00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02Avec Philippe Mathias, c'est vos deux chroniqueurs du jour,
00:04Clélie Jean-Michel Stavater et Raphaël Stenville.
00:08Raphaël Glucksmann a eu du mal à se frayer un chemin hier, place de la République,
00:11après avoir été bloqué notamment par des sympathisants de la France Insoumise.
00:14Le candidat qui a remporté la primaire sociale et démocrate
00:19a fini par quitter la manifestation après une heure et demie.
00:23Écoutez.
00:24Socialistre ! Socialistre !
00:27Glucksmann n'est pas un camarade !
00:37Je vais vous dire une chose, s'il y a des militants politiques
00:41qui sont hostiles à notre présence, je m'en fous.
00:44Je m'en contrefous.
00:46Aujourd'hui, c'est la journée des travailleurs.
00:48Ce n'est pas la journée des militants politiques
00:50qui sont pour un autre candidat et qui cherchent à nous empêcher de nous exprimer.
00:55On ira partout, j'irai partout et nous ferons campagne partout.
00:59Il a essayé de garder son sourire, il a essayé de se défendre,
01:03mais il a été, vous avez entendu les insultes, en particulier les social traîtres.
01:07Mais je trouve que ça en dit long, Raphaël Steinville, pas vous ?
01:09Bien sûr que ça en dit long et ça devrait indigner tout le monde.
01:12Le problème, c'est que lorsque Raphaël Glucksmann promet de continuer à faire campagne partout,
01:17ça va se heurter malheureusement à la volonté, notamment,
01:21des militants de la France Insoumise et des leaders de la France Insoumise,
01:26d'empêcher Raphaël Glucksmann de faire campagne.
01:29Et la manière dont ils agissent, dont ils agissent souvent en meute,
01:34rend presque impossible à Raphaël Glucksmann, avec ses petites équipes,
01:39de pouvoir oser la confrontation avec ceux qui sont en train d'imposer une terreur
01:47à l'ensemble du spectre politique, c'est-à-dire que si on n'est pas avec eux,
01:51on est contre eux, même la moindre nuance n'est pas acceptable,
01:55et c'est pour ça qu'il est accusé d'être un social traître.
01:59Mais ça veut dire quoi ? Que la rue est à Jean-Luc Mélenchon ?
02:01Aujourd'hui, c'est difficile d'observer le contraire,
02:06ou de défendre qu'il y aurait un espace dans la rue à d'autres forces politiques.
02:13Voyez comment Raphaël Glucksmann a été accueilli,
02:15comment finalement un certain nombre d'autres leaders
02:20ne s'aventurent pas dans la rue lors de ces événements depuis le 17 octobre.
02:25C'est la France insoumise qui a imposé son tempo,
02:28et qui a posé sa marque sur ce mouvement.
02:31Jean-Michel Salvatore.
02:32Quand on regarde ça, on a vraiment l'impression que Raphaël Glucksmann est un herbivore
02:37au pays des carnivores.
02:38C'était pas Emmanuel Macron qui avait utilisé cette image ?
02:41C'était Macron plutôt, mais c'est vraiment l'impression qu'on a.
02:44Alors, il est assez sympathique quand il dit « bon, on me critique, mais je m'en fous ».
02:50En fait, c'est vrai que c'est assez étonnant, mais c'est pas si étonnant que ça malgré tout,
02:53parce que c'est un grand classique de l'extrême gauche.
02:56L'extrême gauche est toujours beaucoup plus sévère avec les sociodémocrates qu'avec la droite,
03:01puisque les sociodémocrates sont toujours accusés d'être des sociotraitres, etc.
03:05Enfin, c'est vieux comme l'extrême gauche.
03:06Et donc, il se reproduit ici la même chose, c'est-à-dire qu'on essaye de disqualifier,
03:11la France Insoumise essaye de disqualifier la gauche modérée pour mieux l'écraser.
03:16Alors, il y aura quand même un grand test dans tout ça.
03:18Ça sera évidemment la présidentielle.
03:20On verra combien pèse Raphaël Glucksmann.
03:23Et après tout, dans certaines configurations, il pourrait faire un score honorable,
03:27et même peut-être un score supérieur à Mélenchon.
03:29Rien n'est écrit pour l'instant.
03:31On ne sait pas si Garoui Alattal n'est pas candidat, par exemple.
