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Une nouvelle vague de fausses alertes à la bombe a touché l'Europe ce vendredi 6 novembre, visant des vols commerciaux mais aussi des médias et mobilisant les forces de sécurité.


Quatre de ces nouvelles alertes à la bombe ont été émises sur des avions survolant le territoire français. "Les appareils se sont posés sans encombre" à Orly, précise le bureau du Premier ministre. "Les services de déminage procèdent aux inspections de sécurité."


Une enquête est en cours, ajoute Matignon, "pour déterminer l’origine de ces alertes qui touchent toute l’Europe".


En parallèle, la police de Prague en République tchèque a également annoncé sur X "une nouvelle menace concernant la présence d'engins explosifs à bord d'un grand nombre d'avions à destination et en provenance de l'aéroport de Prague. L'aéroport a précisé que la situation n'a pas "eu d'impact sur son fonctionnement".


Un vol de la compagnie Ryanair qui devait partir de Lisbonne en direction de Rome vendredi matin a aussi été visé par une "menace de bombe" qui s'est avérée sans fondement, d'après les autorités portugaises.


La police de Copenhague a annoncé sa présence à l'aéroport de la capitale danoise "à la suite de menaces visant le trafic aérien". "Selon notre première évaluation, il n'y a, et il n'y a jamais eu, aucun danger pour les passagers ou les autres usagers de l'aéroport. Nous enquêtons actuellement sur l'incident", écrit-elle sur son site.


Des médias visés par des alertes en Bulgarie et en Irlande
Une porte-parole du ministère bulgare des Transports a précisé à l'AFP que des alertes avaient été reçues pour deux vols à destination de Sofia vendredi, en provenance de Londres Stansted et de Bruxelles. Ils ont atterri sans incident.


Par ailleurs, les locaux d'un média audiovisuel bulgare ont été évacués après une alerte à la bombe ce vendredi.


Le gouvernement irlandais s'est prononcé sur ces alertes, alors que plusieurs médias irlandais, dont RTÉ, ont été évacués ce vendredi matin après de fausses alertes à la bombe. "Il semble probable qu'il s'agisse d'une campagne coordonnée visant à engendrer des perturbations", a déclaré le gouvernement irlandais.


Après de fausses alertes similaires en début de semaine, au moins 20 vols avaient été déjà visés par des alertes à la bombe jeudi. Dans tous ces cas, aucun explosif n'a été retrouvé. Un vol entre Dublin et Rome a notamment été dérouté en France.


Cette série de fausses alertes, difficiles à attribuer, a pour conséquence de mobiliser les services de sécurité et de semer la peur, à zéro coût, soulignent les experts.


Des revendications envoyées jeudi aux aéroports de Rome et de Sofia émanaient des "combattants de l'État masculin". Cela semble renvoyer au nom d'un mouvement ultranationaliste russe, sans qu'il soit possible de vérifier le lien.


Les Européens accusent régulièrement la Russie et l'Iran de conduire des opérations de déstabilisation contre eux sur leur territoire, qu'il s'agisse de campagnes de désinformation, de sabotage ou de cyberattaques.


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#aéroport #alerteàlabombe #faussealerte 

