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Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen et candidat à l'élection présidentielle était l'invité de BFMTV ce vendredi 6 novembre
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00:00Et nous accueillons Karim Bouamran, bonsoir.
00:02Bonsoir madame, bonsoir monsieur.
00:03Maire du parti socialiste de Saint-Ouen, candidat à l'élection présidentielle
00:06et auteur aussi de L'espoir ou le mépris aux éditions Plon,
00:11qui est sorti hier, c'est bien ça ?
00:13Absolument.
00:14Et vous nous racontiez que vous arriviez à l'instant d'une séance de dédicaces.
00:17À Saint-Ouen au Café 104, après une autre mercredi soir, gros lancement,
00:231700 personnes, et à chaque fois une dédicace personnalisée.
00:26Un moment, franchement...
00:27Un moment d'échange.
00:29Fort, fort.
00:29Important, j'imagine, que vous allez nous raconter.
00:31À Victor Hérault, qui est avec moi, évidemment.
00:33Bonsoir Alice.
00:34Bonsoir.
00:34Et Nicolas Demenac, éditorialiste politique à Challenge.
00:37Bonsoir Nicolas, ravi de vous avoir avec nous ce soir sur ce plateau.
00:41On va commencer par cette nouvelle journée de mobilisation.
00:44Donc ce samedi, il y aura des gilets jaunes, mais aussi les syndicats,
00:47avec un dispositif de sécurité reconnu,
00:50parce qu'il y a encore évidemment un enjeu sécuritaire, comme chaque semaine.
00:53Laurent Nunes, d'ailleurs, comme chaque semaine maintenant,
00:55a pris la parole en fin de journée pour détailler,
00:58et expliquer le dispositif de maintien de l'ordre.
01:01Écoutez.
01:02Le dispositif de demain est reconduit en volume et en doctrine opérationnelle.
01:08En volume, ça veut dire qu'on mobilise le même nombre de forces mobiles.
01:11On aura 110 forces mobiles qui seront mobilisées pour la gestion de la journée de demain.
01:15Et puis, on engage à nouveau, et je veux vraiment les en remercier,
01:20les policiers et les gendarmes territoriaux, les locaux,
01:23qui seront également engagés sur ce dispositif,
01:25qui sera de nouveau, qui va de nouveau mobiliser 70 000 effectifs.
01:30On mobilise également nos centaures,
01:33les 25 centaures de la gendarmerie,
01:34les 15 engendres le sardeau,
01:36qui sont mobilisés et qui ont été répartis sur l'ensemble du territoire national.
01:41– Dispositif renforcé, donc, contrôle, protection aussi systématique des centres-villes.
01:47Ça y est, on a trouvé la bonne recette pour que ça se passe bien
01:51quand il y a des mobilisations en France ?
01:52– J'espère, mais la bonne recette pour que ça se passe bien,
01:55c'est qu'on arrive à trouver une issue favorable
01:58à toutes les revendications de toutes celles et ceux qui manifestent.
02:01J'ai aussi une pensée pour les commerçants
02:03qui, depuis le 17 octobre, ont vraiment une épée d'amoclès.
02:07Ils vivent une période très compliquée.
02:09Au-delà des revendications des lycéens,
02:12au-delà des revendications de toutes celles et ceux
02:13qui se battent pour un meilleur pouvoir d'achat,
02:15donc on est en période trouble.
02:17Et l'objectif, c'est que le gouvernement donne tout de suite des gages
02:22pour pouvoir sortir de cette crise conjoncturelle
02:26qui exacerbe la crise systémique.
02:29On ne peut pas rester chaque week-end ou tous les deux jours
02:32en croisant les doigts, en se disant
02:33on espère qu'il n'y aura pas de mort,
02:34on espère qu'il n'y aura pas de vitrine cassée,
02:36on espère qu'il n'y aura pas de pillage.
02:38Notre pays ne peut plus se permettre d'accepter
02:41ce type de situation plus longtemps.
02:43– C'est précisément ce que nous a dit ce soir une commerçante,
02:45témoignage très fort, je voulais vous le faire entendre,
02:47elle s'appelle Solène Amiel,
02:48elle est présidente de l'association de 80 commerçants
02:50Village Popincourt, c'est dans le 11e arrondissement
02:53et elle clairement, écoutons-la, elle n'en peut plus.
02:56– Ah, on a un bug, c'est dommage.
03:03Bon, en gros, ce qu'elle dit, Solène Amiel…
03:04– On a surtout marre que ça passe par le boulevard Voltaire,
03:07on en a marre de cet itinéraire, on n'en peut plus.
03:11Les 80 commerçants du Village Popincourt
03:14sont d'accord pour dire que les mobilisations sont légitimes.
03:17Nous aussi, on est les premiers à souffrir,
03:19on est des petits entrepreneurs, des petits commerçants,
03:21des petits employeurs, on n'en peut plus,
03:24mais on n'en peut plus depuis plusieurs années
03:26et là, c'est la cerise sur le gâteau,
03:28c'est toujours chez nous,
03:30la rue devient un no man's land,
03:32il n'y a plus de clients,
03:33il n'y a plus de chiffre d'affaires.
03:35– Et elle, en l'occurrence,
03:36elle va encore se retrouver demain
03:37sur le trajet de la manifestation des syndicats
03:39entre République et Nation.
03:41Qu'est-ce qu'on peut dire à ces commerçants ?
