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  • il y a 10 minutes
La journaliste Régine Delfour était l'invitée de l’émission Police - Justice : 24H en France, sur CNEWS, ce lundi 2 novembre. Elle est revenue sur son agression dans le cortège parisien de la mobilisation du 31 octobre, saluant l'agent de sécurité qui s'est interposé pour la protéger. «Sans lui, je ne serais certainement pas là aujourd'hui en train de vous parler»,a-t-elle témoigné.  

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Transcription
00:00Non, ça va, moi, c'est vrai que quand c'est arrivé, en fait, ça va très vite, on a
00:06du mal à comprendre ce qui se passe.
00:08Et quand je vois, en fait, ces jeunes, en fait, on est pris à partie, mon agent se rapproche parce
00:16que les jeunes se rapprochent de moi,
00:17et en fait, ils s'interposent. Et je le regarde et je le vois tomber avec une vingtaine de jeunes,
00:24il y a des barres de fer,
00:24et en fait, je le vois qu'il me dit de partir. Et en fait, pendant tout le moment qui
00:28dure peut-être quelques minutes...
00:30On voit la séquence de ce jeune casseur qui met le feu aux poudres, en fait. Il essaie de taper
00:36avec un marteau sur un porte-fenêtre,
00:38et vous filmez à ce moment-là, il tape.
00:40Oui, en fait, l'objectif, là, c'est de casser le rebord de la fenêtre pour prendre les pierres et
00:44pour pouvoir les jeter sur les forces de l'ordre.
00:46Et votre présence dérange à ce moment-là.
00:48Parce qu'on est là, on voit des marteaux, on voit des armes, et on voit ce qu'ils sont
00:52en train de faire,
00:53et là, c'est clairement de la violence dirigée vers les forces de l'ordre.
00:57On est en train de le filmer, donc ça, ça dérange.
00:59Et alors, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Il y a un groupe qui fond
01:02sur vous, ils sont nombreux, je crois.
01:04Mais avant que les forces de l'ordre, en fait, les forces de l'ordre sont dans une rue.
01:09Et elles ne sont pas nombreuses.
01:11Donc, les jeunes arrivent très, très vite.
01:14Il y a des échanges avec des grenades de tir de gaz lacrymogènes.
01:19pour eux, les policiers, partir, mais à un moment donné, quand ils partent, en fait, nous, on reste.
01:23Et les jeunes m'avaient déjà visé, parce qu'ils utilisent des lasers.
01:27Le laser, en fait, vous permet, quelqu'un me cible avec le laser, et les autres sont autour, me lancent
01:32des pierres.
01:32Donc, il y a un faisceau vert qui est pointé sur vous, et c'est le signal pour que les
01:36autres puissent vous jeter des pierres.
01:37Et c'est ce qui se passe à ce moment-là.
01:38C'est ce qui se passe à ce moment-là.
01:39Et au début, je ne comprends pas.
01:40Je me dis, mais en fait, les forces de l'ordre sont en face, pourquoi je reçois des pierres ?
01:42Le temps que vous savez, ça monte comme ça, qu'on réalise ce qui se passe.
01:47Et à ce moment-là, les policiers, eux, partent.
01:50Et nous, on se retrouve tout seuls.
01:52Donc, mon agent voit la scène, voit ce que je vais être vraiment prise à partie.
01:56On a vu des marteaux, on a vu aussi des barres de fer.
01:59Donc, en fait, il fait tampon.
02:01Voilà, il fait tampon.
02:02Il tombe.
02:03Et dans son regard, je vois qu'il me dit de partir.
02:06Parce qu'en fait, moi, je ne sais pas pourquoi.
02:09Ce n'est pas moi qui vais protéger mon agent.
02:10Mais quelque part, je me dis, je dois rester pour l'aider.
02:12C'est complètement inconscient de ma part.
02:14Mais c'est comme ça.
02:15C'est sur le moment.
02:15Et donc, je pars.
02:16Et pendant le moment, les quelques minutes où je peux rejoindre une rue,
02:19je suis là en train de me dire, ils l'ont tué, ils l'ont tué, ils l'ont tué.
02:21Et puis moi, j'ai perdu mon caméraman.
02:23Parce qu'au moment où vous le quittez, lui, il est déjà par terre en train de se faire taper
02:26par seconde.
02:28Et ils se sont acharnés sur lui.
02:29C'est ce qu'il vous racontera plus tard.
02:31Comment il va aujourd'hui ?
02:32Là, ça va.
02:34Hier, en fait, dès quand on le retrouve, on va aux urgences.
02:38Il passe plusieurs radios.
02:40Après, on porte plainte.
02:41On va au commissariat pour qu'il porte plainte.
02:42Mais le lendemain, il m'appelle.
02:44Donc hier, il m'appelle et il me dit qu'il a un traumatisme crânien quand même.
02:48Et il me dit, en fait, j'ai eu des vomissements.
02:50Je dis, mais c'est extrêmement dangereux.
02:51Il appelle tout de suite le 15 et il va aux urgences.
02:53Donc il a refait un scanner.
02:55Donc apparemment, là-bas, on lui a dit que ça allait.
02:58Mais il a rendez-vous demain pour voir un médecin.
03:02Vous savez, un médecin légiste qui soit habilité à prescrire des jours d'ITT.
03:07Alors évidemment, on a une pensée.
03:09On espère qu'il nous regarde.
03:10En tout cas, il sait que vous prenez faite écosse pour lui.
03:12On a une pensée pour lui.
03:14Et bravo à lui parce que vous le dites, quand on s'est croisés tout à l'heure,
03:17il vous a sauvé la vie.
03:19Sans ça, vous pourriez potentiellement être pensé.
03:21Je ne serais pas là.
03:22Je ne serais certainement pas là en train de vous parler.
03:24Et c'est pour ça que, oui, j'ai beaucoup...
03:27Enfin, je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens pour lui.
03:31Je n'ai pas envie de donner non plus son prénom.
03:33Mais voilà, je reste évidemment très, très proche de lui.
03:36Il m'a sauvé la vie.
03:37Il m'a sauvé la vie.

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