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[#InstantSanté] Octobre rose : pas la fin du cancer

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00:05Musique
00:22Le mois d'octobre s'achève, mais la lutte contre les cancers féminins,
00:26elle se poursuit derrière les campagnes de sensibilisation.
00:29Il y a des femmes confrontées à la maladie, des familles éprouvées et des professionnels de santé mobilisés.
00:35Aujourd'hui, Instance Santé reçoit le docteur Jérémy Koumbadinga, médecin spécialiste en biologie moléculaire et en anatomie pathologique
00:45pour mieux comprendre les cancers, notamment ceux du sein et du cancer de l'utérus.
00:50Faire le point sur les moyens de prévention et de dépistage, mais aussi aborder les réalités de la prise en
00:57charge au Gabon.
00:58Bonjour.
01:00Alors, nous allons directement rentrer dans le vif du sujet.
01:03Les cancers du sein et du col de l'utérus figurent parmi les cancers qui touchent le plus les femmes.
01:10Qu'est-ce qui explique leur fréquence et quels sont les principaux facteurs qui favorisent leur apparition ?
01:17Les facteurs sont multiples.
01:19C'est d'abord important de savoir distinguer les différents types de cancers.
01:22Quand on parle de cancer féminin, on parle surtout du cancer du sein d'abord, le cancer du col de
01:27l'utérus.
01:28Il y a deux types de cancers, que ce soit chez l'homme spécifiquement.
01:33Dans le cancer du sein, la plupart du temps, ce sont des facteurs.
01:37Le premier facteur, c'est d'abord des facteurs génétiques.
01:39Les facteurs génétiques, les prédispositions familiales, les prédispositions ethniques aussi.
01:45Par exemple, chez les femmes de race noire, surtout en asieuse sahrienne, ça se revient de façon plus précoce que
01:50chez les caucasiens.
01:52Et dans le cancer du col de l'utérus, ça c'est un cancer qui a une particularité dans son
01:57histoire, dans son développement.
01:58C'est parce que c'est un cancer qui est dû à un agent pathogène, qui est sexuellement transmissible.
02:04Et donc, lorsqu'on a une persistance de l'infection, cet agent-là peut transformer les cellules, surtout les cellules
02:12du col, et devenir un cancer à long terme.
02:16Du coup, docteur, malgré les avancées médicales, le cancer reste souvent associé à la condamnation à mort.
02:23Donc, quels sont les éléments qui déterminent les chances de guérison ?
02:26Le premier facteur, c'est d'abord la précocité du diagnostic.
02:31Plus un cancer est diagnostiqué de façon précoce, plus il a les chances de pouvoir être traité comme il faut.
02:38Or, lorsqu'il est, la plupart du temps, il est souvent diagnostiqué de façon très tardive, et parfois des stades
02:44même métastatiques.
02:45Et dans ce cas, l'espérance de vie est fortement, fortement baissée.
02:49Il y a des cas de rémission qui sont quand même, il faut l'avouer, mais c'est quand même
02:54extrêmement rare, c'est-à-dire qu'il faut être chanceux pour arriver à ce stade.
02:57Ce qui m'emmène à vous poser la question, est-ce qu'on peut véritablement guérir aujourd'hui ?
03:03Oui, on guérit le cancer, comme je disais, ça dépend vraiment du stade.
03:07Une personne, par exemple, on va prendre l'exemple du cancer du sein.
03:10Un cancer du sein qui a été diagnostiqué tôt et qui n'a pas encore eu des métastases,
03:15après une bonne mammectomie, c'est-à-dire qu'on va complètement enlever le sein, la personne est considérée comme
03:22guérie.
03:24Et c'est la même chose dans le cancer du col de l'utéus, lorsqu'il est encore in situ,
03:28c'est-à-dire qu'il n'est pas invasif,
03:29il n'a pas encore eu des métastases, dès qu'on enlève le col, normalement il y a une guérison
03:33totale,
03:34on va parler de guérison, de rémission, en fonction du stade.
03:38Vous parlez de métastases, et c'est un mot qui revient constamment, mais qu'est-ce que c'est qu
03:44'on fait ?
03:44En fait, une métastase, c'est le produit d'un cancer, qu'on appelle souvent en médecine le primitif.
03:53Il va émettre comme ça des cellules qui vont se détacher et qui vont aller à des distances plus ou
03:58moins éloignées,
03:59ils vont disséminer à travers le sang ou à travers les vaisseaux lymphatiques, en tout à travers les vaisseaux sanguins,
04:04ils vont disséminer dans d'autres parties du corps, et là-bas ils vont aussi se mettre à croître et
04:09à progresser,
04:09à devenir des masses tumorales, et qui souvent précipitent même vers le décès.