03:44– Ce qu'on peut dire, c'est qu'on espère vraiment
03:46que dès la semaine prochaine,
03:50les revendications trouveront une issue favorable,
03:53parce que que ce soit dans le vestimentaire,
03:55que ce soit dans la restauration,
03:57les commerçants actuellement souffrent énormément,
03:59énormément.
04:00Je ne dis pas plus tard qu'il y a une heure,
04:02j'étais au Café 104 à Saint-Ouen,
04:04on me disait, on n'a jamais eu autant,
04:06aussi peu de clients que ces deux dernières semaines.
04:10– Parce que les magasins, les restaurants se vident en fait.
04:12– D'une part, et puis il y a un climat
04:16qui a été exacerbé.
04:17– Vous y voyez un motif d'espoir
04:19dans l'ampleur de cette mobilisation,
04:21parce que d'une certaine façon,
04:22on peut expliquer cette radicalité
04:25et l'ampleur de ces manifestations
04:26par le dédain vis-à-vis des politiques
04:29auxquelles on ne croit plus.
04:31Sinon, on attendrait la présidentielle
04:32et puis tranquillement,
04:34selon le résultat du vote,
04:37tandis que là, ils veulent maintenant.
04:38– Alors, il y a un mélange, M. Domène,
04:40d'espoir, et j'en parle dans mon ouvrage,
04:42et je l'ai vu pas plus tard que cet après-midi,
04:45en inaugurant la première prépa médecine gratuite
04:48à Saint-Ouen,
04:49et j'ai vu le regard des lycéennes,
04:51parce que c'était la première promotion
04:53composée 100% de lycéennes,
04:54avec l'espoir,
04:55l'espoir de démocratie et d'excellence,
04:56l'espoir de se dire,
04:58même si je suis issu d'un milieu populaire
05:00ou de classe moyenne,
05:01je vais pouvoir devenir médecin.
05:02Et à côté,
05:05il y a le rejet du mépris.
05:06Et ces lycéennes et lycéens,
05:07et toutes celles et ceux qui manifestent demain,
05:09c'est le mépris,
05:10il y en a assez du mépris,
05:11du mépris de toute une classe politique,
05:13qui expliquait à une partie du peuple
05:16« ça va, ça va aller mieux »,
05:19à toute une génération de lycéennes et de lycéens,
05:22d'étudiantes et d'étudiants,
05:24à qui on a expliqué
05:25« vous allez être bacheliers,
05:26vous allez être étudiantes et étudiants,
05:28vous savez quoi ?
05:28Vous allez pouvoir bénéficier d'un avenir radieux
05:31si vous arrivez à avoir un bac plus 5 ».
05:33Une grande partie se retrouve au chômage,
05:36une partie de toutes celles et ceux
05:37qui bénéficiaient d'une formation qualifiante
05:40pendant des années et des années
05:41qui se sont retrouvés au banc de la société,
05:45stigmatisés, méprisés.
05:46Donc à la question,
05:46est-ce qu'on retrouve de l'espoir ?
05:47On doit retrouver de l'espoir.
05:48Alors sur les sujets favorables.
05:49Moi, je suis optimiste.
05:50Vous avez l'air optimiste.
05:52Mais justement, lundi,
05:53il y a cette grande conférence sociale
05:54qui est annoncée dans la foulée
05:55que le Premier ministre
05:56va recevoir à nouveau les lycéens.
05:57Bon, on sent qu'il a quand même pris
05:58la mesure de l'urgence.
06:00Enfin !
06:01Enfin !
06:02Enfin !
06:02Mais du coup,
06:03est-ce que ceux qui se mobilisent demain
06:04doivent encore le faire
06:05alors que ça pénalise encore les commerçants ?
06:08Est-ce qu'il ne faut pas attendre
06:09ce qui va être annoncé lundi
06:11et voir ce qui se dit ?
06:12Qu'est-ce que vous leur dites
06:13à ceux qui descendent quand même dans la rue ?
06:14Ce que M. Domenac l'a évoqué en filigrane,
06:16il y a une rupture de confiance
06:17avec toute une partie des politiques
06:19et les politiques
06:21qui ont le taux de confiance le plus élevé,
06:24c'est ceux qui sont ancrés dans le réel,
06:25à savoir les maires.
06:26Quelle que soit leur obédience,
06:28à partir du moment où il y a un ancrage républicain fort.
06:31Vous voyez, aujourd'hui,
06:32il y a cette notion
06:33qu'on ne fera pas de chèques en blanc
06:36au gouvernement
06:37si vous souhaitez que nous sortions de cette crise
06:39malgré les éléments
06:41que nous venons de décrire,
06:42à savoir
06:44des conséquences
06:45pour nos commerçants,
06:47des conséquences aussi
06:48pour l'intérêt général
06:49parce que ça impacte
06:51notre croissance,
06:52ça impacte la confiance
06:53au niveau des investisseurs,
06:55ça impacte
06:56le moral des entreprises,
06:58ça impacte
06:59le moral de toutes celles et ceux
07:00qui souhaitent consommer,
07:01ça impacte
07:02tout un pan de l'économie.
07:03Donc il faut vite sortir de là.
07:04Quelle serait, selon vous,
07:05une solution,
07:07une issue favorable
07:08à cette crise ?
07:08Qu'est-ce que le gouvernement
07:09doit dire lundi ?
07:10Ça fait depuis
07:11trois semaines
07:14témoignage à l'appui
07:15dans votre antenne
07:17que j'ai dit
07:18la chose suivante.
07:19Des états généraux précis
07:22avec les jeunes,
07:24avec un format précis,
07:26avec une délégation précise,
07:28avec des attentes précises
07:31sur la santé mentale.
