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  • il y a 9 minutes
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Louise, Julia, pour toutes les deux, c'est une grande première dans l'univers singulier d'Albert Dupontel.
00:06Singulier, je pèse mes mots.
00:08Quelle a été votre porte d'entrée dans cet univers-là pour toutes les deux ?
00:12Le premier film d'Albert, je crois.
00:14C'est ça, c'est Bernie.
00:16C'est comme ça qu'on l'a découvert.
00:18Et cette vitesse du rire, la façon dont ils sont tous foiliés à toute vitesse.
00:24Mais Bernie, par exemple, c'est un bon souvenir ou c'est un petit trauma quand même ?
00:28Moi, c'est un petit trauma parce que je crois que je l'ai vu trop jeune.
00:31Et donc, j'ai trouvé ça excessivement violent.
00:35Et après, je l'ai revu plus tard et donc je l'ai pleinement apprécié.
00:38Mais entre Bernie et le moment où je l'ai revu, j'ai quand même eu le temps de voir
00:43Enfermé dehors qui était plus cool.
00:45Et aussi Le vilain et bien sûr Neuf mois ferme qui a vraiment été extraordinaire.
00:51Comment est-ce que vous définiriez l'univers de Dupontel ?
00:53Son genre de film qui est assez peu courant dans le cinéma qu'on pratique de ce côté-ci de
00:59la Manche, en tout cas.
01:00Un humour très trash mais très humain.
01:02Très sensible dans le fond.
01:04Comme un enfant en colère qui fait des grosses conneries mais qui après…
01:10En fait, il y a beaucoup de tendresse néanmoins.
01:14En plus, pas mal dans ce film, je trouve.
01:17Mais dans tous ces films, à la fin, il y a quand même toujours…
01:22Même dans Bernie, il y a de l'amour, il y a le désir de se retrouver.
01:24Il aime ses personnages, oui.
01:26Mais je trouve que le mot enfant, il me vient, je ne sais pas pourquoi.
01:30Un grand enfant.
01:31Ouais.
01:31Moi, c'est vrai qu'il est vraiment punk.
01:33Je trouve que c'est vraiment un punk.
01:35Il s'en fout des règles, il s'en fout de tout.
01:37Mais en tout cas, je crois qu'il n'a pas d'attache à ce qu'on pourra penser de
01:41lui,
01:41ni de son écriture, ni quoi que ce soit.
01:43Il est vraiment sur l'émotion du spectateur, de la spectatrice.
01:47Il n'y aura pas de paraître avec lui.
01:51Excusez-moi, je viens d'apprendre que ma mère est morte.
01:53Moi aussi, ça m'a fait drôle.
01:54Mais qu'est-ce qui s'est passé ?
01:57À cause de la grève, je n'ai plus de personnel.
01:58Alors j'ai dû bricoler quelque chose pour garder maman au frail.
02:01Bonjour mademoiselle Amélie.
02:02Bonjour Climac.
02:02Ah là, la pauvre maman.
02:03En même temps, il fallait s'y attendre.
02:05Vous allez bien, mademoiselle Amélie ?
02:09Non, évidemment que non, parce que…
02:11On maintient la réunion un jeudi.
02:13Tu pourrais les caler ?
02:14Non.
02:14Pourquoi ?
02:14J'ai déjà fait mourir à maman il y a deux ans pour un autre conseil d'administration.
02:17Ce qu'il faudrait, c'est redonner des couloirs à maman,
02:19parce que là, avec le bleu du frigidaire, elle est à côté un peu je trompe,
02:21elle est toute bleue.
02:21Vous ne voulez pas nous montrer ?
02:22Je ne peux pas, je suis en grève.
02:25Il n'arrive plus à pleurer.
02:27C'est pareil, il faut penser à quelqu'un de proche qui est mort.
02:31Ne regarde pas comme ça, je ne suis pas mort.
02:33Le nouveau du Pontel s'appelle donc « Il faut brûler maman ».
02:36C'est un film qui tient ses promesses,
02:37puisqu'effectivement, il s'agit de brûler le corps de votre pauvre maman, très passé.
02:42Qu'est-ce que ça a de particulier de jouer avec,
02:44avoir pour partenaire, celui qui est en même temps le réalisateur
02:47et un réalisateur extrêmement pointilleux et précisé,
02:50qui sait exactement ce qu'il veut,
02:51le switch de l'un à l'autre ?