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Transcription
00:0023 nouvelles alertes à la bombe ce matin dans toute l'Europe, dont 4 sur des avions qui survolaient le
00:05territoire.
00:06Les locaux de plusieurs médias irlandais ont été évacués ce matin, là encore à cause de fausses alertes.
00:11Il y a bien sûr une enquête en cours pour déterminer l'origine de ces alertes qui touchent toute l
00:15'Europe.
00:15On va en parler avec nos invités. On est avec Ulysse Gosset. Ravi de vous retrouver Ulysse.
00:20Bonsoir Julie.
00:21Avec Raphaël Grabli, grand reporter numérique à BFM TV.
00:25Avec Gérald Feldzer, consultant aéronautique. Bonsoir à vous.
00:29Et Sergei Jernoff, ancien officier du renseignement du KGB, puisqu'on se posera la question.
00:32Est-ce que la Russie est derrière ? Oui ou non ?
00:35Mais d'abord, on va faire le point avec vous, Marguerite Dumont.
00:38Bonsoir Marguerite. Plus de 40 vols ciblés depuis le début de la semaine.
00:43Aujourd'hui, tout d'abord, 23 alertes à la bombe ont été signalées en Europe.
00:48Voici ce que l'on sait très précisément.
00:514 ont été émises sur des avions qui ont survolé le territoire français.
00:5611 sur des vols au départ ou à destination de Prague en Tchéquie et de Sofia en Bulgarie.
01:01Au Portugal, un vol Ryanair qui devait relier Lisbonne à Rome à lui ôter si était la cible d'une
01:09menace à la bombe.
01:10Et ce n'est que le bilan de ce vendredi.
01:13Au moins, 27 vols ont été visés par des menaces similaires hier.
01:18Un Airbus Derlingus, c'est une compagnie irlandaise.
01:22Celui que vous voyez ici, reliant Dublin à Rome, a même dû être dérouté en urgence vers la base militaire
01:27d'Evreux en Normandie.
01:29Et à chaque fois, le protocole est lourd.
01:31Dans certains cas, des avions de chasse décollent pour escorter les vols civils.
01:35Au sol, les passagers sont évacués.
01:37Et les démineurs, évidemment, inspectent les appareils.
01:40Et heureusement, aucun explosif, dans tous ces cas, n'a été découvert.
01:44Alors, qui se cache derrière ces attaques ?
01:46Pour l'instant, pas d'informations précises.
01:49Pour les autorités européennes, il est impossible d'affirmer avec certitude que toutes ces alertes sont liées.
01:56Certaines, toutefois, ont été revendiquées dans des messages adressés aux aéroports de Rome en Italie et de Sofia en Bulgarie.
02:03Des messages signés par les combattants de l'état masculin.
02:07Un nom faisant référence à un groupuscule ultra-nationaliste russe, qui est d'ailleurs interdit en Russie.
02:13Mais les auteurs de ces messages n'ont à ce stade pas été identifiés.
02:17Merci beaucoup, Marguerite.
02:19Et j'ajoute, selon une information d'Ulysse Gosset, on en parlait à l'instant,
02:23que ce groupe de combattants de l'état masculin, son fondateur, a démenti avoir mené ces alertes à la bombe.
02:31On va y revenir. Mais d'abord, un élément, ce qui frappe, c'est le nombre, Ulysse,
02:37une quarantaine d'alertes à la bombe depuis le début de la semaine,
02:40et qui touche non seulement les avions, mais aussi les médias.
02:43Oui, on peut parler d'une véritable épidémie de menaces d'alertes à la bombe visant les compagnies aériennes européennes.
02:50On est maintenant à près d'une cinquantaine d'alertes à la bombe,
02:54qui sont envoyées par des messages, par des mails, aux aéroports, aux compagnies.
02:58Et puis, c'est sans précédent. Depuis lundi, on assiste à cette multiplication
03:03qui, évidemment, désorganise le trafic aérien, même si, à chaque fois,
03:08il s'est avéré que c'était de fausses menaces,