07:33Un lycéen sur quatre
07:35qui est pris
07:36de pulsions suicidaires.
07:38Un sur sept
07:39qui les met à exécution.
07:40C'est d'une violence inouïe.
07:43Le bâtimentaire,
07:44c'est-à-dire concrètement,
07:45la cartographie
07:46de tous les lycées
07:47qui pose problème
07:48avec un plan pluriannuel
07:50d'investissement.
07:51Mais ça, ça a été fait, non ?
07:52Pour le coup,
07:53il y a eu des annonces
07:54sur le bâti.
07:55Des annonces,
07:56mais le sujet,
07:57c'est la confiance
08:01exacerbée
08:02par un mépris systémique.
08:04Et le troisième élément,
08:06pardonnez-moi,
08:07des garanties claires
08:08sur le système
08:09d'orientation
08:09et de réorientation.
08:11J'ai discuté avec une experte
08:12en éducation nationale
08:14qui me disait
08:15il ne faut pas que Parcoursup
08:16soit remplacé par Sup-Parcours.
08:18Comment on arrive à humaniser
08:19la relation avec nos lycéens ?
08:22Et puis derrière,
08:23l'aspect salarial,
08:24on est dans un contexte budgétaire
08:26très spécifique.
08:28On est à six mois
08:29des élections présidentielles.
08:30Il va y avoir
08:31le projet de loi de finances
08:32et le projet de loi de finances
08:33de sécurité sociale,
08:34PLF et PLFSS.
08:36Et c'est là où j'en appelle
08:37à la responsabilité républicaine.
08:39On emprunte à 5%.
08:41On est dans une zone de secousse
08:44d'une rare violence.
08:45On a 4 000 milliards de dettes.
08:47Il faut qu'on soit en capacité
08:49d'avoir au minimum minimum
08:50un accord avec tous les candidats
08:53à la présidence de la République.
08:55républicains et responsables
08:56qui se disent
08:57« Ok, il y a un budget à voter.
08:59On doit sortir d'une crise.
09:01On ne veut pas que notre pays
09:02soit à la solde
09:03du Fonds monétaire international
09:04et qu'il se retrouve
09:05dans une situation
09:06telle que la Grèce
09:07dans les années 2000.
09:09Trouvons un accord
09:11et focalisons-nous. »
09:13Mais là, ils sont tous d'accord
09:14pour ne pas voter le budget.
09:15C'est d'une inconscience
09:17incroyable, M. Doménac.
09:18Comment, si vous avez
09:21le SMIC du patriotisme,
09:23si vous avez le SMIC
09:25de la responsabilité politique,
09:28vous votez le budget
09:30sur la base d'un compromis
09:31avec une volonté commune.
09:34Sauvez le pays.
09:35Mais, Antoine,
09:35le budget actuel,
09:37est-ce qu'il est discuté actuellement ?
09:39On est d'accord
09:40qu'il est hors des clous.
09:41Il est déconnecté de la réalité, non ?
09:42Ou vous, vous les appelez
09:43à voter cette feuille de route ?
09:46Il n'y aura pas de budget voté
09:48s'il n'y a pas de compromis.
09:50Il n'y aura pas de compromis
09:51si on n'intègre pas
09:53les deux mamelles
09:54qui font qu'actuellement,
09:55nous sommes dans une situation
09:56de crise conjoncturelle,
09:58à savoir un message clair
10:00en termes de pouvoir d'achat.
10:02Concrètement,
10:03gagner plus d'argent
10:03pour ceux qui sont
10:04le plus précarisés.
10:05Et deuxièmement,
10:07apporter des solutions pérennes,
10:09sérieuses,
10:10dignes de confiance.
10:12Ils nous donnent la possibilité
10:12de renouer la confiance
10:13en direction de nos lycéennes.
10:15Est-ce qu'il est possible,
10:17Karim Bouhamran,
10:18de trouver un compromis
10:18entre des politiques
10:19qui sont radicalement opposées ?
10:21C'est-à-dire qu'ils ne voient pas
10:21du tout le problème
10:22de la même façon.
10:23Il y en a qui, dans ce pays,
10:24considèrent qu'il ne faut pas
10:25augmenter davantage les recettes.
10:26Je parle là de la taxation
10:28des ultra-riches.
10:29Il y en a d'autres
10:29qui vont vous dire
10:30qu'il ne faut pas du tout
10:31réduire les dépenses
10:31comme le propose
10:32un autre tiers de l'Assemblée.
10:33Je veux dire,
10:34ces gens-là
10:34n'ont pas vocation non plus
10:35à trouver une politique commune
10:37qui n'existe pas
10:37puisque ce sont des visions
10:39radicalement contraires.
10:40Vous avez complètement raison
10:41si, effectivement,
10:43nous étions
10:43dans la même situation
10:44que 2024
10:45où le sujet était
10:46de trouver un compromis
10:47avec des groupes politiques
10:50qui s'opposent
10:51et qui ont,
10:51comme vous l'évoquez,
10:52des visions
10:53totalement différentes.
10:54Mais, monsieur,
10:56nous sommes à six mois
10:58des élections présidentielles.
11:00Nous allons avoir,
11:02probablement,
11:03une nouvelle majorité
11:03avec un nouveau
11:04ou une nouvelle
11:05présidente de la République.
