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  • il y a 6 minutes
Armel Le Cléac’h va traverser l’Atlantique seul, à bord d’un trimaran qui fait partie des voiliers de course au large les plus rapides du monde. Le skipper du Maxi Banque Populaire XI va s’élancer ce dimanche 1er novembre de Saint-Malo pour la Route du Rhum, l’une des plus grandes courses du monde et l’une des seules qui manquent encore à son palmarès. Nous sommes montés sur son bateau de 32 mètres, qui ne navigue plus vraiment sur l’eau : il vole au-dessus, porté par ses foils. À de telles vitesses, une simple vague peut projeter le skipper vers l’avant et le blesser dans le cockpit. Et un nouvel équipement a fait son apparition : le casque. Mais d’autres dangers comme le chavirage ou les OFNI guettent également les skippers.

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Transcription
00:01Ce bolide en train de foncer sur l'eau à plus de 80 km heure est l'un des trimarans
00:06de course
00:06au large les plus rapides du monde et s'il va aussi vite c'est qu'il est presque capable
00:11de
00:11voler au dessus de l'eau. Là on a le folle qui est en action on voit il y a
00:13la partie horizontale
00:15elle est complètement dans l'eau et c'est ça qui fait soulever en fait tout le flotteur, toute la
00:21coque
00:23d'abord la coque à gauche elle est complètement hors de l'eau et donc elle frotte plus dans l
00:28'eau
00:28et c'est ça qui permet d'accélérer d'aller vite. Voici une banque populaire 11, l'un des huit
00:33ultimes
00:33qui va prendre le départ de la route du rhum ce dimanche 1er novembre. La route du rhum est une
00:38transat en solitaire entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. C'est l'une des plus célèbres courses à voile
00:42au
00:42monde et elle a lieu tous les quatre ans. Le skipper que l'on voit ici c'est Armel Lecléache,
00:48l'un des
00:48plus grands marins de sa génération. Ses adversaires le surnomment d'ailleurs le chacal pour sa capacité
00:54à ne jamais lâcher le morceau. Il m'a accueilli sur son bateau en juin dernier en pleine préparation
00:59de cette épreuve mythique. L'une des seules qui n'a pas encore gagné. Et ce jour là on peut
01:04dire
01:04c'est que les conditions étaient plus que favorables.
01:06On voit ça chante là ! Ce qu'il vient de dire là c'est que la dérive est en
01:10train de chanter. Ce gros aileron
01:12là sous la coque du bateau permet de maintenir le cap sans dériver. Ou son nom la dérive. Et quand
01:17cette dérive fait ce bruce trident, c'est qu'on va très très vite. Là on est à près de
01:2145 nœuds.
01:22C'est une vitesse hyper impressionnante qui m'a d'ailleurs valu quelques frayeurs pour filmer
01:25ces images. Et une vitesse aussi rapide démultiplie tous les dangers que peuvent rencontrer les marins
01:30lors des courses en solitaire.
01:31Si jamais à un moment donné le bateau brusquement ralentit fortement parce qu'il se prend une
01:36vague. Et le risque c'est que quand on est dans le bateau, si on n'est pas forcément vigilant,
01:42on peut se faire projeter en avant et venir se cogner la tête, venir se blesser au niveau
01:47du corps.
01:48D'ailleurs, un nouvel équipement a fait son apparition à bord.
01:51Ça c'est mon casque. Si ça devient un peu chaud, c'est un bon casque de vélo, voire un
01:57casque de ski. Quand on le porte en fait on oublie.
01:59C'est comme la ceinture en voiture. On la met et puis finalement, on conduit avec
02:04et on oublie.
02:05Et quand ça bastonne vraiment très fort, Armel peut aussi enfiler des vêtements équipés
02:09de protection. Parce que quand on est seul au milieu de l'océan, le scénario qui fait
02:13peur, c'est la mauvaise chute.
02:14Quand on est tout seul, si on tombe par terre et qu'on est inconscient, ça peut être très
02:19dangereux.
02:19Surtout au milieu de l'océan où les secours peuvent mettre du temps à se rendre sur
02:23place. D'ailleurs, une cellule médicale est joignable jour et nuit durant la course.
02:27C'est dans ce cockpit qu'Armel Leclage va passer quasiment tout son temps durant la
02:30traversée de l'océan, qui prendra près d'une semaine.
02:32Ici, c'est vraiment l'endroit où on fait tous les contrôles, les réglages du bateau.
02:36On a plusieurs types de réglages. On va avoir soit les winch qu'on fait avec la manivelle.
02:43Pour les tourner comme ça, ça permet de tendre la voile, de la monter, de la hisser ou de
02:49la rouler. Là, par exemple, si tu mets la main, là, il y a 5 tonnes. Donc là, tu ne
02:56peux pas
02:57la tendre à la main. Là, si je fais ça, je me fais arracher le bras. Par contre, le fait
03:00que j'ai fait plein de tours autour, ça va tenir la voile et après, je vais pouvoir faire
03:05tourner le winch avec ma colonne. Si je peux piloter le bateau, je vais venir ici. Je sors
03:12par là, je prends la barre et je dirige le bateau. Là, il y a du vent. On va bien
03:20attacher
03:20la casquette. Et ça, je peux le faire à tribord ou à bas bord, à droite ou à gauche.