03:10et qu'il n'y avait pas véritablement ni d'explosifs, ni de dangers réels.
03:14Ce que l'on peut dire, donc, c'est que toute l'Europe est touchée,
03:17que ce sont d'abord des compagnies low-cost qui sont visées,
03:20et pas les grandes compagnies aériennes, en tout cas, pas pour l'instant,
03:22à l'exception de la lotte, la compagnie polonaise.
03:24Ce que l'on peut dire aussi, c'est qu'il y a une réaction extrêmement rapide
03:29et, je dirais, efficace de la part des différentes armées de l'air européennes,
03:33à commencer par l'armée italienne, mais pour nous, évidemment,
03:36l'armée de l'air et de l'espace française, la police du ciel,
03:39qui intervient très rapidement lorsque c'est nécessaire.
03:42Par exemple, hier, l'avion d'Aerlingus, un Airbus A320,
03:46qui reçoit donc une menace, une fausse alerte,
03:49mais à l'époque, on ne sait pas ce que c'est exactement,
03:51et bien immédiatement, on contacte le pilote et on lui demande de se poser
03:54sur la base militaire d'Evreux.
03:56Il refuse, et dans ce cas-là, que fait la police du ciel,
03:59qui dépend de l'armée de l'air et de l'espace ?
04:01Et bien, elle envoie un mirage et surtout un rafale
04:05qui vont aller voir l'appareil en question et dire au pilote,
04:09lui faire comprendre que s'il n'obéit pas aux consignes,
04:12et bien ça pourrait mal se passer.
04:13Donc finalement, le pilote s'est bien posé sur la base d'Evreux,
04:16où les 151 passagers n'ont eu aucun dommage à subir,
04:21mais néanmoins des retards.
04:22L'avion a été entièrement inspecté,
04:25et visiblement, il n'y avait pas véritablement de bombe.
04:28Donc ça perturbe, si vous voulez, le trafic aérien.
04:31Et ça sème la panique, une alerte à la bombe, ça fait peur quand même.
04:34Alors pas la panique, parce que d'abord, les choses se font plutôt dans l'ordre
04:38et dans le calme, c'est-à-dire les appareils en général se posent,
04:41ils sont détournés, mais ils se posent sur l'aéroport le plus proche,
04:43et jusqu'à présent, ça s'est bien passé, mais il pourrait y avoir effectivement des incidents.
04:48Ce qui est important, si vous voulez, c'est la question...
04:51Déroutés, pas détournés.
04:53Déroutés. Ils sont déroutés vers l'aéroport le plus proche.
04:56Ce qui est important, c'est que la question, c'est qui a intérêt à lancer toutes ces alertes à
05:02la bombe ?
05:02Alors ça, on va en parler.
05:03Pourquoi ? Et pour l'instant, on ne le sait pas.
05:06En France, c'est Matignon qui gère cette crise, en liaison évidemment avec l'armée de l'air et de
05:12l'espace.
05:13Matignon qui a lancé une enquête, décidé d'ouvrir une enquête pour essayer de remonter à l'origine de ces
05:18alertes.
05:19Mais pour l'instant, personne ne peut attribuer à qui que ce soit d'où elle vient.
05:23Ah oui, c'était ma question. Il n'y a pas une enquête commune à toute l'Europe ?
05:27C'est en l'occurrence Matignon qui essaye de mener l'enquête ?
05:30Chaque pays intervient dans un premier temps.
05:33On a vu que l'armée de l'air italienne était intervenue pour escorter des avions.
05:36L'armée de l'air française... Il y a une enquête ouverte à Paris.
05:39Il y a évidemment une coordination qui n'est pas publique entre les différents services de renseignement
05:44pour voir évidemment si on a des informations ou pas.
05:47Mais à ce stade, il y a un seul pays qui a dénoncé ce qu'il appelle une campagne coordonnée
05:52destinée à susciter des perturbations dans le trafic aérien.
05:57C'est l'Irlande. L'Irlande qui a été effectivement visée.