11:07Est-ce qu'on peut se dire
11:08qu'à six mois,
11:09on peut,
11:10à minima,
11:11à minima,
11:13voter un budget
11:14qui évite,
11:15qui évite,
11:16un,
11:17que la crise sociale
11:19continue
11:20à atteindre
11:21son paroxysme,
11:22que la capacité
11:23de notre pays
11:24à emprunter
11:25continue à être
11:26dans une situation
11:27fragilisée
11:28et surtout,
11:29surtout,
11:30continuer à jeter
11:31le trouble
11:32sur la confiance
11:32des ménages
11:33et des entreprises ?
11:34Donc, du coup,
11:34ici, je comprends bien.
11:35Vous considérez
11:36que les politiques
11:37doivent faire preuve
11:39de responsabilité
11:40en intégrant
11:41et en se mettant
11:42d'accord
11:42sur un budget
11:43qui, donc,
11:44comprendraient
11:45des mesures
11:45sur les salaires,
11:47une mesure sur les salaires,
11:48une mesure pour les lycéens,
11:50une mesure de plus
11:51et une mesure
11:52qui tienne compte
11:53quand même,
11:53en tout cas,
11:54un équilibre
11:55qui tient compte,
11:56malgré tout,
11:56des obligations budgétaires
11:58et qui fassent passer...
11:59C'est ça ?
11:59Vous avez parfaitement
12:00résumé les trois axes.
12:01Et si on va concrètement
12:02sur chaque sujet,
12:03sur les salaires,
12:04que faut-il faire ?
12:06Mais si je vous apporte
12:08ma proposition
12:09sur très concrètement
12:11baisser la CSG
12:12et faire en sorte
12:13que la différence
12:13entre le net
12:14et le brut
12:15bénéficie à ceux
12:16qui ont le salaire
12:17les plus bas
12:18en France,
12:19vous allez avoir
12:20une partie
12:21des LR
12:22qui vont m'opposer
12:23une baisse
12:24des charges patronales.
12:26C'est la raison
12:27pour laquelle
12:27il n'y aura pas
12:28de compromis
12:29s'il n'y a pas
12:30une discussion
12:31entre les différents
12:32groupes parlementaires
12:33qui partagent
12:34ce sens des responsabilités
12:36en se disant
12:36dans six mois,
12:38les Françaises
12:39et les Français
12:40feront le choix
12:41via les urnes.
12:43En attendant,
12:44nous partageons
12:45tous un élément,
12:47l'intérêt des Françaises
12:48et des Français
12:48qui passent par
12:49un compromis minimum
12:50pour éviter
12:51que la crise
12:52nous emmène
12:53au fond du gouffre.
12:55Mais cette discussion,
12:56elle a lieu.
12:56Ce sont les débats
12:57à l'Assemblée
12:57lorsqu'il y a les amendements,
12:58lorsqu'il y a le vote.
12:59Le simple vote
12:59est une discussion en soi.
13:01Simplement,
13:02les députés
13:02n'ont pas vocation
13:03à tomber d'accord.
13:04Un député élu...
13:05Sauf que là,
13:05il y a urgence.
13:06Et ce que dit
13:07M. Boimbran,
13:07c'est qu'il faut
13:08qu'il prenne
13:08la mesure de la situation.
13:10Ils sont d'accord
13:10sur le constat.
13:11Tout le monde trouve
13:12qu'il y a un problème
13:13avec les salaires
13:14et avec le pouvoir d'achat
13:15aujourd'hui en France.
13:15Mais ils ne sont pas
13:15du tout d'accord
13:16avec la façon
13:16dont il faut y arriver.
13:18Et vous n'allez pas convaincre.
13:19Les députés
13:20n'ont pas vocation
13:20à se dire
13:21« Écoutez,
13:21je me couche
13:21puisque je considère
13:22que ma solution,
13:23finalement,
13:23je dois la mettre au tapis
13:24et je dois voter
13:25pour le groupe d'à côté. »
13:26Chacun défend sa version,
13:28sa vision de la chose.
13:29La France,
13:30lorsqu'on est responsable politique
13:31et lorsque vous êtes élu,
13:33vous avez une carte,
13:34il y a écrit
13:34« Bleu, blanc, rouge,
13:34liberté, égalité, fraternité ».
13:36Vous ne prêtez pas serment,
13:38mais cette fonction
13:40vous oblige.
13:41Et elle vous oblige
13:42à avoir un sens
13:43des responsabilités.
13:44Mais qui de celui
13:45qui veut baisser
13:46les charges patronales
13:47ou qui de celui
13:47qui veut augmenter
13:49les taxes
13:49sur les ultra-riches
13:50est le plus français
13:51ou défend le mieux la France.
13:53Je veux dire,
13:53ce sont des visions
13:53qui sont radicalement opposées
13:54mais qui défendent
13:55un même objectif.
13:56C'est ce qu'on appelle
13:56le compromis
13:57et le compromis
13:58doit être porté
13:59par un intérêt
14:00qui est celui
14:00d'assurer
14:02la stabilité
14:03du pays
14:04à l'aune
14:05des élections présidentielles.
14:06Vous dites aux députés
14:07« Votez la copie du gouvernement ».
14:08Je dis aux députés
14:09« Trouvez un accord »
14:10et je dis au gouvernement
14:11« Ne cherchez pas
14:12à imposer
14:13coûte que coûte
14:15une vision
14:15qui fera que
14:16la crise
14:17continuera à atteindre
14:19son paroxysme ».
14:19Et intégrer des mesures
14:20qui tiennent compte
14:21de ce qui se dit
14:22dans la rue.
14:23Sur le compromis,
14:24là en l'occurrence,
14:24on a le sentiment
14:26que le gouvernement
14:26plutôt que de miser
14:27sur les députés
14:28va miser sur les partenaires sociaux.