04:16Donc c'est une marque d'un stade avancé du cancer.
04:19Donc lorsqu'il y a une métastase, on sait déjà que le cancer est un stade avancé.
04:24On entend généralement le cancer du type 1, 2, 3, 4.
04:28Quelles sont les différences, à quel moment on va se dire que la particularité du cancer du type 1,
04:33quelle est sa particularité et celui du type 1 ?
04:34Voilà, là en fait, ce sont des codes que nous nous sommes donnés en médecine,
04:40ce sont des codes qui sont des conventions internationales.
04:43C'est-à-dire que si j'écris un médecin qui se trouve au Japon ou en Aine,
04:47si je dis par exemple que ce cancer-là est TNM, je mets les chiffres qu'il faut,
04:52il sait exactement de quoi je parle.
04:54Donc ce sont des stades de gravité de cancer.
05:01Et il y en a de différents types de classification, on appelle ça des classifications,
05:04il y a divers types de classification en fonction du type de cancer,
05:07donc dans le cancer de la prostate, dans le cancer du sein.
05:10On a vraiment divers types de classification.
05:13Et ça permet en fait de communiquer en déclinion de cancer entre le pathologiste et le clinicien,
05:18et entre cliniciens aussi, ils savent exactement de quoi il s'agit.
05:22Donc on comprend clairement dans la sensibilisation,
05:26il est important de le dépister de manière précoce,
05:29pour pouvoir avoir une chance d'en guérir.
05:33C'est important de préciser qu'il y a une différence entre le dépistage et le diagnostic.
05:39Le diagnostic, c'est lorsqu'une personne a des symptômes et veut savoir de quoi il s'agit,
05:44et là, la personne va chez le médecin, le médecin établit un diagnostic,
05:47donc il met une étiquette à ce symptôme-là, donc le nom d'une maladie.
05:51Or, le dépistage, la personne se sent très bien,
05:55elle n'a aucun symptôme possible, mais elle décide quand même d'aller faire comme un check-up.
05:59Voilà, donc quand on fait le check-up, c'est juste une vérification, une surveillance,
06:04et après on se considère qu'il n'y a rien, la personne va rentrer à la maison,
06:07ou quand il y a quelque chose, la personne va rentrer dans un programme soit de surveillance, soit de traitement.
06:13Alors, donc, vu qu'on parle justement du diagnostic et du dépistage,
06:20Pouvez-vous nous expliquer quelle est la différence entre le frottis cervico-utérin,
06:25le test HPV et le test PCR ?
06:28C'est très intéressant.
06:30C'est un peu là, moi j'appelle ça le nœud du problème,
06:33ici au Gabon, lorsqu'il s'agit de la campagne d'Octobros.
06:37On fait la sensibilisation pour faire comprendre aux femmes
06:39que c'est important pour elles d'aller toujours faire du dépistage.
06:42C'est-à-dire qu'elles n'ont rien du tout, mais c'est important de se faire surveiller.
06:46Et quand on a cette sensibilisation, quand on a cette information,
06:49la deuxième question que nous voulons, c'est quel type de dépistage on doit faire ?
06:53Il existe plusieurs types, voilà, trois principalement.
06:56Le premier test qu'on utilise couramment, ici, c'est le test IVA-IVL,
07:01donc le test oligol ou à l'acide acétique,
07:03qui sont des colorants que l'on met au niveau du col,
07:06et en fonction du niveau de progression de la maladie,
07:10le col va émettre une lumière, une coloration.
07:13Et c'est cette coloration qui nous indique qu'il y a un processus anormais.
07:17Ça peut être blanchâtre, ça peut être brunâtre.
07:19Souvent, ce sont les deux types de coloration en fonction de l'acide acétique ou de l'ugol.
07:23Et donc, quand on voit ça, on se dit qu'il y a un processus qui se passe,
07:26et là, la personne va prendre comme une loupe,
07:28pour venir plus près, et puis venir retirer cette partie
07:30et envoyer ça en anatomie pathologique, donc dans notre laboratoire.
07:33Et là, on va faire une analyse du tissu,
07:36et on va voir s'il y a un cancer ou pas du tout.
07:38Voilà.
07:39Deuxième test, le test de la biologie moléculaire,
07:43qu'on appelle un test PCR.
07:46Ici, c'est le test qui a, comme je dirais, 100% de sensibilité et de spécificité.
07:51Lui, quand la personne a une pathologie, un virus,
07:56il détecte automatiquement le virus.
07:58Donc, il a deux rôles.
