00:00Tu devais m'embrasser.
00:01Vous vous trompez sur les jumpscares si vous pensez que c'est nul.
00:04Et vous inquiétez pas, il n'y en aura pas dans cette vidéo.
00:07Ça, c'est le premier jumpscare de l'histoire du cinéma.
00:10Dès 1922, l'idée est simple.
00:12Après une situation calme, un élément vient faire sursauter, de peur, le spectateur.
00:17Jump scare.
00:18Pourquoi il a mauvaise réputation ?
00:21Déjà, pour beaucoup, c'est un effet paresseux.
00:23Un gros bruit après un silence, ça fait sursauter.
00:26C'est naturel, c'est facile.
00:27D'autres ne sursautent plus, car après en avoir vu des tonnes,
00:32ils pensent connaître la technique.
00:34Un silence prolongé, un champ visuel limité, un miroir qu'on peut pivoter.
00:39J'adore les rimes en « eh ».
00:40Mais surtout, une attention détournée.
00:42Vous savez déjà que ça va surgir quelques secondes après ce qu'on veut vous faire croire.
00:48Non, il existe des excellents jumpscares qui prouvent que cette technique a encore sa place dans le cinéma de genre.
00:53Mais pour que ça fonctionne, il faut d'abord que le visuel soit terrifiant.
00:59Comme ça, oui.
01:00Je suis un appréciateur d'un bon jumpscare.
01:02Généralement, je veux être disturbé et upset par une image terrifiant.
01:06Un bon jumpscare doit pouvoir fonctionner sans le bruitage qui fait sursauter.
01:10C'est pas pour rien qu'il s'est inspiré du film Twin Peaks pour réaliser ce plan.
01:14David Lynch, c'est le meilleur pour créer ces images vraiment terrifiantes.
01:17Parce qu'il faut ensuite le mettre en scène, ce visuel.
01:20Et plus il est proche de la caméra, plus c'est marquant.
01:24En général, le jumpscare, bon ou mauvais, vient terminer une scène.
01:28On peut enfin souffler après avoir retenu notre souffle pendant un moment.
01:31Parce que, comme dirait Alfred, il n'y a pas de terreur dans la détonation, seulement dans l'attente de
01:36celle-ci.
01:36C'est la préparation qui fait tout.
01:38Dans Obsession, ce jumpscare arrive après 4 minutes d'attente.
01:42Même chose dans Évanouie.
01:43Il faut réussir à étirer le temps, mais pas artificiellement.
01:46Le dialogue est pour ça une belle porte d'entrée et de sortie.
01:49L'histoire se développe à travers les répliques des personnages,
01:52avant qu'un sursaut ne vienne la retourner.
01:54Pour révéler un antagoniste, ou pour simplement tuer un personnage.
01:59Le dernier secret, c'est le tempo.
02:01On a tous été marqués par ce jumpscare dans Insidious,
02:04parce qu'on s'attend à le voir dans un flashback nocturne,
02:07alors qu'il arrive en pleine journée.
02:08Mais plus tôt dans le film, il y en a un qui fait un coup de génie.
02:16La mise en scène nous pousse à suivre le regard du personnage vers son enfant,
02:20avant qu'on ne s'aperçoive qu'un monstre se cache derrière le lit.
02:23Il est là depuis le début, mais le brutage flippant n'intervient qu'une fois qu'on l'a repéré.
02:28Un léger décalage de son qui fait toute la différence.
02:32Voilà comment réaliser un bon jumpscare.
02:34Puis après, il y a Sam Remy qui aime terroriser les enfants en en foutant dans Spider-Man.
02:39Réveille-toi, petite araignée.
02:41Réveille-toi.