06:00J'ajoute une dernière chose, c'est qu'on parle beaucoup des alertes à la bombe menaçant des avions.
06:05Mais il y a aussi maintenant des médias, notamment en Irlande, mais aussi en Grande-Bretagne,
06:09la chaîne Sky News et aussi en France où, selon l'AFP, TF1 a également reçu une alerte à la
06:14bombe.
06:15Donc, est-ce qu'il y a une coordination et est-ce que c'est le même opérateur qui a
06:19lancé toutes ces alertes ?
06:20C'est vraiment l'une des questions aujourd'hui.
06:22Gérald Ferzer, vous êtes aussi ancien pilote de ligne. Ça vous est déjà arrivé ?
06:25Oui, pratiquement à tous les épisodes. En fait, ce n'est pas nouveau.
06:29Des annonces par les individus, individuels, ce qui change tout d'ailleurs, c'est l'avion, le mettre en retard,
06:37avoir une chance d'attraper l'avion qu'on a loupé.
06:40Un autre, un retour de Santiago que j'avais fait, c'était un personnel, un bagagiste qui s'est fait
06:46renvoyer dans l'escale.
06:48Il voulait se venger tout simplement.
06:49La seule différence, c'est qu'aujourd'hui, c'est la multiplication et la coordination de ces messages qui sont
06:55reçus.
06:55Alors, les organismes internationaux sont saisis de l'affaire.
07:00Il y a l'EASA, l'Agence de sécurité aérienne européenne.
07:04Il y a l'OTAN, il y a l'IATA.
07:08Moi, j'aimerais savoir, comment ça se passe ?
07:10Alors, vous qui l'avez vécu, qui vous prévient ?
07:14Attention, il y a possiblement une bombe sur votre avion.
07:17Alors, je vous donne deux exemples.
07:18Un qui me suit, ça m'est arrivé en allant sur un Tel Aviv.
07:22Le contrôle aérien grec me dit, il faut contacter votre compagnie, ce que j'ai fait.
07:27La compagnie me dit, il a une bombe à bord, ce n'est pas terrible.
07:31Et elle explose quand ?
07:32Il me donne suffisamment de précisions pour dire, on vous alerte, parce que là, ça paraît sérieux.
07:38Alors que d'habitude, il y a des dizaines de menaces qui n'ont jamais lieu.
07:43On informe les passagers ou non ? On évite de dire pas que ce soit ?
07:47Non, alors, on prend les décisions comme un accord.
07:49On n'est pas des mermoses non plus.
07:50Donc, on discute avec le copilote.
07:54Est-ce que c'est la meilleure solution ?
07:55La bombe devait exploser à 17h.
07:58Il était 16h30.
07:59Et on était à trois quarts d'heure de l'arrivée de Tel Aviv.
08:02On serait tenté d'aller dérouter pour gagner un petit quart d'heure.
08:05Donc, finalement, j'ai fini par obtenir les services secrets israéliens et également français
08:12qui m'ont dit, écoutez, on a peut-être exagéré, le risque est moindre.
08:17Donc, on est descendu à un niveau respirable, à moins de 3000 mètres.
08:21Et puis, on a dépressurisé l'avion.
08:24Parce que si la bombe explose avec un avion pressurisé, ça se termine en confetti.
08:28Donc, voilà.
08:29Et on est arrivé à peu près normalement.
08:31Mais c'est vrai que pour les passagers, on veut dire la vérité, mais pas trop pour ne pas les
08:37angoisser.
08:38Pareil pour mon équipage.
08:39Je préviens la chef de cabine.
08:41À l'époque, c'est une chef de cabine.
08:42Mais en disant, si tu trouves quelque chose d'anormal, préviens-moi, fais attention, etc.
08:47Donc, la deuxième expérience...
08:50En tout cas, on est obligé de toutes les prendre au sérieux, de fait.
08:53C'est aussi le souci.
08:55Ce qui me fait peur aujourd'hui, c'est qu'il y a un afflux de ces informations, de ces
09:00fausses informations, et qu'on ne peut pas toutes les traiter.
09:03On va être à saturation.
09:05C'est peut-être ce qui vise, d'ailleurs, pour faire le plus de mal possible et pour
