00:00Votre invité Laurent Gallien.
00:01Philippe Dubbéco, recteur de l'Académie de Grenoble.
00:03Bonjour Monsieur Dubbéco.
00:04Bonjour.
00:04Merci d'être à nouveau dans ce studio pour parler de la rentrée évidemment lundi.
00:08Tout le monde se demande comment ça va se passer.
00:10On entend encore aujourd'hui sur ICISER des lycéens qui parlent de mobilisation,
00:14qui se maintient, de reprise des mouvements de blocage lundi.
00:17Le Président de la République, le Ministre de l'Éducation encourage les lycéens à retourner en classe.
00:22Est-ce que vous pensez, j'imagine que c'est aussi votre cas,
00:24est-ce que vous pensez que ce genre de message passe encore auprès des lycéens
00:27quand un Président ou un Ministre leur disent de retourner en classe ?
00:30Écoutez, j'espère que lorsqu'un Président ou un Ministre prend la parole, ça porte encore.
00:34En tout cas, nous on est prêts à la reprise.
00:36On est prêts à accompagner tous les établissements qui ont été fortement impactés.
00:41Je rappelle quand même que sur les 173 lycées de l'Académie de Grenoble,
00:45110 ont été impactés plus ou moins fortement,
00:49et une vingtaine d'établissements l'ont été plus que les autres.
00:52Donc on concentre nos actions sur ces 20 établissements.
00:55reprises progressives des apprentissages, lutte contre le décrochage,
00:59accompagnement disciplinaire au sens des disciplines des enseignants.
01:03On va revenir, si vous le permettez, Philippe Lubeco, sur les conditions de la rentrée.
01:06Juste sur le retour en classe lundi,
01:10quels sont les arguments pour encourager, pour inciter les lycéens à retourner en classe normalement ?
01:16Écoutez, c'est un débat qui est maintenant un débat qui traverse toute la société
01:20et qui mobilise aussi les parents d'élèves.
01:25Écoutez, on est passé à une nouvelle phase.
01:27Avant les vacances, j'entendais dire que les élèves n'avaient pas été reçus,
01:33les élèves n'avaient pas été entendus, qu'ils n'avaient pas été écoutés,
01:36et qu'ils attendaient les mesures qui seraient proposées par le gouvernement.
01:40Moi, je commence à être un vieux monsieur, vous savez.
01:42Ce qui s'est produit en termes de mesures proposées est véritablement inédit.
01:47Les mesures qui ont été annoncées cette semaine ?
01:49Cette semaine, on apporte des réponses sur la question du nombre d'élèves par classe,
01:53et en même temps, on apporte des réponses sur les emplois du temps,
01:56et en même temps, on apporte des réponses sur la pression à l'orientation,
02:00et en même temps, on apporte des réponses, on en a parlé ici, sur l'emplacement,
02:03et en même temps, on apporte des réponses sur la santé psychique des élèves,
02:06et en même temps, on apporte des réponses sur le bâti scolaire.
02:09Donc, on apporte des réponses sur l'ensemble des chapitres qui étaient l'objet des revendications.
02:13Moi, je peux entendre que certains élèves considèrent que les réponses
02:16ne sont pas encore à la hauteur de leurs attentes, je peux l'entendre.
02:19Et la porte est toujours ouverte, elle est ouverte au niveau du rectorat de Grenoble,
02:23elle est ouverte, comme vous le savez, au niveau de chez le ministre.
02:25Mais maintenant, si le mouvement doit se poursuivre, il doit se poursuivre, certes,
02:29mais en respectant le droit à l'éducation.
02:31Et le droit à l'éducation, c'est que tous les élèves qui doivent retourner à l'école,
02:36qui veulent retourner à l'école, doivent pouvoir le faire dans des conditions normales.
02:39Vous avez dit un mot, justement, des renforts qui avaient été annoncés par le ministre.
02:42Vous étiez effectivement dans le studio le lendemain de cette annonce,
02:45ou le matin même, je ne me souviens plus, mais ce n'était pas très important.
02:49Vous nous aviez confié à ce moment-là que la difficulté, c'était de trouver des gens compétents
02:53pour mettre en face des élèves. Vous les avez trouvés ?
02:54Il y aura tous les renforts disponibles lundi.
02:56Oui, vous voyez, il y a 15 jours.
02:58Parce que ce qu'attendent les élèves, c'est des choses concrètes.