08:00Donc, il permet d'abord de dire qu'il y a la présence d'un virus,
08:03mais il permet aussi de donner le type de virus,
08:05parce qu'il existe plusieurs types.
08:06Voilà.
08:06Les HPV, ici, au Gabon, c'est les HPV-16, HPV-18,
08:10qui sont les plus incidents.
08:11Et ce sont des virus à haut risque oncogène.
08:15Donc, quand on les a, on est sûr que s'ils continuent à se développer,
08:19ça va aboutir à un cancer.
08:20Donc, on a des virus à bas risque oncogène.
08:23Quand on détecte ces virus-là, on ne panique pas trop.
08:26On va quand même surveiller.
08:27Mais les OI, son problème, ça, c'est une surveillance obligatoire.
08:3116, 18, 35, on en a encore, on en a plein.
08:33Vraiment, c'est une famille de plus de 100 membres.
08:38Et donc, lorsqu'on a, ça, il nous donne le type.
08:41Et par contre, il ne nous dit pas à quel stade,
08:43quand une femme a, par exemple, HPV,
08:45il ne nous dit pas à quel stade de la maladie elle est.
08:47Voilà.
08:48Et ça, voilà pourquoi nous, nous faisons appel au troisième test.
08:51Ce qu'on dit surtout en anatomie pathologique,
08:53qu'on appelle le frottis cervical.
08:54Le frottis cervical a pour principe d'aller déloger les cellules au niveau du col,
08:59de les isoler, de les colorer et d'aller les étudier.
09:02Et là, quand on regarde au microscope,
09:04on voit exactement à quel niveau.
09:06C'est-à-dire, s'il y a la présence du virus,
09:07parce qu'il y a des signes indirects du virus qu'on ne voit pas,
09:09mais on voit les transformations de ces cellules-là dues au virus.
09:13Et on sait que là, là, là, il y a un virus.
09:16Et on peut savoir donc les différents stades.
09:18Dans ces stades-là, il y a ce qu'on appelle des dysplasies,
09:20c'est-à-dire des modifications, des bouleversements
09:22qui sont de structure ou de forme des cellules.
09:27Et on sait que là, c'est un bouleversement qui est léger.
09:30On va avoir dysplasie légère, dysplasie modérée ou dysplasie sévère.
09:35Et quand on a un stade de dysplasie sévère,
09:37c'est le dernier stade avant de basculer au stade du cancer.
09:40Voilà.
09:40Donc, on a l'occasion de connaître exactement à quel stade la femme se trouve.
09:44Donc, là, on fait le diagnostic.
09:45On fait d'abord, on identifie le pathogène.
09:48On donne le stade de la maladie.
09:50Mais en plus de ça, il y a la particularité de pouvoir faire le diagnostic,
09:55d'identifier les autres pathogènes qui peuvent être des cofacteurs du virus.
10:00Gardenairella, trichomonase, vaginalise.
10:02Donc, plein d'autres types, que ce soit bactérien, que ce soit fongique.
10:07Il les détecte et on sait que là, la femme doit être surveillée
10:11ou il doit tout de suite être admise dans un suivi ou pour un traitement.
10:16Et pour nous, en anatomie particulière, on considère que le meilleur test à faire,
10:20c'est le test sur le proté-servitale.
10:22D'accord.
10:22Et ces examens sont-ils acceptibles justement dans nos structures sanitaires et surtout à quel ?
10:27Bien sûr.
10:28Là, déjà, il faut comprendre que le test oligo-alacide acétique, en général,
10:34ça, ça se fait dans des pays ou dans des zones géographiques
10:39où il n'y a pas de technologie, où il n'y a pas de pathologistes,
10:41il n'y a pas de laboratoire d'anatomie pathologique,
10:44les zones en conflit et les camps de réfugiés.
10:46C'est là-bas qu'on fait ce genre de test-là.
10:49Ce n'est donc pas approprié dans notre contexte ici.
10:51Dans notre contexte, on devrait toujours s'appuyer sur le proté-servical ou la PCR.
10:57la technologie PCR.
10:59Voilà.
11:00Et donc, la question, c'était de savoir...
11:02La question, c'était de savoir si ces examens sont accessibles dans notre...
11:05Accessibles, totalement accessibles.
11:06On a un laboratoire d'anatomie pathologique de l'Université des sciences de la santé,
11:10qui est un laboratoire de référence même,
11:12qui est un laboratoire qui existe depuis plus de 50 ans,
11:14dans lequel on fait tous ces dépistages-là,
11:17le dépistage aux frottis cervicales.
11:19Juste en dessous, à l'Université des sciences de la santé,
11:21on a le laboratoire de virologie qui fait de la PCR.
