00:00Bonsoir maître. Bonsoir Maxime.
00:01A chaque fois que je viens ici, je me rappelle pourquoi je ne suis pas juge.
00:04Voilà un métier bien trop compliqué
00:05pour moi. On est là pour discuter,
00:07pour débattre, c'est génial.
00:09Et ensuite Sylvie, Sylvie j'arrive.
00:11Je peux faire un peu le synthétiseur, mais il y a
00:13quelque chose qui, moi, m'inquiète
00:15en réalité dans tout ce que j'entends. D'abord il y a eu beaucoup de
00:17bons parce qu'on veille une vraie volonté de dialogue,
00:20plus ou moins, mais cela étant,
00:22on est à quelques mois d'une élection
00:24présidentielle, ça a été évoqué tout à l'heure.
00:25Et en général, les mouvements sociaux
00:27n'arrivent pas juste avant une élection présidentielle.
00:29Et moi, ce qui m'inquiète vraiment aujourd'hui,
00:31c'est qu'on n'a pas de légitimité du gouvernement, à tout le moins
00:33de marge de manœuvre, puisqu'elle est réduite,
00:36c'est ce qu'elle est, notre assemblée, aujourd'hui.
00:37Et j'ai l'impression qu'on s'approche d'une élection présidentielle
00:39où en réalité, il n'y a pas de candidat
00:41qui va arriver avec un grand projet qui va fédérer
00:43les Français derrière lui. Je le constate puisqu'on a une campagne
00:45qui se déroule principalement sur
00:47on ne veut pas du RN, on ne veut pas de LFI,
00:50et en réalité, dans le bloc central, plus on n'avance,
00:51plus il n'y a ni bloc, ni centre. Donc en réalité,
00:53il y a quand même un problème.
00:56Je prends l'élection typiquement en 2007.
00:58J'avais 6 ans, mais enfin, je n'ai plus me renseigner.
00:59À l'époque, il y avait quand même la France qui voulait
01:01Nicolas Sarkozy et une autre France qui voulait Ségolène Royal.
01:03Et il y avait des projets qui s'opposaient.
01:05Et il y avait des gens qui discutaient. À l'époque de Mitterrand,
01:07c'était pareil. Et même Macron en 2017...
01:10On ne va pas idéaliser non plus, c'était viril aussi.
01:14Macron en 2017 fédère
01:15des gens, qu'il a déçus statistiquement en tout cas,
01:18il fédère des gens derrière un projet.
01:20J'ai l'impression, moi, à l'approche de l'élection
01:21présidentielle, qu'à l'issue de cette élection,
01:23on aura une assemblée qui sera peut-être encore plus divisée
01:25au regard des législatives. Alors, pardon d'être un peu
01:27dans une technique électorale, mais là où je suis inquiet, c'est quoi ?
01:29C'est qu'une manifestation, un mouvement social.
01:32Normalement, c'est une opposition,
01:33c'est Montesquieu, c'est la tyrannie
01:35de la majorité, c'est la minorité qui vient et qui dit
01:37« Eh oh, la majorité ! Écoutez-moi ! »
01:39Mais là, c'est ni majorité, ni minorité.
01:41C'est un dialogue de sourds, parce qu'il y a des gens dans la rue...
01:43Tous les présidents ont déçu.
01:44Oui, mais là, je constate, moi, je suis très inquiet parce que je me dis
01:47« Mais en fait, demain, à post-2027,
01:50peut-être serons-nous encore bloqués ? »
01:51Et donc, des gens viendront dans la rue se poser un gouvernement
01:53qui ne gouverne pas.
01:54On va déjà essayer de gérer ce blocage-là ?
01:55Oui, mais en réalité, moi, ça m'inquiète parce que
01:57tout ce qu'on entend là montre, en réalité,
02:00qu'on est dans une particularité d'impossibilité de dialogue.
02:03Parce qu'en fait, on se rend bien compte que personne
02:05n'a de réel projet pour la suite et les questions justes
02:07qui ont été posées, d'ailleurs, qui étaient de dire « Mais c'est quoi
02:09vos projets, finalement ? Qu'est-ce que vous voulez
02:11à l'issue de cette manifestation ? »
02:13Ça pose question parce qu'en réalité, on ne sait même pas tous
02:15vraiment ce qu'on en veut parce qu'on ne sait pas où on va.
02:17Et donc, moi, ça, ça m'inquiète.
02:18Et pour conclure, sur simplement les manifestations
02:20qui étaient la question initiale, j'ai trouvé justement
02:22que les réponses étaient plutôt saines globalement.
02:24C'est qu'en fait, il faut évidemment que les gens puissent manifester.
02:28C'est très important.
02:29Mais il faut aussi que tous nos commerçants puissent continuer
02:32à vivre, à travailler.
02:33Donc, c'est trouver un équilibre.
02:34Il y a une liberté fondamentale qui est celle de travailler,
02:35une liberté fondamentale qui est celle de manifester.
02:37On cherche un curseur.
02:38Ce curseur, il passera aussi, j'arrêterai là,
02:40par le maintien de l'ordre.
02:41Alors, nos policiers, nos gendarmes ont besoin d'être dirigés
02:44pour pouvoir protéger.
02:45Ça a été très bien expliqué tout à l'heure.