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  • 5 minutes ago
À l’âge de 9 ans, Olivier Ferrand, alias Captain Icarus, est victime d’un grave accident qui le laisse brûlé à 97%. Pour neo, il revient sur cette épreuve et sur la manière dont il s’en est relevé.

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Transcript
00:00Brûlé à 97%, je suis resté 5 mois en réanimation.
00:03En tout, je suis resté 7 ans en tout à l'hôpital.
00:06Quand tu te réveilles, c'est pas tu es dans le coma et bim, tu te réveilles.
00:09J'ai eu mon accident au mois d'août.
00:10Je me suis rendu compte qu'on m'avait amputé des doigts au mois de janvier.
00:14Salut Néo, je m'appelle Olivier, j'ai 40 ans.
00:17Je suis grand brûlé et je vais vous raconter mon histoire.
00:19Alors, j'ai eu mon accident à l'âge de 9 ans, en 1994, donc il y a plus de
00:2330 ans de ça.
00:24J'étais en camping en famille et voilà, je dormais avec mon père.
00:28Et il y a eu une lampe à gaz qui s'est renversée dans une tente,
00:31qui fait que ça a pris feu, ce qui a engendré l'accident.
00:34Le fait que je ne me sois pas rendu compte, c'est difficile à dire, même avec le recul.
00:39C'est vrai que j'étais full détente, mais en fait, passé un certain seuil de douleur,
00:43le système nerveux a tendance à déconnecter.
00:45Donc, je pense que ça peut aussi expliquer pourquoi je n'ai pas ressenti de douleur.
00:49Après, le fait que je ne me sois pas réveillé, est-ce qu'il y a la notion de fumée
00:53qui rentre en ligne de compte,
00:54qui a pu un peu me shooter, ça c'est fort possible aussi.
00:57Mais le fait est que non, je n'ai rien senti dans l'instant.
01:00Ce n'était pas à la même époque, on n'avait pas de quoi appeler les secours, on était en
01:03pleine forêt.
01:06C'était un scénario un peu film d'horreur.
01:08On a dû aller à pied jusqu'à chez les pompiers, demander notre route, ça a pris un certain temps.
01:12Donc, j'étais conscient.
01:13Quand tu as un accident, tu as quand même un sursaut d'adrénaline qui t'aide à tenir.
01:18Après, je n'étais pas au top de ma forme.
01:19Mais non, j'ai marché jusqu'à arriver chez les pompiers.
01:24Et là, après, ils m'ont sédaté et je me suis réveillé trois mois après à peu près.
01:28Généralement, les grands brûlés, on les met ce qu'on appelle en coma artificiel.
01:32Ça évite déjà qu'ils aient à gérer la trop grande douleur du début.
01:37Ça les maintient dans un état stable.
01:38Et voilà.
01:39Et on les ramène à la conscience petit à petit.
01:41En tout, je suis resté sept ans en tout à l'hôpital.
01:44Mais juste la phase réa, on va compter cinq mois.
01:47Premier contact, c'est très particulier parce que je ne pouvais pas distinguer les visages.
01:52Tout le monde était en tenue stérile.
01:54J'étais enfant.
01:55Donc, il y avait des masques, des chapeaux, tout ça.
01:58Donc, en fait, je ne distinguais vraiment pas qui me parlait.
02:01Ça ne se fait pas d'un coup, de but en blanc.
02:03Tu réalises petit à petit le temps d'intérieur.
02:05Je pense quand même qu'on ne le prend pas de la même façon quand on est enfant et quand
02:08on est adulte.
02:08C'est quelque chose que je répète souvent.
02:10C'est quand même plus simple quand on est jeune.
02:11On a moins à perdre et globalement, on est encore dans une phase de construction.
02:15Donc, étonnamment, alors oui, je sais que j'ai dû accuser le coup,
02:19mais je n'ai pas de souvenirs traumatiques de ce moment.