11:25Et au CHUL, à l'Hôpital Général,
11:28on a aussi un laboratoire d'anatomie pathologique pour le frottis cervicale
11:30et à l'hôpital militaire à Kanda.
11:34Voilà, donc c'est accessible.
11:35Par contre, est-ce que vous pouvez comme avantage pour la biologie ?
11:38Du coup ?
11:40Bon, je ne sais pas si on pourrait dire abordable.
11:43En général, la biologie moléculaire coûte quand même assez cher.
11:47Et je ne pense pas que ce soit prise en charge par l'assurance.
11:51Même le frottis cervical n'est pris en charge qu'en condition qu'il y ait des signes.
11:55C'est-à-dire que c'est une dame qui vient présenter parce qu'elle a des algiques pèlviennes,
11:59des douleurs lombes,
12:00et que le gynécologue estime qu'il faut aller vérifier.
12:02Quand il va mettre le renseignement clinique,
12:04il va dire voilà, algiques pèlviennes,
12:06la CNAMG va tenir compte.
12:07Et s'il met frottis de dépistage,
12:09on ne paye pas le dépistage.
12:13Alors, parlons donc de la prévention primaire.
12:16Et là, la question est peut-on réellement éviter les cancers, docteur ?
12:20Au-delà du dépistage,
12:22quelles habitudes de vie
12:23ou quelles habitudes de vie permettent
12:25de réduire les risques de développer un cancer ?
12:28D'accord. Prévention primaire.
12:31Dans la prévention primaire, le concept est assez large.
12:34Il y a plusieurs types de prévention primaire.
12:36On définit d'abord la prévention primaire
12:38comme toutes les mesures que l'on doit prendre
12:39pour réduire le risque de la survenue d'une maladie.
12:43Là, ça passe par la connaissance de cette maladie,
12:46ça passe par l'adoption des bonnes habitudes de vie.
12:50L'une des habitudes de vie, par exemple,
12:52on a dans une étude qui a été réalisée en 2024,
12:55qui est en cours de publication.
12:57Nous nous sommes rendus compte, par contre,
12:59que la précocité des rapports,
13:00plus une femme est jeune,
13:03plus elle a connu des rapports plus jeunes,
13:04plus la probabilité qu'elle se contamine et recontamine au HPV est très élevée.
13:08On a vu d'autres facteurs, la multiplicité de partenaires.
13:12Donc, une femme a plusieurs partenaires.
13:14Le risque qu'il y ait un partenaire qui a ce virus-là est très élevé aussi.
13:17Voilà.
13:18Et donc, évidemment, le contraceptif,
13:20on a vu que le contraceptif permettait de protéger,
13:23notamment l'utilisation du préservatif,
13:25permettait de protéger la femme contre ça.
13:28et le fait d'avoir aussi un partenaire unique
13:31qui, lui aussi, est sérieux et impliqué dans sa relation.
13:34Donc, c'est un peu ce genre de...
13:35C'est le rapport à ce qu'il faut.
13:37Et maintenant, il y a quand même un point très important
13:39qu'il faut préciser et qui est très intéressant,
13:43c'est surtout la vaccination.
13:44Il existe un vaccin contre le cancer,
13:47contre la souvenir du cancer,
13:48contre les pathogènes 16, 18 et 9 autres membres.
13:54Parmi ?
13:56Quelle est la piste que vous apportez ?
13:59Voilà.
13:59La vaccination, moi, c'est ce sur quoi je compte militer
14:02pour que ça soit institué.
14:04Vous voyez, par exemple, que quand les bébés naissent,
14:06ils entrent dans un programme élargi de vaccination
14:08contre, voilà, l'OPEV,
14:10contre plusieurs maladies
14:12et ils sont comme ça au moins dans les deux prochaines années,
14:15ils sont empêtrés là-dedans.
14:17Pourquoi pas instituer, justement,
14:19un programme national de vaccination
14:21contre le papillomavirus ?
14:23En Australie, ça s'est institué depuis 2007
14:27et il faut d'abord comprendre
14:28qu'ici, l'incidence standardisée
14:32est d'à peu près 90 femmes
14:34sur 100 000 habitants
14:35qui sont atteintes de cancer du col de l'héthérus.
14:3740 000 femmes.
14:39L'Australie, actuellement,
14:40est à 6 femmes sur 100 000 habitants.
14:42Donc, l'Australie a quasiment éliminé
14:44et les algorithmes montrent, en fonction de leur programme,
14:48montrent que d'ici 2035,
14:50ils auront complètement éliminé,
14:51ils seront presque en dessous de 2 femmes
14:53par 100 000 habitants.
14:54Et c'est le pays qui est numéro 1.