09:09un coup dérisoire.
09:11Bon, interception, c'est aussi des avions de chasse.
09:15C'est assez impressionnant.
09:16Et là, ça m'est arrivé au-dessus de la Sibérie.
09:19Eh bien, il y avait deux Sukhoïs, un à gauche et un à droite, et qui m'ont intimé
09:24l'ordre de les suivre.
09:25Et donc, ils battent des ailes.
09:27C'est le langage international quand on n'a pas les mêmes fréquences.
09:29Ça veut dire, suivez-moi.
09:31On sort le train des chasseurs.
09:33Ça veut dire, vous allez atterrir là où on aurait décidé d'atterrir.
09:37Et je ne comprends pas que le pilote, dernièrement, a refusé d'aller suivre les militaires.
09:42Les militaires, pourquoi on les a envoyés ?
09:43On parlait du vol du blanc.
09:45Pour savoir, regardez dans le cockpit, s'il n'y avait pas un troisième individu
09:49qui pouvait éventuellement perturber le vol et l'amener à une destination funeste.
09:56Justement, dans certains cas, notamment dans le cas du vol du blanc-Rome,
10:00il y a eu, ce qu'on croyait, des revendications.
10:03Donc, on l'évoquait, des revendications qui émanaient des combattants de l'État masculin.
10:08Son fondateur vient de démentir.
10:10Mais c'est quoi ce groupe dont on parle, Sergei Gironov ?
10:13C'est un groupe ultra-nationaliste russe, c'est bien ça ?
10:16Ultra-nationaliste, c'est un euphémisme pour ne pas dire néo-nazis.
10:20Franchement, c'est un groupe néo-nazis russe, radical, extrêmement radical.
10:24Pour que Poutine le condamne il y a cinq ans par une décision de justice, vous avez compris que c
10:31'est...
10:31Parce que les nationalistes, il y en a... Le patriarche Keryl, c'est un nationaliste.
10:36Poutine, c'est un nationaliste. Donc, ce n'est pas un simple nationaliste.
10:40Donc, c'est quelqu'un qui est anti-tout, en fait.
10:43Il est anti-couleur, il est homophobe, il est anti-femme, il est anti-l'État.
10:51D'ailleurs, le groupe a été considéré comme une menace pour l'État russe.
10:55Et d'ailleurs, Pozniakoff a été condamné en 2018, en décembre, mais pour une attaque contre une femme.
11:04Le problème, c'est que Poutine, en mars 2019, il a dépénalisé les attaques de femmes.
11:11En Russie, on peut battre les femmes et ne pas se retrouver en prison.
11:14Donc, dans cet État extrêmement...
11:17Il a dépénalisé les attaques contre les femmes.
11:20Voilà, vous pouvez battre votre épouse, votre fille, et on ne voit pas vous juger,
11:25parce qu'on considère que ce n'est pas un crime, ce n'est pas un délit.
11:28Et donc, du coup, il a été relaxé par rapport à cette condamnation.
11:33– Qu'est-ce que vous pensez, vous, de l'hypothèse russe derrière ces menaces ?
11:37– La Russie, vous savez, il faut prendre le contexte.
11:41Parce que s'il n'y avait que ça, à la limite, on pourrait dire,
11:44oui, il peut y avoir aussi des gens qui s'amusent, en fait,
11:48si on peut employer ce mot, ou plus vulgairement foutre le bordel, en fait.
11:54Parce que ça ne coûte rien, je suis d'accord avec un coup de téléphone.
11:57Ils ne savent pas que les coups de téléphone sont enregistrés et suivis.
12:00Donc, il y a quand même une partie de ces gens-là qui se retrouvent quand même derrière le Maroc,
12:03ou au moins condamnés.
12:06Sinon, pour la Russie, le contexte, c'est que vous avez aussi les attaques cyber sur les magasins,
12:11vous avez les attaques cyber sur les médias, vous avez les attaques cyber sur les États,
12:17et donc, vous avez les élections américaines cette semaine,
12:19donc vous avez le contexte géopolitique tel que…
12:23– Eh oui.
