Pular para o playerIr para o conteúdo principal
  • há 19 minutos
Sur l'échiquier géopolitique mondial, un sac Dior, une robe Chanel ou un carré Hermès semblent à priori dérisoires face aux barils de pétrole ou aux contrats d'armement. Pourtant, la haute couture française a bâti le système d'influence le plus puissant et le plus viral de notre époque. Depuis 20 ans, les maisons de haute couture françaises sont devenues des empires mondiaux avec LVMH et Kering. En difficultés financières, ces groupes doivent gagner la bataille de l'image et du "like" en organisant des défilés hors norme. A l'ère du tout Instagram, une marque est capable de débourser un demi million d'euros pendant la Fashion Week pour avoir les plus grandes stars au premier rang de son défilé.

Categoria

🗞
Notícias
Transcrição
00:00:01Quem será o sucesso de Cristian Dior, Yves Saint Laurent ou Coco Chanel?
00:00:09Ele ou ela é talvez sous nos olhos.
00:00:17E Géry, artista, costumista, accessorista, para a nova geração, o luxo é sempre uma
00:00:25força, de dream, de staff e ambition.
00:00:27O luxo inonde os seus ricos, e a France excelle há desde há décadas.
00:00:32Aova 셋 da União, devemos ser impitoyable.
00:00:34Como Paris já became a capital do luxo?
00:00:37A história do luxo?
00:00:38A história vamos te contar.
00:00:41Música
00:00:47Música
00:00:52Mesdames e Messias, veuillez acolir Mme Melania Trump, primeira dame dos EUA.
00:01:02Ses discours são rara, cede a importância do momento.
00:01:08Música
00:01:09Ce n'est pas simplement une robe.
00:01:13Cette robe exprime une vision claire, une silhouette moderne, une élégance résolument chic.
00:01:25Música
00:01:25Cette tenue portée lors du gala d'investiture fait partie du patrimoine américain, comme le discours du président ou la
00:01:34bible sur laquelle il a prêté serment.
00:01:36Música
00:01:37Aujourd'hui, elle entre officiellement au musée national d'histoire américaine.
00:01:54Música
00:02:04Une robe comme affirmation de la domination de l'Amérique.
00:02:09Pourtant, l'homme qui l'a dessiné, Hervé Pierre, est bien français.
00:02:13Música
00:02:14Une première dans l'histoire des first ladies.
00:02:17Un paradoxe dans l'ère trumpiste qui ne jure que par l'America first, l'Amérique d'abord.
00:02:25Música
00:02:37Une question pour la télévision française.
00:02:39Pourquoi avez-vous choisi un créateur français ?
00:02:41C'est un français américain.
00:02:47C'est un visionnaire incroyable.
00:02:50C'est merveilleux de travailler ensemble depuis toutes ces années.
00:02:55Música
00:02:55Merci beaucoup.
00:02:56Merci.
00:02:58Vous êtes le meilleur ambassadeur de la France ?
00:03:01Música
00:03:01Ah ça, j'en suis pas sûr.
00:03:04Música
00:03:08C'est drôle.
00:03:10Est-ce que c'est une sorte de drapeau français que vous posez un peu dans l'histoire américaine ?
00:03:14Je sais pas si c'est un drapeau français.
00:03:16Je pense que c'est davantage une manière d'exporter un certain savoir-faire à la française au service des
00:03:24Etats-Unis, au service de n'importe quel pays d'ailleurs, parce que dans le rayonnement de la France et
00:03:27de la couture dans le monde entier est quelque chose de très unique, spécialement dans la mode, dans la couture.
00:03:36Hervé Pierre s'est formé à la haute couture chez Dior et Balmain.
00:03:40Il est arrivé aux Etats-Unis il y a 20 ans comme directeur artistique de maisons américaines, avant de devenir
00:03:46le styliste attitré de Mélania Trump.
00:03:56La robe d'investiture donne une idée du caractère de la femme avec qui on va dîner pendant les 4
00:04:02prochaines années.
00:04:03C'est quelqu'un qui est très précise et elle fait souvent ce geste.
00:04:10C'est net, c'est coupé au laser, c'est pas en demi-mesure, c'est du noir ou c
00:04:15'est du blanc.
00:04:17La robe, c'est pas ce qui est important la robe, c'est la photo de la robe qui est
00:04:21le plus important.
00:04:22Donc la robe doit être obligatoirement, à mon avis, graphique et c'est quelque chose qui doit être clair dès
00:04:30le début, dès qu'elle arrive sur scène.
00:04:35La rencontre avec la first lady remonte au premier mandat de Donald Trump.
00:04:42Je lui ai dit, vous savez, j'ai dessiné des collections pour des maisons de couture, mais j'ai jamais
00:04:46fait de shopping et de stylisme.
00:04:49Je lui ai dit, en revanche, je pourrais vous créer des robes.
00:04:50Elle m'a dit, écoutez, moi j'ai jamais été première dame, donc on apprendra tous les deux sur le
00:04:54terrain.
00:04:55Donc j'ai dit, écoutez, marché conclu, parfait, youpi, on travaillera donc ensemble.
00:05:04Depuis, Hervé Pierre façonne l'image de la première dame que le monde entier observe.
00:05:09Ce rôle, au cœur du pouvoir, lui donne le privilège d'avoir une chambre à l'année, à la Maison
00:05:15Blanche.
00:05:17Très bon, c'est très bon.
00:05:19Mais comment vous savez que je suis français ?
00:05:20Mais vous avez une classe, monsieur.
00:05:23Mais vous, vous allez me faire rougir.
00:05:25Vous allez me faire rougir.
00:05:26Je vous remercie.
00:05:27Je suis un peu comme un alien quand même quand j'arrive à la Maison Blanche.
00:05:32Il me regarde, style Hervé, là, quoi.
00:05:35Maintenant, il y a une patte française quand j'arrive là.
00:05:38Le frêle gars est dans les murs.
00:05:43Si un Frenchie a gagné cette place stratégique d'habiller le pouvoir américain,
00:05:48c'est sans doute parce que Paris a remporté une bataille culturelle.
00:05:54Grâce à la haute couture, la France incarne aux yeux du monde le luxe.
00:06:04Nous allons vous raconter cette conquête à travers l'histoire inédite de robe,
00:06:10de tailleur et de sac à main devenu iconique.
00:06:16Derrière ces objets en apparence futiles se cachent des enjeux géopolitiques insoupçonnés
00:06:21où il est question d'influence, d'image et de pouvoir.
00:06:29Des histoires mystérieuses où se croisent des premières dames,
00:06:34la princesse la plus médiatisée de l'histoire,
00:06:37un ancien dirigeant de l'URSS posant pour une marque de luxe,
00:06:40des milliardaires qui ont pris la place de créateurs
00:06:43et même une légende du foot.
00:06:51Pour la première fois, les stratèges de l'ombre qui ont participé à cette épopée
00:06:56dévoilent les coulisses du plus chic et du meilleur soft power français.
00:07:12Pour mesurer les enjeux géopolitiques de la haute couture française,
00:07:16il faut parfois scruter à la loupe une tenue légendaire.
00:07:30Notre histoire commence par la découverte d'un secret caché au revers d'un col.
00:07:36Jackie Kennedy se prête pour la première fois à l'exercice de la communication politique.
00:07:49Pour la visite de la Maison-Blanche à la télévision,
00:07:52la tenue de la First Lady est aussi stratégique qu'un discours.
00:07:57C'est une robe taillée sur mesure que 60 millions d'Américains découvrent en noir et blanc.
00:08:04En réalité, la robe a la couleur du pouvoir.
00:08:08Ce vêtement sera choisi en 2017 pour l'affiche du film Jackie avec Nathalie Portman.
00:08:20Coleron, trois gros boutons décoratifs à gauche, lignes en hache.
00:08:29Ce modèle a été dessiné en 1961 par la maison de haute couture française Christian Dior.
00:08:45Ici, ce sont toutes nos chartes, ce qu'on appelle nos chartes de collection.
00:09:02C'est la page des robes simples et vous avez ici le modèle passeport.
00:09:08C'est vraiment le tissu original qui est mentionné ici.
00:09:11C'est pour ça que ces documents sont extrêmement précieux.
00:09:13C'est parce que c'est vraiment l'image de la collection.
00:09:32C'était une collection intéressante et elle se trouvait au bon moment.
00:09:37C'est-à-dire ce que les femmes avaient envie de porter au début des années 60.
00:09:40C'était des choses simples mais chiques.
00:09:43Jackie Kennedy, il y a le stylet.
00:09:47La première dame des Etats-Unis choisit de porter du Christian Dior
00:09:51car le créateur a fait de la haute couture française une référence
00:09:55dans l'imaginaire américain d'après-guerre.
00:10:01Cette révolution culturelle a eu lieu lors de son premier défilé
00:10:05dans les salons du mythique 30 avenue Montaigne à Paris.
00:10:11Ce défilé, c'était une bombe.
00:10:13C'était magnifique.
00:10:16C'était une révolution parce que la mode des années 40 était très stricte.
00:10:21C'était moulant, la taille très étroite et tout.
00:10:24Et puis la longueur.
00:10:25Toutes les femmes qui assistent au défilé
00:10:27étaient très vexées d'avoir des robes courtes.
00:10:29Et tout, elles tiraient toutes sur leur ourlet.
00:10:32La presse américaine baptise ce style révolutionnaire le New Look.
00:10:38Ce nom magique qui est resté dans toutes les mémoires et tout.
00:10:44Les Américains étaient plus au courant de ce qui s'était passé dans ce défilé
00:10:49que les Français.
00:10:57Ça fascinait les Américains, la haute couture française.
00:11:00Ça leur faisait plein de choses à dire, à montrer et tout.
00:11:03Et peut-être apprendre aux Américaines à être moins sportives et un peu plus féminines.
00:11:13La robe, portée par Jackie Kennedy à la télévision,
00:11:16est devenue si iconique
00:11:18qu'elle est conservée comme une relique
00:11:20dans le patrimoine américain.
00:11:29Pour nous en approcher,
00:11:30nous nous sommes rendus à Boston,
00:11:32ville natale du président Kennedy.
00:11:42C'est ici que sont conservées
00:11:44les archives du couple présidentiel.
00:11:50La robe est gardée
00:11:52dans une pièce secrète du bâtiment.
00:11:55Son accès
00:11:56nous est exceptionnellement autorisé.
00:11:59Il est habituellement
00:12:00réservé aux experts responsables
00:12:02de sa conservation.
00:12:21Et surprise,
00:12:24aucune griffe Christian Dior
00:12:25au revers du col.
00:12:28Pourtant,
00:12:28en haute couture,
00:12:30comme pour les œuvres d'art,
00:12:31chaque modèle est signé
00:12:32du créateur
00:12:33et numéroté.
00:12:38La robe
00:12:39est répertoriée
00:12:41sous la marque
00:12:42Chéninon.
00:12:44Jackie Kennedy
00:12:45portait-elle
00:12:46des contrefaçons
00:12:46de grandes maisons parisiennes ?
00:13:04Que sait-on de cette histoire
00:13:06de copie
00:13:06au siège parisien de Dior ?
00:13:16Chez Ninon,
00:13:17c'est une maison de couture
00:13:18basée à Washington
00:13:19qui a l'autorisation
00:13:21par la maison Dior
00:13:22de reproduire les modèles,
00:13:24donc ce qu'on appelle
00:13:25line for line,
00:13:26c'est-à-dire le modèle exact,
00:13:28mais par ses ateliers
00:13:30et non pas les ateliers
00:13:31de la maison Dior.
00:13:35Mais qui étaient
00:13:36dans le même tissu
00:13:37et en tous points
00:13:38similaires.
00:13:40N'était-ce pas
00:13:40une manière
00:13:41d'allier
00:13:42le goût français
00:13:44à la fabrication américaine
00:13:46et de fait
00:13:48à l'économie américaine ?
00:13:53À Boston,
00:13:55dans les archives personnelles
00:13:56de Jackie Kennedy,
00:13:57nous avons retrouvé
00:13:58plusieurs bons de commande
00:14:00adressés à la maison
00:14:01chez Ninon.
00:14:03La reproduction
00:14:04de vêtements
00:14:04de haute couture française
00:14:06était donc
00:14:07une habitude
00:14:08à la maison blanche.
00:14:12Il fallait
00:14:13qu'elle porte
00:14:13des vêtements américains,
00:14:15mais elle était fascinée,
00:14:16elle aussi,
00:14:16elle avait envie
00:14:17de porter des vêtements français.
00:14:22Acheter américain
00:14:24tout en portant
00:14:25des tenues chics françaises,
00:14:26tel est le dilemme
00:14:28de Jackie Kennedy.
00:14:30Alors,
00:14:31la première dame
00:14:31va imaginer
00:14:32un stratagème.
00:14:34C'est ce que
00:14:34les archivistes
00:14:35de Chanel
00:14:36ont découvert
00:14:36il y a dix ans
00:14:37et qu'ils révèlent
00:14:39pour la première fois.
00:14:43Nous sommes dans la réserve
00:14:45où nous conservons
00:14:46les créations
00:14:46de Gabrielle Chanel.
00:14:49Depuis plusieurs années,
00:14:51nous recherchons
00:14:52les pièces
00:14:52qui ont appartenu
00:14:53à nos clientes.
00:14:55On fait des recherches
00:14:56pour essayer
00:14:57de comprendre
00:14:58quelle est sa date
00:14:59de création,
00:15:00mais aussi un contexte
00:15:01si on arrive
00:15:02à le retracer.
00:15:04C'est un travail
00:15:05d'enquête.
00:15:14L'enquête,
00:15:15la plus confidentielle
00:15:16de la maison,
00:15:17a été menée
00:15:17sur le tailleur
00:15:18numéro 44.
00:15:21Le tailleur
00:15:22le plus tristement
00:15:23connu au monde.
00:15:50John Fitzgerald Kennedy
00:15:52arrive à Dallas.
00:15:53Il est en campagne électorale,
00:15:55mais celle que tout le monde
00:15:57regarde ce jour-là,
00:15:58c'est Jackie
00:15:59dans son tailleur rose.
00:16:04La présidence
00:16:05de son mari
00:16:06était progressiste
00:16:09et son tailleur
00:16:10symbolisait une entente
00:16:11avec l'Europe.