14:56Parce qu'eux, ils associent d'abord la vaccination
14:59pendant l'adolescence
15:01et quand la femme rentre en activité sexuelle,
15:03là, maintenant, ils vont se baser sur la sensibilisation.
15:06Or, nous, ce qu'on fait,
15:07quand on va justement vers la sensibilisation,
15:09on n'a pas forcément la preuve
15:11que la sensibilisation aura l'impact qu'il faut
15:13pour qu'on ait ce recul-là,
15:16de cette maladie-là.
15:16La preuve, ça fait déjà 14 ans
15:18que l'autobrose existe.
15:20Est-ce qu'on a des chiffres sur l'incidence ?
15:22Nous, ce qu'on voit, on a un impact,
15:24le nombre de cancers continue à augmenter
15:26au fil des années.
15:27Donc, c'est comme si la campagne n'avait pas d'impact.
15:30Voilà.
15:31Donc, il y a des gens qui ont connaissance de ça,
15:33mais qui, est-ce qu'on sait
15:34que quand on a connaissance,
15:35qui va réellement se faire dépister ?
15:37Peut-être très peu nous pas.
15:38Or, si on vaccine,
15:39on est sûr qu'on a déjà attrapé
15:41un bon pouls de la population
15:42qui s'est fait vacciner
15:43et cette population est déjà protégée.
15:45Mais si, en plus de ça,
15:46des années plus tard,
15:47on a ajouté la sensibilisation,
15:48donc on a une double protection
15:50qu'on amène.
15:51Et c'est sûr que c'est ce sur quoi
15:52l'Australie s'est basée
15:53pour pouvoir baisser son taux d'incidence.
15:56Il n'y a pas que l'Australie,
15:56il y a plein de pays du Nord.
15:59Lorsque vous vous installez en Europe
16:01ou au Canada,
16:02moi, par exemple, j'ai fait mes études au Canada
16:04et j'étais souvent surpris par ça,
16:05à chaque fois qu'il y avait une compatriote
16:07qui arrivait dans le territoire.
16:08Un mois plus tard,
16:09elle recevait par la Poste
16:10un flyer qui l'invitait,
16:13en fonction de sa localisation,
16:15à un endroit où elle devait aller
16:16se faire dépister
16:16ou elle devait avoir l'information.
16:18C'est-à-dire qu'ils sont très, très,
16:19très sérieux là-dessus.
16:21Et ça contribue à faire baisser.
16:23En Occident, le cancer du col de l'Ethory,
16:25c'est le 15e cancer.
16:27Donc, ils sont loin derrière nous.
16:29Nous, c'est le 2e cancer
16:31en termes d'incidence
16:32et le 1er cancer en termes de mortalité.
16:35C'est le cancer qui tue l'occupe.
16:36Donc, c'est-à-dire que le cancer du sein...
16:38C'est le 1er en termes d'incidence,
16:39mais le 2e en termes de mortalité.
16:41Donc, celui de l'utérus est plus agressif.
16:43Bien sûr, il est agressif.
16:47Docteur, une fois le diagnostic posé,
16:49alors quelles sont les différentes étapes
16:51de la prise en charge
16:52et quels traitements sont proposés
16:54selon le type et le stade de cancer ?
16:57Le cancer du sein d'abord,
16:59dès que le diagnostic est posé,
17:00il y a souvent ce qu'on fait,
17:02c'est que le clinicien va faire une biopsie
17:04parce qu'il y a ce qu'on appelle
17:05le diagnostic de présomption
17:06et le diagnostic de certitude.
17:08Le médecin, lorsqu'il va palper,
17:10il va voir l'aspect du sein.
17:11Lui, il a une présomption
17:12que là, il y a un processus tumoral.
17:15Il va...
17:15Pour avoir le diagnostic de cetui,
17:17il va faire un prélèvement.
17:18Donc, il va aller faire une petite biopsie.
17:20Il va prélever une partie
17:23de tissu du sein.
17:24Il va envoyer un anatomie pathologique
17:26et nous, on va regarder au microscope
17:27et on va dire exactement
17:28de quoi il s'agit.
17:29D'abord, s'il s'agit d'un cancer ou pas
17:30et si c'est un cancer,
17:31à quel stade c'est ?
17:32Et en fonction de ça,
17:34si on dit que c'est un cancer,
17:35en fonction du stade du cancer,
17:37la femme, elle est éligée
17:37pour une mammectomie radicale,
17:39donc on va enlever
17:39du mal au sein,
17:40où elle sera éligée d'abord
17:41pour une chimiothérapie
17:43pour réduire un peu l'activité
17:45du processus tumoral
17:46et après chimiothérapie
17:48et après mammectomie
17:49et ensuite, elle va retourner
17:51en chimiothérapie
17:51pour être sûr qu'on a éliminé
17:52tout ce qui s'est un peu dispersé
17:55un peu partout.