12:23– Et la Russie qui, depuis 15 ans, mène une guerre hybride à l'Europe,
12:27en fait, tout le monde le sait, tous les services se créent, etc.
12:29Donc, du coup, il y a une shortlist, et dans la shortlist, la Russie est le numéro 1, en fait,
12:35mais il y a aussi les Coréens du Nord, il y a aussi les Iraniens,
12:39il y a aussi les grépuscules terroristes…
12:40– Il y a une autre piste, mais la Russie est numéro 1 dans les émis potentiels…
12:46– Si vous regardez ce qui se passe en Europe depuis 6 mois,
12:49vous avez des Russes partout, vous avez des exclusions, vous avez des attaques,
12:54vous avez des assassinats, etc.
12:55– Je voulais qu'on lise le tweet de Dominique Schelcher, c'est le patron de Systamu.
13:00Vous vous souvenez des frigos qui avaient été attaqués, hackés ces derniers jours ?
13:07Lui, clairement, il pointe du doigt des hackers pro-russes,
13:10voilà, des hackers pro-russes revendiquent des cyberattaques, des frigos, des supermarchés.
13:15Raphaël Grabli, il se base sur quoi, là ? Sur un insensiable ?
13:18– C'est une revendication qui a été d'ailleurs aussi un peu éphémère,
13:21un peu comme dans le cas, d'ailleurs, des avions, qui a été diffusée en ligne.
13:26On va dire les choses telles qu'elles sont, c'est totalement impossible à confirmer,
13:30à moins que Dominique Schelcher ait des informations qu'on n'a pas,
13:32ce ne sont pas des informations, en tout cas, qu'on peut communiquer.
13:35Et en tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il y a un aspect extrêmement nébuleux.
13:39Vous parliez d'opérations à moindre coût, ça c'est extrêmement important,
13:42c'est la possibilité de déstabiliser avec très peu de moyens.
13:46Et c'est ce qu'on a vu, on a vu les opérations de déstabilisation,
13:49et notamment les cyberattaques qui ont visé des frigos dans 350 supermarchés,
13:54des millions d'euros de marchandises mises à la poubelle.
13:57La banque de sang, il y a quelques jours, également, heureusement, avec des dégâts beaucoup plus limités,
14:03mais pour la banque de sang, je reprécise, c'était là aussi, exactement comme pour les supermarchés,
14:08des frigos dans lesquels on mettait des poches de sang qui ont été attaquées
14:11pour monter en température exactement la même chose que les supermarchés.
14:14Et il y a une autre information dont on a moins parlé, mais ça date d'il y a quelques
14:18jours,
14:19c'est qu'il y a aussi une autre attaque de supermarchés.
14:20Alors, il y en a eu, d'ailleurs, dans tous les supermarchés européens, il y a 48 heures,
14:23mais il y a une semaine, on a quand même appris que d'autres types de supermarchés,
14:27d'autres types, pardon, de frigos avaient été touchés,
14:29des frigos dans les bases américaines, aux États-Unis,
14:33dans lesquelles on mettait la nourriture américaine.
14:35Donc, tout ça, et le problème, c'est que tout ça ne coûte pas grand-chose.
14:38Pourquoi ? Pour les bases américaines, c'est peut-être plus inquiétant,
14:41c'est que tout ça est extrêmement mal sécurisé.
14:45On vit dans un monde avec des millions d'objets connectés,
14:48qui s'empilent les uns avec les autres,
14:49avec des prestataires auxquels on délègue la maintenance.
14:53Je veux dire, aujourd'hui, il n'y a aucune raison de connecter,
14:55et c'est le patron de l'ANSI, l'Agence nationale de cybersécurité,
14:58qui l'a répété à l'Assemblée nationale,
14:59il n'y a aucune raison de connecter Internet des frigos.
15:03Il faut avoir des suivis, c'est obligatoire pour les températures,
15:05pour des raisons de sécurité.