03:26Là, par contre, j'ai lâché la barre. Pourquoi ? Parce que là, j'utilise le pilote automatique.
03:31Souvent, non ? Tout le temps, en solitaire. En fait, moi, je n'ai pas le temps de barrer.
03:36Je vais barrer vraiment sur des passes très courtes. Comme le départ de la route du Rhône,
03:42là, je serai à la barre parce qu'il faudra éviter les bateaux qui seront à côté de
03:46moi. Mais une fois qu'on sera au large, je mets le bilote automatique et moi, je vais
03:51occuper de tout le reste. Ça prend beaucoup de temps. Parmi tous les dangers, il y en a un
03:55que redoutent particulièrement les skippers. Le risque principal, c'est le chavirage.
04:00Le multicoque, c'est un bateau qui peut éventuellement se mettre à l'envers. C'est
04:04vraiment game over. Il ne faut pas remettre le bateau à l'endroit en mer. C'est beaucoup
04:09de dégâts. On se met en danger. Et Armel sait très bien de quoi il parle. En 2018,
04:13sur la route du Rhône, son bateau de l'époque se retourne après une avarie au large des
04:17Aciens. Difficile, oui. Blessé aux côtes après avoir été éjecté, Armel réussit à se mettre
04:22à l'abri dans la coque du bateau, puis déclenche sa balise de détresse. Il attend près de
04:26dix heures avant que des pêcheurs viennent le récupérer. Remorqué par la suite, son bateau,
04:31lui, n'a pas pu être construit.
04:34Aujourd'hui, en fait, on a développé des systèmes dans notre milieu, notre sport, qui
04:39permettent justement d'éviter le chavirage. Quand le bateau commence à pencher, on dit
04:47que par exemple, à partir de 20 degrés de gîte, nous, on estime que ça commence à
04:53devenir dangereux. Et là, à ce moment-là, le logiciel qui est connecté à l'écoute de
04:59grand voile, ce qui tient à la grande voile principale, il va complètement lâcher l'écoute.
05:04Et donc, la grand voile va perdre sa puissance, ce qui va faire remettre le bateau à plat.
05:08Mais ces systèmes ne font pas tout, surtout quand un orage arrive et que le vent change
05:12du tout au tout.
05:13Le vent peut passer de 5 nœuds à 40 nœuds, donc de 10 km à 100 km en quelques secondes.
05:20Et là, il faudra peut-être avoir anticipé avant justement le fait de peut-être affaler
05:24les voiles ou avoir roulé les voiles parce que pendant une heure, ça va être trop dangereux.
05:29L'autre grand danger, ce sont les ophnis, les objets flottant non identifiés.
05:33En gros, tout ce qui flotte à la surface de l'eau, un conteneur tombé d'un cargo
05:36ou alors un mammifère marin comme la baleine. Car en allant 5 à 6 fois plus vite qu'un
05:40voilier classique, le skipper d'un ultime a beaucoup moins de temps pour voir venir.
05:44Alors là aussi, une plus de systèmes de détection sont branchés sur le bateau.
05:48On a un radar, on a aussi ce qu'on appelle l'AIS, donc c'est les balises qu'on
05:52a tous sur les bateaux.
05:54Et en gros, autour de moi, dans un rayon de 30 km, moi je détecte tous les bateaux qui ont
05:59une balise.
06:00Si jamais il y a un danger, en fait, je peux mettre une alarme sonore qui va me prévenir,
06:04me dire attention dans 10 minutes. Il peut y avoir un risque de collision.
06:09Par exemple, si je vais sur ce bateau-là, j'ai son nom, il s'appelle Roma, c'est un
06:14voilier.
06:16Il marche à telle vitesse, là il passe derrière, donc il n'y a pas de problème.
06:20Et j'ai encore un troisième élément qui me permet de détecter ce qui se passe devant.
06:23C'est une caméra thermique en tête de main.
06:25Et lui, dès qu'il y a quelque chose qui rentre dans son radar, c'est-à-dire le radar,
06:28c'est cette zone de camembert qui fait jusqu'à 1500 mètres.
06:33Dès qu'il y a quelque chose qui rentre, tout ce qui va être à la surface de l'eau
06:35ou au-dessus de l'eau, il va le détecter et il va sonner.
06:39Sauf qu'à 40 nœuds, ça laisse très peu de temps pour réagir, surtout en plein sommeil.
06:42Bah oui, parce qu'il faut bien dormir un peu pendant la course.
06:44Là, j'ai mon lit.
06:46Quand je vais dormir, je vais m'allonger ici, sur ma basette.
06:52Je mets les pieds vers l'avant.
06:54Comme ça, si jamais le bateau vient de taper dans une vague, je n'ai pas la tête qui se
06:57met en travers.
07:00Et là, je m'allonge.
07:02Avant de dormir, avant de m'allonger, je vais mettre un réveil.
07:06Donc ici, tu vois, j'ai un petit réveil avec un petit minuteur.
