00:00Radio sur CNews et sur Europe 1, c'est Jérôme Gage. Bonjour à vous, bienvenue.
00:03Bonjour Laurent Cibari.
00:03Une députée socialiste de l'Essonne.
00:05Les blocages des lycées reprennent ce matin dans la capitale et sans doute dans d'autres villes.
00:09On en est au troisième week-end de mobilisation aussi.
00:12Il y a 320 000 personnes qui ont manifesté avant que la rue nous soit livrée à nouveau au casset.
00:16On va parler des lycéens dans un instant, mais il y a eu des scènes terribles comme ce gendarme mobile
00:21qui a été blessé, visé par un cocktail Molotov, sa jambe a pris feu.
00:25Catastrophe évité de peu, nous a-t-il dit, après coup ?
00:28Pourquoi la gauche est silencieuse depuis samedi soir ?
00:30Pourquoi ne vous a-t-on pas entendu dénoncer ces violences contre les forces de l'ordre ?
00:34Laurent Cibari, moi je n'ai pas le sentiment d'être silencieux depuis le 17 octobre.
00:39Il y a deux sujets qui sont distincts et merci à vous, vous le faites à l'instant,
00:43c'est bien de le faire systématiquement, ce n'est pas toujours le cas,
00:46de distinguer les casseurs, les pilleurs pour lesquels il n'y a absolument aucune sympathie.
00:51Ces gens-là abîment la revendication que les lycéens souhaitent porter
00:54ou que le mouvement social souhaite porter.
00:56Donc moi les choses sont claires, je n'ai aucune sympathie, je condamne, je méprise,
01:00je déteste ceux qui viennent casser du flic, casser des vitrines, piller et voler.
01:06Ça, ce n'est pas la concorde, ce n'est pas la capacité de vivre ensemble.
01:10Donc, totale solidarité à chaque fois qu'un policier est pris à partie,
01:14totale condamnation à chaque fois qu'un policier ne fait pas bien son boulot
01:18et on a aussi parfois des images de coups de matraque à droite à gauche
01:21qui ne sont pas sympathiques, mais totale sympathie pour les policiers.
01:25Je le dis, voilà, à chaque fois qu'un policier se fait rouer de coups
01:30ou se prend un engin incendiaire, c'est la même sympathie que j'ai
01:34pour tout défenseur du service public.
01:36Quand un agent de mairie se fait tabasser dans le hall d'accueil,
01:40quand une infirmière se fait insulter aux urgences,
01:43et un policier, je vais vous dire encore plus,
01:44parce qu'on a besoin de l'ordre républicain pour pouvoir avoir la dispute apaisée
01:49et le débat démocratique.
01:51Donc, je distingue bien les deux.
01:53Voilà, aucune sympathie.
01:55Et encore une fois, condamnation totale.
01:57Ces gens-là sont des débiles.
01:58Voilà, ce sont des casseurs, des pilleurs, des délinquants,
02:01parce que c'est comme ça que ça s'appelle.
02:03Et donc, je n'ai pas d'état d'âme.
02:04Donc, ne venez pas chercher le fait que la gauche serait hésitante
02:08sur la condamnation des violences parce que l'ordre républicain...
02:11De la France Insoumise, qui est le martèle tous les jours,
02:14par tous ses représentants, la police-tue, Jérôme Gage ?
02:16Écoutez, moi, d'abord, deux choses.
02:18Je n'ai pas peur de la France Insoumise,
02:19et je condamne l'expression la police-tue,
02:21parce que je condamne tous les amalgames dans le débat public.
02:24Et surtout, je condamne la stigmatisation.
02:27On ne peut pas être, et c'est mon cas, un défenseur du service public
02:30et dire que, de manière systémique, de manière structurelle,
02:35les policiers seraient un problème.
02:37Non, on a besoin de police dans ce pays,
02:39parce que... Et on a besoin d'une police républicaine.
02:41C'est pour ça que... Et ce n'est pas pour édulcorer.
02:44C'est pour ça que, de la même manière,
02:45il faut être totalement intransigeant à chaque fois
02:48qu'il y a un policier ou des policiers qui ne font pas bien leur métier,
02:52parce qu'ils abîment la noblesse de ce métier.
02:55Il y a aussi des violences contre les commerçants.
02:57Ils n'ont plus de leurs yeux pour plairer.
02:5920 commerces pillés ce week-end, et alors, tout irait bien ?
03:02On dit que c'est mieux que le 17 octobre ?
03:04Vous vous en contentez, Jérôme Gage ?
03:06Encore une fois, je ne me contente jamais du moindre mal.
03:11Et des violences de cette nature n'ont pas leur place dans la société,
03:15mais comme toutes les violences.
03:16Donc c'est pour ça que vous ne viendrez pas me chercher
03:18sur le fait qu'il y aurait une forme de complaisance.
03:20Non, je vous pose des questions, je ne viens pas me chercher.
03:22Oui, mais vous voyez bien, on est dans une interview, je viens ici,
03:28vous savez, Laurence Ferrari, je sais en venant ici, dans la période encore plus,
03:32que ce n'est pas le plus simple, parce qu'il y a beaucoup de gens
03:34qui vous reprochent, et je trouve que c'est un débat qui doit avoir lieu.
03:38Et chacun doit se poser la question.
03:39Je suis sûr que vous avez écouté, sur un autre sujet,
03:42le très poignant discours du maire de Trappes, vendredi soir,
03:46Ali Rabé, qui demande à chacun de faire son examen de conscience.
03:51Élus locaux, citoyens, à propos de l'attentat raciste qui est lieu là-bas.
03:56Non, mais je trouve que c'est intéressant, parce que ça pose la question
03:58dans la perception qu'on a.
04:00Et il s'est adressé à votre chaîne de télévision.
04:02Bien sûr, on n'est pas exclu de sa conférence de presse.