14:31C'est le grand retour
14:31des partenaires sociaux,
14:32Nicolas Demers.
14:33C'est le grand retour
14:33après dix ans d'absence,
14:34si j'ose dire.
14:35Mais ça peut marcher
14:37cette fois ?
14:37Alors cette fois,
14:38est-ce que ça peut marcher
14:39alors qu'on les a méprisés,
14:42puisque vous parliez
14:42de mépris tout à l'heure,
14:43ou pour le moins
14:44mésestimés ?
14:45Est-ce que ce rattrapage
14:46final peut fonctionner ?
14:49Ça peut être
14:49la bonne méthode ?
14:50Mais ça aurait dû être
14:51la bonne méthode,
14:52madame, messieurs.
14:52Et vous le savez,
14:53les corps intermédiaires,
14:56les syndicats,
14:58la culture de travailler
14:59avec les élus locaux,
15:02il y a eu du mépris.
15:04Il y a eu cette espèce
15:05de volonté
15:06d'être des annonciateurs
15:08de certitude
15:09en expliquant
15:10avec une vision ascendante
15:11ce qui serait
15:13bon pour les Françaises
15:15et les Français.
15:16ce qui serait bon
15:17pour les jeunes.
15:17Un exemple,
15:19vous imaginez-vous
15:20qu'aujourd'hui,
15:21aujourd'hui,
15:21nos jeunes
15:24vivent moins bien
15:25en termes de trajectoire
15:26que leurs parents
15:27et leurs grands-parents.
15:29Aujourd'hui,
15:29la valeur travail,
15:30le travail ne paie plus.
15:32À mon époque,
15:33lorsqu'on était issus
15:34d'un milieu populaire,
15:36il fallait à peine 15 ans
15:38pour doubler son pouvoir d'achat.
15:39Aujourd'hui,
15:40il faut 80 ans.
15:41C'est-à-dire que,
15:42je parle de mépris
15:42dans mon livre
15:43L'espoir ou le mépris,
15:44mais l'espoir
15:45et l'espoir,
15:45ça aurait été effectivement
15:47une façon de gouverner.
15:48Justement,
15:48vous racontez dans votre livre
15:49ce que vous avez dans le ventre.
15:50Vous êtes candidat
15:51à l'élection présidentielle.
15:52Là, pour le coup,
15:52on n'est pas à l'Assemblée.
15:53Donc,
15:54on ne va pas vous opposer
15:55les uns,
15:55les autres,
15:56nos arguments.
15:57Vous,
15:57candidat à la présidentielle,
15:58vous faites quoi
15:59pour augmenter
16:00le pouvoir d'achat ?
16:01J'ai la première résolution
16:04et mesure pour augmenter
16:06le pouvoir d'achat
16:06et il n'y a aucun candidat
16:08à la présidentielle
16:08qui en parle.
16:09Le premier poste budgétaire
16:11des Françaises et des Français,
16:12c'est le logement.
16:14C'est donner la possibilité
16:15à toutes les Françaises
16:16et aux Français
16:17d'accéder à un logement,
16:18quel que soit son niveau social,
16:19quelle que soit son orientation sexuelle,
16:21quel que soit le nombre d'années
16:23passées en France,
16:24quelle que soit sa couleur de peau.
16:25Et ça,
16:26ça doit être consubstantiel
16:28aux droits essentiels
16:30de la République.
16:31Comment je fais ?
16:31Il y a une loi exceptionnelle
16:33qui s'appelle
16:33la loi Solidarité et Rénovation Urbaine,
16:35la loi SRU,
16:36qui impose 25%
16:38de logements sociaux.
16:38Une petite correction,
16:39Marine Le Pen
16:40en a fait un des éléments
16:41de sa campagne présidentielle.
16:43Les candidats en parlent,
16:44mais ça n'imprime pas.
16:45Non, mais ça n'empêche pas
16:46que ce soit...
16:47Ou peut-être,
16:47c'est la démonstration
16:48que c'est un des sujets essentiels.
16:50Elle a fait quasiment
16:50tout un meeting consacré
16:52à cette question du logement.
16:53En reprenant,
16:55mot pour mot,
16:56ma vision du beau,
16:58tout est vérifiable.
16:59Sauf que...
16:59Elle vous copie ?
17:00Sauf que...
17:00Oui, mais sauf qu'il y a
17:01deux bémols
17:02concernant sa copie.
17:03La première,
17:04c'est la mise en œuvre
17:06de la loi Solidarité et Rénovation Urbaine,
17:09la loi SRU,
17:10qui impose à tous les maires,
17:11tous les maires,
17:13minimum 25%
17:14de logements sociaux.
17:16Ce que je dis
17:16et ce que je recommande,
17:18ce que j'exige,
17:19c'est que si les maires,
17:22au lieu de préférer payer
17:23l'amende,
17:25si les maires
17:26n'ont pas
17:27les 25%
17:28de logements sociaux,
17:29ils deviennent inéligibles.
17:31Ça,
17:32c'est la première mesure.
17:33La deuxième mesure,
17:34lorsque vous évoquez
17:36Marine Le Pen,
17:37Marine Le Pen
17:39utilise la préférence nationale
17:40pour le logement social.
17:42Marine Le Pen
17:43a encore un biais
17:44digne d'une politique
17:46discriminante,
17:47discriminatoire,
17:49raciste,
17:49en nous faisant croire
17:51que le logement social
17:53est occupé
17:55majoritairement
17:56par des immigrés.
