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  • il y a 24 minutes
Ce samedi 31 octobre, à peine quelques heures avant la manifestation prévue par les syndicats FO de l'enseignement, le tribunal administratif a maintenu l'interdiction prononcée par la préfecture. Pour l'avocate Tamaris Fürstenheim, il s'agit d'une "atteinte grave à la liberté d'expression"

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Transcription
00:00D'accord, donc le syndicat des avocats de France et les syndicats FO et SNUDI 34
00:06ont contesté l'interdiction de la préfète de la manifestation déclarée d'aujourd'hui, le 31 octobre.
00:14La grosse difficulté qu'on a, c'est que cette manifestation était prévue sur un parcours
00:19qui a été expressément proposé et accepté par la préfecture.
00:25Donc on a une déclaration de manifestation sur laquelle le préfet dit
00:30« Moi je suis en capacité d'encadrer avec mes forces de l'ordre la manifestation seulement si elle fait
00:34ce parcours-là,
00:35qui n'a rien à voir avec le centre-ville. »
00:37Les syndicats disent « D'accord ». Et malgré ça, on a la préfète qui interdit quand même.
00:42Donc ça c'est tout à fait hallucinant.
00:44D'ailleurs, cette nuit même à Paris, le Conseil d'État a validé une interdiction de manifestation
00:49qui devait passer par la Bastille. C'est regrettable.
00:52Mais ce que le Conseil d'État a dit, c'est qu'il aurait fallu choisir l'itinéraire proposé par
00:58la préfecture.
00:59Ici à Montpellier, c'est exactement ce qui s'est passé. Et pourtant la préfète interdit quand même.
01:03Donc ça c'est un premier problème.
01:04Le deuxième problème, c'est qu'il faut quand même rappeler, on a tendance à l'oublier,
01:08que c'est le rôle de la police et de l'État de maintenir l'ordre.
01:12Le rôle de base, c'est que la police encadre la manifestation.
01:17Si on veut interdire, le préfet doit démontrer avec des éléments chiffrés qu'il n'a pas assez de policiers
01:23pour le faire.
01:24Or, on n'a aucun élément chiffré ici. On nous dit juste qu'ils sont épuisés.
01:27Je les comprends, je suis désolée pour eux.
01:29Mais on ne nous dit absolument pas de combien de policiers manqueraient pour encadrer.
01:35Et par ailleurs, il y a un renversement très problématique de la règle juridique,
01:40qui est que le préfet ne donne pas de chiffres pour justifier qu'il n'a pas assez de policiers.
01:45Mais par contre, il exige de la part des syndicats déclarants de fournir des preuves
01:50comme quoi ils disposent d'un service d'ordre qui aurait manifestement à lui seul la charge d'assurer l
01:56'ordre public.
01:57Alors, rien dans la loi n'oblige les déclarants à une manifestation de produire une preuve qu'ils auront un
02:05service d'ordre.
02:06Pour autant, les syndicats organisateurs l'ont fait.
02:09Ils ont déclaré à la préfecture qu'ils avaient 100 personnes pour encadrer cette manifestation.
02:13Et la préfète, ajoutant des conditions à la loi, ne s'en satisfait toujours pas et exige maintenant d'avoir
02:18une liste de noms.
02:20Donc, on est en France, on n'est pas en Corée du Nord.
02:22À un moment donné, il va falloir respecter l'état de droit, la liberté de manifester.
02:25Et cette interdiction, aujourd'hui, elle est totalement attentatoire aux libertés fondamentales.
02:30Est-ce que vous avez besoin de se voir que l'administratif vous ait raison ?
02:33J'espère que le juge saura faire preuve de rigueur et ne pas se laisser émouvoir par les tensions politiques.
02:39Aujourd'hui, on constate, à l'heure où nous parlons, que la préfecture refuse de sécuriser le parcours
02:47et donc refuse d'apporter la sécurité nécessaire à ces lycéens, à ces jeunes qui veulent exprimer les revendications qui
02:56sont les leurs
02:57et qui, je le rappelle, sont celles aussi des organisations syndicales de l'éducation nationale.
03:02On se demande à quoi joue la préfecture en adoptant de telles décisions
03:07puisque, finalement, ce qui va se produire pour les lycéens et les étudiants
03:15et les autres personnes qui veulent manifester sur la base des revendications qu'on a énoncées
03:21pour le pouvoir d'achat, contre la bichère, pour la défense des services publics,
03:25pour des conditions dignes d'enseignement,
03:27et bien vont être contraints de le faire en dehors de ce cadre légal et sécurisé.
03:36Donc à quoi joue la préfecture en créant ce désordre ?
03:39C'est extrêmement inquiétant parce qu'on le voit bien depuis le début de cette mobilisation de la jeunesse,
03:48la réponse de l'État n'a été que de la répression
03:53et une répression extrêmement féroce.
03:56Je rappelle quand même les mutilations qui ont été subies par un certain nombre de jeunes,
04:02et en particulier des mineurs.
04:03Le nombre incroyablement élevé d'arrestations, de gardes à vue et de condamnations.
04:11Est-ce que le gouvernement pense pouvoir répondre aux revendications légitimes
04:20qui sont exprimées sur cette base exclusivement répressive ?
04:25Nous pensons qu'il n'y a qu'une seule issue, c'est de répondre aux revendications
04:31et certainement pas d'empêcher par des interdictions attentatoires
04:37de façon extrêmement grave au droit de manifester.

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