00:16:18Jackie voulait défendre
00:16:20une vision ouverte
00:16:21sur le monde
00:16:22plutôt qu'un repli
00:16:23isolationniste.
00:16:27Les républicains
00:16:28lui reprochaient
00:16:29de porter
00:16:29des créations françaises,
00:16:31l'accusant
00:16:32de dépenser
00:16:32l'argent
00:16:33des contribuables.
00:16:36John Kennedy
00:16:37a donc insisté
00:16:38pour qu'elle porte
00:16:38des vêtements
00:16:39fabriqués
00:16:40par des maisons
00:16:41américaines.
00:16:45Pendant longtemps,
00:16:46chez Chanel,
00:16:47nous avons pensé
00:16:47que ce tailleur
00:16:48était une reproduction
00:16:49chez Ninon.
00:16:57Alors, ce tailleur,
00:16:59c'est le tailleur
00:17:03identique à celui
00:17:05que porte Jackie Kennedy.
00:17:10Ce tweed violet
00:17:11qui est la couleur
00:17:12d'origine de ce modèle.
00:17:15Vous voyez la griffe
00:17:17qui se trouve ici
00:17:19au col.
00:17:22Cette chaîne,
00:17:23elle apporte
00:17:24un poids léger
00:17:25à la pièce
00:17:26qui permet à la veste
00:17:27de se replacer,
00:17:29de reprendre sa place.
00:17:32Et un autre détail
00:17:33que je trouve
00:17:34très couture,
00:17:35ce sont ces surpiqûres
00:17:37que l'on retrouve
00:17:38au col.
00:17:40Le luxe se niche
00:17:41aussi dans ces détails-là.
00:17:58Il semble qu'il y a
00:17:59quelque chose
00:17:59qui a passé
00:18:00dans le motocaine
00:18:01de bruit.
00:18:03Il y a un voiture
00:18:04qui se trouve
00:18:04maintenant.
00:18:04Nous savons que
00:18:05il y a un voiture
00:18:06qui se trouve
00:18:06de la pièce
00:18:06qui se trouve
00:18:07de la pièce
00:18:07qui se trouve
00:18:07de la pièce
00:18:08qui se trouve
00:18:09sur le top
00:18:10de la voiture.
00:18:25Dans les archives,
00:18:27nous avons aussi
00:18:28découvert
00:18:28des photos rares
00:18:29de cette journée
00:18:30historique.
00:18:32Derrière le cercueil
00:18:33de JFK,
00:18:35Jackie Kennedy
00:18:35monte dans
00:18:36Air Force One,
00:18:37le tailleur
00:18:38maculé du sang
00:18:39du président.
00:18:43Le retour à Washington
00:18:45n'est pas un moment
00:18:46de recueillement
00:18:47mais de basculement.
00:18:50Lyndon Johnson
00:18:51prête serment
00:18:52et devient
00:18:53le nouveau président
00:18:53des Etats-Unis.
00:18:56À cet instant,
00:18:57Jackie n'est plus
00:18:58First Lady.
00:19:00Mais en gardant
00:19:01cette tenue,
00:19:02elle crée
00:19:02la légende
00:19:03des Kennedy.
00:19:06Jackie Kennedy
00:19:08a tenu à garder
00:19:09la robe tachée
00:19:10du sang
00:19:11du président,
00:19:12même si ses conseillers
00:19:14lui recommandaient
00:19:15de se changer.
00:19:18C'était un geste
00:19:19de défi,
00:19:21un geste politique.
00:19:25C'est devenu
00:19:26un mythe américain.
00:19:33Chanel n'a jamais
00:19:35parlé de ce tailleur
00:19:36porté par
00:19:37Jackie Kennedy.
00:19:38On n'avait pas
00:19:39tous les éléments
00:19:40qui nous permettaient
00:19:41finalement de comprendre
00:19:42et de retracer
00:19:43toute l'histoire
00:19:44de ce tailleur.
00:19:47C'est une brève
00:19:49publiée en 2013
00:19:50dans un magazine
00:19:51de mode
00:19:51qui a mis
00:19:52les équipes
00:19:52de Chanel
00:19:53sur la voie.
00:19:55Elle révèle
00:19:56qu'une certaine
00:19:57Madame Mo Winkle
00:19:58achetait secrètement
00:19:59de la haute couture
00:20:00parisienne
00:20:01pour Jackie Kennedy
00:20:02lorsqu'elle était
00:20:03à la Maison Blanche.
00:20:09Dans cet univers
00:20:10de rigueur
00:20:11et de précision,
00:20:13chaque pièce
00:20:14faite sur mesure
00:20:14est référencée
00:20:15et les informations
00:20:17de chaque cliente
00:20:18sont notées
00:20:18et conservées.
00:20:20Alors,
00:20:21les archivistes
00:20:21se mettent en quête
00:20:22d'indices
00:20:23sur cette Madame
00:20:24Mo Winkle.
00:20:29À partir du nom,
00:20:30nous avons retrouvé
00:20:31sa fiche cliente
00:20:33qui est ici.
00:20:35La fiche
00:20:36de Madame Mo Winkle
00:20:37comporte des commandes
00:20:38entre 1961
00:20:39et 1963,
00:20:41c'est-à-dire
00:20:42vraiment couvre
00:20:43toute la période
00:20:44où Jackie Kennedy
00:20:45est à la Maison Blanche.
00:20:48On retrouve
00:20:48le nom
00:20:49de sa vendeuse
00:20:50ici,
00:20:50Suzanne.
00:20:51Donc,
00:20:52Suzanne
00:20:52qui probablement
00:20:53connaissait ce secret
00:20:54mais qui n'a jamais
00:20:55rien révélé,
00:20:55même chez Chanel.
00:20:57Et on voit ici
00:20:58un numéro
00:21:00avec le numéro
00:21:02jaquette et jupe
00:21:0344.
00:21:04Ce modèle 44
00:21:06qui est le tailleur
00:21:07que nous connaissons
00:21:08en rose
00:21:08sur Jackie Kennedy.
00:21:10donc nous avons
00:21:11ainsi compris
00:21:12que ce tailleur
00:21:13était un vrai
00:21:13Chanel.
00:21:16C'est une histoire
00:21:18qui est restée
00:21:18secrète.
00:21:21Ce n'est jamais
00:21:22sorti de nos murs.
00:21:26Jackie Kennedy,
00:21:27qui était déjà
00:21:28client avant
00:21:28d'être première dame,
00:21:31il avait probablement
00:21:32pensé à l'époque
00:21:32que rien ne valait
00:21:34un tailleur
00:21:34exécuté
00:21:35dans les ateliers
00:21:36de chez Chanel.
00:21:39En pleine campagne
00:21:40électorale
00:21:41et dans son rôle
00:21:42de première dame,
00:21:44Jackie Kennedy
00:21:45préférait laisser penser
00:21:46qu'elle achetait
00:21:47uniquement américain.
00:21:49On lui reprochait
00:21:51à ce moment-là
00:21:51son goût
00:21:51un peu trop français.
00:22:01Dans les archives
00:22:02de Jackie Kennedy,
00:22:04nous avons retrouvé
00:22:05la trace
00:22:05de cette énigmatique
00:22:06Miss Moe Winkle
00:22:07sur un télégramme
00:22:09de la Maison Blanche
00:22:10classée confidentielle.
00:22:15Il est demandé
00:22:16à Miss Moe Winkle
00:22:17de commander
00:22:18chez Chanel
00:22:19le chapeau assorti
00:22:20au fameux
00:22:21tailleur rose.
00:22:30Depuis 2003,
00:22:32ce tailleur légendaire
00:22:34taché du sang
00:22:35de JFK
00:22:35est conservé
00:22:37derrière
00:22:37ses lourdes portes
00:22:39aux archives nationales
00:22:40à Washington.
00:22:42À la demande
00:22:43de la famille,
00:22:44il est interdit
00:22:45de le montrer
00:22:46au public
00:22:46pendant 100 ans.
00:22:55Le président Pompidou
00:22:57a d'abord
00:22:57serré les mains
00:22:58avant son départ
00:22:59pour les Etats-Unis.
00:23:041970,
00:23:06la haute couture française
00:23:07s'invite de nouveau
00:23:08à la Maison Blanche,
00:23:09mais cette fois
00:23:10dans les valises diplomatiques.
00:23:11Selon un cérémonial
00:23:13immuable,
00:23:15M. Pompidou
00:23:15s'est incliné
00:23:16devant le drapeau
00:23:17avant de passer
00:23:19les troupes
00:23:20en revue.
00:23:21La France
00:23:22veut se positionner
00:23:23en allié incontournable
00:23:25des Etats-Unis
00:23:25présidé par
00:23:26Richard Nixon.
00:23:28Pour la petite histoire,
00:23:29sachez que Mme Pompidou
00:23:30était vêtue
00:23:31d'un manteau de cuir
00:23:32à colle de fourrure
00:23:33et d'une toque
00:23:34de fourrure.
00:23:35Comme les tenues
00:23:36de la première dame
00:23:37sont scrutées
00:23:38à chaque visite diplomatique,
00:23:40Claude Pompidou
00:23:41va en jouer.
00:23:43Elle emporte
00:23:4332 tenues haute couture
00:23:45pour seulement
00:23:468 jours de voyage.
00:23:48Avec un certain sens
00:23:50de la communication,
00:23:51elle se met en scène
00:23:52quelques jours auparavant
00:23:54en train de faire
00:23:54ses bagages à l'Elysée.
00:23:57Ambiance mal vu ton
00:23:58et table à repasser.
00:24:06Arrivé aux USA,
00:24:08la stratégie de Claude Pompidou
00:24:10fonctionne à merveille.
00:24:14Est-ce que vous êtes
00:24:15satisfaits des hommages
00:24:16que la presse a rendus
00:24:16à votre élégance ?
00:24:18C'est tout un hommage
00:24:19aux étudiants
00:24:19qui ont fait l'erreur
00:24:20plutôt qu'à moi.
00:24:26La presse américaine
00:24:27ne parle que de son style
00:24:29et du chic français.
00:24:33Les grands noms
00:24:34de la couture
00:24:35qu'elle est venue promouvoir
00:24:36sont partout.
00:24:38En particulier,
00:24:39un créateur avant-gardiste,
00:24:41Pierre Cardin.
00:24:43Elle porte une de ses créations
00:24:45aux allures disco
00:24:46pour le dîner
00:24:47à l'ambassade de France.
00:25:09Dans la collection,
00:25:10il y avait quatre ou cinq
00:25:11robes du soir brodées.
00:25:14C'est de la moussine de soie.
00:25:16Là, il n'y a pas de paillettes.
00:25:18C'est comme de la glace.
00:25:19C'est un petit miroir.
00:25:24Cette robe,
00:25:26quasi identique
00:25:26à celle portée
00:25:27par Claude Pompidou,
00:25:29fait partie
00:25:29de la collection
00:25:30de 1969.
00:25:33René Taponnier
00:25:34restaure
00:25:35les plus beaux modèles
00:25:36de la maison.
00:25:38Je les aime.
00:25:39Ils font partie
00:25:40de ma vie.
00:25:41On se dit,
00:25:41on est proche
00:25:42entre guillemets
00:25:43de la personne
00:25:43qui la porte.
00:25:45Même en la restaurant
00:25:46des années après.
00:25:54Claude Pompidou,
00:25:55vous l'avez croisé
00:25:55dans les ateliers ?
00:25:57Oui, je l'ai croisé,
00:25:57bien sûr.
00:25:59Moi, j'étais toute jeune.
00:26:01Lorsqu'elle venait
00:26:02choisir des modèles,
00:26:04elle payait son tissu.
00:26:06On lui faisait le modèle.
00:26:07Et quelquefois,
00:26:08pas toujours,
00:26:09mais elle rendait
00:26:10les modèles.
00:26:11Et comme ça,
00:26:11en haute couture,
00:26:12on pouvait revendre
00:26:14le modèle moins cher
00:26:15puisqu'il avait été porté.
00:26:17René Taponnier
00:26:18a débuté ici
00:26:19à l'âge de 14 ans
00:26:20comme petite main
00:26:21de Pierre Cardin.
00:26:23Là, c'était l'atelier.
00:26:24Ici, il y avait un atelier.
00:26:25J'ai toujours trouvé
00:26:26que c'était
00:26:27un architecte
00:26:27de la couture.
00:26:29Il se mettait à la machine
00:26:30et piquait
00:26:31ce qu'il avait envie.
00:26:37Mais là,
00:26:38lorsque je fais le prototype,
00:26:39j'exagère toujours,
00:26:40n'est-ce pas ?
00:26:41Si vous voulez,
00:26:41pour moi,
00:26:42c'est une femme futuriste,
00:26:43c'est une femme
00:26:43que j'aimerais voir
00:26:44dans des villes modernes.
00:26:46qui, malheureusement,
00:26:47n'existe pas encore.
00:26:52Il ne supportait plus
00:26:53le classique
00:26:54de la haute couture.
00:26:55Il fallait qu'il aille
00:26:56plus avant.
00:27:01Même si ces modèles,
00:27:02pour certains,
00:27:03étaient importables,
00:27:05comme les jupes
00:27:06avec les lamelles
00:27:08sur des bodys,
00:27:09avec un casque
00:27:10en plexi.
00:27:14Mais peu importe.
00:27:15pour le monde entier,
00:27:17il s'est révélé
00:27:17quelqu'un de fort
00:27:18qui voulait aller
00:27:19vers le futur.
00:27:31Pierre Cardin
00:27:32veut incarner
00:27:33la modernité.
00:27:34Le créateur
00:27:35pense aussi
00:27:36en stratège.
00:27:37Il s'est installé
00:27:39au cœur
00:27:39des lieux de pouvoir,
00:27:40juste à côté
00:27:41du palais
00:27:42de l'Elysée.
00:27:43Sa boutique historique
00:27:45n'a d'ailleurs
00:27:45pas bougé.
00:28:06Pour lui,
00:28:07c'était idéal
00:28:08parce que c'était
00:28:09peut-être
00:28:10l'endroit
00:28:10le plus névralgique.
00:28:12Parce que là,
00:28:12il y a un croisement
00:28:13très important.
00:28:14il y a beaucoup
00:28:15de gens
00:28:15qui passent
00:28:16en voiture,
00:28:17beaucoup de politiciens,
00:28:18il y a beaucoup
00:28:18de presse
00:28:19régulièrement
00:28:19ici en face.
