00:00Oui, il est aux alentours de 17h30. En fait, nous, on a commencé par le cortège sauvage rue de la
00:05Roquette,
00:06parce qu'il y a un cortège qui s'est improvisé, et qui, après discussion, a rejoint le cortège officiel.
00:10On arrive à Porte de Montreuil, ça se passe plutôt bien. On n'est pas encore Porte de Charenton, on
00:14n'est pas très loin.
00:15Mais on voit déjà des fumées, il y a eu des tirs de gaz lacrymogènes, on a des équipes qui
00:20sont Porte de la Charenton.
00:22On sait qu'il y a eu déjà des exactions. Et donc, j'ai l'habitude aussi, comme vous l
00:27'avez fait aussi vous,
00:30et d'autre part le passé, de couvrir les manifestations, on l'a fait depuis les Gilets jaunes.
00:33Donc, on sait très bien, quand il y a des forces de l'ordre dans un coin de rue, que
00:37c'est risque de tension, de points de pressionation.
00:40Donc, je vois des forces de l'ordre dans une rue adjacente, et je dis, bon, on va se mettre
00:43là.
00:45Et l'erreur, c'est que je n'ai pas vu dans la rue qu'il n'y avait pas
00:47de camions de ces forces, c'était des gendarmes,
00:50qu'il n'y avait pas les camions des gendarmes mobiles, parce qu'en fait, ils n'étaient pas assez
00:53nombreux, ils ont dû reculer.
00:55Donc, il y a toutes ces scènes où, en fait, il y a ces... Pour moi, c'est plus des
00:59black dogs que des casseurs,
01:01parce que là, ils sont vraiment là pour faire du mal.
01:04Et donc, on a cette scène où, devant nous, il y a quelqu'un avec un marteau qui casse le
01:09rebord de la fenêtre
01:10pour prendre les pierres et pour les jeter.
01:12On voit aussi ces lasers verts, c'est comme ça qu'ils nous pointent.
01:18À un moment donné, je ne comprends pas pourquoi cette lumière arrive vers moi,
01:20et il y a des pierres qui arrivent vers moi, parce qu'on est visé, parce qu'on me dérange.
01:24Et à ce moment-là, les forces de l'ordre, les gendarmes sont là,
01:28ils lancent plusieurs cartouches de gaz lacrymogènes et reculent pour leur protection.
01:34Mais nous, on se retrouve tout seuls, au milieu, en fait, de tous ces gens.
01:37Mais à côté de ça, il y a aussi des manifestants, lambda, qui nous voient et qui ne font rien.
01:41Et mon agent de sécurité, on se regarde, me dit, essaye de te mettre contre le mur.
01:47Et à ce moment-là, il y en a à peu près une vingtaine qui viennent lui tomber dessus.
01:51Il est en train de rouler.
01:51Moi, j'ai un moment de panique.
01:53Je me dis, est-ce que je dois y aller ?
01:54Mais non, je ne suis pas moi qui vais le faire.
01:55Et il me fait comprendre de partir.
01:58La personne qui est mon caméraman est déjà partie avec On s'est perdus.
02:01Et là, moi, pendant plusieurs minutes, je pars et je suis en train de me dire,
02:04mais je l'ai vu rouler, j'ai vu ces gens, ils avaient des barres de fer.
02:07Je me dis, ça y est, il est mort.
02:08Il est mort.
02:10Je suis en mode en toupie, il est mort.
02:13Il voulait nous tuer, vraiment.
02:14Et il m'a sauvé la vie.
02:16J'arrive à le retrouver quelques, enfin, il y a un mème, une demi-heure après.
02:20Bon, on est parti aux urgences, on a porté plainte.
02:23Mais là, il est actuellement encore aux urgences parce qu'il a un traumatisme crânien.
02:27Donc, il a vomi comme quand on a un traumatisme crânien.
02:30Et c'est plutôt inquiétant.
02:31Il a une blessure labiaille.
02:34Il a des blessures aussi à la jambe parce qu'ils se sont acharnés.
02:37Ils se sont tabassés.
02:38Et il m'a sauvé la vie.
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