00:00Frapper un manifestant tombé à terre, c'est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute
00:06la fonction policière.
00:07Ces mots, ils ont été écrits par Maurice Grimaud, le préfet de police de Paris en plein mai 68.
00:12Il adresse alors une lettre à tous ses policiers pour leur demander de ne pas commettre de violences illégitimes contre
00:18les manifestants.
00:19Et près de 60 ans plus tard, ces mots résonnent encore.
00:22A l'époque, la France connaît l'un des plus grands mouvements de contestation de son histoire.
00:25A Paris, les étudiants dressent des barricades, les pavés volent, les voitures brûlent, les affrontements avec les CRS sont extrêmement
00:32violents, il y a des blessés des deux côtés.
00:34Mais Grimaud sait qu'une intervention policière trop violente peut avoir l'effet inverse de celui recherché.
00:39Alors il écrit à ses hommes et les met en garde, il leur explique qu'ils peuvent gagner la bataille
00:43dans la rue, mais perdre quelque chose de beaucoup plus précieux, leur réputation.
00:48Toutes les fois qu'une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui
00:53souhaitent le venger.
00:54Cette escalade n'a pas de limite.
00:56Pour lui, la violence policière illégitime ne calme pas une foule, au contraire, elle risque de l'enflammer.
01:01Et ce qui est intéressant, c'est que ce n'est pas un militant qui écrit ça, c'est le
01:04patron de la police parisienne.
01:06Et il cherche justement à protéger ses policiers en évitant cette escalade.
01:09D'ailleurs, voilà comment il termine sa lettre.
01:20Avec ce qui se passe aujourd'hui, les lycéens blessés, les grenades, les LBD et les interventions au contact particulièrement
01:26violentes,
01:27une question se pose, est-ce qu'on a oublié les leçons de Maurice Grimaud ?
01:31Merci d'avoir regardé cette vidéo !