03:33Ça offre quand même une petite lueur d'espoir pour Glucksmann.
03:38Et puis, l'autre test qui est peut-être encore plus important,
03:42c'est le test des législatives.
03:44Est-ce que les électeurs de Raphaël Glucksmann,
03:47et est-ce que Raphaël Glucksmann lui-même,
03:49feront voter pour des candidats de la France Insoumise,
03:52ou est-ce qu'ils resteront sur leur discours de...
03:55Jean-Michel, que je sache,
03:57ce n'est pas Raphaël Glucksmann qui va distribuer les investitures.
04:01C'est bien la direction du Parti Socialiste
04:04qui probablement pactisera avec la France Insoumise.
04:08C'est bien là toute la difficulté de Raphaël Glucksmann,
04:11aujourd'hui, dans cette géographie,
04:14qui laisse finalement peu d'espace à la modération à gauche,
04:18parce que l'hégémonie de la France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon
04:22est chaque jour plus importante sur la gauche.
04:24Oui, c'est vrai, mais Glucksmann, il est quand même assez déterminé
04:29sur le cordon sanitaire entre la gauche modérée et la gauche radicale,
04:36notamment parce qu'il subit lui-même dans sa chaire
04:39l'antisémitisme de la France Insoumise.
04:41Et souvenez-vous d'une manifestation à laquelle il a participé à Saint-Étienne,
04:46où là, il avait été accueilli par des slogans antisémites.
04:49Et donc, pour lui, évidemment, il a sans doute envie de davantage tenir la ligne
04:53qu'Olivier Faure, qui lui a forcément besoin de la France Insoumise pour être réélu.
04:57Parti communiste se divise aussi, je ne sais pas si vous avez vu ça,
05:00mais la majorité du groupe communiste et ultramarin à l'Assemblée Nationale,
05:03donc 9 députés sur les 17, et leur président Stéphane Peux,
05:08ont annoncé soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon hier.
05:10C'est-à-dire qu'ils ne vont pas soutenir le candidat Fabien Roussel,
05:13mais Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Stainville.
05:15Mais probablement pour les mêmes raisons qui expliquent que la direction du Parti Socialiste,
05:21dans six mois, conclura des alliances avec la France Insoumise.
05:26Le Parti communiste, les députés communistes, ont compris qu'ils ne doivent aujourd'hui
05:31leur survie politique qu'à des alliances très dumont scellées
05:37avec la France Insoumise et Jean-Luc Mélenchon.
05:39Oui, mais c'est une dissolution du PS dans la France Insoumise aussi.
05:42Du PS, du PC, pardon.
05:44Oui, mais alors moi, je trouve que c'est une nouvelle qui est assez inquiétante.
05:47Bien sûr.
05:48C'est une nouvelle qui est assez inquiétante parce que ça veut dire que Mélenchon
05:51est peut-être en train de réussir à être le grand fédérateur de la gauche.
05:54Bon, et ça, c'est évidemment très préoccupant parce que là,
06:00il réussit à décrocher une partie du Parti communiste.
06:04Il y aura forcément, si Mme Tondelier ne va pas jusqu'au bout de son aventure présidentielle,
06:08il y aura forcément des écolos qui appelleront à voter pour Mélenchon.
06:12Et là, ça veut dire qu'en fait, le fédérateur de la gauche,
06:15ce n'est plus le candidat modéré, comme pouvait l'être Mitterrand versus Georges Marchais
06:21ou Jospin versus Robert Rue, mais ça sera bien Jean-Luc Mélenchon,
06:25donc la gauche radicale.
06:27Et donc, ça veut dire que Mélenchon pourrait faire un score plus important
06:31que ce qu'on imagine aujourd'hui.
06:32Je disais tout à l'heure qu'il pouvait faire moins de Glucksmann,
06:35mais c'est vrai qu'avec, s'il y a ce phénomène de fédération autour de lui,
06:42évidemment que là, il peut faire un gros score.
06:45Et donc, c'est une très, très, très mauvaise nouvelle.
06:47Et dans cette campagne présidentielle, il y a aussi ce climat de tension autour des médias.
06:51On en parle sur Europe 1, dans le débat avec Jean-Michel Salvatore et Raphaël Steinville.
06:55Il est 13h48, vous êtes bien sûr Europe 1
06:58et vous écoutez Europe 1 Info avec Lélie Mathias.
07:0013h, 14h, Europe 1 Info.