15:07Simplement, il faut faire venir des gens sur place.
15:09Les connecter Internet, ça coûte moins cher,
15:10donc on préfère les connecter.
15:12Mais en termes de cybersécurité, c'est catastrophique.
15:15Donc, ça ne coûte pas cher à hacker,
15:16les dégâts sont très importants,
15:18et c'est là où il y a quand même un point commun,
15:20c'est que ça ne coûte pas cher,
15:22et on rentre dans une sorte de spirale d'instabilité,
15:27sans vraiment de revendication.
15:30Et sur les cyberattaques, c'est assez particulier.
15:32Pourquoi ?
15:32Parce que quand il y a une cyberattaque,
15:34le fait de ne pas...
15:35En général, c'est quoi ?
15:36C'est soit pour de l'argent, à ce moment-là,
15:39soit pour dérober aussi,
15:41alors pour de l'argent, c'est-à-dire pirater des données,
15:43revendre les données,
15:44faire ce qu'on appelle un ransomware,
15:45c'est-à-dire encapsuler les données et demander une rançon,
15:48c'est ce qui s'était passé, rappelez-vous,
15:50avec l'hôpital de Corbeil-Essen il y a 2-3 ans,
15:53soit dérober de l'argent avec des crypto-monnaies.
15:56Les Nord-Coréens sont extrêmement forts là-dessus.
15:58L'économie nord-coréenne, c'est en grande partie
16:00des hackers nord-coréens qui sont extrêmement bons
16:02et qui vont pirater des crypto-monnaies.
16:04Et ce qui frappe quand même ?
16:05Et ce qui n'a aucune raison apparente,
16:06c'est-à-dire les frigos dans les supermarchés.
16:09Et là, forcément, on pense soit à des militants,
16:12mais si c'est des militants,
16:14pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas milité ?
16:15Pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas revendiqué ?
16:16Revendiqué leur acte, oui.
16:17Ou alors une déstabilisation.
16:19Et ce qui est... Pardon, Jérôme Ferdzard, allez-y.
16:22Simplement, on en revient à la bombe
16:24supposée être dans les avions.
16:27Jamais quelqu'un qui a fait,
16:29ou qui a prétendu attaquer un avion
16:32avec une bombe à bord,
16:33ne s'est déclaré avant.
16:35Ils ont fait péter une bombe.
16:37Alors, je peux vous dire, en 1985,
16:38Air India, 747,
16:41Paname avec l'Ockerby,
16:43qui a fait beaucoup de bruit,
16:44l'UTA sur le désert du Ténéré,
16:46et puis Philippe, Philippine également.
16:50Donc, ce sont des accidents qui ont eu lieu,
16:52qui ont fait beaucoup de morts,
16:53mais jamais il n'y a eu d'annonce précédente.
16:56Et est-ce qu'il est encore possible,
16:57pardon, parce qu'on prend tous l'avion ici,
17:01vu les mesures de sécurité
17:02qui sont désormais imposées,
17:04est-ce qu'à notre époque,
17:05il est encore possible
17:06de mettre une bombe dans un avion ?
17:09Admettons que les attaquants
17:11aient encore plus besoin.
17:11Oui, alors souvent,
17:13il y a des gens qui sont infiltrés.
17:14C'est possible.
17:15Oui, des gens qui sont infiltrés,
17:16des complices.
17:17On l'a vu pour le Alger, par exemple,
17:18qui s'est posé à Marseille.
17:20Ils avaient l'intention
17:21de projeter leur avion sur la capitale.
17:25Donc, il y a des mesures de sécurité,
17:27effectivement,
17:28mais on joue aux gendarmes et aux voleurs
17:29dans ce cas-là.
17:30Oui, je crois que c'est important,
17:31c'est que face à ce contexte
17:33et cette multiplication
17:35des menaces à la bombe,
17:36il ne faut pas surréagir.
17:37Il faut prendre les mesures
17:38qui s'imposent
17:39pour ne prendre aucun risque
17:40pour la vie des passagers.
17:41C'est ce que font les États.
17:42On l'a vu avec la France,
17:43avec le Rafale qui décolle
17:46et qui contraint le pilote
17:47à atterrir là