17:57Voyez-vous,
17:57madame,
17:58voyez-vous,
17:58messieurs,
17:59le logement social
17:59est occupé
18:00à 90%
18:01par des Françaises
18:03et des Français.
18:03C'est le premier poste
18:05de dépense,
18:05c'est la première préoccupation.
18:07C'est la première préoccupation
18:08et ce qui donnerait
18:09la possibilité
18:10d'augmenter très concrètement
18:11le pouvoir d'achat
18:13des Françaises
18:13et des Français.
18:15Vous commencez par là.
18:1660% du budget
18:18des foyers fiscaux,
18:20c'est le logement.
18:22Et juste sur le SMIC,
18:23puisqu'il y a des débats
18:24quand même en ce moment,
18:25en particulier sur ce sujet
18:26et après on va parler
18:27évidemment de votre livre,
18:27mais sur le SMIC,
18:28concrètement vous faites quoi ?
18:30La question c'est,
18:31sur le plan économique,
18:32vous augmentez les minimas sociaux,
18:34vous augmentez le SMIC,
18:35mais si vous augmentez
18:37uniquement le SMIC,
18:39il risque d'y avoir
18:40une SMICarisation
18:42de la société.
18:43La question c'est
18:44se baser sur
18:44le salaire médian
18:46qui est de 2200 euros
18:47et ensuite
18:48c'est qui le paie ?
18:49Moi je suis partisan
18:50de baisser
18:51une grande partie
18:52de la CSG
18:53et qu'il n'y ait pas
18:54de hiatus
18:54entre le brut
18:55et le net
18:56avec en plus
18:57une vision
18:58assez radicale
19:02en direction
19:03des entreprises,
19:04notamment les grosses entreprises.
19:06Pas d'aide sociale
19:08sans contrepartie.
19:09En décorrélant
19:10les PME
19:11qui démarrent de zéro
19:13avec ce que j'appelle
19:14le Small Business Act,
19:16c'est-à-dire
19:16aider très concrètement
19:18les petites entreprises
19:19à compétences égales
19:20les faire travailler
19:21au niveau local,
19:22trop de gros,
19:22trop de petites entreprises
19:23souffrent de ne pas pouvoir
19:25bénéficier de commandes publiques
19:26alors que ce sont
19:27les grosses entreprises
19:27qui en bénéficient,
19:28je le vois tous les jours.
19:30Et dernier élément,
19:31pour pouvoir faciliter
19:32le pouvoir d'achat,
19:34peu de personnes
19:34en parlent.
19:36Mandon
19:37à l'époque
19:38était grand spécialiste
19:39de la simplification
19:40et M. Borloo,
19:41également dans son ouvrage
19:42L'Alarme,
19:43en parle de la simplification.
19:44Le nombre de chefs
19:45d'entreprise de PME
19:46qui disent
19:46je pourrais augmenter
19:48drastiquement
19:49les salaires
19:50si je n'avais pas
19:51une tonne,
19:52deux tonnes,
19:53deux tonnes
19:53de paperasse.
19:54La droite en parle,
19:55le centre aussi.
19:57La droite en parle,
19:58le centre aussi,
19:59probablement,
19:59mais le candidat
20:00à la République
20:01que je suis aussi.
20:02En parlant de compromis,
20:03juste en parlant
20:03de compromis,
20:04parlons d'un homme
20:05qui peut-être
20:05pourrait vous amener
20:07à faire des compromis.
20:08Il a passé
20:09la soirée de jeudi
20:10avec vous,
20:10c'est Raphaël Glucksmann.
20:12Il était à votre séance
20:14de dédicace
20:15pour votre livre
20:15dont je rappelle
20:16le nom,
20:16l'espoir ou le mépris.
20:18Vous avez longuement échangé,
20:20vous vous êtes serré la main,
20:21vous avez pris la pause aussi
20:22et vous dites
20:22je suis convaincue
20:23qu'on va faire campagne
20:25ensemble.
20:26La question
20:27est qui va faire campagne
20:28pour qui ?
20:29Vous êtes crédité
20:30de 0,5 à 1%
20:31en moyenne
20:31dans tous les sondages.
20:32Lui,
20:33il est à 10 et 15%
20:34dans les sondages.
20:35Donc,
20:36qui entre dans
20:36le gouvernement de qui ?
20:38Déjà,
20:38on est au mois de novembre.
20:40Donc,
20:40on va voir.
20:42On va voir
20:44dans quelques semaines,
20:45quelques mois,
20:46où est-ce qu'on se trouvera.
20:48En tout cas,
20:48aujourd'hui,
20:48vous êtes plus que jamais
20:49candidat à la présidentielle.
20:50Je suis candidat.
20:51Je suis candidat,
20:52il est candidat.
20:53Mais pas plus que jamais.
20:54Vous voulez dire quoi,
20:55plus que jamais ?
20:55Vous êtes plus déterminé
20:56que jamais
20:56ou vous commencez
20:57à vous poser des questions ?
20:59Déterminé.
21:00L'image de ma vie.
21:01J'en parle dans mon livre.
21:03Donc,
21:03si à chaque fois,
21:05j'ai regardé la statistique
21:06qui me donnait
21:07les chances
21:08de pouvoir
21:09mettre en œuvre
21:10ce que je souhaitais
21:10mettre en œuvre,
21:11ce que nous souhaitions
21:12mettre en œuvre,
21:13franchement,
21:14c'était compliqué.
21:15Donc,
21:15on fait campagne,
21:16on met en avant
21:17nos propositions
21:19et on se bat
21:19avec de l'espoir
21:21en étant extrêmement positif.
