00:00— Écoutez, moi, je trouve que le gouvernement, il a peur. Voilà. Un gouvernement qui est obligé d'interdire les
00:05manifestations et de porter atteinte, comme on le voit aujourd'hui, aux droits de manifester, qui est, comme on le
00:09dit tout le temps, c'est un droit fondamental.
00:10— Pour vous, de déplacer les manifs hors des centres-villes, c'est atteindre aux... à tenter aux droits de
00:14manifester.
00:14— Ouais, ouais. Un gouvernement qui ne permet même plus à des manifestants d'aller dans Paris. Au début, le
00:18problème, c'était les lieux de pouvoir. Après, le problème, en fait, c'est les méchants gilets jaunes.
00:21Après, il n'y a que les syndicats qu'on va autoriser. Et puis maintenant, même les syndicats, la manifestation
00:26intersyndicale, on lui dit, en fait, tu vas ne pas manifester dans Paris.
00:28Le gouvernement, il a peur. Il parle de couper les réseaux sociaux. On l'avait pas compte. Aujourd'hui, c
00:32'est des choix.
00:32— On voudrait peut-être arrêter de parler du gouvernement. Nous, en fait, on vous interpelle aujourd'hui. On vous
00:37supplie. On se met à genoux pour vous dire arrêtez. On fait zéro.
00:41— Mais monsieur, vous devrez interpeller Macron ?
00:43— Tout ça, on s'en fout. C'est pas lui, le problème. Là, on vous dit que nous, on
00:46souffre parce que vous manifestez. On revendique la même chose. On vous dit qu'il faut le faire autrement.
00:51— Mais vous parliez des fins de mois, non ?
00:52— Mais non, Copélia.
00:54— Mais les fins de mois, c'est pas les manifestants, monsieur. Comment est-ce que vous pensez gagner aujourd
00:57'hui ?
00:57— Déjà, je pense que pour qu'on puisse discuter et qu'on ait ici un discours aujourd'hui, ce
01:02serait peut-être bien déjà que vous ne regardiez pas vos téléphones et que des amis à vous vous donnent
01:07des arguments.
01:08— Mais parce que vous pensez que je suis seul ?
01:09— Mais je sais pas. Depuis tout à l'heure, vous répondez.
01:11— Donc déjà, ça serait bien qu'on ait une interaction entre nous.
01:14— Déjà, nous, on vous dit aujourd'hui, on s'en fout. Le gouvernement, tout ça, on est de côté.
01:19— Ça veut tout dire.
01:19— Copélia, on s'en fout.
01:21— On met de côté.
01:22— Mais vous ne vous en faites pas, monsieur.
01:22— Comme il a dit, il n'a plus que six mois de vie, le gouvernement, c'est sûr. Aujourd
01:26'hui, nous, on vous dit, en tant que membre de la famille, on souffre.
01:30— D'accord, OK.
01:31— Vous comprenez ? On souffre. Donc arrêtez deux secondes de parler du gouvernement et le laus, on vous entend
01:35ces derniers temps.
01:35— Bah si vous voulez, ouais. C'est ça que vous voulez, en fait, c'est qu'on arrête de
01:38parler du gouvernement.
01:39— Non, dites-nous, nous.
01:39— Mais ça, ça aide, le gouvernement.
01:40— Alors moi, je vous explique, je vote blanc. Donc moi, je peux vraiment, je me revendique aucun parti de...
01:46À droite, à gauche, tout ça, je m'en fous. Là, je vous parle. Mon seul parti, c'est le
01:50commerce. C'est les commerçants. Je vous dis comment vous allez nous aider.
01:53— C'est la jeunesse, c'est les travailleurs et les travailleuses, monsieur. Monsieur, vous arrivez à vivre avec un
01:57SMIC. Le SMIC, aujourd'hui, il est à 1 400 euros. Est-ce que vous pensez qu'aujourd'hui, avec
02:001 400 euros, on peut vivre ?
02:01— Vous ne répondez pas. — Donc au bout d'un moment, il faut arrêter d'essayer de parler. —
02:02Là, je vous demande combien vous chauffez, vous me répondez. Adidas. Non, mais c'est pas possible. Adidas, Nike, Puma.