00:28:23Les grands
00:28:25hommes d'État
00:28:26et les délégations
00:28:28qui arrivaient
00:28:28à une certaine époque,
00:28:30c'était un point
00:28:31obligé
00:28:31de venir
00:28:32chez Cardin.
00:28:35On y croise ainsi
00:28:36Raïssa Gorbatchev,
00:28:38la femme du président
00:28:39de l'URSS
00:28:39et encore
00:28:40Jackie Kennedy,
00:28:42devenue
00:28:42Onassis.
00:28:45Pierre Cardin
00:28:46veut aussi conquérir
00:28:48de nouveaux territoires.
00:28:49Alors que les relations
00:28:51commerciales
00:28:51et diplomatiques
00:28:52de la France
00:28:52se jouent à l'Ouest,
00:28:54le créateur
00:28:55regarde à l'Est.
00:29:13C'était notre
00:29:14premier voyage
00:29:15en Chine.
00:29:18Avec
00:29:19M. Cardin,
00:29:22c'était des souvenirs
00:29:23extraordinaires.
00:29:34Partir en Chine
00:29:35alors que la Chine
00:29:37était complètement fermée,
00:29:38c'était inimaginable
00:29:39d'y aller
00:29:40à cette époque-là.
00:29:42Et tout le monde
00:29:42lui a dit
00:29:43mais non,
00:29:44enfin tout le monde
00:29:45même dans la maison Cardin,
00:29:46mais qu'est-ce que
00:29:46tu vas faire là-bas ?
00:29:48Il n'y aura personne
00:29:49et tout ça.
00:29:50Mais M. Cardin,
00:29:51il n'écoutait personne.
00:29:551978,
00:29:57la Chine communiste
00:29:58entreprend une politique
00:29:59de modernisation
00:30:00et s'ouvre
00:30:01au commerce international.
00:30:04Pierre Cardin
00:30:05est le premier Français
00:30:06à s'y aventurer.
00:30:09Et ce n'est pas
00:30:10par un drapeau
00:30:11qu'il symbolise
00:30:12sa conquête,
00:30:13mais par une robe
00:30:14arc-en-ciel
00:30:15virevoltant
00:30:16sur la muraille de Chine
00:30:17portée par son égérie,
00:30:19la mannequin
00:30:20Maris Gaspard.
00:30:23Là,
00:30:24ce n'est pas un défilé,
00:30:24on faisait des photos.
00:30:26Il y avait
00:30:26l'équipe de Paris Match
00:30:28qui nous suivait.
00:30:29D'ailleurs,
00:30:29vous voyez,
00:30:30on danse là.
00:30:31On nous faisait danser.
00:30:34C'était inattendu.
00:30:41J'ai dû courir,
00:30:43j'ai dû voler
00:30:44avec,
00:30:44même je crois,
00:30:45avec M. Cardin,
00:30:46même s'il y a une photo
00:30:47avec M. Cardin.
00:30:52Il y avait pas mal
00:30:53de Chinois
00:30:54qui attendaient.
00:30:55Ils étaient fascinés
00:30:56surtout par la transparence
00:30:58et le côté arc-en-ciel.
00:31:00Dans cette muraille
00:31:02qui était grise,
00:31:03Pierre Cardin
00:31:03portait la couleur.
00:31:08Ce premier voyage
00:31:09dure dix jours.
00:31:10L'équipe se rend
00:31:11à Pékin
00:31:11et à Shanghai.
00:31:13C'est une visite
00:31:14quasi diplomatique.
00:31:15Pour nouer
00:31:16des relations commerciales,
00:31:18Pierre Cardin
00:31:18présente sa collection
00:31:19devant des responsables
00:31:20du Parti communiste.
00:31:26La haute couture française
00:31:27en vedette en Chine.
00:31:29Pierre Cardin
00:31:29vient de présenter
00:31:30sa collection de printemps
00:31:32à Shanghai et Pékin.
00:31:33C'est la première fois
00:31:34qu'un couturier étranger
00:31:35fait une présentation
00:31:36de mode en Chine.
00:31:37Les Chinois
00:31:38se passionnent
00:31:38pour la mode occidentale.
00:31:40Pékin a découvert
00:31:41une ligne
00:31:42inspirée au couturier
00:31:43par son voyage en Chine.
00:31:44la ligne Pagode.
00:31:46Commentaire unanime
00:31:47et très favorable
00:31:48des couturiers chinois.
00:31:49Ils apprécient beaucoup
00:31:50également la ligne masculine
00:31:51inspirée, elle,
00:31:52du costume de Superman.
00:31:54La première collection
00:31:55que nous avons présentée
00:31:56c'est à l'hôtel
00:31:57et donc là
00:31:58il y avait
00:31:59uniquement des gens
00:32:00du métier.
00:32:01Parce que Pierre Cardin
00:32:02voulait faire des affaires.
00:32:05Businessman aguerri,
00:32:06le créateur a du flair
00:32:08car la Chine
00:32:09passe la barre
00:32:09du milliard d'habitants.
00:32:11La promesse
00:32:12d'un marché gigantesque
00:32:13pour les décennies à venir.
00:32:19Il a pensé
00:32:20à la multiplication.
00:32:21Il a se rendu compte
00:32:22qu'un milliard
00:32:23de personnes à l'époque
00:32:24ça aurait été
00:32:24quelque chose
00:32:25de très intéressant
00:32:26dans le futur.
00:32:30Lui, il a une théorie personnelle.
00:32:32Il dit
00:32:32c'est inutile
00:32:33de faire des choses ici
00:32:34et les ramener là-bas
00:32:35parce que c'est seulement
00:32:37le pays
00:32:37qui sait comment
00:32:38ça marche
00:32:39à l'intérieur de ce pays.
00:32:41Donc pourquoi pas
00:32:43déplacer directement
00:32:44la position là-bas.
00:32:45L'effort est minimal.
00:32:46Moi j'en vois
00:32:46que des dessins.
00:32:48Le couturier
00:32:49installe ses usines
00:32:50en Chine
00:32:51et en bon diplomate
00:32:52traite directement
00:32:53avec le régime en place.
00:32:55C'est d'ailleurs
00:32:56en présence
00:32:57du ministre de l'Industrie
00:32:58que le créateur
00:32:59inaugure sa première boutique
00:33:00à Pékin
00:33:01en 1981.
00:33:04Le style importé
00:33:06par Cardin
00:33:06et à travers lui
00:33:07la mode française
00:33:08imprègne
00:33:09la culture chinoise.
00:33:18En Chine
00:33:19Pierre Cardin
00:33:20est très célèbre.
00:33:21Je garde précieusement
00:33:22sa photo.
00:33:31Le fait d'être
00:33:33été le premier
00:33:34il a influencé
00:33:35les générations
00:33:36à venir.
00:33:37On a encore
00:33:38la confiance
00:33:39vers quelque chose
00:33:40dont tes grands-parents
00:33:42parlaient.
00:33:43Et d'ailleurs
00:33:43le fait
00:33:45aujourd'hui
00:33:46de continuer
00:33:47à suivre
00:33:48la marque
00:33:49en Chine
00:33:50ça me permet
00:33:51de voir ça
00:33:52la fierté
00:33:53d'être
00:33:53avoir du Cardin
00:33:54c'est encore là.
00:33:59Dans l'ancien atelier
00:34:00de la maison
00:34:01les modèles
00:34:02qui ont défilé
00:34:02à Pékin
00:34:03sont précieusement
00:34:04gardés.
00:34:05On les reconnaît
00:34:06à un détail
00:34:07qui témoigne
00:34:08de leur passage
00:34:08au contrôle
00:34:09des douanes.
00:34:12La douane
00:34:13venait ici
00:34:14et mettait des plombs
00:34:16oui
00:34:16j'en ai encore un.
00:34:19Ils venaient
00:34:20mettre des plombs
00:34:21dans chaque modèle
00:34:23à certifier.
00:34:33Dans les années 80
00:34:34l'exportation
00:34:36de la haute couture
00:34:37à l'étranger
00:34:37initiée par Pierre Cardin
00:34:39devient un enjeu stratégique.
00:34:44Le président Mitterrand
00:34:45a tenu à souligner
00:34:47l'importance
00:34:47d'un secteur
00:34:48bien particulier
00:34:49dans les réussites françaises
00:34:50à l'exportation
00:34:51en recevant tout à l'heure
00:34:52à l'Elysée
00:34:53les créateurs
00:34:54et les industriels
00:34:55de la mode.
00:34:57Pour la première fois
00:34:58les créateurs
00:34:59sont reçus
00:35:00en grande pompe
00:35:01à l'Elysée.
00:35:02Pierre Cardin
00:35:03est présent
00:35:04aux côtés
00:35:05de Sonia Riquel
00:35:06Paco Rabanne
00:35:07Yves Saint Laurent.
00:35:08Le terme de soft power
00:35:09n'est pas encore popularisé
00:35:11mais la haute couture
00:35:12devient un levier
00:35:13d'influence
00:35:14de la France.
00:35:18Il s'agit d'un art
00:35:19d'un art majeur.
00:35:22Vous inspirez
00:35:23les foules
00:35:25vous donnez
00:35:26aux saisons
00:35:27leurs coloris.
00:35:30Les pays
00:35:30sans mode
00:35:31et sans créateurs
00:35:32de mode
00:35:32sont plutôt gris.
00:35:35Ce sont
00:35:36les pays
00:35:36de l'uniforme.
00:35:39L'art
00:35:39de séduire
00:35:40après tout
00:35:42n'est pas forcément
00:35:43d'accessoires.
00:35:45Et vous créez
00:35:46d'ailleurs aussi
00:35:46les accessoires.
00:35:51Dans ce même élan
00:35:52Pierre Cardin
00:35:53poursuit son expansion
00:35:54à l'Est.
00:35:57Cette fois
00:35:58à la faveur
00:35:59d'un nouveau
00:36:00bouleversement
00:36:00du monde.
00:36:051989
00:36:06le mur
00:36:06de Berlin
00:36:07tombe
00:36:07et avec lui
00:36:08le bloc
00:36:08de l'Est.
00:36:11L'URSS
00:36:12s'ouvre
00:36:12à son tour
00:36:13à l'Occident.
00:36:14Pierre Cardin
00:36:15s'engouffre
00:36:15dans cette nouvelle
00:36:16brèche
00:36:16de la mondialisation.
00:36:19Et là encore
00:36:20il met en scène
00:36:21sa conquête.
00:36:22Après la muraille
00:36:23de Chine
00:36:24c'est à Moscou
00:36:25sur la place rouge
00:36:26qu'il pose
00:36:27avec ses mannequins.
00:36:31A la frontière
00:36:32de l'économie
00:36:32et de la politique étrangère
00:36:33cette information
00:36:34qui nous vient
00:36:35de Moscou
00:36:35Pierre Cardin
00:36:36signé un contrat
00:36:37avec l'État soviétique
00:36:38pour la fabrication
00:36:39de vêtements
00:36:40qui vont porter
00:36:41sa griffe.
00:36:42Pierre Cardin
00:36:42au pays des soviets
00:36:43il signe
00:36:44avec le ministre
00:36:45du commerce extérieur
00:36:46du RSS
00:36:47un accord
00:36:48prévoyant
00:36:48l'implantation
00:36:49de 32 usines
00:36:50réparties
00:36:50sur tout le territoire
00:36:51et destinées
00:36:52à fabriquer
00:36:5394 modèles
00:36:54de vêtements
00:36:55qui porteront
00:36:56la griffe
00:36:56Pierre Cardin
00:36:58Moscou.
00:37:01La haute couture
00:37:02est un moyen
00:37:03merveilleux
00:37:04de diplomatie
00:37:04et qui permet
00:37:05à la France
00:37:06d'être présente
00:37:07dans ces pays
00:37:07qui ont des difficultés.
00:37:09Il faut bien comprendre
00:37:09que ce sont des pays
00:37:10qui ont beaucoup souffert
00:37:10et qui ne peuvent pas
00:37:11s'ouvrir du jour
00:37:12au lendemain totalement.
00:37:13C'est un peu comme
00:37:13si vous ouvriez
00:37:14un barrage
00:37:15et que ce serait
00:37:16une inondation générale.
00:37:17Il faut petit à petit
00:37:17que le robinet coule
00:37:18et que ça souffle.
00:37:19Il est allé
00:37:20comme à Marco Polo
00:37:21qui va découvrir
00:37:22quelque chose.
00:37:27Je pense que lui
00:37:29il arrivait toujours
00:37:30dans ce nouveau pays
00:37:32avec vraiment
00:37:33l'esprit de conquérateur
00:37:35mais le bon conquérateur.
00:37:36Ça veut dire
00:37:37qu'il arrivait
00:37:37avec la culture
00:37:38fondamentalement.
00:37:39C'est l'image
00:37:40de la France
00:37:40du savoir-faire.
00:37:42Il a été vraiment
00:37:43partout le premier
00:37:44et il a osé.
00:37:58Sous-titrage Société Radio-Canada
00:38:15Je vous ai mis
00:38:16un petit verre d'eau
00:38:16si vous voulez.
00:38:17Ça va ?
00:38:19Après 70 ans
00:38:21de télévision
00:38:24je peux me débrouiller.
00:38:25Dans un documentaire
00:38:26sur l'influence
00:38:27de la haute couture
00:38:28mais que fait
00:38:28Michel Platini ?
00:38:29Écoutez,
00:38:30je viens répondre
00:38:31à l'interview
00:38:31sur cette fameuse opération
00:38:34qu'on a fait
00:38:35de la publicité
00:38:36de la mode française
00:38:37le 12 juillet 1998
00:38:39au stade de France.
00:38:48L'idée est venue
00:38:49de faire
00:38:50une grande manifestation
00:38:51avec Saint-Laurent
00:38:52avant la finale
00:38:53de la Coupe du Monde.
00:38:56D'habitude,
00:38:56c'est un chanteur
00:38:57des trucs d'ana-ana-ana.
00:38:58Là,
00:38:58c'est un défilé
00:38:59de Saint-Laurent.
00:39:04Quelques minutes
00:39:05avant le coup d'envoi
00:39:06du match France-Brésil
00:39:07au rythme
00:39:09du Bolero de Ravel
00:39:10dans un stade
00:39:11chauffé à blanc
00:39:12300 mannequins
00:39:14investissent le terrain
00:39:15dans les tenues mythiques
00:39:16du couturier
00:39:17Yves Saint-Laurent.