21:22Sur Raphaël,
21:23tout d'abord,
21:24sa présence
21:25lors de l'ensemble
21:25de mon ouvrage
21:27l'espoir ou le mépris,
21:28l'honore,
21:29m'honore,
21:30nous honore.
21:31Parce que c'est une façon
21:32différente de faire
21:32de la politique.
21:33Ce n'est pas une histoire
21:34de marketing,
21:35Raphaël Gluckman et moi.
21:36On a milité ensemble
21:37depuis 2019,
21:38à l'époque où il s'est lancé
21:39aux Européennes.
21:40Ensuite,
21:40il est revenu à Saint-Ouen,
21:41il est venu en 2019,
21:42en 2024,
21:43il est venu au lancement
21:44de mon parti
21:44La France Humaine est forte.
21:45Sauf que,
21:46contrairement à d'autres,
21:47moi,
21:47je ne suis pas Edouard Philippe
21:49avec Gabriel Attal.
21:50C'est-à-dire,
21:51en off,
21:52on se fait des bisous,
21:53on prend un café,
21:54on parle tactique,
21:55on parle stratégie,
21:56et en on,
21:58devant les médias,
21:59devant BFM,
22:00on s'envoie des scuds.
22:01Je ne fais pas de la politique
22:02comme ça, moi, madame.
22:03Je déteste ça.
22:04J'ai beaucoup de respect.
22:05Mais vous restez des rivaux,
22:06aujourd'hui.
22:07Pas des rivaux.
22:08Vous êtes tous les deux
22:09candidats à la présidentielle.
22:11Oui, d'accord.
22:11On est à 90% d'accord,
22:14il est à 90% d'accord avec moi.
22:15Ça va être une histoire
22:16d'incarnation,
22:18d'incarnation,
22:18et au final,
22:20ce qui va prévaloir,
22:21ce qui va primer,
22:22c'est l'intérêt de la France
22:23et des Français,
22:24c'est l'intérêt de la sociale
22:25démocratie,
22:26c'est faire en sorte que,
22:27parce que c'est ça
22:28qui m'anime,
22:29je ne veux pas
22:30de Le Pen,
22:33Mélenchon,
22:33au second tour.
22:34Parce que Jean-Luc Mélenchon,
22:36c'est le marche-pied
22:37de Marine Le Pen.
22:38Là-dessus, Nicolas Domenac ?
22:39Oui,
22:40est-ce que ça vous gêne
22:42ou pas ?
22:43Je pense que ça vous gêne
22:44quand même
22:44que Raphaël Glucksmann
22:46soit carrément,
22:48je vais dire,
22:48interdit de manif,
22:49en tout cas harcelé
22:50comme il le dit.
22:51Il y a eu hier
22:52lors de la manifestation.
22:52Par les insoumis,
22:53il y a encore,
22:54là,
22:55pendant les dernières
22:57manifestations
22:57et poursuivis au cri
22:59de les socialistes
23:00sont des traîtres,
23:01enfin, etc.
23:02Moi, je connais bien
23:04les valeurs
23:05qui vous animent,
23:06vous trois.
23:08On peut avoir
23:09des divergences,
23:10mais c'est des valeurs
23:11de respect,
23:12des valeurs républicaines,
23:14des valeurs d'écoute.
23:16la manière
23:16avec laquelle
23:17une partie
23:19des militants
23:19qui s'autoproclament
23:22de gauche,
23:24propriétaires
23:25du combat
23:25de gauche
23:26et qui passent
23:27leur temps
23:28à huer
23:29que ce soit
23:30Glucksmann,
23:31que ce soit
23:31des camarades socialistes
23:32parce que c'était
23:32également Emmanuel Grégoire
23:34il y a de cela
23:35quelques semaines,
23:36c'est une honte.
23:37Vous savez,
23:38je vous le dis,
23:38Donc c'est juste
23:40une histoire
23:41de politique,
23:42ce n'est pas parce
23:42qu'il a déserté
23:43ces manifestations ?
23:44Vous voulez que je vous dise
23:44du fond du cœur
23:45ce que je pense ?
23:47Ce sont des petits nantis,
23:50des petits bourgeois
23:51de la politique
23:52qui se prennent
23:53pour des grands militants
23:55et qui,
23:56et qui,
23:56le jour venu,
23:59hésiteront à collaborer
24:00avec l'ennemi.
24:01Ce sont des dactylographes
24:03de la politique
24:04parce que si jamais
24:05ils avaient
24:08le minimum minimum
24:09de ce qu'est
24:10un militant de gauche,
24:11on se respecte.
24:12L'ennemi,
24:13ce serait qui
24:13dans votre configuration ?
24:15L'ennemi ?
24:15Moi, je n'ai pas d'ennemi,
24:16j'ai des adversaires.
24:16Vous dites qu'ils ne seraient pas
24:17à collaborer avec l'ennemi.
24:18L'ennemi ?
24:19Pardonnez-moi,
24:20vous avez raison.
24:21Le Rassemblement National,
24:22pour moi,
24:23les extrémistes,
24:24l'ennemi.
24:25Parce que derrière,
24:27je l'ai dit,
24:27je ne vois pas
24:28à quel moment
24:28la France Insoumise
24:30collabore avec
24:30le Rassemblement National.
24:32Non, non,
24:32ça c'était,
24:33je parlais de,
24:34je rebondissais
24:35sur la question de Julien,
24:35pour vous,
24:36c'est qui l'ennemi ?