07:11Par exemple, je vais mettre une sieste de 30 minutes.
07:13Je l'allume, je viens m'endormir.
07:16Et au bout des 30 minutes, ça me réveille.
07:20Pas terrible.
07:23Je vais faire des siestes entre 20 et 40 minutes, plusieurs fois par jour, dès que possible.
07:29L'idéal, ce serait de faire entre 5 et 6 heures de sommeil sur 24 heures, cumulées.
07:33Après, là, je vais pouvoir me faire à manger.
07:35Ma cuisine, en fait, c'est un peu mon camping.
07:38J'ai un petit réchaud, là, avec une bouteille de gaz.
07:41J'ai même une petite bouilloire ici.
07:44Je peux me faire chauffer de l'eau si je veux me faire un thé, un café.
07:47Il n'y a pas d'écrou-ondes, il n'y a pas de frigo, il n'y a pas
07:49de lave-vaisselle.
07:50J'ai de l'eau douce qui est fabriquée avec un dessalisateur qui est dans le bateau.
07:56Il est relié à ce petit robinet là, donc je peux remettre de l'eau dans mes gourdes
08:02ou éventuellement utiliser cette eau-là pour me laver.
08:06Sur la route du Rhum, ça ne va pas ?
08:09Si, parce que déjà, on essaie un petit peu de nettoyer un peu les extrémités, les mains, le visage,
08:16ce qui est tout le temps un peu pris dans l'humidité et surtout le sel.
08:20Donc ça, c'est bien quand même de nettoyer ça.
08:23Et après, quand on va aller vers la Guadeloupe, les températures vont augmenter.
08:27Et là, effectivement, à force de tourner les manivelles, de faire beaucoup de sport,
08:31on va beaucoup transpirer.
08:33Donc une petite douche ou deux, ça ne sera pas mal.
08:35Pendant une semaine, il n'y a rien de trop.
08:38Tous ces équipements doivent permettre à Armel Lecléage de rejoindre Pointe-à-Pitre sans encombre.
08:43La route du Rhum est une course en solitaire et sans escale entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre.
08:48Elle a lieu tous les 4 ans.
08:49Cette année, il y aura 120 bateaux au départ dans plusieurs catégories,
08:53dont 8 ultimes comme celui d'Armel.
08:55Et sauf grosse hécatombe, c'est l'un d'entre eux qui franchira la ligne en premier.
08:58C'est les bateaux qui vont les plus vite.
09:00Une route du Rhum en ultime, c'est une semaine de course.
09:03Donc ça va très vite.
09:05On compare souvent à 1 500 m, à 3 000 m en athlétisme.
09:08Il faut partir vite.
09:10Il faut rester dans le bon paquet.
09:12Et à la fin, il faut tenir l'accélération.
09:14Donc ça va être une course très engagée.
09:17On a un plateau incroyable cette année.
09:18L'un des favoris, c'est Charles Caudrelier.
09:21Vainqueur en 2022 et recordman de l'épreuve en 6 jours et 19 heures.
09:24Il revient cette année avec un bateau flambant neuf mis à l'eau en février dernier.
09:29Il faudra compter aussi entre autres sur Tom Laperche, Benjamin de la classe ultime.
09:32Et sur l'expérimenté Thomas Coville qui prendra le départ de l'épreuve pour la 8e fois.
09:37Pour Armel Lecléache, l'enjeu est énorme.
09:39Il a gagné plusieurs courses au large mythique.
09:41Mais la route du Rhum lui échappe toujours.
09:43En solitaire, c'est vrai que j'ai eu la chance de gagner pas mal de courses majeures
09:46comme le Vendée Globe, la solitaire du Figaro, la Transat anglaise.
09:50Donc il manque la route du Rhum.
09:52C'est sûr qu'il ne me reste pas 15 000 occasions.
09:55C'est un bateau que je connais très bien maintenant, avec lequel j'ai beaucoup navigué.
09:58J'ai fait un tour du monde en solitaire il y a deux ans.
10:01Donc j'espère que c'est la bonne année.
10:02C'est en effet sa dernière occasion d'accrocher la route du Rhum à son palmarès avec ce bateau.
10:07Car son équipe a déjà lancé la construction du successeur, Banque Populaire 15, qui est prévu pour 2030.
10:12Un ultime dont les performances seront encore repoussées d'un cran.
10:15Des bateaux qui vont vite, qui décollent plus tôt, mais qui sont aussi plus stables.
10:19Et ce qu'il y a d'important c'est de pouvoir aussi régler la hauteur à laquelle le bateau
10:24vole.
10:24Donc voler un peu plus haut quand il y a des vagues, voler un peu plus bas pour stabiliser le
10:29bateau.
10:30C'est tout un équilibre à choisir et à trouver surtout.
10:35Donc un trimaran encore plus rapide, qui devrait encore plus repousser les limites du seul homme à bord lors des
10:40courses au large en centre.
10:41Je vais prendre un Big Mac et une grande flette.
10:45Ketchup !
10:45Sous-titrage Société Radio-Canada
10:48Sous-titrage Société Radio-Canada
10:51Sous-titrage Société Radio-Canada

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