:26– J'ai une question toute bête, on est un mois et demi après le 17 octobre, est-ce que
01:29vous avez touché une partie de l'assurance ?
01:32– Ou toute l'assurance même, peut-être ?
01:34– Je me mets de l'avis, messieurs. On est en attente des acceptations des experts qui sont passés une
01:41semaine après,
01:42qui ont eu tous les devis parce qu'ils nous ont demandé de faire toutes les démarches très rapidement, ce
01:45qu'on a fait.
01:46Et maintenant, on est dans l'attente et de l'acceptation des experts pour les devis,
01:51et de l'acceptation de la BPI pour avoir l'accès aux 50 000 euros à taux zéro,
01:57et que le site soit prêt de l'État pour pouvoir avoir la dotation de 10 000 euros,
02:05ce site qui devrait être en présentiel à peu près au 15 novembre, d'après ce que j'ai compris.
02:10Mais pour l'instant, on n'a aucune réponse positive de personne.
02:14– On vous sent un peu ironique et on comprend évidemment quand on bosse tous les jours
02:18et qu'on voit le fruit de son travail qui est saccagé.
02:21Vous avez une idée du temps que ça va prendre ou vous n'arrivez même pas à vous projeter sur
02:25plusieurs mois ?
02:26– Non, on n'arrive pas à se projeter.
02:29On n'arrive pas à se projeter.
02:30De toute façon, il y a ce qui nous est arrivé sur le moment impacté maintenant
02:34et le temps de résilience qu'il va nous falloir avoir pour remonter le quartier
02:39au niveau de ce qu'il a été commercialement.
02:43Combien de temps on va pouvoir mettre pour recréer de l'attractivité à ce quartier ?
02:48Les résidents et les commerçants, quel message nos élus veulent nous envoyer
02:54en nous mettant des manifestations sur notre emplacement
02:58alors qu'on a déjà pratiquement tout perdu ?
03:00Comment on doit prendre le truc ?
03:01Est-ce qu'ils veulent sacrifier le quartier ?
03:03Est-ce qu'ils l'ont condamné ?
03:05Est-ce qu'ils se disent qu'ils ont déjà pratiquement tout perdu ?
03:07On ne va pas sacrifier les autres quartiers ?
03:09On sait déjà qu'il n'y a plus grand-chose à casser ?
03:12J'en sais rien.
03:12Mais nous, on est heureux de voir ça.