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Pouvoir d’achat : «Le mécontentement est plus important que durant les gilets jaunes», observe Jean-Michel Salavator

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00:0013h, 14h, Europe 1 Info, présenté par Clélie Mathias, accompagné de ces deux chroniqueurs du jour,
00:05avec vous aujourd'hui Jean-Michel Salvatore et Yvan Riaufol.
00:08Notre pouvoir d'achat, écoutez Maud Bréjon, porte-parole et ministre déléguée de l'énergie,
00:13qui a affirmé qu'une station sur deux avait baissé déjà les prix des carburants,
00:16elle était sur France Info ce matin.
00:18Aujourd'hui, à l'heure où on se parle, ce matin, une station sur deux a répercuté la baisse
00:23et ça va augmenter dans les heures et dans les jours à venir,
00:26en fonction du remplissage des cuves et de la livraison, encore une fois, de ces différents barils.
00:31On sera entre 12 et 18 centimes, c'est une excellente nouvelle pour les consommateurs.
00:35Ça tiendra à minima trois mois parce qu'on libère pour une durée de trois mois.
00:39Là, on a eu une action très concrète qui porte ses fruits et qui bénéficie au fin de mois.
00:44Alors effectivement, on ne peut que s'en féliciter, mais on a intérêt à faire vite le plein quand même.
00:49Oui, alors il ne faut pas faire la fine bouche, c'est vrai que 12 à 18 centimes de baisse
00:54par litre de diesel, c'est vrai que c'est bon à prendre, c'est très bien,
00:58mais ça ne change pas la vie malgré tout.
01:01Et puis surtout, ça va être court.
01:03Ça va durer trois mois.
01:04Et puis ensuite, c'est vrai que le problème du pouvoir d'achat est un problème qui est beaucoup plus
01:09large que ça,
01:11qui est notamment dû à l'augmentation de la fiscalité.
01:16sur l'énergie, évidemment, on a eu l'occasion de le dire, sur le fuel, etc., enfin sur le gaz,
01:21sur le tabac, parce qu'il y a aussi beaucoup de gens qui fument et qui voient que les taxes
01:26sur le tabac augmentent.
01:27Les complémentaires santé, on n'en parle jamais, mais les complémentaires santé augmentent énormément.
01:32Enfin, vous avez tout un tas, si vous voulez, de taxes qui augmentent d'une façon finalement quasiment invisible,
01:38mais pas du tout invisible pour les Français et pour les consommateurs.
01:41Et là, on aborde une crise, si vous voulez, qui est une crise incroyablement grave.
01:45Vous avez des instituts qui surveillent un petit peu l'opinion des Français sur leur pouvoir d'achat
01:51et qui vous expliquent, notamment Rex et Code, vous expliquent que la conflictualité en France
01:56est plus importante aujourd'hui que lors des Gilets jaunes.
02:00C'est-à-dire que le mécontentement des Français est plus important aujourd'hui que lors de la crise des
02:06Gilets jaunes.
02:06Donc ça donne une petite idée de ce qui se passe dans la société française.
02:09Et on n'a encore rien vu, puisque là commencent les négociations dans la grande distribution pour les prix de
02:142027.
02:15Et on voit bien qu'avec l'augmentation du prix de l'énergie, il va y avoir tout un tas
02:19de produits qui vont augmenter.
02:21Et donc, les produits alimentaires vont augmenter encore.
02:23Donc, on est face à un sujet qui est absolument gigantesque.
02:27Et c'est vrai que 12 à 18 centimes de baisse, c'est bien, mais ça ne change pas l
02:33'équation de la plupart des Français.
02:34Et il devrait y avoir du monde dans les rues, jeudi, avec cet appel des syndicats à se mobiliser contre
02:40la vie chère.
02:41Yvan Réphol.
02:42Remarquons que c'est un mouvement qui devient européen.
02:44C'est-à-dire que le mouvement de la vie chère est également un mouvement qui suscite des manifestations,
02:48d'ailleurs parfois violentes également, enfin moins qu'en France, en Italie, on a vu ça ailleurs.
02:52En Espagne.
02:53En Espagne, en Allemagne aussi.
02:54En Allemagne, enfin bref.
02:55Donc, on voit que c'est un mouvement qui, malgré tout, répond aussi à des mots d'ordre.
03:00Alors, je ne dis pas du tout, je ne veux pas du tout minimiser la crise sociale.
03:05Enfin, cette crise de la vie chère, cette crise du pouvoir d'achat, je cherchais le mot, excusez-moi.