02:22En brûlure, les degrés, c'est pour évaluer la profondeur et les pourcentages, c'est pour évaluer la surface.
02:29100% du corps, c'est l'intégralité du corps.
02:32Et si vous voulez un truc mnémotechnique, votre paume de main, c'est 1% de votre corps.
02:38Donc, moi, 87%, c'est tout mon corps, moins l'équivalent de 3 paumes de main.
02:42Donc, c'est assez peu.
02:44Qu'est-ce qui n'a pas été brûlé ?
02:45J'avais mon maillot de bain pendant mon accident.
02:47Et c'est littéralement ce qui va protéger.
02:49Ce que j'essaie aussi d'expliquer aux jeunes qui sont brûlés, c'est qu'il faut aussi comprendre les
02:55regards.
02:56Tous les regards ne sont pas hostiles, tous les regards ne sont pas négatifs.
02:58Il y en a beaucoup qui sont dus à la curiosité, à l'empathie.
03:01Les gens qui font une projection sur le fait que ça puisse leur arriver.
03:04Ils ne connaissent pas, c'est l'inconnu.
03:06Donc, il faut vraiment distinguer des gens qui vont regarder parce qu'ils vont être intrigués.
03:11Et puis des gens qui sont vraiment hostiles.
03:12Mais ça, c'est tellement rare.
03:14La première fois, les gens sont surpris, intimidés, ce que vous voulez.
03:19La deuxième fois, un peu moins.
03:20Puis la cinquième fois, ils n'ont plus rien à faire.
03:22Et ça vaut aussi dans les relations amicales et les relations sentimentales.
03:26En fait, ce qu'on dit là pour la brûlure, ça paraît gros parce que c'est très visible.
03:30Mais je pourrais tenir le même genre de discours à quelqu'un qui a un complexe.
03:33Et puis après, se trouver beau, ça passe à travers le regard de l'autre.
03:37Et dès que je vois que j'ai des histoires avec des personnes qui vont manifester des sentiments du désir
03:42et compagnie.
03:44Si tu arrives à te trouver désiré et désirable dans les yeux de l'autre, tu te sens bien.
03:48Donc oui, à ce niveau-là, je sais que c'est possible, en tout cas pour l'avoir vécu et
03:52le vivre totalement.
03:54Donc c'est OK.
03:55Ça va faire 4 ans que je suis sur les réseaux.
03:57Et littéralement, j'ai constamment des demandes d'enfants, de familles, de conjoints qui sont dans le questionnement.
04:06Des fois, je n'ai même pas besoin de parler.
04:08Un jeune, il va tomber sur ma page.
04:10Il va voir un grand brûlé, mais un très grand brûlé qui a eu des enfants.
04:14Bam, voilà, ça lui montre que c'est possible.
04:17Donc des fois, ça suffit.
04:18Ça m'est déjà arrivé d'avoir des gens qui culpabilisaient de venir me parler de leurs problèmes parce qu
04:22'ils comparaient ça au mien.
04:23C'est idiot parce que chaque problème, dès lors où c'est nous qui le ressentons, c'est le plus
04:27gros, par définition.
04:28Et donc, ouais, en parler, essayer de compter sur les siens.
04:34Et puis surtout, de remettre en avant le fait qu'il faut du temps.
04:38Un pas après l'autre, quoi.
04:39L'entourage, parfois, il souffre dans l'ombre et on ne leur propose pas forcément d'aide.
04:44Donc ils ont aussi le droit d'être aidés psychologiquement, ça c'est bien qu'ils le sachent.
04:48Ils peuvent en parler au personnel des hôpitaux pour également se faire aider.
04:52Mais globalement, quelqu'un qui va être brûlé, il va être un peu en quête de normalité.
04:57Donc en fait, l'entourage, plus il va se comporter normalement comme avant l'accident,
05:01et mieux ça va être perçu, au final, pour la victime.
05:04Sous-titrage Société Radio-Canada

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