00:00Écoutez, ce qui est en train de se passer est absolument indigne.
00:03D'abord, il faut condamner avec la plus grande fermeté ce crime qui est un crime abominable.
00:08Bien sûr, tous les crimes sont terribles, mais tuer parce qu'on n'a pas la même couleur de peau,
00:13la même religion, c'est quelque chose d'abject.
00:15Mais aujourd'hui, il y a aussi quelque chose qui est indigne, qui est absolument misérable.
00:20C'est l'instrumentalisation que fait la gauche et surtout l'extrême gauche qui est en train de propager, de
00:26brumiser un climat de violence dans la France.
00:28Vous savez, la violence, ça commence par les altercations, par le discours politique, la conflictualisation du discours politique à l
00:35'Assemblée nationale.
00:36Je l'ai vécu, moi, comme ministre de l'Intérieur, et ça se termine dans la rue.
00:40Ce que LFI est en train de faire aujourd'hui en France, c'est de cultiver cette culture, justement, de
00:46la violence.
00:46La parole est créatrice, elle engendre la violence ?
00:49La violence commence par des mots, se termine toujours par des actes.
00:53Je cite toujours, ça m'a beaucoup, beaucoup impressionné, quand j'ai été ministre, je dissous la jeune garde.
00:58Voilà, dont certains sont impliqués dans le meurtre du jeune Quentin de Ranc à Lyon.
01:03Et la jeune garde, le Conseil d'État va me donner raison.
01:06Et j'entends, quelques jours après la dissolution, Jean-Luc Mélenchon dire, s'adressant à ses troupes,
01:11en leur disant, allez-y, continuez, bravo, je leur donne raison, vous vous rendez compte ?
01:16Mais l'accusation aussi de l'extrême gauche, c'est-à-dire, vous parlez d'immigration, la droite parle d
01:21'immigration,
01:21donc elle entretient ce climat-là.
01:23C'est l'inverse. C'est parce que, justement, pendant trop longtemps, on a voulu être dans le déni.
01:28On a voulu ne pas voir ce que tous les Français voyaient, qu'on a augmenté les tensions.
01:34Il faut, en politique, il faut décrire la réalité telle qu'on la voit.
01:37Il ne faut pas tricher. Et moi, ce que je pense, c'est que trop longtemps, la parole publique s
01:42'est décrédibilisée.
01:43Elle est à l'origine du malaise démocratique parce qu'on a triché avec cette réalité,
01:47parce qu'on a voulu la relativiser, la minimiser, l'euphémiser.
01:51Non. Voyons les choses. Et quand on critique le voile, on a le droit, en France, de critiquer le voile.
01:55Est-ce qu'on va dire que les Iraniennes, qui, au prix de leur vie, ont lutté contre, justement, le
02:01voile,
02:02ont finalement généré une quelconque violence en France ?
02:06Mais on est devenus fous.