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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur les événements violents de ce week-end en marge des manifestations.

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00:00Bon, disons ce qui s'est passé ce week-end avec Charles Lalonde qui a dit
00:04« Nous assistons à une montée inquiétante de la haine, de la violence et d'une censure de plus en
00:07plus dangereuse. »
00:08Vous avez Jean-Luc Mélenchon, dommage que les quatre télés en continu soient encore retenus tout le dimanche
00:12à montrer des images de feu de poubelle pour motiver des justiciers comme à Trappes ou inciter à voter Le
00:16Pen.
00:17Sinon, elles auraient le temps de nous parler des choses qui comptent.
00:19La crise financière qui avance, la reprise des combats dans le golfe, les revendications contre la vie chère.
00:23Quand on voit ce qu'on voit, comme dirait Edouard Philippe, on comprend qu'on nous empêche de voir autre
00:27chose,
00:27a dit Jean-Luc Mélenchon qui cible en permanence les journalistes.
00:30Alors, voyez ces images que vous avez sans doute vues.
00:33Ce cocktail Molotov, notamment auprès de CRS qui a été lancé.
00:39Vous voyez cette violence absolument inouïe qu'en France on a rarement vue ces dernières années.
00:47Ça, ça se passait, je crois que c'était à Porte de Charenton.
00:52Vous voyez également l'effigie d'Emmanuel Macron.
00:55Emmanuel Macron qui a été brûlé à l'effigie et qui a été montré, et je le dis pour l
01:03'antenne d'Europe 1.
01:06Est-ce qu'on peut voir Emmanuel Macron ?
01:10Donc voilà à quoi s'amusent ces jeunes gens.
01:13Tu aimerais vraiment les avoir en face de toi ces jeunes gens ?
01:16Ou pas ?
01:17Mais si, parce que moi je pense qu'il faudrait, c'est ça, tolérance zéro, on ne peut pas tolérer
01:20ça dans notre pays.
01:22Et puis l'agression, effectivement, qu'a subie Régine près de la Porte de Charenton.
01:27Grand reporter pour ces news, je le rappelle, Régine.
01:30Et on va voir cette séquence qui a été prise à partie ce samedi alors qu'elle couvrait le cortège
01:34parisien.
01:34Une vingtaine d'individus s'apprêtaient à s'en prendre à elle.
01:37Son agent de sécurité est intervenu pour la protéger.
01:40Il a été blessé, il est victime d'un traumatisme crânien.
01:42Il est toujours à l'hôpital ?
01:44Il est sorti de l'hôpital.
01:44Il est sorti hier soir ?
01:45En fait, il était sorti, il a dû revenir parce qu'il vomissait.
01:48Vous savez, quand vous avez un traumatisme crânien, c'est très alarmant quand on vomit.
01:51Donc il a été réhospitalisé et il m'a dit qu'il était sorti.
01:56Donc voyons cette séquence et on en parle ensuite ensemble.
02:04Je le dis pour l'Europe 1, évidemment.
02:07On voit Régine qui est agressée.
02:11Des manifestants foncent sur la caméra.
02:15Ces gens ont des marteaux.
02:19Ils sont évidemment le visage couvert.
02:22On ne les voit pas.
02:23Ce sont des black blocs.
02:26Et ils sont prêts à tout puisque vous avez dit que votre agent de sécurité vous a sauvé la vie.
02:31Il n'y a pas un mot nulle part.
02:33J'ai regardé dans le Parisien ce matin, il n'y a pas un mot nulle part.
02:36Y compris la ministre.
02:37C'est-à-dire qu'on attend, vraiment, c'est intéressant, le Parisien, les journaux.
02:41Il n'y a pas un mot nulle part.
02:43Et on attend effectivement la ministre de la Culture.
02:45Ils veulent, je ne sais pas ce qu'ils veulent d'ailleurs, je ne vais pas dire ce qu'ils
02:47veulent.
02:48Peut-être qu'ils réagiront ce jour-là.
02:50Régine.
02:50Oui, parce que moi j'ai décidé de prendre la parole, non pas pour raconter mon histoire,
02:53mais pour raconter le climat dans lequel nous évoluons, nous les journalistes de terrain.
02:57Déjà rappelez ce qu'est un journaliste de terrain.
02:59Ce n'est pas un éditorialiste.
03:00Il est là sur le terrain pour montrer ce qu'il voit, pour relater ce qu'il voit, pour dire
03:05ce qu'il entend.
03:06On ne fait que ce métier-là.
03:08On ne prend pas partie.
03:10Là, je sors de mon rôle, exceptionnellement depuis hier, de mon rôle de journaliste,
03:15pour taper du poing sur la table, pour dire ça suffit.
03:18Depuis donc le 23 octobre dernier, depuis cet attentat raciste qui est imputé à l'antenne de CNews, à la
03:25chaîne,
03:26puisque soi-disant c'est parce que la chaîne CNews serait raciste, qu'on aurait donc eu cet attentat raciste.