00:39:24Voilà la première
00:39:25Mondrian en 1965.
00:39:28C'est la première robe
00:39:28art
00:39:29qui rentre
00:39:30dans un défilé
00:39:31de haute couture.
00:39:32Après,
00:39:32vous avez le pop-art.
00:39:33En 1966,
00:39:34vous avez le premier smoking.
00:39:37Je suis émue.
00:39:39C'est tout le travail
00:39:41qui me revient
00:39:41dans la tête.
00:39:45À l'époque,
00:39:46Dominique Deroche
00:39:47est attachée de presse
00:39:47de la maison Saint-Laurent
00:39:48et très proche collaboratrice
00:39:50du créateur
00:39:51et de son bras droit,
00:39:52Pierre Berger.
00:39:55Vous voyez,
00:39:56nous,
00:39:56le service de presse,
00:39:58par exemple,
00:39:58ça,
00:39:58c'est le mien
00:39:59que j'ai gardé.
00:40:00Donc,
00:40:00voilà la coupe du monde.
00:40:02On s'habillait comme ça.
00:40:08Tout d'un coup,
00:40:09on offrait Saint-Laurent
00:40:10qui,
00:40:11d'une manière générale
00:40:12depuis des années,
00:40:13c'est dans les salons,
00:40:15c'est un savoir-faire,
00:40:17c'est des clientes
00:40:17sur invitation,
00:40:18c'est un petit monde
00:40:19feutré de la couture.
00:40:21Et là,
00:40:21on le sortait
00:40:22dans un milieu
00:40:23qui n'est pas du tout
00:40:25de la haute couture,
00:40:26de gens qui ne connaissent rien
00:40:28et qui ont été
00:40:30complètement,
00:40:31pendant 12 minutes,
00:40:33ils ont regardé
00:40:33ce spectacle
00:40:34de robe française,
00:40:36la haute couture française,
00:40:37par un couturier français.
00:40:39ça fonctionnait.
00:40:45Le but,
00:40:46nous,
00:40:46du comité d'organisation,
00:40:48c'est de mettre en valeur
00:40:49la France
00:40:49et donc
00:40:50la mode française
00:40:51est partie
00:40:52des messages
00:40:52qu'on voulait passer.
00:40:58Les instances de football,
00:40:59elles,
00:40:59elles sont moquées
00:41:00qu'il y ait un défilé
00:41:01quelque chose comme ça,
00:41:02mais est-ce qu'à la fin,
00:41:04on peut faire un rassemblement
00:41:05où le logo
00:41:07soit YSL
00:41:08et qu'on le voit
00:41:08en Mondiovision ?
00:41:09Non.
00:41:10J'ai vu Pierre Berger,
00:41:11j'ai lu l'aïcouté,
00:41:12monsieur Berger,
00:41:13ne vous inquiétez pas,
00:41:14faites-le,
00:41:15il n'y a aucun souci,
00:41:15il me fait pourquoi.
00:41:16Mais la Coupe du Monde,
00:41:17elle se termine
00:41:17dans une heure et demie après.
00:41:19Qu'est-ce que je voulais
00:41:20qu'ils disent ?
00:41:21Ils ne vont pas nous mettre
00:41:21des amendes,
00:41:22donc faites-le,
00:41:23faites-le discrètement,
00:41:24mais faites-le.
00:41:27Le logo était caché
00:41:28sous la toile
00:41:29et des petits hommes blancs
00:41:31sont arrivés comme ça
00:41:32et ont ouvert
00:41:33la fermeture éclair.
00:41:38Le logo Yves Saint-Laurent,
00:41:40qui devait être discret,
00:41:42occupe finalement
00:41:43la moitié du terrain de foot.
00:41:45Et c'est ainsi
00:41:46que près de 2 milliards
00:41:47de téléspectateurs
00:41:48ont imprégné
00:41:50dans leur mémoire
00:41:51la marque d'une maison
00:41:52de haute couture française.
00:41:56C'est un beau moment,
00:41:57on n'a jamais fait
00:41:58un moment comme ça,
00:41:59aussi sympathique,
00:42:00aussi nouveau
00:42:01dans les autres organisations
00:42:02de la Coupe du Monde.
00:42:03Il n'y a pas grand-chose
00:42:04qui se prépare
00:42:04pour la finale
00:42:05de la Coupe du Monde.
00:42:08Monsieur Saint-Laurent,
00:42:09il s'est tellement ému.
00:42:12On est tous restés
00:42:13à regarder le match.
00:42:15C'est le match
00:42:15le plus important
00:42:16de toute l'histoire
00:42:17du football français.
00:42:19Laetitia Casta,
00:42:21Adriana Carambeu,
00:42:22Carla Bruni
00:42:22laissent place
00:42:24à Zidane,
00:42:25Barthez
00:42:25ou encore Thuram.
00:42:27Dispute,
00:42:28une finale
00:42:28de la Coupe du Monde.
00:42:30Michel Platini,
00:42:31lui,
00:42:32est dans la tribune
00:42:32à côté du président Chirac.
00:42:34Et là aussi,
00:42:35il est question de style.
00:42:38Jacques Chirac,
00:42:39quand il est arrivé,
00:42:40il avait vu que j'avais
00:42:41le maillot sur moi.
00:42:42Il regarde,
00:42:43il dit à sa fille,
00:42:44à Claude,
00:42:45il dit à Claude,
00:42:46mais tu ne veux pas que...
00:42:47Il m'a dit,
00:42:48vous en pensez quoi ?
00:42:49Il dit,
00:42:49monsieur le président,
00:42:49vous êtes président de la République,
00:42:50vous n'allez pas quand même
00:42:51mettre un maillot des Camerons.
00:42:52Mettez le tour du coup,
00:42:53c'est vachement sympa.
00:42:54Je ne voulais pas
00:42:54qu'il fasse comme moi.
00:42:56Bon,
00:42:57il fallait avoir
00:42:57un corps d'athlète,
00:42:58quoi.
00:43:01qui part bas,
00:43:02qui part bas nos pieds,
00:43:03qui va donner à Anne-Sécoe,
00:43:04qui, voilà,
00:43:05c'est fait.
00:43:06Un zéro,
00:43:07deux zéros,
00:43:08on n'en croyait pas,
00:43:09ça hurlait de partout.
00:43:11Et monsieur Salon,
00:43:11qui était là,
00:43:12et qui vivait ça aussi,
00:43:14qui s'enthousiasmait
00:43:15comme s'il était
00:43:16un super pro du foot,
00:43:17alors qu'il...
00:43:18Non,
00:43:19c'était très beau.
00:43:20Tout d'un coup,
00:43:20c'était quelque chose,
00:43:22une force.
00:43:22C'est terminé !
00:43:24C'est terminé !
00:43:26La France
00:43:27est championne
00:43:28du monde de football !
00:43:30La France a gagné !
00:43:32La France a réussi
00:43:33son extraordinaire challenge !
00:43:36La France a...
00:43:37La victoire,
00:43:38ça part en banane,
00:43:38c'est...
00:43:39Il n'y a plus personne
00:43:40qui existe,
00:43:41on est dans un autre monde.
00:43:42La coupe du monde de football,
00:43:43les joueurs
00:43:44sont en train
00:43:45de s'embrasser.
00:43:46Les joueurs
00:43:47de l'équipe de France
00:43:49sont champions du monde.
00:43:50On a été dans le vestiaire
00:43:51après,
00:43:51on a été félicités.
00:43:52Les joueurs,
00:43:53c'était quelque chose
00:43:53de magnifique.
00:44:01C'est le début
00:44:02d'une nouvelle ère
00:44:03pour le foot français.
00:44:05Mais c'est la fin
00:44:05d'un monde
00:44:06pour la haute couture.
00:44:08Le passage à l'an 2000
00:44:09marque le départ
00:44:10des créateurs historiques
00:44:12et l'avènement
00:44:13des grands patrons du luxe.
00:44:28Le plus ambitieux d'entre eux,
00:44:30Bernard Arnault,
00:44:31a avalé dans son groupe LVMH
00:44:33presque tous les grands
00:44:34noms français.
00:44:35Céline,
00:44:36Vuitton,
00:44:37Givenchy
00:44:37et surtout
00:44:38Christian Dior.
00:44:40L'objectif
00:44:42qu'on s'est fixé,
00:44:43c'est de devenir
00:44:43l'entreprise mondiale
00:44:45première au monde
00:44:47dans les activités de luxe.
00:44:49Le polytechnicien
00:44:50néophyte
00:44:50en haute couture
00:44:51s'entoure
00:44:52de fins connaisseurs.
00:44:58Jean-Jacques Picard
00:44:59est le plus influent
00:45:01d'entre eux.
00:45:06Quand j'ai rencontré
00:45:07Bernard Arnault,
00:45:09la situation
00:45:09de nos métiers
00:45:10était simple.
00:45:11D'un côté,
00:45:12un prêt-à-porter industriel
00:45:13avec beaucoup de succès.
00:45:15De l'autre côté,
00:45:17une vingtaine
00:45:18de maisons
00:45:18de haute couture
00:45:20moribondes.
00:45:21Le discours
00:45:21de Bernard Arnault
00:45:22était un discours
00:45:23de la finance
00:45:24que je n'avais jamais entendu.
00:45:27La conquête
00:45:28des marchés mondiaux
00:45:29va se bâtir
00:45:30notamment autour
00:45:31de ce sac.
00:45:33Le Lady Dior,
00:45:35sac iconique,
00:45:36star des réseaux sociaux.
00:45:38C'est la collection
00:45:39de Lady Dior
00:45:39que nous avons apporté.
00:45:41C'est le délevé
00:45:41de la vie
00:45:42de la Lady Dior.
00:45:44Nous allons
00:45:44commencer
00:45:45avec une Lady Dior.
00:45:46Une Lady Dior
00:45:48qui est
00:45:48la lumière
00:45:49en animale.
00:45:50Nous avons
00:45:51en Léo
00:45:51et nous avons
00:45:51encore
00:45:51un peu
00:45:52frais.
00:45:52C'est magnifique.
00:45:53Aussi,
00:45:53les conditions
00:45:54parfaites,
00:45:56tout frais
00:45:56et le bon.
00:45:58On le trouve
00:45:59aussi
00:45:59au bras
00:45:59de Brigitte
00:46:00Macron
00:46:02et plus impensable
00:46:03dans les mains
00:46:04de la sœur
00:46:05du dictateur
00:46:05nord-coréen
00:46:06Kim Jong-un.
00:46:11La stratégie du sac
00:46:12se met en place
00:46:13en 1995
00:46:15et va reposer
00:46:16sur un homme-clé
00:46:17du groupe LVMH.
00:46:19Sidney Toledano,
00:46:20patron de Dior
00:46:21pendant 20 ans.
00:46:24A l'époque,
00:46:24il est responsable
00:46:25de la maroquinerie.
00:46:29Dans la maison,
00:46:31on l'appelle
00:46:31le père
00:46:32du Lady Dior.
00:46:35un homme
00:46:36très fort
00:46:37en géométrie.
00:46:40Un sac
00:46:41iconique
00:46:42d'avoir
00:46:43une forme
00:46:45rectangulaire,
00:46:46trapèze,
00:46:47léger
00:46:47ou carré.
00:46:50Celui-là,
00:46:51il date
00:46:51de 97.
00:46:5717 centimètres,
00:46:5914 et 7.
00:47:015 ici.
00:47:02Un enfant
00:47:02de 5 ans
00:47:03à qui vous soumettez
00:47:05le produit
00:47:06d'être capable
00:47:07de redessiner
00:47:08la forme
00:47:10de tête.
00:47:11Et si vous prenez
00:47:12le sac Lady,
00:47:13j'ai fait le test
00:47:14avec ma petite-fille
00:47:15à 5 ans,
00:47:17il veut le dessiner
00:47:18avec deux trous.
00:47:22Avant de trouver
00:47:23la formule magique,
00:47:25il y a eu
00:47:25le brief
00:47:25du grand patron,
00:47:26Bernard Arnault.
00:47:28La stratégie,
00:47:29le brief,
00:47:30c'était
00:47:30le sac
00:47:30qui va permettre
00:47:31d'attirer
00:47:31une clientèle
00:47:32plus large
00:47:33que celle
00:47:33de la haute couture,
00:47:34pouvoir du prêt-à-porter
00:47:35de luxe.
00:47:36Dans la logique
00:47:37de sa vision
00:47:38du luxe accessible,
00:47:40quand vous n'avez pas
00:47:40les moyens
00:47:41de vous acheter
00:47:42un vêtement
00:47:43parce qu'il est plus cher,
00:47:45il va vous proposer
00:47:46des gammes
00:47:47d'accessoires
00:47:47moins chers.
00:47:48Il disait
00:47:49je vais vous rendre
00:47:50accessible votre rêve.
00:47:53On est alors loin
00:47:54des croquis élégants
00:47:55de Christian Dior.
00:47:57Désormais,
00:47:58au 30 Avenue Montaigne,
00:47:59on ne parle que chiffres.
00:48:01Il me dit
00:48:01écoutez,
00:48:02un sac,
00:48:02ça sera la clé.
00:48:04Ça va être la clé
00:48:05de voûte un peu
00:48:05de la renaissance
00:48:06de Dior.
00:48:07Il me dit
00:48:09donnez-vous
00:48:09les moyens
00:48:11d'en vendre beaucoup.
00:48:13Il me sort un chiffre
00:48:16je lui dis bon.
00:48:17Il me sort quel chiffre ?
00:48:18Il me sort 100 000.
00:48:19À l'époque,
00:48:21c'est énorme.
00:48:31Son équipe
00:48:32travaille alors
00:48:33sur un prototype.
00:48:34Nom de code,
00:48:35chouchou.
00:48:37Et pour conquérir
00:48:38le monde
00:48:38avec ce sac,
00:48:39les deux hommes forts
00:48:40de Dior
00:48:41vont utiliser
00:48:42deux femmes de pouvoir.
00:48:44Bernadette Chirac
00:48:45et la princesse
00:48:47de Galles.
00:48:51Bernard Arnault
00:48:52les réunit
00:48:52lors de l'inauguration
00:48:53d'une exposition
00:48:54Cézanne
00:48:55dont il est le mécène.