24:37Et dans la configuration
24:38où je pense
24:38qu'une bonne partie
24:40de ceux qui se la jouent
24:42comme directeurs
24:44des consciences politiques
24:45à gauche,
24:47ils ne sont pas,
24:47ils ne sont pas,
24:48ils ne sont pas
24:49si récalcitrants
24:51à l'idée
24:52de voir
24:52le Rassemblement National
24:53parce qu'ils veulent
24:54l'insurrection,
24:55ils veulent le chaos.
24:56Et nous,
24:57issus du peuple,
24:59nous qui avons
25:00une filiation
25:00avec le peuple,
25:01nous qui avons
25:02une filiation
25:03avec les combattants
25:04et de la démocratie,
25:05on sait ce que c'est
25:07combattre les extrémistes
25:08et le Rassemblement National.
25:09Un mot quand même
25:10sur ce que vous dites aussi
25:11dans votre livre
25:12alors qu'on parle beaucoup
25:13en ce moment
25:14d'intégration,
25:15d'intégration réussie
25:16ou d'échec de l'intégration
25:18pour revenir sur les propos
25:19d'Edouard Philippe.
25:20Vous écrivez,
25:20je vous cite,
25:21je viens de Saint-Ouen,
25:22enfant d'immigré,
25:22fils d'ouvrier,
25:23issu des cités,
25:24c'est un fait,
25:25ni une qualité,
25:26ni un défaut,
25:26mais une grande fierté.
25:27Et vous ajoutez aussi,
25:28j'ai vu des femmes
25:29et des hommes renoncer
25:30parce qu'ils avaient fini
25:31par croire que leur avenir
25:32était déjà écrit.
25:33Cette fatalité sociale
25:34aurait pu nourrir chez moi
25:35la colère ou le ressentiment,
25:37mais c'est tout le contraire.
25:38Ce que vous racontez,
25:39en fait,
25:40d'une certaine manière,
25:40vous dites que ça a produit
25:42autre chose,
25:43une détermination sans faille
25:44à agir contre les déterminismes
25:45et la résignation.
25:47Est-ce que vous diriez,
25:48vous,
25:48que vous êtes précisément
25:49un exemple,
25:50un modèle
25:51d'intégration réussie ?
25:53Mais moi,
25:54je n'ai pas eu
25:54à m'intégrer,
25:55madame.
25:55Je suis français.
25:57J'ai grandi
25:58à ce qu'il allait devenir
25:59le village olympique
26:00au 78 rue Saint-Denis.
26:02Je suis
26:04un gars de Saint-Ouen.
26:05Mais pourquoi avez-vous
26:06besoin de préciser
26:07que vous êtes enfant d'immigrés ?
26:09Je suis enfant d'immigrés,
26:11mais je n'ai pas eu
26:11besoin de m'intégrer.
26:12C'est mes parents
26:12qui ont eu besoin
26:13de s'intégrer
26:14parce que leur langue,
26:15c'était
26:16le Dalija,
26:17l'arabe,
26:18parce qu'ils venaient
26:19d'un pays
26:19qui était le Maroc.
26:21Mais moi,
26:22je ne viens pas du Maroc.
26:23Je suis fier
26:24d'être marocain
26:25parce que je suis binational
26:26grâce à mes parents.
26:27Mais je suis odonien,
26:29français,
26:29c'est quoi,
26:30no-dionisien ?
26:31Quand je réfléchis,
26:31je réfléchis en français.
26:33Quand je suis élu,
26:36je suis élu de la République,
26:38je ne suis pas élu
26:39de la République français
26:40qui s'est intégrée,
26:41c'est là
26:42où il y a un biais cognitif
26:43chez Édouard Philippe.
26:44C'est là où Édouard Philippe
26:45n'a pas réactualisé
26:46le logiciel des années 80.
26:48Il fait un lien
26:49qui est totalement biaisé
26:50entre pillage,
26:54capuche,
26:55il se dit
26:55tiens,
26:55c'est des immigrés,
26:56il n'a rien compris.
26:59Il va être président
27:00de la République,
27:01il pense qu'on est encore
27:02sous Pompidou.
27:03Il voit quelqu'un
27:04à capuche,
27:05il arrive à déceler
27:06que c'est une personne
27:07issue de l'émigration,
27:09bravo,
27:09il n'a pas compris
27:09que c'est la Gen Z,
27:10la Gen Z,
27:11ce sont leurs grands-parents,
27:13leurs grands-parents
27:14qui ont émigré,
27:14pour ensuite
27:15nous faire un discours.
27:17Allez,
27:18on va dire,
27:18et je suis gentil,
27:20je ne vais pas parler
27:21des personnes disparues,
27:23on va dire
27:23des personnes
27:25qui étaient ministres
27:25de l'Intérieur
27:26à l'époque
27:26de Jacques Chirac,
27:28M. Pendreau,
27:29M. Pasqua,
27:30et nous faire un discours
27:31sur l'intégration.
27:33Mais M. Doménac,
27:34vous avez évoqué
27:35tout à l'heure
27:35le mépris,
27:37soit il est méprisant,
27:39soit il est totalement
27:40désinformé,
27:41ou soit il balance
27:43un petit pied,
27:45un petit appel du pied,
27:46pardon,
27:47une main,
27:48une petite main tendue,
27:49un petit bisou
27:50au Rassemblement National.
27:51Et là,
27:53là,
27:53il va falloir trancher,
27:56il va falloir se déterminer,
27:56M. Philippe,
27:57parce que ça,
27:58c'est une faute politique.