03:31On a vu des journalistes, nos journalistes, qui ont été refusés à l'Assemblée nationale.
03:36Des journalistes qui ont été pris à partie par des syndicats étudiants.
03:40On a refusé de leur parler.
03:41On les a filmés à leur insu.
03:42On les a mis sur les réseaux sociaux.
03:44D'autres médias ont reposté ça.
03:46J'ai vu certains de mes confrères liker ça.
03:50Des confrères que j'ai pu aider, moi, sur des terrains de guerre, pour qu'ils puissent avoir des reportages.
03:54Donc ça, c'est quand même assez malaisant.
03:56Et donc là, je voulais dire, en fait, ça ne vous a pas échappé.
03:59J'ai une couleur de peau différente que celle qui est blanche.
04:02Je suis d'origine indienne, je le dis, parce que je me prends beaucoup d'insultes.
04:06Ils ne savent pas que je suis d'origine indienne.
04:07Donc si on veut m'insulter, qu'on m'insulte correctement.
04:11Et en fait, je voulais dire aussi, dans cette rédaction,
04:14ça fait 30 ans que je suis journaliste.
04:15Ça fait 30 ans que j'ai une carte de prêche.
04:16Je suis passée par différentes rédactions.
04:18Le père de mon fils est également journaliste.
04:20On connaît beaucoup, beaucoup de rédactions.
04:22Je suis dans une rédaction qui est extrêmement diversifiée.
04:26Il y a beaucoup d'origines.
04:27On est de confessions multiples.
04:30On a un vivre ensemble qui est vraiment extraordinaire.
04:34Les pigistes nous le disent qu'il y a une ambiance extrêmement bonne.
04:38On a des présentateurs vedettes qui sont très accessibles,
04:41qui ont toujours un mot très sympathique, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de rédactions,
04:44ce qui n'est pas le cas dans même des rédactions.
04:46Moi, j'ai pu être dans des news magazines où on me parlait à peine,
04:49parce que bon, j'étais une petite jeune, voilà.
04:51Et donc, nous faire taxer de racisme sans arrêt,
04:54par des hommes politiques, par des syndicats,
04:57cédier dans les médias, ça veut dire que cette parole, elle est adoubée.
05:00Ça veut dire que maintenant, on peut venir nous frapper.
05:03Et dans cette séquence où on ne m'a pas reconnue en tant que journaliste de CNews,
05:09parce que je suis casquée, parce que c'est dangereux,
05:11et moi, je n'ai pas un micro, mon micro, il est caché,
05:14je ne suis pas, voilà, je suis en train de faire mon métier,
05:16je suis derrière le caméraman qui m'accompagne.
05:18On est ciblé parce qu'on a vu sur ces images quelqu'un avec un marteau
05:22qui est en train de détruire un rebord de fenêtres
05:26pour prendre des pierres, pour les jeter sur les forces de l'ordre.
05:30Parce que là, contrairement au 17 octobre, nous n'avons pas affaire à des casseurs pilleurs,
05:33nous avons affaire à des black blocs, des gens qui sont là d'une violence extrême.
05:38Une violence que moi, j'ai vue à Sainte-Soline quand j'étais du côté des gendarmes,
05:41où c'était exactement les mêmes côtés, le Molotov,
05:43où on a vu ces véhicules incendiés, c'était exactement la même chose.
05:46J'avais d'ailleurs témoigné à l'Assemblée nationale,
05:49avec Gérald Briceviret, pour dénoncer ces violences.
05:52Là, nous avons été témoins de ces violences-là.
05:55Et ils n'ont pas aimé qu'on les filme,
05:57parce que si on les filme, on a des images,
05:58et évidemment, ça sera donné aux enquêteurs.
06:01Mais s'en prenant à nous, ils savent très bien qu'il y a une plainte qui est déposée aussi.
06:04Donc les images vont être aussi étudiées.
06:06Donc voilà, c'est pour ça que je voulais...
06:08Hier, j'ai pris la parole au nom de tous les journalistes,
06:11parce que j'ai dit, je ne vais pas prêcher uniquement pour ma paroisse,
06:14je ne vais pas uniquement prêcher pour CNews.
06:16Parce que sur le terrain, samedi, il y a des équipes de LCI
06:20qui ont été poursuivies à Marseille.
06:21BFM a aussi été poursuivies, dérangées pendant ces interventions.
06:26Donc j'ai voulu en parler.
06:28J'ai fait des posts sur les réseaux sociaux,
06:30puisque j'ai pas mal de mes confrères.
06:31Et bien en fait, je pense que je peux compter sur les doigts de ma main
06:34uniquement les personnes qui m'ont répondu,
06:36ou qui m'ont appelé.
06:37Et voilà.
06:38Ben merci.
06:40Merci Régine de ce que vous dites.
06:41Merci effectivement de parler de tous les gens qui sont sur le terrain.

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