00:48:57Le président Chirac
00:48:58et le ministre
00:48:59de la Culture
00:49:00y sont également conviés.
00:49:02L'événement culturel
00:49:03devient une réception
00:49:05diplomatique.
00:49:10A chaque fois
00:49:11que Bernard Arnault
00:49:13était le mécène
00:49:13d'une grande exposition,
00:49:15il décidait
00:49:15d'organiser
00:49:16une grande inauguration.
00:49:18Il nous obligeait
00:49:20à réfléchir,
00:49:21à savoir comment
00:49:22on pouvait communiquer
00:49:23à propos des marques.
00:49:26Lady Di
00:49:27est alors
00:49:27la femme
00:49:28la plus médiatisée
00:49:29au monde.
00:49:29icône de la mode,
00:49:31elle a une influence
00:49:32considérable
00:49:33à l'échelle internationale.
00:49:37C'est à l'Elysée
00:49:39que le plan
00:49:40se met en place.
00:49:45Un tea time
00:49:46est organisé
00:49:47par la première dame
00:49:48en présence
00:49:49de Bernard Arnault.
00:49:52Comme le veut
00:49:53le protocole,
00:49:54il faut offrir
00:49:54un cadeau
00:49:55à l'invité.
00:49:56Une mission
00:49:57ultra sensible
00:49:58confiée
00:49:59à Françoise Dumas.
00:50:01Puissante femme
00:50:02de l'ombre,
00:50:04elle orchestre
00:50:04les réceptions
00:50:05les plus prestigieuses
00:50:06du groupe LVMH.
00:50:13J'avais vu
00:50:13un sac
00:50:14qui m'avait
00:50:15beaucoup plu.
00:50:16Ce sac
00:50:16était un peu
00:50:17un sac du soir.
00:50:19Il était
00:50:20en velours.
00:50:21Je le fais faire
00:50:22un beau paquet
00:50:23et je l'envoie
00:50:24à l'Elysée.
00:50:25Et puis,
00:50:26je me dis
00:50:26quand même,
00:50:27il faut que je le prévienne.
00:50:28Bernard Arnault
00:50:29que j'ai organisé
00:50:31ce cadeau.
00:50:32Et lui,
00:50:33qui est un génie
00:50:34du marketing,
00:50:35me dit
00:50:36« Françoise,
00:50:37faites-moi
00:50:38revenir ce cadeau
00:50:39tout de suite. »
00:50:39Je m'en souviens encore,
00:50:40on est à Montpardasse,
00:50:42tous les quatre dirigeants
00:50:43du groupe
00:50:43à l'époque.
00:50:45Et un des collaborateurs
00:50:46de M. Arnault
00:50:46vient vers moi
00:50:47et il me dit
00:50:47« M. Arnault veut parler. »
00:50:50Il me raconte rapidement
00:50:51que Lady Di va passer.
00:50:53Il serait bien
00:50:54de lui offrir
00:50:56le proto.
00:50:59Et il me le faut
00:51:00pour demain midi
00:51:01dans une boîte.
00:51:02Et on est
00:51:03début d'après-midi
00:51:04la veille.
00:51:05Et le proto,
00:51:06c'est un proto.
00:51:10Les dorures,
00:51:11etc.,
00:51:12il faut tout
00:51:12plaquer en or.
00:51:14Et on a passé
00:51:15la nuit
00:51:17à remonter le sac
00:51:18et le faire,
00:51:19le rendre parfait.
00:51:20Donc on m'a redonné
00:51:21le sac,
00:51:23refait le paquet cadeau
00:51:25et renvoyé
00:51:25le fameux sac
00:51:26en cuir
00:51:28à l'Elysée.
00:51:31Et à l'heure
00:51:31du tea time,
00:51:32le sac Dior
00:51:33dans son paquet cadeau
00:51:35est bien à l'Elysée,
00:51:36posé sur le guéridon
00:51:38derrière Lady Di.
00:51:41Bernard Arnault
00:51:42n'a plus qu'à espérer
00:51:43que la princesse
00:51:44le porte à son bras
00:51:45lors d'un événement
00:51:46médiatique.
00:51:48Le miracle
00:51:49ne se produit pas
00:51:50pendant la visite
00:51:51à Paris,
00:51:51mais un mois plus tard.
00:51:55Elle va visiter
00:51:57ce qu'ils appellent
00:51:58l'Institut
00:51:59de Conductive Education.
00:52:01C'est pour des enfants
00:52:02qui ont un handicap.
00:52:03Et on la voit
00:52:04avec l'enfant.
00:52:06Elle va le prendre
00:52:07dans ses bras.
00:52:09Elle prend l'enfant,
00:52:10mais elle tient le sac.
00:52:13Le paparazzi
00:52:14qui prend la photo,
00:52:16bien sûr,
00:52:17prend le hog
00:52:19et c'est ce qui va
00:52:20apparaître.
00:52:21Mais le sac est là,
00:52:22déjà présent.
00:52:23Et ça,
00:52:23c'est en pleine dent.
00:52:25Et puis,
00:52:26je dois dire
00:52:26que le flash
00:52:28ressort très bien
00:52:29sur le sac
00:52:30puisque les effets
00:52:31recherchés
00:52:32grâce à l'agneau,
00:52:33grâce à la surpiqure,
00:52:34grâce au canage
00:52:35donnent cet effet
00:52:36diamant de reflet.
00:52:38Cette photo fait la une
00:52:39de la presse britannique
00:52:40dès le lendemain.
00:52:41L'effet est immédiat.
00:52:43Les clients fortunés
00:52:44se précipitent
00:52:45dans les grands magasins
00:52:46pour acheter
00:52:47le sac porté
00:52:48par les Didis.
00:52:50Mais il n'est pas
00:52:51encore en vente.
00:52:52C'est un prototype.
00:52:54Sidney Toledano
00:52:55avance son dernier pion.
00:52:57Donnez un nom
00:52:58à ce sac
00:52:59en associant
00:53:00l'image de la princesse.
00:53:07Vous ne pouvez pas
00:53:09utiliser l'image
00:53:11à des fins commerciales.
00:53:13Et encore moins
00:53:14le nom.
00:53:15Donc,
00:53:16pas question
00:53:16de l'appeler
00:53:17le Lady Di.
00:53:18Et on va l'appeler
00:53:19Lady Dior
00:53:19où il y a
00:53:21Di dedans
00:53:21et c'est Dior.
00:53:22Et le plan
00:53:23va se mettre
00:53:23en marche
00:53:24peu à peu.
00:53:26Les ventes
00:53:27s'envolent.
00:53:28100 000 sacs
00:53:29la première année
00:53:30multipliant par 10
00:53:31le chiffre d'affaires
00:53:32de la maroquinerie.
00:53:36La maison
00:53:37de haute couture
00:53:38Christian Dior
00:53:39devient
00:53:41Dior.
00:53:44Pour voter
00:53:44les Américains,
00:53:45c'était plus facile
00:53:46de dire Dior
00:53:47que Christian Dior.
00:53:49Et puis Dior
00:53:49sont quatre lettres.
00:53:52Partout.
00:53:53Quatre lettres.
00:53:59On vend une marque.
00:54:01La marque
00:54:01est plus importante
00:54:02que le produit.
00:54:03C'était
00:54:05une globalisation,
00:54:06une mondialisation
00:54:07avec des conséquences
00:54:10capitales
00:54:11pour des milliers
00:54:12de gens
00:54:12dans presque
00:54:14tous les pays.
00:54:15Alors,
00:54:15rappeler ça
00:54:15du pouvoir,
00:54:16rappeler ça,
00:54:17non.
00:54:17c'est du soft power.
00:54:20Le sac
00:54:21à 5 700 euros
00:54:23minimum
00:54:23est devenu
00:54:24un heat bag.
00:54:26La maison
00:54:27ne communique plus
00:54:28sur le nombre
00:54:29de ventes réalisées.
00:54:31Mais au fait,
00:54:33qu'est devenu
00:54:33le fameux prototype
00:54:35offert à Lady Di
00:54:36il y a 30 ans ?
00:54:43Oui,
00:54:45je viens de récupérer
00:54:45la boîte
00:54:46dans mon entrepôt.
00:54:47Nous allons découvrir
00:54:49ce qu'il y a à l'intérieur,
00:54:50mais je crois
00:54:51que c'est le commencement
00:54:52de votre histoire.
00:55:07Je mets mes gants
00:55:09avant de toucher
00:55:10le moindre objet
00:55:11lié à la princesse Diana,
00:55:12parce que ce sont
00:55:13des pièces vraiment historiques.
00:55:15Il ne faut surtout pas
00:55:17mettre de traces de doigts
00:55:18dessus.
00:55:22Derrière cet air sérieux
00:55:24se cache
00:55:25la plus grande fan
00:55:26de Lady Di.
00:55:32Renée Plante
00:55:33parcourt le monde
00:55:34à la recherche
00:55:35d'objets
00:55:35ayant appartenu
00:55:36à la princesse.
00:55:37Elle est capable
00:55:38de dépenser
00:55:39des centaines
00:55:40de milliers de dollars
00:55:40pour les avoir.
00:55:43Et parmi les
00:55:442700 pièces
00:55:45qu'elle a acquises,
00:55:46il y a
00:55:54Et voici le premier,
00:55:56le prototype.
00:55:58Regardez comme
00:55:59il est soigneusement
00:56:00emballé.
00:56:01C'est un privilège
00:56:03d'être dépositaire
00:56:04de ce sac.
00:56:05Il est historique
00:56:06parce qu'il a été porté
00:56:08par les Didis.
00:56:11Quand on pense
00:56:12que ce sac
00:56:12a une trentaine d'années,
00:56:14c'est incroyable
00:56:15qu'il soit si bien conservé.
00:56:19En 1997,
00:56:21deux ans après
00:56:21le Tea Time
00:56:22à l'Elysée,
00:56:23la princesse décide
00:56:24d'offrir ce fameux sac
00:56:26à une vente
00:56:26de charité.
00:56:28Elle écrit
00:56:29elle-même
00:56:29à l'organisatrice.
00:56:32Il est écrit
00:56:33« J'espère que vous
00:56:34accepterez
00:56:35de recevoir
00:56:36ces quelques objets
00:56:36personnels
00:56:37pour votre vente
00:56:38aux enchères caritatives.
00:56:40Ils ont pour moi
00:56:41une grande valeur
00:56:41sentimentale
00:56:42avec toute mon affection,
00:56:44Diana. »
00:56:46Ce sac faisait partie
00:56:46d'un lot
00:56:47comportant 15 objets
00:56:48différents.
00:56:49Numéro 8,
00:56:50un sac à main Dior
00:56:52en cuir
00:56:53offert par
00:56:54Bernadette Chirac.
00:56:55C'était deux semaines
00:56:56avant sa disparition
00:56:57tragique.
00:57:00Évidemment,
00:57:01comme elle est décédée
00:57:02peu après,
00:57:03il n'aurait pas été
00:57:04approprié d'organiser
00:57:05cette vente
00:57:06aux enchères.
00:57:07L'association caritative
00:57:09l'a donc conservée
00:57:10pendant plus de 20 ans.
00:57:18Renée Plante
00:57:19a acquis le sac
00:57:20en 2024
00:57:21directement auprès
00:57:22de cette organisation.
00:57:26Et je l'ai reçue
00:57:28le jour
00:57:28de mon anniversaire.
00:57:29Je ne pourrais jamais
00:57:31le porter en public
00:57:32mais c'est un super cadeau.
00:57:33Vous ne trouvez pas ?
00:57:36Un super cadeau
00:57:37dont elle refuse
00:57:38de nous donner le prix.
00:57:40Aujourd'hui,
00:57:41rien de ce qui a appartenu
00:57:42à Diana
00:57:43n'a vraiment
00:57:43un prix raisonnable.
00:57:45Mais ce sont des objets
00:57:46chargés d'histoire
00:57:46et vous savez,
00:57:47l'histoire,
00:57:48ça n'a pas de prix.
00:57:49Et maintenant,
00:57:50je vais le remettre
00:57:51dans sa pièce climatisée
00:57:53dans mon entrepôt
00:57:54jusqu'à sa prochaine sortie
00:57:55à la fin de l'année
00:57:56lorsqu'il sera exposé
00:57:58au public
00:57:58pour la première fois.
00:58:12Le pouvoir financier
00:58:14des marques de luxe
00:58:15ne va pas être utilisé
00:58:16seulement pour vendre
00:58:17des produits.
00:58:19Il va servir aussi
00:58:20à asseoir
00:58:21une certaine vision du monde.
00:58:28Il y a quand même
00:58:29une image
00:58:29qui est assez folle
00:58:30quand on y réfléchit
00:58:31de façon un peu
00:58:32philosophique
00:58:32et géopolitique
00:58:34plus concrètement.
00:58:34C'est l'image
00:58:35de Gorbatchev
00:58:36faisant la publicité
00:58:38d'un sac Vuitton.
00:58:41Il est l'espace
00:58:42d'une image
00:58:43et gérit Vuitton.
00:58:45En 2008,
00:58:47la marque lance
00:58:48une campagne publicitaire
00:58:49avec une question
00:58:51existentielle.
00:58:52Voyage-t-on
00:58:53pour découvrir le monde
00:58:54ou pour le changer ?
00:58:58Pour vendre
00:58:58un sac de voyage,
00:59:00la marque
00:59:00au célèbre monogramme
00:59:02se paye les services
00:59:03d'une figure politique
00:59:04historique.
00:59:05Michael Gorbatchev.
00:59:08Ex-chef
00:59:09du Parti communiste
00:59:10soviétique,
00:59:11artisan de l'effondrement
00:59:12du Bloc de l'Est
00:59:13en 1991.
00:59:19L'homme
00:59:19est assis
00:59:20à l'arrière
00:59:21d'une limousine
00:59:22longeant le mur
00:59:23de Berlin
00:59:24comme replongé
00:59:25dans le passé.
00:59:28C'est l'une
00:59:29de ses grandes oeuvres
00:59:30et considère
00:59:31qu'il a contribué
00:59:31largement
00:59:32à la chute
00:59:32du mur de Berlin.
00:59:35La marque de luxe
00:59:36se place
00:59:37en acteur
00:59:37de l'histoire
00:59:38avec un grand H.
