00:00Écoutez, oui, depuis tout à l'heure, on a pu voir une bonne centaine, si ce n'est 200, 300
00:04étudiants, en tout cas plusieurs personnes qui étaient venues pour se réunir.
00:08On rappelle que cette manifestation est interdite. On voit beaucoup de cars de CRS qui sont postés autour de cette
00:14place.
00:15Et on rejoint d'ailleurs tout de suite deux membres du comité d'Interfax, justement.
00:20Est-ce que vous pouvez nous expliquer, est-ce que vous comprenez déjà cette décision d'interdire cette manifestation ?
00:26Non, on ne la comprend pas. Là, les forces de l'ordre, ils viennent de nous menacer qu'ils allaient
00:30rentrer dans la bourse du travail.
00:31On s'est réfugiés pour s'organiser en AG. Le but avec l'interdiction, c'est de nous faire baisser
00:37la tête, c'est de nous intimider.
00:39Mais nous, ce qu'on veut répondre, c'est qu'on ne se laissera pas intimider. On va continuer de
00:42s'organiser.
00:43On va continuer de porter nos revendications parce qu'on a des revendications.
00:47Et ça, les forces de l'ordre, c'est ce qu'ils essayent de faire, la préfecture, l'État, même
00:51Macron avec son discours.
00:52Ce qu'il essaye de faire en interdisant toute manifestation, c'est de nous faire taire.
00:56Nous, on ne se taira pas. On continuera de s'exprimer.
00:59C'est pour ça qu'on se réunit en AG à la place de ce rassemblement qui a été interdit.
01:03Cette interdiction, elle est honteuse. Les motifs qui sont soulevés par la préfecture, ils sont complètement illégitimes.
01:07Ça parle d'un service d'ordre qui ne serait pas suffisant pour assurer la sécurité de la manif.
01:13Nous, on a fait une manifestation mardi dernier avec les mêmes effectifs et on était suffisamment.
01:19Est-ce que pour vous, justement, il y a une forme d'interdiction politique dans ces interdictions de manifestation ?
01:26Bien sûr. Le droit de manifester, c'est un droit qu'on défend à fond parce que c'est un
01:32des seuls endroits où on peut encore s'exprimer librement
01:35et montrer que, oui, on est beaucoup à être contre ce qui se passe actuellement dans la société.
01:40Et c'est un des rares moments où on peut vraiment se rassembler et se rendre compte de notre force,
01:44voire notre nombre.
01:45Et là, c'est vraiment hyper violent de devoir se rassembler à l'intérieur de la Bourse du Travail.
01:49Bon, on le fait parce qu'on ne va pas juste rien faire, quoi.
01:52Mais je veux dire, dans la Bourse du Travail, on ne peut pas montrer notre nombre.
01:55On ne peut pas s'exprimer vraiment. On est obligé de discuter dans un intérieur.
01:59Bon, c'est bien pour s'organiser et c'est super important.
02:01Mais voilà, ce qu'on voulait faire aujourd'hui, c'était répondre à l'appel national et montrer qu'on
02:05était tous présents dans la rue.
02:06Et là, voilà, les images que vous pouvez avoir, c'est seulement des images d'un bâtiment.
02:10Et ça, franchement, c'est honteux. C'est honteux qu'on puisse montrer que ça.
02:14On est dans la même logique avec cette interdiction de manifester ce samedi.
02:19La préfecture qui a rencontré les commerçants ce matin, qui a évoqué justement les difficultés que l'on a pu
02:23voir la semaine dernière.
02:24Est-ce que pour vous, cette interdiction ce samedi est là aussi peut-être une erreur ?
02:31Moi, je pense que cette interdiction de samedi, c'est une erreur.
02:35La colère, elle ne va pas diminuer par une réponse répressive de l'État.
02:39Bon, l'État, on a déjà vu, il mutile les jeunes, il mutile la jeunesse.
02:43Bon, on entend parler de morts. C'est très flou.
02:46Mais de ce qu'on a compris, il y a eu des morts aux manifestations de samedi liées aux manifestations.
02:50La colère, elle ne va pas diminuer en empêchant les rassemblements.
02:53La colère, elle ne va faire que s'amplifier.
02:55Moi, je pense que cette réponse de l'État, il est complètement disproportionnée.
02:59Nous, ce qu'on attend, c'est d'être entendus.
03:01C'est que nos revendications, elles soient entendues.
03:03On demande plus de places dans les facs, dans les facultés.
03:05On demande des lycées qui offrent des conditions de travail décentes.
03:10On demande 20 milliards pour l'éducation, l'enseignement et la recherche maintenant.
03:13On demande l'ouverture de centaines de milliers de places dans les facs.
03:18Et l'amnistie pour toutes les personnes qui ont été interpellées,
03:21c'est 7500 personnes, je crois, qui ont été interpellées dans les 3 à 4 dernières semaines.
03:25C'est énorme. C'est tout simplement du jamais vu.
03:28La répression d'État, elle est violente.
03:30Ils essayent de nous intimider et on ne se laissera pas intimider.
03:32Merci beaucoup.
03:34Malheureusement, on va devoir couper.
03:36Merci en tout cas à tous les deux.
03:37Vous voyez cette manifestation qui se poursuit ici à Lyon,
03:41malgré cette interdiction de la préfecture.