02:07— Ouais, ouais, mais attendez, mais parce qu'il y a des achats qui ne sont pas sur le capitalisme,
02:10aujourd'hui. Il y a des pulls qui ne sont pas fabriqués par le capitalisme, de quoi vous me parlez.
02:14— Vous ne répondez pas à ma question. — Oui, mais vous êtes en train, monsieur, de ne pas...
02:16— Qu'est-ce que vous allez faire pour les commerçants ? — Monsieur, vous essayez d'aller vers un
02:19point qui est arrêter les manifestations, arrêter les mobilisations.
02:22Moi, je vous pose la question. J'inverse la question. Comment est-ce qu'on gagne aujourd'hui face à
02:25la vie chère ?
02:26Aujourd'hui, il y a des gens, ils travaillent. La majorité des gens en France... — Et nous, on est
02:28déjà dans la merde, vous nous mettez encore plus dans la merde.
02:31— Attendez, il y a des gens... Et je termine juste là-dessus, après je vous laisse finir. Mais quand
02:34même, on est dans une situation...
02:35— Et pourquoi il faut que la mobilisation, elle continue ? Et pourquoi, moi, je considère que c'est une
02:39chance énorme, cette mobilisation ?
02:41Parce qu'on a une vraie occasion de gagner sur la question de la fichière, de gagner... — Oui, mais
02:45qu'est-ce que vous voulez gagner ?
02:46— Vous voulez obtenir quoi, exactement, en fait ? — Attendez, je vais vous dire, je vais vous dire...
02:49— Il n'y a pas de pouvoir... — C'est parti d'une mobilisation dans la jeunesse. Ça pose
02:52le problème de Parcoursup.
02:53Mais là, derrière Parcoursup, c'est une lutte contre les inégalités sociales. C'est ça qui nous fout la rage,
02:59aujourd'hui.
03:00Regardez le bénef qui est fait par le CAC 40. Aujourd'hui, il y a un article qui est sorti...
03:04— Et non, répond pas à ma question. — Mais attendez, mais si, attendez, je vous réponds.
03:07— Le CAC 40, Macron, c'est ça. C'est une doctrine, aujourd'hui, que vous êtes venu nous verbaliser.
03:11— Mais monsieur, c'est ça, notre colère. C'est ça, notre colère. Et on ne parlait pas du même
03:15endroit.
03:15— Oui, mais donc, ça ne s'arrêtera jamais, en fait. — Et si vous n'êtes pas en colère
03:17avec nous, c'est que vous ne vivez pas ces situations-là.
03:19Et la majorité de la population, aujourd'hui, elle vit ce problème-là.
03:22— 800 000 personnes, 70 millions d'habitants. — Attendez, je veux juste terminer comme ça. Je n'aurais pas
03:25à crier toute la soirée.
03:26— Je veux juste terminer ma phrase. Et s'il vous plaît, après, je vous laisse. Total fait 8,3
03:30milliards d'euros de bénéfices au troisième semestre.
03:33— On s'en fout de Total ! — Non, mais on va le répéter toute la soirée.
03:36— Oui, mais monsieur, ceux qui se lèvent à 5 heures du matin et qui se sont payés à 1
03:38400 euros, ils n'en ont pas rien à faire.
03:40Parce qu'aujourd'hui, il y a des gens qui travaillent toute leur vie et qui n'ont même pas
03:42de quoi vivre.
03:43Aujourd'hui, on veut vivre. On ne veut pas survivre. C'est ça qu'on est en train de poser
03:46sur la table.
03:47— Donc si vous ne voulez pas vous mettre avec nous, c'est parce qu'on ne vit pas dans
03:50la même situation.
03:51— Elle ne répond pas à ma question. — Et vous ne voulez pas à 5 heures du matin pour
03:541 400 euros.
03:54— S'il vous plaît, s'il vous plaît. — Donc aujourd'hui, quand on gagne sur nos revendications ?
03:58Est-ce qu'on peut ici parler de comment gagner face à nos revendications ?