00:59:41C'est assez vertigineux
00:59:42comme marqueur
00:59:44d'un changement
00:59:44d'époque,
00:59:45comme chute
00:59:46des différences
00:59:46culturelles.
00:59:50Est-ce que ça a fait
00:59:51vendre des sacs ?
00:59:51Je ne sais pas,
00:59:52mais symboliquement,
00:59:54c'est assez fou
00:59:55comme symptôme
00:59:56du capitalisme,
00:59:57comme mode
00:59:57de fonctionnement
00:59:58universel,
00:59:59total,
00:59:59global
01:00:00et ultime.
01:00:04Michael Gorbatchev
01:00:05a reversé
01:00:06l'argent
01:00:06qu'il a touché
01:00:07pour cette pub
01:00:07à sa fondation
01:00:09caritative.
01:00:10Une bonne action
01:00:11et surtout,
01:00:12un super coup
01:00:13de com'
01:00:13pour Vuitton.
01:00:15Les grandes marques
01:00:16de luxe,
01:00:17leur dépense
01:00:18de communication,
01:00:19c'est équivalent
01:00:20entre 15 et 20%
01:00:21du chiffre d'affaires.
01:00:22Cette communication,
01:00:24elle envahit
01:00:24l'espace public.
01:00:34Il y a peu de temps
01:00:35encore,
01:00:35on ne disait jamais
01:00:36vous verrez Chanel
01:00:37sur le trottoir.
01:00:37C'est la rue.
01:00:38Ce n'est pas bien.
01:00:43On disait
01:00:44affiché dans la rue,
01:00:44ce n'est pas assez chic.
01:00:46En fait,
01:00:46cette barrière-là,
01:00:47elle est tombée
01:00:48il y a une quinzaine d'années
01:00:49et depuis,
01:00:50c'est la guerre
01:00:50pour récupérer
01:00:51les panneaux d'affichage.
01:00:53Pour être finalement
01:00:54dans la vie des gens,
01:00:55pour être une présence,
01:00:55à l'esprit en permanence.
01:00:59Et comme ça,
01:01:01donner aux gens
01:01:01l'impression
01:01:02que s'ils ne consomment
01:01:03pas de la mode,
01:01:03s'ils n'affichent pas un logo,
01:01:04ils ratent un peu leur vie,
01:01:05un peu quelque chose.
01:01:08Ce petit grain de désir,
01:01:10il a été mis
01:01:11dans le cerveau
01:01:12de tout le monde.
01:01:21La fascination
01:01:23du luxe
01:01:23s'exerce
01:01:24à toutes les émotions.
01:01:25à tous les étages
01:01:26de la pyramide
01:01:28des âges.
01:01:29C'est nouveau.
01:01:30Et enfin,
01:01:31évidemment,
01:01:32à tous les étages
01:01:34de la pyramide sociale.
01:01:37Dans les grandes villes,
01:01:39les boutiques
01:01:40sont devenues
01:01:40des monuments gigantesques,
01:01:42outranciers presque.
01:01:43On les appelle
01:01:44des flagships,
01:01:46littéralement,
01:01:46des vaisseaux amiraux.
01:01:48un paquebot posé
01:01:50en plein centre
01:01:50de Shanghai,
01:01:52des mâles Vuitton
01:01:53de la taille
01:01:54d'un building
01:01:54sur la 5e avenue
01:01:55à New York,
01:01:57un immeuble haussmannien
01:01:58entièrement doré
01:01:59à Bangkok
01:01:59ou encore
01:02:01une plage
01:02:02à Dubaï.
01:02:05Avant,
01:02:06on allait voir
01:02:07la tour Eiffel
01:02:07et le Sacré-Cœur.
01:02:09Maintenant,
01:02:09on va en même temps
01:02:10voir les flagships
01:02:12de Vuitton.
01:02:15On parle d'empire du luxe.
01:02:17Est-ce que vous êtes
01:02:17des empereurs ?
01:02:18Non.
01:02:19Vous êtes quoi, alors ?
01:02:20Non.
01:02:21Non.
01:02:22Non, j'aime pas
01:02:22ce côté empereur,
01:02:24dominant.
01:02:25Nous sommes des voyageurs.
01:02:27Des ambassadeurs
01:02:27de la France ?
01:02:28Oui, à un moment,
01:02:30oui, bien sûr.
01:02:32De très bons ambassadeurs,
01:02:33je veux dire,
01:02:33parce qu'on négocie pas
01:02:36les conflits, nous.
01:02:37On vient
01:02:39avec des produits.
01:02:40Le poids politique
01:02:41des patrons du luxe,
01:02:42est énorme.
01:02:44C'est eux
01:02:44qui assurent
01:02:44notre rayonnement
01:02:45à l'international.
01:02:55On le voit
01:02:59dans leur présence
01:03:00au Dîner d'État.
01:03:00On le voit
01:03:01à l'inauguration
01:03:02de Donald Trump
01:03:03pour Bernard Arnault.
01:03:08On a compris
01:03:08ces dernières années
01:03:09que Bernard Arnault
01:03:10avait réussi
01:03:11à négocier
01:03:11des exceptions
01:03:12sur les droits
01:03:13de douane
01:03:13avec Donald Trump.
01:03:16C'est à se demander
01:03:17à qui préfère parler
01:03:18Donald Trump,
01:03:19à Bernard Arnault
01:03:20ou à Emmanuel Macron.
01:03:21Vous avez plus de pouvoir
01:03:22que les présidents,
01:03:23parfois.
01:03:25Disons qu'on est plus
01:03:40et plus séduisants.
01:03:42Retour à Paris
01:03:43pour la première fashion week
01:03:44de l'année.
01:03:45Un moment incontournable
01:03:47de la haute couture,
01:03:48de la mode
01:03:49et du luxe.
01:03:54Il n'y a pas
01:03:58d'autre moment
01:03:58où ça se passe
01:03:59comme ça.
01:04:00Il y a un phénomène dément
01:04:01qui se passe
01:04:02autour de Paris
01:04:03pendant ces fashion week-là.
01:04:05Tout le monde
01:04:06déboule du monde entier,
01:04:07de l'Asie,
01:04:08des États-Unis,
01:04:09des pays arabes.
01:04:11Et qui fait que Paris
01:04:12ait une place
01:04:13géopolitique forte.
01:04:18Ce matin-là,
01:04:20le défilé
01:04:20le plus attendu
01:04:21est celui de Chanel
01:04:22au Grand Palais.
01:04:29Stéphane Feugère
01:04:30est photographe de mode
01:04:31depuis une vingtaine d'années.
01:04:34Tu vois,
01:04:34on est quand même
01:04:35très léger
01:04:36et puis des fois,
01:04:37j'ai même un Leïka
01:04:38qui est encore plus petit
01:04:39sur des événements.
01:04:40L'idée,
01:04:41c'est le plus
01:04:41d'interactions possibles.
01:04:45Il est l'un des rares
01:04:46photographes
01:04:47à travailler
01:04:47pour tous les grands
01:04:48défilés du monde.
01:04:51Là,
01:04:52on se retrouve
01:04:52à être simplement
01:04:543-4 photographes
01:04:55de gros magazines.
01:04:56Il y a souvent
01:04:57le Women's War Daily,
01:04:58le Vogue,
01:05:01Elle,
01:05:01ou des choses comme ça.
01:05:03On est assez peu
01:05:03à le faire.
01:05:04Dans le monde
01:05:04qui suivent les défilés,
01:05:06je pense que je suis le seul.
01:05:08Ça m'est déjà arrivé
01:05:09des gens qui soient capables
01:05:10de me demander
01:05:10avant de rentrer
01:05:11sur un défilé
01:05:12d'acheter ces badges.
01:05:13J'ai entendu
01:05:14des concierges d'hôtels
01:05:15qui arrivaient
01:05:16à vendre des badges
01:05:17comme ça
01:05:17à plus de 5 à 10 000 euros.
01:05:19Ben ouais,
01:05:19pour que des gens
01:05:20soient prêts
01:05:20à pouvoir rentrer.
01:05:25Des badges
01:05:25qui valent de l'or
01:05:26car la mission
01:05:27de Stéphane Feugère
01:05:28est la plus stratégique
01:05:30du défilé.
01:05:31Photographier
01:05:32ce qu'on appelle
01:05:32le front row,
01:05:34le premier rang
01:05:35des invités
01:05:35devant le podium.
01:05:43Sur ces quelques centimètres
01:05:45de banc
01:05:45se joue aujourd'hui
01:05:46l'image d'une marque
01:05:47à l'échelle mondiale
01:05:48avant même
01:05:49que le défilé
01:05:50ne commence.
01:05:52Autrefois,
01:05:52au premier rang,
01:05:53il y avait des acheteurs
01:05:54des boutiques
01:05:56et des clients
01:05:57prestigieux.
01:05:59Aujourd'hui,
01:06:00ces gens-là
01:06:01sont toujours un peu là,
01:06:02souvent relégués
01:06:03au second plan.
01:06:04Ceux qui ont pris
01:06:05le devant
01:06:06qui occupent
01:06:06les premières places
01:06:07dans les front row,
01:06:08maintenant,
01:06:08ce sont les égéries.
01:06:12La motivation
01:06:13d'inviter une star
01:06:13à un défilé,
01:06:14c'est de générer
01:06:15de la visibilité,
01:06:16donc du business.
01:06:20Elles sont parfois payées
01:06:21pour leur venue
01:06:22au défilé.
01:06:25Pour quelqu'un
01:06:26qui n'est pas très demandé,
01:06:27ça peut être 20 000 euros.
01:06:28On peut commencer
01:06:29à ce niveau-là,
01:06:29c'est déjà pas mal
01:06:30pour un quart d'heure
01:06:31de frais en six.
01:06:32Ça peut monter
01:06:32très cher
01:06:33pour une star internationale.
01:06:35Il y avait Madonna
01:06:36la dernière Fashion Week.
01:06:37C'est plusieurs centaines
01:06:38de milliers d'euros,
01:06:39évidemment,
01:06:40de la voir
01:06:41au premier rang
01:06:42de son défilé,
01:06:43de l'habiller pour
01:06:44et de la photographier
01:06:46à cette occasion.
01:06:48Des front row
01:06:49qui peuvent avoisiner
01:06:51le million d'euros
01:06:52pour espérer
01:06:52des millions de vues.
01:06:55Car l'image est pensée
01:06:57pour devenir
01:06:57instantanément virale.
01:06:59Un rouage
01:07:00qui se met en place
01:07:01notamment grâce
01:07:02à Stéphane Feuger.
01:07:06Là, tu vois vraiment
01:07:07le déroulé
01:07:08de mes images.
01:07:10Donc, aller capturer
01:07:11ces moments
01:07:12Vanessa
01:07:13avec Nicole Kidman,
01:07:14c'est quand même
01:07:15aussi improbable
01:07:16sur le papier.
01:07:20Avant même
01:07:21que le défilé
01:07:21ne soit terminé,
01:07:22ces photos sont envoyées
01:07:23à la rédaction
01:07:24de son journal.
01:07:25Le prestigieux
01:07:26Women's Wear Daily.
01:07:29Il y a un coursier
01:07:30qui arrive,
01:07:30qui récupère les cartes
01:07:31et qui va les emmener
01:07:32au magazine
01:07:33où l'édition
01:07:34va se faire sur place.
01:07:35Contrairement
01:07:36aux photographes
01:07:37qui vont prendre le temps
01:07:37d'aller éditer leurs images
01:07:39avec un ordi
01:07:39et tout ça,
01:07:40nous, on est en flux tendu.
01:07:44Sa mission
01:07:44ne s'arrête pas là.
01:07:45Le photographe
01:07:46publie aussi
01:07:47sur ses réseaux sociaux
01:07:48des vidéos faites
01:07:49pendant sa séance photo.
01:07:53En période
01:07:54de Fashion Week,
01:07:55son compte Instagram
01:07:56génère à lui seul
01:07:57plus de 8 millions
01:07:58de vues
01:07:58et des milliers
01:07:59de repartages.
01:08:01L'impact
01:08:02des images des stars
01:08:03en font trop
01:08:03est ainsi décuplé.
01:08:10Il y a ce phénomène
01:08:11red carpet,
01:08:13c'est ce qu'on voit aussi
01:08:13dans le cinéma,
01:08:14c'est ce qu'on voit à Cannes,
01:08:16c'est ce qu'on voit
01:08:17un petit peu
01:08:17dans tous les festivals.
01:08:23Après,
01:08:24c'est aussi
01:08:25la puissance des marques
01:08:26en fonction
01:08:26de la nature
01:08:27des invités
01:08:28qui se traduisent
01:08:29par ces red carpet.
01:08:45Ce n'est pas
01:08:45la seule chose
01:08:46que les maisons de couture
01:08:47ont emprunté
01:08:48à l'industrie du cinéma.
01:08:50Pour créer de l'impact,
01:08:52les marques ont investi
01:08:53dans des décors
01:08:54spectaculaires.
01:08:56Avec Karl Hegerfeld,
01:08:57on va faire tout
01:08:57ce qui est impossible.
01:08:59Il y a eu la fusée.
01:09:03Il y a eu la tour Eiffel.
01:09:10On a même construit
01:09:11un paquebot.
01:09:14C'est des décors
01:09:15de cinéma.
01:09:17Tout ça est fait
01:09:18pour la presse,
01:09:18pour les influenceurs.
01:09:24Les défilés
01:09:25sont en fait
01:09:25des moments
01:09:26de création de contenu
01:09:27très valorisés,
01:09:29très haut de gamme.
01:09:30Maintenant,
01:09:31les marques
01:09:32de luxe
01:09:33sont en ordre
01:09:34de bataille
01:09:35pour algorithmer
01:09:37tout ça.
01:09:37Tout est quantifié.
01:09:41Et les créations
01:09:43dans tout ça.
01:09:44Lors du défilé
01:09:46Chanel
01:09:46de janvier
01:09:462026,
01:09:48une cinquantaine
01:09:49de modèles
01:09:49ont été présentés.
01:09:51Le résultat
01:09:52de milliers d'heures
01:09:53de travail à la main.
01:09:56L'aboutissement
01:09:57de siècles
01:09:57de savoir-faire,
01:09:58de brodeurs,
01:09:59de plumaciers
01:10:00et de joailliers français.
01:10:06Des pièces
01:10:07qui pour la plupart
01:10:07ne seront jamais vendues
01:10:09ni même fabriquées
01:10:10après le défilé.