03:12Mais encore une fois, il y a deux crises qui se superposent et qui seront au centre, en tout cas,
03:16du débat présidentiel.
03:17Il y a cette crise du pouvoir d'achat indéniable, mais enfin, qui est alimentée par toute une gauche qui
03:21ne veut voir que cette crise du pouvoir d'achat.
03:22Et puis, il y a cette grande, grave crise civilisationnelle que l'on voit apparaître et dont on interdit aujourd
03:28'hui de prononcer les mots qui fâchent
03:30et qui, elle, est bien comprise également par toute une partie d'une France qui, certes, souffre dans son pouvoir
03:37d'achat,
03:38mais souffre encore davantage de cette crise existentielle.
03:40Et donc, voyant la caricature qui a été donnée à cette crise du pouvoir d'achat par cette extrême gauche
03:45violente,
03:45elle décourage, me semble-t-il, en tout cas, moi, elle me décourage, alors que je suis sensible également, naturellement,
03:50à cette crise sociale,
03:51elle me décourage d'avoir à suivre, pour l'instant, les mots d'ante qui seraient donnés, par exemple, jeudi
03:55prochain, par la France insoumise et tout cela, pour protester.
03:59C'est en ça que vous voyez une différence avec ce qui s'est passé avec les gilets jaunes ?
04:02Oui, bien naturellement.
04:03Les gilets jaunes étaient un mouvement anti-fiscaliste, comme il y a pu en avoir naguère, jadis, dans les révolutions
04:09qui ont été celles de la Révolution française,
04:13notamment, en 1989, qui était due à une crise fiscale, mais les gilets jaunes étaient aussi une crise de la
04:19démocratie.
04:20Les gilets jaunes réclamaient, à travers leurs gilets jaunes, précisément, leur visibilité dans un débat démocratique.
04:25Ils voulaient avoir leur place à travers des référendums.
04:27Or, aujourd'hui, cette question de la crise de la démocratie est évacuée, aujourd'hui, au profit d'un parti,
04:33la France insoumise,
04:34qui déteste la démocratie et qui prétend, au contraire, au nom d'une représentativité qu'il s'est donnée sur
04:39toutes les souffrances populaires,
04:41n'avoir qu'une seule parole autorisée, la sienne, en désignant tous les autres comme étant fasciste, fascistoïde et proche
04:50du goulag, s'il y avait un goulag.
04:52Jean-Michel Salvatore.
04:53Ce qui est inquiétant, c'est qu'en fait, on sent que les Français ne sont pas au bout de
04:57leur peine,
04:57parce que tous les clignotants économiques sont en train de passer au rouge très, très, très vif.
05:03On disait que là, on était quasiment dans une situation de récession, pas tout à fait, mais presque.
05:08On voit que le chômage augmente.
05:10Et donc, on voit également que les magasins sont fermés, notamment le samedi,
05:15et que donc, il y a cette consommation qui fonctionne vraiment au ralenti.
05:22Et la conséquence de quoi, c'est tout ça ?
05:24La conséquence, c'est que ça va augmenter encore un peu plus la dette,
05:28parce que finalement, si la TVA rentre moins, s'il y a moins d'impôts sur les sociétés,
05:35pour le budget de l'État de 2027, ce n'est pas 43 milliards d'économies qu'il va falloir
05:40faire,
05:40mais c'est 12 milliards de plus, ce qu'a dit le ministre des Comptes publics vendredi dernier.
05:45Donc, ça veut dire que non seulement on est aujourd'hui dans une difficulté très grande
05:50avec un problème de pouvoir d'achat qui est dû notamment à l'augmentation des impôts,
05:53mais qu'avec la crise qui se surajoute, on va encore devoir faire davantage d'efforts
05:58et sans doute payer davantage d'impôts.
06:01Donc là, on est dans une situation absolument catastrophique.
06:04C'est un espèce de nœud coulant qui est en train d'étrangler à la fois les Français et l
06:08'économie française.
06:10Roland Lesquart l'a dit vendredi, on ira dans le mur s'il n'y a pas de redressement budgétaire.
06:15Oui, il a raison, sauf que malheureusement, le mur, c'est un peu lui qui l'a construit.
06:19Jean-Michel Sabato, il va y au folle dans le débat d'Europe 1.
06:22La question de la primaire de la droite et du centre sur Europe 1, on en parlera, vous entendrez Edouard
06:27Philippe et Gabriel Attal aussi d'ailleurs.
06:29Il est 13h48, merci d'avoir choisi Europe 1.
06:3213h, 14h, Europe 1 Info.
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