17:55Donc, le processus est assez long
17:57selon le stade,
17:59plus ou moins long
17:59selon le stade du diagnostic.
18:01Dans le cas du cancer du col de l'utérus,
18:03lorsqu'on détecte les lésions précancieuses,
18:05lorsque c'est une dysplasie légère,
18:09la femme est éligée
18:10pour une surveillance
18:11parce que dans tous les cas,
18:12en fonction de la capacité
18:13du système immunitaire
18:14de la personne,
18:16le virus peut être nettoyé,
18:18vidé, voilà.
18:20En fait, ce qui est dans la contamination,
18:21ce n'est pas tant le virus,
18:22ce n'est pas le fait
18:23qu'il y ait un virus.
18:24Toutes les femmes
18:24en activité sexuelle
18:26depuis plus de deux ans
18:28ont déjà été confrontées au virus.
18:31Et c'est même un bon processus
18:32parce que ça permet quand même
18:33de générer quelques anticorps.
18:34Mais c'est lorsqu'il y a
18:35la persistance de contamination.
18:38Et là, c'est le cas,
18:38le virus prend le déçu
18:39sur le système immunitaire,
18:41il va réussir à s'intégrer
18:41aux cellules,
18:42à rentrer
18:42et à commencer
18:43son processus de transformation.
18:45Mais dans tous les cas,
18:46l'organisme continue toujours
18:47à lutter
18:47et est capable de l'évérer.
18:49Donc, on va dire à la dame
18:51de revenir dans un an
18:52pour une surveillance.
18:53On va encore regarder.
18:54Si c'est une dysplasie modérée,
18:57ça sera à peu près
18:57le même processus.
18:59Surveillance plus rapprochée,
19:00au lieu de venir dans un an,
19:01on va revenir dans six mois.
19:02Donc, on essaie de se faire.
19:03Mais quand c'est une dysplasie
19:05sévère,
19:06là, tout de suite,
19:07on va écrire un mot
19:08au médecin
19:09qui va faire
19:10une mini-chirurgie
19:11qu'on appelle une colonisation.
19:12C'est-à-dire qu'on va enlever
19:13juste la partie
19:14qui est transformée,
19:15qui est en train de se transformer.
19:16Et là, la femme,
19:18elle est guérie.
19:19C'est la même chose ici
19:20lorsqu'il s'agit d'un cancer
19:21qui est encore
19:22ce qu'on appelle
19:23un cancer non-métastatique,
19:24donc qui est in situ.
19:25On va aussi faire une colonisation.
19:27Donc, le col est comme ça.
19:27On va juste aller
19:28enlever une partie du col
19:29et la femme est guérie.
19:31Mais lorsqu'il s'agit d'un cancer
19:33métastatique,
19:33là, ça sera une hystérectomie totale.
19:35Donc, on va enlever
19:36totalement l'utérus.
19:37On va enlever les ganglions
19:38ou sentinelles
19:39qui sont autour
19:40pour se voir justement,
19:42confirmer ou non
19:42s'il y a eu une métastase ou pas.
19:43Donc, on va enlever une grosse partie.
19:45Donc, en fonction du stade,
19:47la prise en charge s'alourne.
19:48Et une femme, justement,
19:50qui a été diagnostiquée
19:52d'un cancer du col de l'utérus,
19:54ça, c'est une très bonne question
19:55qui m'est venue à dire.
19:56Est-ce que cette femme
19:57peut justement...
19:59Oui.
20:00Elle a cancer du col de l'utérus
20:02en fonction du stade, d'abord.
20:03Si on a fait une hystérectomie,
20:05non, elle ne peut plus.
20:06Ça veut dire qu'elle n'a plus d'utérus.
20:07Elle n'a plus d'utérus du tout.
20:09Si elle a...
20:10C'est juste le col
20:10et qu'on a fait une colonisation,
20:12là, ça dépend de tout
20:14ce qu'on est allé arracher.
20:15Parce que, vous savez,
20:15le col a une certaine dimension.
20:17Et le col joue un rôle
20:18très important dans la conception.
20:21Premièrement,
20:22c'est le col qui donne
20:22aux spermatozoïdes
20:23la capacité d'aller féconder le vu.
20:25Lorsqu'il traverse le canal,
20:27il est baigné par un fluide
20:28qui va le dépouiller
20:28de certaines structures
20:30qui donnent la capacité d'aller...
20:32Voilà.