02:53Moi, j'ai des souvenirs quand on jouait au théâtre,
02:55parce qu'on a joué dans un petit théâtre un mois et demi avant le film.
02:58J'ai des souvenirs de le voir en scène,
03:00alors qu'on n'est que quatre au plateau.
03:02Et puis tout ça, c'était un peu délirant,
03:04parce qu'il faisait partir des fumées, etc.
03:05Il y avait 100 personnes dans la salle.
03:07C'était un petit théâtre, mais c'était foutre à cause.
03:10C'est en même temps très joyeux,
03:10mais avec des étincelles, des coups de flamme,
03:12je me disais qu'on va finir.
03:14Bref, et je le voyais sortir du jeu
03:17et rentrer dans le jeu tout le temps.
03:19C'est-à-dire que si Arthus, tout d'un coup,
03:21ne disait pas la réplique comme prévu,
03:23mais que ça faisait vachement rire les gens,
03:24tout d'un coup, il devenait spectateur.
03:26C'est limite s'il ne s'avançait pas dans le corps
03:27et puis il venait attraper,
03:29et puis il revenait dans le jeu.
03:31Et alors ça, à voir, c'était assez impressionnant.
03:33Ce qu'il n'a pas fait sur le tournage, assez peu.
03:35C'est aussi un processus inhabituel pour un film
03:37de se faire cinq semaines de répétition
03:40sur une scène de théâtre,
03:41parce que c'est un film très théâtral.
03:43Ça veut dire aussi que lui voulait privilégier
03:45le plan séquence.
03:47L'idée de faire tout le film en un seul plan
03:50ou en tous les cas en plusieurs plans qui se raccordent.
03:53Ça change tout, ça, non ?
03:54D'où ces répétitions extrêmement minutieuses
03:56qui au début nous semblaient parfois
03:59immensément difficiles,
04:00parce que c'était très long.
04:01On ne répète jamais un film aussi longtemps,
04:02et surtout pas les scènes.
04:04Je pense qu'on a dû les répéter
04:05presque 50 à 100 fois chacune.
04:08Mais en fait, heureusement qu'il avait mis ça en place,
04:10parce qu'ensuite, quand tu arrives
04:11sur le dispositif de tournage
04:12et qu'effectivement, il y a un plan séquence,
04:14tu ne peux pas mettre en péril la technique,
04:16parce que cette technique, elle se prépare.
04:18Donc en fait, on était très soulagés
04:20d'avoir autant travaillé.
04:21On sait exactement quel sera notre parcours.
04:24On le connaît par cœur.
04:24On l'a tellement habité, on l'a tellement vécu
04:26qu'on nous mette là, là, là.
04:29Il n'y a rien qui nous dérange.
04:30Et il n'y a rien qui nous dérange non plus
04:32dans le processus technique.
04:36C'est-à-dire que là, il va y avoir une caméra
04:38qui va tourner autour de toi.
04:39À côté, il va y avoir un mec qui va passer à quatre pattes,
04:41qui va déplacer le cercueil pour que ça se suive.
04:43Et puis là, le mec qui est à quatre pattes,
04:45il n'a pas le temps de ramener une bougie qui est là.
04:47Donc c'est toi qui la ramène discrètement
04:48et tu continues ta scène.
04:49Il y a une phrase que dit Denis Podaides,
04:52qui est donc le narrateur off, qu'on ne voit pas,
04:54et qui dit, il ouvre le film par
04:57« Commencer par la mort, cette histoire se termine par la vie ».
05:01C'est une phrase qu'on aimerait entendre
05:03lors de funérailles, non ?
05:04Oui, je pense.
05:05Je pose la question parce qu'on est un peu en situation.
05:07Mais c'est parce que le film d'Albert,
05:10je trouve qu'il parle beaucoup de la vie en réalité.
05:12Bien sûr.
05:12De la vie, de l'amour.
05:14Alors il y a le prisme de la mort qui est là,
05:16mais c'est justement parce que la mer est là
05:18qu'on se dit, il faut y aller maintenant.
05:20Il ne faut plus avoir peur.
05:21Et puis, il faut se lancer, quoi.
05:23Ça vous a réconcilié avec l'idée de la mort ?
05:25Je n'irai pas jusque-là, Antoine.
05:28Merci beaucoup.

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