01:10:14Qu'importe,
01:10:16ces images
01:10:16vont faire le tour
01:10:17de la planète
01:10:18en une fraction
01:10:19de seconde,
01:10:20assurant à Paris
01:10:21sa place incontestable
01:10:23de capitale mondiale
01:10:24du luxe.
01:10:26Ainsi va le monde.
01:10:34Un cœur rouge,
01:10:36un accent parisien,
01:10:37un sentimental
01:10:38dans une industrie
01:10:39du luxe
01:10:40devenu impitoyable.
01:10:41Alexandre Matiusi,
01:10:4246 ans,
01:10:43préfère l'allure
01:10:44au statut,
01:10:45l'émotion
01:10:46au concept.
01:10:47Il a fondé
01:10:47la marque Ami
01:10:48développée,
01:10:50exportée son style
01:10:51à l'étranger.
01:10:52Aujourd'hui,
01:10:53il revendique toujours
01:10:54que la simplicité,
01:10:55c'est aussi le luxe.
01:10:57À la française.
01:10:58Bonsoir Alexandre Matiusi.
01:10:59Bonsoir Laurent Delamousse.
01:11:00Merci d'être avec nous
01:11:01aujourd'hui.
01:11:02Merci.
01:11:03On sort d'une séquence
01:11:04de Fashion Week,
01:11:04on a l'impression
01:11:05qu'on va rentrer
01:11:05dans une autre.
01:11:06Moi, je suis un peu paumé,
01:11:07je vous le dis sincèrement.
01:11:08Il y en a combien par an ?
01:11:10Il y a des défilés
01:11:12qui se succèdent ?
01:11:13Trois, quatre, cinq ?
01:11:14Ça ne s'arrête jamais.
01:11:15Ah, ça ne s'arrête jamais.
01:11:17Alors, le calendrier officiel,
01:11:18c'est...
01:11:19Déjà, il y a
01:11:19le prêt-à-porter homme
01:11:20et le prêt-à-porter femme
01:11:22et la haute couture.
01:11:23Donc, tout ça fois deux saisons,
01:11:25ça fait une, deux, trois, quatre,
01:11:27cinq, six périodes,
01:11:28six périodes de défilés
01:11:29en tout cas à Paris.
01:11:30Une semaine de Fashion Week,
01:11:31je crois, à Paris,
01:11:32ça représente
01:11:33plus d'un milliard d'euros.
01:11:35La mode, c'est aussi devenu,
01:11:36et le luxe,
01:11:37une véritable industrie.
01:11:39C'est une industrie,
01:11:40c'est un commerce.
01:11:41Tout s'est organisé
01:11:43de manière extraordinaire
01:11:44ces 30 dernières années.
01:11:46Oui.
01:11:46Évidemment,
01:11:47l'arrivée des grands groupes
01:11:49comme LVMH,
01:11:50M. Arnaud,
01:11:51ou le groupe Kering
01:11:52avec M. Pinault,
01:11:55ont organisé quand même
01:11:56une industrie...
01:11:57C'est très puissant,
01:11:59c'est très, très puissant.
01:11:59Et c'est vrai
01:12:00que les réseaux sociaux,
01:12:01peut-être,
01:12:03l'arrivée d'Instagram,
01:12:05de TikTok,
01:12:06de toutes ces choses-là...
01:12:07C'est encore accéléré à tout ça.
01:12:08Ça a complètement accéléré
01:12:08parce que ça a démocratisé
01:12:10encore plus l'accès
01:12:13au monde de la mode.
01:12:14Le monde de la mode,
01:12:15c'est de la pop culture.
01:12:15Ça l'a toujours été.
01:12:17On a toujours suivi la mode
01:12:19avec beaucoup d'intérêt.
01:12:20Mais c'est vrai
01:12:21que cette visibilité aujourd'hui,
01:12:23elle est extraordinaire.
01:12:24Le défilé,
01:12:25ça reste un moment clé.
01:12:27Vous avez,
01:12:29comme on le voit souvent
01:12:30en coulisses dans les reportages,
01:12:31on sent une pression,
01:12:32une tension,
01:12:33une transpiration
01:12:34des créateurs à ce moment-là.
01:12:36Vous jouez vraiment gros
01:12:37ce jour-là,
01:12:38à chaque fois ?
01:12:39Alors moi,
01:12:40j'aime dire que c'est
01:12:40le spectacle de fin d'année.
01:12:41J'essaie toujours
01:12:42de l'aborder comme ça,
01:12:43de dire qu'on a travaillé
01:12:44en coulisses
01:12:45pendant six mois.
01:12:46On a répété,
01:12:47on a travaillé dur
01:12:48parce que c'est difficile
01:12:49de construire une collection.
01:12:50Ça coûte beaucoup d'argent.
01:12:51Bien sûr,
01:12:52les enjeux économiques
01:12:52sont forts.
01:12:53Et puis,
01:12:54en termes d'artisanat,
01:12:55en termes de création
01:12:56de collections,
01:12:57c'est complexe.
01:12:58Mais ça doit être
01:12:59un moment joyeux.
01:13:00Ça doit toujours
01:13:01être un moment joyeux.
01:13:02Qui organise
01:13:02ses premières lignes
01:13:03des défilés ?
01:13:04C'est quand même
01:13:05juste devenu
01:13:06aussi compliqué
01:13:07d'installer qui
01:13:08à côté de qui
01:13:08qu'un rendez-vous
01:13:09diplomatique du G7.
01:13:11Bien sûr,
01:13:11bien sûr,
01:13:11c'est l'art de la table.
01:13:12Oui,
01:13:12c'est l'art de la table.
01:13:13C'est l'art de la table.
01:13:14Il y a quelqu'un
01:13:14qui est nommé
01:13:15dans cette grande maison.
01:13:17C'est un travail
01:13:17de communication,
01:13:19c'est-à-dire que c'est
01:13:19les attachés de presse.
01:13:34des gens qui étaient payés.
01:13:36Aujourd'hui,
01:13:36les gens sont payés
01:13:37pour venir au défilé.
01:13:38Tout ça est monétisé.
01:13:40Et d'ailleurs,
01:13:40pour plein de bonnes raisons.
01:13:42Parce que ceux
01:13:42qui sont au premier rang,
01:13:43d'abord véhiculent
01:13:44l'image de la mare.
01:13:45Exactement.
01:13:46Ils sont potentiellement
01:13:47très influents
01:13:48parce qu'aussi,
01:13:49grâce à leurs réseaux sociaux,
01:13:51grâce à leur communauté,
01:13:52ils vont permettre
01:13:53un relais extraordinaire.
01:13:55Donc, tout ça devient
01:13:57très marketé.
01:13:58Ça peut être quoi
01:13:59comme somme
01:14:00quand on fait venir
01:14:00une star de la K-pop
01:14:01ou qu'on fait venir
01:14:02une star du cinéma ?
01:14:05Il n'y a pas de règle.
01:14:08Mais ça peut être
01:14:10entre 10, 20
01:14:11et plusieurs centaines
01:14:12de milliers d'euros.
01:14:12Centaines de milliers d'euros.
01:14:13Ça dépend des maisons.
01:14:14Alors moi,
01:14:14c'est parce que je n'ai jamais
01:14:15payé ça.
01:14:16Mais bien sûr
01:14:16que c'est rémunéré.
01:14:19Le défilé.
01:14:19Pas toujours.
01:14:20Il y a des gens
01:14:20qui viennent gratuitement
01:14:21quand même.
01:14:21Il y en a encore
01:14:21qui viennent gratuitement.
01:14:22Bien sûr.
01:14:23Avant, il y avait
01:14:23des papiers dans la presse.
01:14:24Voilà.
01:14:25Des journalistes de mode.
01:14:26Exactement.
01:14:26Aujourd'hui,
01:14:27on a quitté cet univers-là
01:14:28avec des influenceurs
01:14:29et des influenceuses
01:14:30qui se retrouvent parfois
01:14:31au premier rang
01:14:31selon leur nombre
01:14:33d'abonnés potentiels.
01:14:35D'abord,
01:14:35ils ne sont pas tous
01:14:36compétents pour le faire.
01:14:37Non plus.
01:14:37Mais une critique
01:14:38de leur part
01:14:39ou un soutien,
01:14:40ça aiderait l'influence.
01:14:42Quand même, oui.
01:14:43Il y a même des gens
01:14:43qui sont finalement
01:14:44qui ont des petites communautés.
01:14:46Mais l'algorithme faisant,
01:14:48on se retrouve parfois
01:14:49à entendre
01:14:50ou à écouter
01:14:51l'avis de quelqu'un
01:14:52que finalement,
01:14:53on n'a pas forcément
01:14:55beaucoup d'importance.
01:14:57Mais d'un seul coup...
01:14:57Qui n'est pas référencée
01:14:58comme telle au départ.
01:14:58Exactement.
01:14:59Mais cette parole,
01:14:59elle compte quand même.
01:15:00Je trouve.
01:15:01C'est intéressant
01:15:02d'avoir le pouls
01:15:04d'une certaine manière
01:15:05d'une communauté
01:15:06qui peut-être
01:15:07est un client.
01:15:08Aujourd'hui,
01:15:09ça veut dire
01:15:09que les créateurs
01:15:10sont et peuvent être
01:15:11dans certaines petites,
01:15:13grandes ou moyennes maisons
01:15:14sous l'influence
01:15:14des influenceurs.
01:15:15D'une certaine manière, oui.
01:15:17Ça veut dire
01:15:17dans la création,
01:15:19dans le processus créatif.
01:15:20Dans la création,
01:15:20peut-être pas.
01:15:21Mais en tout cas,
01:15:22l'avis est d'un seul coup
01:15:24à tout autant de valeur
01:15:27que celui d'un journaliste expert.
01:15:29Il y a le défilé,
01:15:30mais ce qu'il y a autour
01:15:31doit être produit,
01:15:33doit devenir assez incroyable.
01:15:34Bon,
01:15:35la Garfield a lancé ça.
01:15:36Bien sûr,
01:15:36chez Chanel.
01:15:37Chez Chanel,
01:15:38c'est devenu
01:15:38spectaculaire.
01:15:39Spectaculaire,
01:15:40quasiment une série de cinéma
01:15:43filmée,
01:15:44Instagramée
01:15:44et un visuel très puissant.
01:15:47Vous,
01:15:47ça vous met une pression particulière,
01:15:48vous qui êtes une plus petite maison.
01:15:50Vous faites des choix
01:15:50plus radicaux,
01:15:51plus sobres,
01:15:52plus...
01:15:53Alors,
01:15:53j'ai joué le jeu,
01:15:54parfois.
01:15:54J'ai eu l'occasion
01:15:55et j'ai eu la chance extraordinaire
01:15:56de pousser un peu le curseur
01:15:58sur les moments du défilé
01:16:00en construisant des décors
01:16:01ou en même m'invitant
01:16:02dans les rues de Paris.
01:16:04Par exemple,
01:16:04j'ai fait un défilé
01:16:05au Sacré-Cœur.
01:16:06J'ai eu une folie
01:16:07parce qu'à la fois
01:16:08en autorisation,
01:16:09c'était dingue,
01:16:09en organisation,
01:16:10c'était monstrueux.
01:16:12Et c'est vrai que
01:16:14ça cristallise quand même
01:16:15quelque chose d'extraordinaire.
01:16:18Et là, d'ailleurs,
01:16:19je suis revenu dans des formats
01:16:20qui étaient plus intimes,
01:16:22plus simples,
01:16:22pour remettre finalement
01:16:23toute l'énergie
01:16:24sur la collection,
01:16:25pour finalement
01:16:25ne pas distraire
01:16:26parce que parfois,
01:16:28un décor peut surpasser
01:16:29une collection,
01:16:30un premier rang
01:16:31peut surpasser
01:16:32une collection.
01:16:33On parlait
01:16:33des influenceurs,
01:16:34on parlait des personnalités
01:16:35qui sont là
01:16:36lors des défilés.
01:16:37Il y a aussi
01:16:37des égéries,
01:16:38des ambassadrices.
01:16:38Vous, vous en avez
01:16:39et assez magnifique.
01:16:41Vous avez Isabelle Adjani
01:16:42qui est très fidèle.
01:16:43Très fidèle.
01:16:44Comment ça se passe ?
01:16:45C'est vous
01:16:46qui êtes fan
01:16:47d'Isabelle Adjani,
01:16:49c'est elle
01:16:49qui l'est de vous.
01:16:51Comment on se rencontre
01:16:52pour finalement
01:16:52devenir l'ambassadrice ?
01:16:53Il y a un privilège
01:16:55peut-être par la position
01:16:57et la fonction.
01:16:57C'est vrai que
01:16:58quand on est créateur de mode,
01:16:59il y a une opportunité
01:17:00naturelle
01:17:01à rencontrer
01:17:02des gens qu'on adore.
01:17:03Il y a eu
01:17:04beaucoup de magie
01:17:05avec Laëlla Bechti,
01:17:06c'est comme ça
01:17:06qu'on s'est rencontrés
01:17:07sur Instagram.
01:17:08Avec Isabelle Adjani,
01:17:09je pense que
01:17:09je lui avais envoyé
01:17:11un message
01:17:11pour lui dire
01:17:11que je l'aimais beaucoup.
01:17:14J'ai eu la chance
01:17:15avant-hier
01:17:16de faire une folie,
01:17:17c'est-à-dire
01:17:17d'envoyer un message
01:17:18à Céline Dion
01:17:19par un contact
01:17:20en commun
01:17:21qui m'a donné
01:17:22l'opportunité
01:17:23de lui laisser un message.
01:17:24Donc j'attends
01:17:25le message retour.
01:17:26C'est complètement fou.
01:17:27C'est vrai que
01:17:27c'est assez extraordinaire.
01:17:29On parle de l'évolution
01:17:30des choses.
01:17:30Il y a une vraie révolution
01:17:32qui est en train
01:17:32de se mettre en place,
01:17:33c'est que les créateurs
01:17:34deviennent l'objet
01:17:35d'un mercato
01:17:36qui ressemble à celui
01:17:37du marché du football.
01:17:39Quelqu'un qui est
01:17:40une star pendant trois ans
01:17:41et puis qui après
01:17:42est remercié
01:17:43du jour au lendemain.
01:17:45Qu'est-ce que cela dit
01:17:46de tout cela ?