20:32Donc, sans ce col,
20:33si le col est trop court,
20:34peut-être qu'il ne pourra pas
20:36être imbibé de ce produit-là.
20:40Deuxièmement,
20:41le col, c'est comme un muscle
20:42qui se resserre automatiquement
20:44dès l'instant
20:44qu'il y a un produit de conception.
20:46Lorsqu'il y a un bébé,
20:47il se sert pour maintenir
20:48justement la grossesse
20:49en dehors du rôle des hormones.
20:50C'est le col qui joue
20:51le rôle mécanique.
20:53Donc, un col qui est réduit
20:54va perdre sa capacité
20:55à pouvoir contenir.
20:57Plus le bébé va grossir,
20:58plus le col va tendance
20:59à vouloir s'ouvrir.
21:00Ils en sont encore
21:01à peut-être faire des cerclages
21:02et tout pour aider.
21:03Voilà, c'est ça.
21:04Donc, le rôle joue un rôle...
21:05Ça joue un rôle très important.
21:06Dans cette capacité de fertilité,
21:08là, dépend vraiment
21:09du stade de la maladie
21:10et de ce qu'on a pris
21:11comme mesure
21:12pour pouvoir ralentir
21:14ou éliminer
21:15le prototus tumoral.
21:17Alors,
21:18entre les examens complémentaires,
21:19les analyses biologiques,
21:20la chirurgie,
21:21la chimiothérapie,
21:22la radiothérapie,
21:23le traitement du cancer,
21:25peut-être particulièrement.
21:26Ça, nous l'avons clairement compris.
21:27Mais quelles sont
21:28les possibilités thérapeutiques
21:29disponibles ici au Cran ?
21:30Toutes les possibilités
21:31sont disponibles actuellement.
21:32Ici, au Gabon,
21:33tout est disponible.
21:33L'important pour nous,
21:34ce n'est pas d'aller
21:35au stade de chimiothérapie.
21:36Ça, c'est la prévention tertiaire.
21:38La prévention tertiaire signifie
21:39qu'on va essayer
21:40d'empêcher la personne
21:41de mourir.
21:42Vous voyez ?
21:43Donc, vous êtes déjà
21:43dans le cercle des traitements
21:45et c'est long,
21:45c'est pénible.
21:46La prévention secondaire,
21:47c'est la maladie.
21:48Et là,
21:48qu'est-ce qu'on fait
21:49pour que ça ne s'aggrave pas
21:50pour que la personne
21:50n'arrive pas à des complications ?
21:52Et donc,
21:53on donne le traitement
21:53qu'il faut,
21:55cure chirurgicale,
21:55radicale,
21:56et ci, de suite,
21:56quand il n'y a pas de métastase.
21:58Voilà.
21:58Mais nous, ici,
21:58on focalise surtout
21:59sur la prévention primaire.
22:01Primaire.
22:02Voilà.
22:02Je crois que le meilleur médecin,
22:03c'est celui qui sait
22:05éduquer ses patients
22:06de telle sorte
22:06que la maladie n'arrache pas.
22:08Voilà.
22:10Parfait, docteur.
22:11Alors,
22:11au terme de ce mot
22:12de sensibilisation,
22:13quelles sont les trois
22:15recommandations essentielles
22:16que vous aimeriez
22:17voir appliquées
22:18par les femmes
22:19et les structures sanitaires
22:20pour faire reculer
22:21les cancers ?
22:21Pour faire reculer
22:22le cancer du sein,
22:23d'abord,
22:23c'est la femme
22:24de son propre médecin.
22:25Le cancer du sein,
22:25c'est l'autopalpation surtout.
22:27Voilà.
22:28En général,
22:28une femme ne doit pas sentir,
22:29c'est ça.
22:30Si elle ressent quelque chose,
22:31une lourdeur,
22:32une pésanteur,
22:33c'est qu'il y a un processus
22:34qui est en train de s'opérer.
22:35Donc,
22:36c'est l'autopalpation.
22:38Regardez sur un miroir
22:39la symétrie,
22:40la couleur et tout.
22:41Dès qu'il y a un problème
22:42au niveau des aisselles
22:43qu'on appelle
22:44la zone axillaire,
22:46s'il y a des ganglions
22:48qui se ressentent,
22:49une douleur quelconque,
22:51il faut tout de suite
22:51aller voir son médecin,
22:54son gynécologue.
22:55Il y a l'histoire de la maladie.
22:56La plupart du temps,
22:57quand la mère
22:57ou la grand-mère
22:58a eu un cancer du sein,
22:59la probabilité
23:00que la femme,
23:01la fille,
23:02la petite fille
23:02ait le cancer
23:03n'est plus nulle du tout.
