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  • il y a 6 minutes
La France s'apprête à vivre ce samedi 31 octobre sa troisième journée de mobilisation sociale en trois semaines, considérée par l'exécutif comme "à haut risque". Selon la police, 350 actions sont programmées, susceptibles de fédérer 350.000 à 450.000 personnes.

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Transcription
00:00Cette nouvelle journée de mobilisation entre les violences et la manifestation, le gouvernement sait qu'il joue gros lui.
00:07Oui, ce n'est pas anodin si le gouvernement estime que ce samedi est une journée à haut risque, presque
00:11un aveu risque sécuritaire,
00:13bien sûr, au vu des menaces décelées par les renseignements.
00:16Risque élevé aussi pour lui, tout simplement, avec l'enjeu de démontrer que le pouvoir existe encore,
00:21malgré sa course contre le temps, où chaque jour qu'il le rapproche du moment où il faudra partir,
00:25érode un peu plus sa puissance et aux yeux de certains même jusqu'à sa légitimité.
00:28Voilà pourquoi assurer l'ordre est devenu la priorité de l'exécutif.
00:32Montrer tout simplement qu'il a encore une raison d'être, on est extrêmement attaché à ce que l'ordre
00:38républicain puisse être garanti
00:39pour pouvoir apporter une réponse politique, me dit une source gouvernementale.
00:43Qu'est-ce qui se joue politiquement derrière tout ça ?
00:45Un moment de bascule, le politologue Jérôme Fourquet l'explique très bien.
00:48Chaque crise est le moment d'une grande clarification du paysage politique.
00:51Eh bien, nous y sommes, ce moment où deux lignes émergent face à un mouvement social,
00:55le parti de la rue et le parti de l'ordre.
00:57Pour le premier, je ne vous fais pas de dessin, il est évident incarné aujourd'hui par Jean-Luc Mélenchon
01:01et la France Insoumise.
01:02Quant au second, le parti de l'ordre, par nature, il est censé être incarné par le pouvoir, en temps
01:07normal en tout cas.
01:08Tout ce qui a été en contact avec le pouvoir macroniste de près ou de loin depuis dix ans est
01:12discrédité, reconnaît un cadre renaissance.
01:15On le voit d'ailleurs dans les sondages, tous les partis concernés sont en chute libre.
01:18Et qu'importe, le tour de vie sécuritaire depuis un mois, les consignes données face au blocus des lycéens,
01:23les interdictions de manifester les couvre-feux et les autres demandes lancées aux réseaux sociaux.
01:28Mais ça ne lui est pas reconnu comme tel ?
01:30Il fait tout pour, mais en effet, c'est fragile.
01:32L'État a failli, enfonce même cette semaine Édouard Philippe dans le point.
01:36Mais la nature a horreur du vide.
01:38L'ERN, sans rien faire, se positionne comme ce parti de l'ordre,
01:41ce prévalant d'avoir toujours fait de la sécurité l'une de ses priorités.
01:45Traduction directe dans les intentions de vote, avec ce duel entre deux camps
01:48et le sentiment de vivre un interminable second tour de présidentiel.
01:52Pour autant, la messe n'est pas dite.
01:53Et on comprend mieux pourquoi cette journée sera décisive,
01:56tant pour le commerçant qui craint pour son activité
01:58que pour le contribuable qui rage de devoir payer encore les dégâts d'une violence
02:02que son État n'arrive pas à enrayer
02:04et que le pouvoir pour tenter de prouver qu'il n'en a pas que le nom.
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