01:17:47C'est-à-dire que ce processus
01:17:49s'est accéléré,
01:17:50que c'est devenu réellement
01:17:50une industrie
01:17:51et que les créateurs
01:17:53deviennent eux-mêmes
01:17:54des effets de mode ?
01:17:55Les enjeux économiques
01:17:57sont devenus énormes.
01:17:58Les maisons,
01:18:00ces 10-15 dernières années,
01:18:03ont décuplé
01:18:04le chiffre d'affaires.
01:18:05Et en même temps
01:18:06fragilisés en ce moment.
01:18:07Exactement.
01:18:08Les deux groupes
01:18:08comme Elzeem H. ou Kering
01:18:09ont perdu 5 et 13 %
01:18:11l'un et l'autre,
01:18:12je crois, l'an dernier.
01:18:13Pour bien comprendre,
01:18:14on va prendre un exemple.
01:18:16Quand Vuitton
01:18:17prend Farrey Williams
01:18:19comme DA,
01:18:19en gros,
01:18:21ils le font d'abord
01:18:22parce qu'il a du talent,
01:18:23c'est certain.
01:18:24Bien sûr.
01:18:25Et en même temps,
01:18:25pour aller chercher
01:18:26un autre public.
01:18:27Vuitton est une institution
01:18:29finalement qui s'adresse
01:18:30à une femme chic,
01:18:32élégante.
01:18:33Farrey Williams
01:18:33vient ouvrir le spectre,
01:18:35vient apporter
01:18:36un autre public,
01:18:37une autre culture.
01:18:38Évidemment.
01:18:39Encore une fois,
01:18:40c'est la pop culture.
01:18:41Il y a une domination
01:18:42aussi d'influence.
01:18:44C'est audacieux.
01:18:44C'est audacieux
01:18:45et c'est pertinent.
01:18:46Être un designer,
01:18:48un créateur de mode,
01:18:49c'est un vrai métier.
01:18:50Est-ce que Farrey Williams
01:18:51est un créateur de mode ?
01:18:52Peut-être pas,
01:18:53mais ce n'est pas grave
01:18:54parce que les équipes
01:18:55qui l'entourent le sont.
01:18:56Ce sont des designers,
01:18:58ce sont des gens compétents.
01:18:59C'est la vision qui compte,
01:19:00c'est l'état d'esprit,
01:19:02c'est évidemment la communauté
01:19:04aussi qu'il ramène
01:19:05autour de lui pour la maison.
01:19:07Donc, c'est un choix intelligent.
01:19:08On le voit,
01:19:09les enjeux sont extrêmement importants.
01:19:11C'est un univers violent.
01:19:12C'est un univers
01:19:13où on prend des coups.
01:19:16Probablement.
01:19:16Comme toutes les industries.
01:19:18Vous en sortez pas mal,
01:19:18vous, pour le moment ?
01:19:19Moi, je me sens très protégé
01:19:20parce que...
01:19:22Alors, je ne vais pas faire mon malin,
01:19:23mais je me sens à part,
01:19:25un peu à part.
01:19:25C'est vrai que vous êtes à part.
01:19:26J'ai un pied dedans,
01:19:27un pied dehors.
01:19:28Ça veut dire que j'ai
01:19:28à la fois la liberté
01:19:30de l'indépendance
01:19:30parce que c'est ma maison,
01:19:31je l'ai construite,
01:19:32je l'ai créée
01:19:33quand la plupart des gens
01:19:34dont on parle
01:19:35sont des gens
01:19:35qui sont employés,
01:19:36qui sont employés
01:19:37pour des maisons
01:19:38qui sont historiques.
01:19:41Vous avez travaillé
01:19:43chez Dior,
01:19:44chez Givenchy.
01:19:45Qu'est-ce que vous gardez
01:19:46comme souvenir
01:19:47de cet, entre guillemets,
01:19:49apprentissage ?
01:19:49C'était ça ?
01:19:50Vous avez fait différents métiers
01:19:52à l'intérieur de ces maisons ?
01:19:54J'ai fait le même métier
01:19:55à une époque
01:19:56où, bizarrement d'ailleurs,
01:19:57les maisons étaient
01:19:58encore petites.
01:19:58Oui.
01:20:00On n'était pas encore
01:20:01dans ce groupe industriel.
01:20:03C'était déjà là,
01:20:04mais c'était encore timide.
01:20:06Et encore une fois,
01:20:07c'était avant
01:20:07les réseaux sociaux.
01:20:08Les réseaux sociaux
01:20:09ont vraiment accéléré
01:20:10les industries.
01:20:11Vous dire que ça reste
01:20:11quand même de l'artisanat encore ?
01:20:12C'est de l'artisanat.
01:20:13Ça veut dire que
01:20:14toute la démarche,
01:20:16au départ,
01:20:17c'est une réflexion,
01:20:19c'est une inspiration.
01:20:20Je me suis baladé ce matin
01:20:22pour promener mon chien.
01:20:24J'ai observé
01:20:25quelqu'un
01:20:25qui portait
01:20:26une combinaison de couleurs
01:20:28qui m'a plu.
01:20:28Ça rentre dans ma tête
01:20:30et c'est déjà
01:20:30quelque chose
01:20:31que je transforme.
01:20:32Ça rentre dans un processus créatif ?
01:20:33Bien sûr.
01:20:34Et après,
01:20:34le travail au quotidien,
01:20:37c'est même d'ailleurs
01:20:38assez étonnant.
01:20:39C'est très simple,
01:20:40c'est beaucoup de travail.
01:20:42Ce sont un travail d'équipe,
01:20:43c'est des conversations.
01:20:44Et puis,
01:20:45c'est très matériel.
01:20:46C'est du tissu,
01:20:47c'est des couleurs,
01:20:48c'est des proportions,
01:20:50c'est une ligne de vêtements.
01:20:51Tout se joue à pas grand-chose.
01:20:53Comment définir une silhouette,
01:20:54une ligne ?
01:20:55Vous revendiquez
01:20:55un luxe accessible ?
01:20:58Je dirais presque accessible
01:20:59ou accessible ?
01:21:00Non, mais bien sûr,
01:21:01tout est relatif.
01:21:02Ça reste des prix
01:21:04qui sont élevés, bien sûr.
01:21:05Il y avait au départ,
01:21:07en tout cas,
01:21:07le postulat de départ
01:21:08quand j'ai créé Ami,
01:21:09c'était aussi parce que
01:21:10je sortais de maison
01:21:11où je sentais quand même
01:21:12un vrai décalage
01:21:13entre la personne que j'étais
01:21:15avec les moyens
01:21:16qui étaient les miens
01:21:17pour m'acheter des vêtements.
01:21:19Moi, je voulais rester ancré.
01:21:20Vous avez fait le choix
01:21:20donc de la liberté,
01:21:22d'être indépendant,
01:21:24entre guillemets.
01:21:24C'est un atout, d'abord.
01:21:26C'est aussi risqué ?
01:21:28Oui, mais...
01:21:28Ça rend fragile ?
01:21:29Oui, mais...
01:21:30Après, c'est mon histoire.
01:21:32J'y crois plus que tout.
01:21:34J'ai une passion folle.
01:21:35Je le dis toujours,
01:21:36chaque matin est un nouveau jour,
01:21:38bien sûr,
01:21:39mais je me sens plus motivé
01:21:41chaque jour qui passe.
01:21:43Vous avez fait rentrer
01:21:43un actionnaire chinois, je crois.
01:21:44J'ai fait rentrer
01:21:44un actionnaire chinois
01:21:45il y a quelques années.
01:21:46C'était lié à cette conquête
01:21:48du marché asiatique ?
01:21:48Pareil, c'était le meilleur candidat.
01:21:51C'est ça qui est étonnant.
01:21:52Ça veut dire que j'ai rencontré
01:21:53beaucoup de monde.
01:21:55Mais, d'une certaine manière,
01:21:56c'était...
01:21:57J'imagine aussi des groupes français.
01:21:58On a rencontré plein de gens.
01:21:59Vraiment, il y avait une vraie opportunité
01:22:01d'ouvrir le capital.
01:22:02On en avait besoin
01:22:03parce qu'on a besoin d'argent.
01:22:04C'est toujours...
01:22:05Ça coûte cher, la mode.
01:22:06Oui.
01:22:06C'est lourd à financer.
01:22:08Et on peut gagner beaucoup d'argent aussi.
01:22:10Nous, on s'est autofinancés toujours.
01:22:12Ami a toujours gagné de l'argent,
01:22:13ce qui est une chance extraordinaire.
01:22:14Ce n'est pas toujours le cas.
01:22:15C'est rare.
01:22:16Et l'accompagnement de l'actionnaire,
01:22:17et en l'occurrence,
01:22:18le nôtre est chinois,
01:22:20il a été respectueux,
01:22:22plein de soutien,
01:22:23pas du tout intrusif.
01:22:26Pas de volonté d'emprise ?
01:22:27Absolument pas.
01:22:28Votre marque,
01:22:30c'est un chiffre d'affaires
01:22:31de 300 millions d'euros ?
01:22:32Exactement.
01:22:3285% à l'étranger ?
01:22:34Exactement.
01:22:35Ça, c'est incroyable.
01:22:36C'est dingue.
01:22:36C'est le cas pour beaucoup
01:22:37de marques de luxe, entre guillemets ?
01:22:39Je pense, oui, oui.
01:22:40C'est un équilibre assez commun.
01:22:42C'est un miracle,
01:22:43parce que pour une petite maison
01:22:44comme la mienne,
01:22:45avoir eu accès à l'Asie,
01:22:47parce que c'est des marchés
01:22:48qui sont très difficiles à pénétrer,
01:22:51qui sont difficiles d'accès,
01:22:52tout simplement,
01:22:53même techniquement,
01:22:54juridiquement,
01:22:56financièrement,
01:22:57c'est désintéressant.
01:22:57Est-ce qu'ils ont des statuts protecteurs ?
01:22:59C'est-à-dire, en fait,
01:22:59il y a des protectionnistes ?
01:23:00Il y a du protectionnisme
01:23:01et puis, ça coûte beaucoup d'argent.
01:23:05Donc, moi, au départ,
01:23:06c'est presque une invitation
01:23:08à venir en Asie
01:23:09et on a rencontré notre public
01:23:10très, très rapidement.
01:23:12Mon premier marché,
01:23:13c'est le Japon, par exemple.
01:23:15Marché, j'y suis arrivé,
01:23:17on y est arrivé il y a presque 14 ans,
01:23:19presque au tout démarrage
01:23:20et qui s'est construit,
01:23:21mais d'une certaine manière, lentement.
01:23:24Il y avait une stratégie,
01:23:25je me souviens,
01:23:25avec le partenaire japonais
01:23:26qui était très drôle,
01:23:27c'était de dire
01:23:28qu'on arrive avec deux points de vente,
01:23:31première saison.
01:23:32Deuxième saison,
01:23:33on enlève tout.
01:23:34On revient,
01:23:34troisième saison,
01:23:35avec très peu de quantité.
01:23:37On enlève.
01:23:38Vraiment,
01:23:39cette stratégie de...
01:23:52et même les provinces chinoises
01:23:54ou en Corée,
01:23:55c'est d'être partout,
01:23:56parfois dans des villes asiatiques,
01:23:58vous avez 10 grands magasins
01:24:00ou 10 magasins Vuitton.
01:24:02C'est fou.
01:24:03Après, les villes sont immenses.
01:24:04Quand j'ai eu l'occasion
01:24:05d'ouvrir une deuxième boutique
01:24:07à Shanghai il y a quelques années,
01:24:09moi j'ai dit,
01:24:09mais vous êtes fous,
01:24:10on a déjà une boutique
01:24:11et on m'a rappelé
01:24:11que c'était une ville
01:24:12où il y avait 25 millions d'habitants.
01:24:13Effectivement.
01:24:14Donc en vrai,
01:24:14on pourrait en avoir 10 à Shanghai
01:24:16et ça irait quand même.
01:24:17Ce n'est pas notre stratégie.
01:24:19Les créateurs,
01:24:19ils ont chacun un peu
01:24:20leur définition du luxe.
01:24:21Est-ce que vous,
01:24:21vous en avez une ?
01:24:22Je pense que d'abord,
01:24:24le luxe,
01:24:24au départ,
01:24:25c'est vraiment l'idée
01:24:26de quelque chose de rare.
01:24:27Oui.
01:24:28C'est un artisanat
01:24:30et une créativité
01:24:31qui sont singuliers.
01:24:33Oui.
01:24:34Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
01:24:35on a l'impression
01:24:36que le luxe est partout.
01:24:37Mais finalement,
01:24:38le vrai luxe,
01:24:40il est finalement très rare encore.
01:24:43Est-ce que le luxe français,
01:24:44c'est une signature particulière ?
01:24:46Ça reste quelque chose
01:24:47qui est différent des autres
01:24:49ou finalement,
01:24:49il y a une sorte de fusion,
01:24:50de mondialisation du luxe ?
01:24:51Je pense que c'est encore
01:24:53une appellation
01:24:54d'origine contrôlée.
01:24:55Oui, ça reste un label.
01:24:56Ça reste un label.
01:24:57C'est vrai que la France,
01:24:59on possède quand même
01:25:00des maisons,
01:25:01des talents extraordinaires
01:25:02qui s'exportent,
01:25:03évidemment.
01:25:04C'est l'image de la France.
01:25:06On le voit très bien
01:25:07dans le documentaire d'ailleurs.
01:25:09Oser le défilé
01:25:10de M. Saint-Laurent
01:25:13en ouverture
01:25:13de la finale
01:25:14de la Coupe du Monde
01:25:15en 1998.
01:25:16C'est un choix audacieux
01:25:17et en même temps,
01:25:17c'est une vitrine
01:25:18qui semble évidente.
01:25:21Naturelle.
01:25:21Naturelle.
01:25:22Merci Alexandre Mathiusy
01:25:23d'être venu sur ce plateau.
01:25:25A très bientôt.
01:25:25A très vite,
01:25:26merci beaucoup.
01:25:26Et on se retrouve
01:25:27sur France.tv
01:25:28sur la plateforme bien sûr
01:25:29pour un prochain numéro également.
01:25:31Bye bye.
01:26:00Sous-titrage ST' 501
01:26:01Sous-titrage ST' 501
01:26:16Sous-titrage ST' 501

Recomendado