03:00Il y a 15 jours, on se voit et vous me dites,
03:02bon, mais qu'est-ce que vous allez faire de tout ça ?
03:03Ou est-ce que vous allez améliorer votre remplacement ?
03:05Je peux vous dire qu'il y avait dans l'académie 6 établissements
03:08qui étaient en zone rouge, comme dirait le ministre,
03:11des établissements pour lesquels il y avait entre 3 et 5% des enseignants
03:16qui étaient absents, entre 3 et 5%.
03:17Au moment où je vous parle, il y en a à 0.
03:19On est passé de 6 à 0.
03:21Au moment où je vous parle, j'ai regardé les chiffres ce matin,
03:23il y a très exactement 0,77% d'enseignants de postes
03:29qui ne sont pas remplacés au moment où je vous parle.
03:32Ça s'appelle le frictionnel.
03:33Dans une académie où il y a 60 000 personnels,
03:35c'est, je dirais, ce qui se produit à peu près chaque jour.
03:39C'est le genre de bruit de fond, on voulait nous dire,
03:41qui se produit régulièrement.
03:42Donc ça veut dire que lorsqu'on prend des mesures
03:44et lorsque le ministre s'engage sur des mesures,
03:46vous voyez, ces mesures se traduisent par des faits réels.
03:51Comment ça va se passer l'accueil lundi dans les lycées ?
03:52On sait qu'il y a de nombreux enseignants qui partagent aussi
03:55les revendications de leurs élèves.
03:57Il va y avoir des accueils particuliers,
04:00des choses mises en place particulières.
04:01Vous avez déjà commencé à en parler au début de cet entretien.
04:03Écoutez, moi, ma politique, c'est de proposer aux chefs d'établissement
04:07et aux collectivités éducatives
04:12un ensemble de mesures d'accompagnement
04:14dont ils peuvent ou pas se saisir.
04:17Donc on leur propose plusieurs chapitres.
04:18Un chapitre, accueil des personnels,
04:21personnels qui ont pu être, pour certains d'entre eux, traumatisés,
04:23accueil des élèves.
04:25Deuxième chapitre, reprise progressive des apprentissages.
04:28Troisième chapitre, lutte contre le décrochage.
04:30C'est très important. On risque d'avoir...
04:31Parce qu'il y a un risque de décrochage ?
04:32Bien sûr. Après cinq semaines d'interruption des enseignements,
04:35les élèves les plus fragiles, il y a un risque de décrochage
04:37qui est très important.
04:39Autre chapitre, la santé psychique...
04:40L'enseignement à distance a eu des ratés, d'ailleurs, à ce niveau-là.
04:42L'enseignement à distance en situation de crise,
04:45ça ne produit jamais des effets extraordinaires.
04:47Vous savez, c'était une solution qui a été mise en place
04:49en situation de crise.
04:50On ne peut pas considérer que, sur des petites périodes,
04:55comme ça a été le cas, l'enseignement à distance produise tous ces effets.
04:58Donc, on a comme ça un dispositif d'accompagnement
05:01qui est mobilisable par les équipes éducatives, si elles le souhaitent,
05:05qui est un dispositif à la carte.
05:07Est-ce que tous les lycées ont été réparés, si j'ose dire,
05:11des dégâts qu'ils ont pu subir ?
05:13Est-ce qu'il y a eu des choses de fait ?
05:15Alors, c'est la région, c'est le compétence de la région,
05:17mais vous êtes au courant ?
05:19Oui, d'ailleurs, l'occasion de souligner quand même
05:20la relation de travail qui est exceptionnelle avec la région,
05:22qui est vraiment très présente.
05:24On a encore un ou deux équipements
05:26qui seront réparés encore aujourd'hui.
05:29L'essentiel, c'est de pouvoir accueillir les élèves
05:31et les personnels dans des conditions de sécurité normales.
05:34Et ça, ce sera le cas dès lundi.
05:37Philippe Dubécaud, acteur de l'Académie Le Grenoble,
05:39merci d'être venu ce matin sur ICISR
05:41avant cette nouvelle rentrée de lundi,
05:43qu'on peut dire à risque, quand même,
05:45dans les lycées, il y a un risque de reprise du monde.
05:48Oui, en tout cas, nous sommes extrêmement vigilants
05:50de manière à ce que les choses se passent
05:52dans de bonnes conditions, extrêmement vigilants.
05:54Bonne journée, Philippe Dubécaud, et bon week-end en attendant.
05:57Merci.
Commentaires