23:04Donc,
23:04c'est élevé.
23:05Donc,
23:05ça invite
23:06à une surveillance
23:07plus rapprochée,
23:08plus méticuleuse.
23:08Et toujours signaler
23:10dès qu'il y a un processus,
23:11il faut aller à l'hôpital.
23:12Et souvent,
23:13les femmes se disent
23:14bon,
23:14c'est rien,
23:15c'est juste une petite boule,
23:16ça va partir.
23:16Mais ça ne part pas comme ça.
23:17Il faut aller se faire consulter.
23:20Lorsqu'il s'agit du col de l'utérus,
23:23pour suivre du col de l'utérus,
23:25juste faire sa surveillance.
23:28Une femme devait se dire,
23:29par exemple,
23:29que le jour de mon anniversaire,
23:30le cadeau que je peux m'offrir,
23:32c'est d'aller faire mon checking.
23:34Et elle arrive au service
23:35d'anatomie pathologique,
23:36que ce soit l'anatomie pathologique
23:39à l'université
23:39des sciences de la santé
23:41ou à l'hôpital général,
23:43ou à l'hôpital d'Akanda
23:44en fonction de sa situation géographique.
23:46Elle fait son dépistage
23:47une fois par année.
23:49Ça sera une bonne chose.
23:50Ce que nous nous recommandons
23:52dans le service,
23:53c'est quand une femme
23:53n'a jamais fait son frontilé de dépistage,
23:55elle le fait la première année,
23:56la deuxième,
23:57la troisième année
23:57pour être sûr
23:58qu'on n'est pas passé
23:59à côté de quelque chose.
24:00Et après,
24:01dès que c'est bon,
24:01c'est maintenant une fois
24:02tous les trois ans.
24:03Jusqu'à la fin du rapport sexuel,
24:05c'est-à-dire 65, 70 ans.
24:07Voilà.
24:07Jusqu'à la ménopause,
24:0965, 70 ans.
24:11Et là,
24:11ça sera une fois par dix ans.
24:13Alors, merci docteur.
24:14Vous nous avez véritablement
24:16édifié.
24:16Si,
24:18enfin,
24:18l'occasion que vous avez donné
24:19justement de,
24:20à votre tour,
24:21de nous donner un message
24:24à la fin du mois
24:26dédié à la lutte contre les cancers.
24:28Bon,
24:28la fin du mois,
24:30octobre,
24:30il faut comprendre
24:31que octobre,
24:32ça a été institué en 1984
24:34aux États-Unis.
24:35Et ça avait deux objectifs.
24:37Le premier objectif,
24:38c'était justement
24:38la sensibilisation.
24:40Le deuxième objectif,
24:40c'était de la récolte des fonds
24:42pour la recherche
24:43contre le cancer.
24:46Et ici,
24:47c'est vraiment
24:47la sensibilisation.
24:49Alors,
24:50on estime que
24:50c'est la période
24:51où il faut sensibiliser,
24:52mais ce n'est pas la période
24:53où il faut arrêter
24:54d'en parler.
24:55Ce n'est pas la période
24:56où il faut arrêter
24:57de vous faire le dépistage.
24:58Donc,
24:59dès qu'octobre vous est passé,
25:00il faut toujours
25:01continuer à faire son dépistage.
25:02Vous choisissez une période,
25:03un jour de l'année
25:04où vous allez adopter
25:06une routine.
25:06Vous savez que là,
25:07c'est mon anniversaire,
25:08par exemple.
25:09On va faire son dépistage
25:10et on est sûr
25:11qu'on va rattraper
25:13beaucoup de cas
25:14ou on va éviter
25:15beaucoup de cas
25:15de cancer.
25:17Voilà.
25:18Octobre s'achève
25:19mais la prévention,
25:20le dépistage
25:21et l'accompagnement
25:22des personnes atteintes
25:22de cancer
25:23ne doit pas s'arrêter.
25:25Au calendrier,
25:26s'informer,
25:26consulter,
25:27se faire dépister
25:28et accéder
25:28à une prise en charge
25:30adaptée
25:30reste essentiel
25:32dans la lutte
25:32contre cette maladie.
25:34Merci à vous,
25:35chers invités
25:35et surtout,
25:36merci encore,
25:37docteur Jérémy Koubadiga
25:39pour votre disponibilité.
25:41Nous espérons
25:42vous recevoir
25:42une autre fois encore
25:43pour être davantage
25:44édité
25:45sur d'autres pathologies.
25:46et à très bientôt
25:48pour un autre numéro
25:49sur Instance.
25:51Merci,
25:51c'est un plaisir.

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