17:48où on lui a demandé de le faire.
17:49Il faut vivre avec,
17:51il faut s'habituer à vivre avec.
17:52C'est la continuation
17:53de la guerre hybride,
17:54d'une certaine manière.
17:55On ne pourra jamais prouver,
17:56comme le disait Raphaël,
17:57que c'est tel ou tel auteur
17:59qui est à l'origine
18:00de ces attaques.
18:00Est-ce que c'est Moscou ?
18:01Est-ce que c'est un groupe
18:02de hackers ?
18:03Donc, on doit vivre avec.
18:04On doit se préparer,
18:06savoir que ça existe,
18:08prendre les mesures
18:09qui s'imposent,
18:10mais sans pour autant,
18:11je dirais,
18:12déclencher une panique
18:13dans la population.
18:14Ça provoque des retards,
18:15c'est ça le problème.
18:16C'est-à-dire que ça désorganise
18:17d'une certaine manière,
18:18mais c'est relativement limité.
18:19Si on en reste au retard,
18:22ça va.
18:22Ça coûte beaucoup d'argent.
18:23Mais juste une dernière question,
18:26la complexité quand même
18:27de remonter jusqu'à l'origine.
18:29Il y a une enquête
18:30qui est donc lancée,
18:31vous le disiez,
18:32Matignon a lancé une enquête.
18:34Difficile de retracer
18:37la piste
18:38et de savoir réellement
18:40qui est derrière.
18:41Ça dépend du degré
18:42de professionnalisme
18:43des hackers.
18:44En fait,
18:45si ce sont les amateurs,
18:46peut-être ils vont laisser
18:47quelques traces,
18:48mais le problème,
18:49c'est que dans l'espace cyber,
18:51c'est très facile
18:52de cacher les traces.
18:54Je parle sous votre contrôle.
18:57Mais en fait,
18:58vous savez,
18:59c'est les plaisantins
19:00qui sont les plus faciles
19:01à capter
19:02parce que c'est souvent
19:04les gamins
19:04qui s'embêtent à la maison,
19:06qui ont regardé
19:08la nouvelle à la télévision,
19:10qui disent
19:10tiens,
19:10on va s'amuser,
19:11on va appeler aussi
19:12une compagnie d'aviation.
19:14Et donc eux,
19:14ils sont...
19:15Le piratage des impôts,
19:16par exemple,
19:16on a beaucoup parlé ce été.
19:18On a retrouvé finalement,
19:18c'était deux jeunes
19:19des adresses
19:20qui ont été piratées
19:21et puis après,
19:21comme dans la guerre classique,
19:23il y a ce qu'on appelle
19:24des proxys,
19:24c'est-à-dire que vous demandez
19:25à des hackers,
19:26des groupes de hackers
19:26qui sont pas ailleurs
19:27de faire le boulot pour vous
19:28et vous allez remonter
19:29à des hackers russes
19:30et finalement,
19:31en fait,
19:31ce sera peut-être l'Iran
19:32et inversement.
19:33Et après,
19:33il y a toute la question
19:34de la place à donner
19:35à tout ça
19:35parce que quand il y a
19:36des vraies conséquences,
19:38les frigos,
19:38les vols,
19:39oui,
19:40par contre,
19:40il n'y a aussi rien
19:41qui ne plaît plus à la Russie
19:43que de laisser penser
19:44qu'ils peuvent,
19:45qu'ils ont autant de pouvoir
19:46que ça.
19:46Donc ça,
19:47il faut faire aussi attention
19:47Vous vous rappelez quand même
19:48que la Russie a démenti
19:49être à l'origine
19:50de ces menaces
19:50et c'est un alerte à l'abond.
19:52Alors,
19:52c'est un démenti
19:53qui vaut ce qu'il vaut,
19:53évidemment.
19:54Vous savez pourquoi
19:56elle a démenti
19:56Posnacov lui-même ?
19:58Parce qu'en fait,
19:58elle a quitté la Russie
19:59après cette condamnation.
20:00Il est venu en Pologne
20:01et donc,
20:01si jamais ça se découvre,
20:04il va être condamné
20:05chez nous,
20:06en Union européenne.
20:07D'ailleurs,
20:08il y a un problème.
20:08Pourquoi il est sur le sol européen ?
20:15Ça,
20:15Merci beaucoup à tous les cadres.

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